TYPES
VENTOUSE ORALE
VENTOUSE \'ENTRALE
Grandes formes du Cl.
endemicus
Petites formes ....
580 fi (525-600) 530 .u (480-585)
Nous sommes donc loin des chiffres fournis par Looss et si, par suite, on rectifie pour la petite espèce les chifïres donnés par cet auteur, on peut alors, par comparaison avec celles du CL sinensis, se convaincre combien il existe peu de différence entre les deux espèces établies, relativement au diamètre des ventouses.
D'après Looss, chez CL sinensis la vésicule séminale s'étendrait en arrière jusque vers le milieu de l'utérus; elle est plus courte chez CL endemicus et s'arrête au commencement du second tiers de l'utérus. Sur ce point encore, nous sommes en désaccord complet
avec le professeur du Caire. Dans les échantillons bien colorés et bien éclaircis, soit petits soit grands, nous avons toujours vu la vésicule séminale arriver jusqu'au niveau du tiers postérieur de Tutérus, c'est-à-dire beaucoup plus loin que l'indique Looss pour Cl. sinensis.
H y a lieu de faire encore une remarque identique pour les caractères spécifiques tirés de l'aspect des vitellogènes. D'après Looss chez CL sinensiSy les glandes présentent des amas folliculaires non développés et partant des solutions de continuité; chez CL endemicus, ces organes forment deux bandes continues et l'atrophie d'amas folliculaires est exceptionnelle. Or ces caractères n'ont aucune constance puisque nous les avons constatés l'un et l'autre dans notre premier lot chez des individus des deux types, et même parfois chez le même échantillon, selon que l'on examinait le côté droit ou le côté gauche. On ne peut donc attribuer aucune valeur à l'aspect offert parles vitellogènes et le prendre comme caractère spécifique différentiel.
L'étude des œufs avait fourni à Looss des données pour la distinction des deux espèces. Voici ce qu'il écrit :
CL sinensis, — (Eufs de 29 ji sur 16 p (26 à 30 |x sur 15 à 17 \l). Opercule bombé, limité par un rebord marginal saillant suivi d'un rétrécissement annulaire assez marqué.
CL endemicus. — Œufs de 26 {i. sur 13 [i (13 à 16) ; opercule plus plat, rebord marginal et rétrécissement annulaire moins marqués (1).
Si l'on veut bien se reporter à notre travail, on constatera d'abord que les chiffres donnés par Looss pour les dimensions des œufs chez CL endemicus ne concordent pas avec les nôtres. En prenant les valeurs extrêmes de nos mensurations nous trouvons 26 à 30 jt pour la longueur et 14 à 16 |x pour la largeur, c'est-à-dire que nous avons trouvé pour CL endemicus exactement les mêmes limites que pour CL sinensis. Il n'y a pas non plus, dans la forme des œufs, la différence si nettement tranchée que veut bien admettre Looss.
En effet, nous trouvons à l'examen des œufs des échantillons de notre collection de nombreuses exceptions à la règle indiquée par
(1) Looss ne fait aucune mention du court pédicuie ou bouton que nous avons observé, ainsi que d'autres auteurs, au pôle opposé au clapet.
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Looss et alors que tel échantillon montre des œufs à clapet aplati, tel autre de même longueur et de même aspect montre des œufs à aspect plus bombé. Cette dernière apparence, qui correspond à CL sinensis, est d'ailleurs normale dans les œufs des petils échantillons de notre deuxième lot. Enfin il n'est pas rare d'observer des œufs répondant aux deux types chez le même spécimen.
D'après ce qui précède, on voit combien il est difficile, lorsqu'on examine une préparation d'œufs de Douves de Chine, de les rapporter à l'une ou à l'autre des deux espèces créées par Looss.
La révision des caractères de Cl. endcmicus, que nous venons de faire, nous amène forcément à celte conclusion, c'est qu'il n'y a pas, en réalité, de différence appréciable entre les deux espèces créées et que par suite, comme l'a admis Leuckart, il n'y a pas lieu de les maintenir.
D'ailleurs, le savant helminthologiste du Caire a bien senti luimême la fragilité des caractères différentiels qu'il impose à son CL endemicua, car son travail est rempli de restrictions, et il a soin de dire que les caractères qu'il donne n'ont pas une constance absolue.
Ainsi, lorsqu'il parle de la pigmentation qui cependant, d'après lui, serait un assez bon caractère, il ajoute que dans certains cas, cette pigmentation est fort peu apparente, et ne saurait être discernée qu'en certains points et avec l'aide du microscope.
Plus loin, à propos des vitellogènes compacts du CL enrlemicm, il écrit : a 11 peut aussi (!) arriver que parmi les groupes folliculaires quelques uns restent atrophiés, mais cela arrive, autant que j'en puis juger par mon matériel assez limité, beaucoup plus rarement, et dans l'état actuel des choses, on peut dire que l'absence d'un ou plusieurs groupes de follicules est la règle chez CL sincnsis, l'exception chez CL endemicns. »
De môme après avoir indiqué la limite de la vésicule séminale, il ajoute : « Ce caractère ne doit pas cependant être considéré comme distinctif, car il peut varier. »
Même observation pour les œufs. Chez CL micnsis ils se distingueraient par le rétrécissement de leur extrémité antérieure, et la saillie prononcée du rebord de leur clapet, lui-même plus bombé,
(\) Looss, Loco citato^ p. loi.
SUR LA DUALITE SPÉCIFIQUE DE LA DOUVE DE CUIiNE 123
mais écrit Looss, « j'ai trouvé aussi des spécimens dans lesquels ces particularités n'étaient que faiblement prononcées ». Et plus loin, il dit encore que le couvercle des œufs de CL endemicus est plat et sans rebord aussi saillant, mais, ajoute-t-il « celte diflérence est, en somme, très légère et on ne peut la reconnaître sur tous les individus )).
Il nous reste maintenant, pour terminer celte élude critique, à passer en revue certains arguments que donne Looss en faveur de la création des deux espèces, qui, malgré tout, comme il le reconnaît, se ressemblent beaucoup.
11 cite d'abord l'exemple de YO. felineus, si commun en Europe, chez le Chat, et absolument inconnu en Egypte. Or, dans ce dernier pays, on trouve chez certains Oiseaux un Distome, VO. (jerninus, quianatoraiquement ne se distingue pas du précédent. Malheureusement l'argument invoqué ne peut être adapté aux deux espèces de la Douve de Chine. En effet, (7. sinciisis paraît bien être localisé en Chine et Ci endemicus au Japon et au Tonkin, mais l'habitat n'est pas nettement tranché, puisque, au Japon, les deux espèces se retrouvent côte à côte ; de plus l'hùté normal est le même pour les deux parasites.
Le Chat et le Léopard, dit Looss, n'ont, h part la taille et des différences tout à fait secondaires, aucun caractère qui permette de les séparer; il en est de même pour le Rat et la Souris, et pourtant jamais personne n'a songé à réunir dans une même espèce le Rat et la Souris, pas plus que le Chat et le Léopard. Le fait est vrai, assurément, mais il faut remarquer qu'entre Chat et Léopard, qu'entre Rat et Souris on n'a jamais de types intermédiaires. Or, dans le cas des Distomes de Chine, on a vu que tous les intermédiaires existaient, puisque la limite su périeurede la taille de Cl, efidemicus (iS"'"), est précisément la limite inférieure des dimensions de CL sinemis, de sorte qu'on a tous les degrés possibles entre 9 et 20'"".
Pour ce qui est de l'explication de Katsurada, qui cherc!;e à placer dans la taille de l'hôte la cause des variations de la taille du parasite, Looss y répond en y opposant plusieurs faits tendant à prouver Hûdépendance de la taille respective de l'hôte et du parasite : tel l'exemple de l'Ascaris qui arrive aux mêmes dimensions chez un jeune Enfant que chez un Homme adulte. Cela est peut être
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vrai pour Thôte définitif, mais il n'est pas prouvé que chez les formes animales à migrations, Thôte intermédiaire n'ait pas une influence sur la taille de la larve qui vient s'y fixer, et par suite sur celle de l'adulte. Giard a observé que les Distomes ont souvent, en diverses régions, des hôles transitoires divers. Ces nourrices, comme on disait autrefois, peuvent avoir une influence sur les dimensions et peut-être même, dans certains cas, sur la forme du Cercaire. Cette influence peut se traduire par des différences au moins égales à celles que Looss établit entre CL sinensis et CL endemiens, Giard a observé, en particulier, des faits de ce genre chez des Distomes parasites des Poissons et des Oiseaux. Pareil fait pourrait se produire pour la Douve de Chine. On pense que, sur les côtes de la Chine, Thôte intermédiaire est un Mollusque dont les Chinois sont très friands. Ne pourrait-il pas y avoir, sur les côtes du Japon et de l'Indo-Chine, un hôte transitoire différent du premier qui exercerait une influence sur la taille du Cercaire et par suite sur celle de la Douve adulte ?
En résumé, la validité de l'espèce CL endemicus ne nous paraît pas suffisamment établie et il n'y a pas lieu de la maintenir. Il parait plus logique de créer deux variétés major et minor du CL sinensis, en rapport avec les habitats signalés par Looss, la première surtout répandue en Chine, la seconde manifestant sa présence principalement au Japon, au Tonkin, et dans TAnnam.
Opisthorchis felineus (Riv.) EXISTE AU TONKIN ET S'OBSERVE CHEZ L'HOMME
PAR
P. VERDUN et L. BRUYANT
Professeur Préparateur
de Zoologie médicale à l'Université de Lille
La distomalose hépatique est une aflectioa très répandue dans certaines régions de FAsie telles que le Japon, la Chine, leTonkin. Elle peut être causée par la Fasciole hépatique, mais c'est surtout la Douve de Chine (Clonorchis shiensis) qui se rencontre le plus communément. Ainsi, au Tonkin, il est presque de règle de rencontrer ce dernier Distome chez tous les Annamites que Ton autopsie. Les deux espèces que nous venons de citer ne sont pas les seules susceptibles d'être observées chez l'Homme. En effet, en examinant un lot de quelques centaines de Douves de Chine recueillies à Tautopsie d*un Annamite et que nous devons à l'obligeance du Dr Séguin, médecin à l'hôpital militaire d'Hanoï, notre attention fut attirée par la présence de quelques individus beaucoup plus petits. Nous avons cru tout d'abord avoir sous les yeux des formes jeunes de la Douve de Chine, mais l'examen microscopique nous a permis de constater que ces Distomes devaient être rattachés à une autre espèce. Nous donnons ci-après la description des sept exemplaires que nous avons recueillis. On trouvera également, annexée à ce travail, une micro-photographie de l'un des échantillons et de quelques-uns des œufs du Distome.
L'étude que nous allons faire va nous permettre d'identifier ce parasite avec YOpisthorchis felineus (Rivolta, 1883) et de le comparer aux échantillons de cette espèce qui, avant nous, ont été trouvés chez l'Homme, par d'autres auteurs.