IV- — Modifications
APPORTEES PAR LE PARA- SITISME A LA STRUCTURE DE LA VILLOSITÉ INTESTI- NALE uv Python.
Nous avons vu précédemment que l'adhérence de l'animal était favorisée par l'hypertrophie des villosités intestinales englobées dans ses cavités bothridiales. Il ne sera pas inutile de donner ici la description des modifications profondes que subissent ces villosités.
Afin de mieux établir les contrastes, nous envisagerons d'abord la constitution d'une villosité normale et en second lieu celle d'une villosité hypertrophiée:
A. — Canstitution d'une vilbsité normale (fig. 12). — La constitution de la villosité intestinale du Python ne diffère en rien de la constitution schématique de la villosité intestinale de tous les Vertébrés.
Fig. 12. — Coupe d'une villcjtsiti^ in-
teslî Jiale ilo Pyltion; monlrautla ^truiHure normale. — ep, épithélium ; ft, membrane basale ; te, Ussu con)onctif contenant les vaisseaux chylifëres.
ÉTUDE DE l'appareil DE FIXATION DES SOLÉNOPHORES 211
Elle est uniquement formée d'une évagination en doigt de gant à rintérieur de laquelle se trouve un tissu conjonctif coUagène, te,
Fig. 13. — Ck>upe longitudinale delà bothridie du Solenophorus, montrant l'hypertrophie de la villosité intestinale du Python. — sa, sphincter antérieur; m, musculature ; /, fibres musculaires, longitudinales ; an, iibres annulaires ; f, fibres conjonctives ; sp, sphincter postérieur ; F. fente postérieure latérale ; T, villosité : c, col de la villosité dépourvue sur sa plus grande partie d'épithélium, dont il reste quelques traces ; c;\ amas de cellules conjonctives ; /*, fibres conjonctives collagènes comprenant dans leurs intervalles quelques libres musculaires.
riche en vaisseaux sanguins et en vaisseaux lymphatiques ou chylifëres. La partie périphérique du tissu conjonctif fondamental est
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différenciée en une membrane basale b, sur laquelle repose un épi thélium ep, à longues cellules pourvues de noyaux très allongés. Il n*y a là rien qui soit bien différent de la structure bien connue mentionnée dans tous les ouvrages didactiques.
B. — Constitution de la villosité hypertrophiée sous Vinfluence parasitaire (fig. 13). — Les modifications de structure dues à Tinfluence du parasite sont considérables. D'abord, les dimensions de la villosité K s'exagèrent considérablement en épaisseur et l'élargissement présente une dimension pouvant atteindre jusqu'à huit à dix fois le diamètre des villosités voisines normales.
Lorsqu'on examine la coupe longitudinale de la villosité modifiée, on constate que les différences résident essentiellement dans deux faits :
l^ Une variation importante dans les dimensions des cellules épithéliales ;
2° Une hypertrophie considérable du tissu conjonctif qui forme l'intérieur de la villosité.
Nous examinerons successivement ces deux points :
Modifications de lépithélium, — Les coupes, en raison vraisemblable du matériel insuffisamment fixé que nous avons eu à utiliser ne nous l'ont pas toujours montré en place. Comme il existait pourtant, d'une manière continue, sur toutes les villosités présentées dans les préparations, il faut en conclure que le décollement des villosités incluses dans les bothridies doit trouver une raison plausible dans l'action exercée par la bothridie elle-même.
Quoi qu'il en soit, les cellules épithéliales modifiées ont des dimensions très restreintes ; elles n'atteignent pas en hauteur le quart des cellules épithéliales de la villosité intestinale modifiée. Le noyau de ces cellules est beaucoup plus petit et paraît avoir subi une sorte de dégénérescence dont le processus n'est pas facile à analyser, en raison du défaut de conservation des pièces examinées.
Modifications internes de la villosité, — Les modifications dues à l'action du parasite sont encore importantes. L'examen des coupes longitudinales ou transversales pratiquées dans la villosité démontre les faits suivants :
1^ La partie de la villosité comprimée dans les bothridies a considérablement augmenté de volume; la villosité intestinale de
l'hôte a acquis la forme d'une massue à col c relativement étroit, que les lèvres de Torifice bothridial resserrent énergiquement. 2** Cette massue est constituée par divers tissus qui sont :
a) Une grande quantité de fibres conjonctives collagènes f dont la disposition générale est longitudinale par rapport à Taxe de la villosité. Ces fibres sont extrêmement abondantes et absorbent très fortement la fuchsine acide du réactil de van Gieson. Vers l'extrémité de la villosité, ces fibres sont beaucoup moins serrées; elles perdent leur direction longitudinale et forment au contraire une sorte de réseau lacuneux dont les interstices assez vastes sont occupés par un hyaloplasme et des cellules conjonctives abondantes.
b) Un grand nombre de cellules conjonctives cj, dont le cytoplasme granuleux absorbe l'acide picrique qui le colore en jaune et qui sont pourvues d'un noyau volumineux que la laque ferrique d'hématoxyline de Martin Heidenhain colore en noir intense. Elles sont réparties en des points quelconques de la masse de tissu, mais il importe défaire remarquer qu'elles sont parfois groupées en îlots assez volumineux dont la place est indiquée sur les coupes par des espaces plus ou moins ovoïdes et criblés de noyaux noirs. Ces cellules sont très abondantes à l'extrémité libre de la villosité où le réseau de fibres conjonctives devient au contraire beaucoup moins serré : c'est ainsi que de grands espaces ne sont occupés que par les cellules. Les noyaux sont globuleux ou allongés sans particularité digne de remarque.
c) Quelques fibres musculaires lisses qui restent colorées en jaune par l'acide picrique au milieu de toute la masse de fibres conjonctives collagènes. Ces fibres musculaires ont également une direction longitudinale dans la villosité.
On voit donc qu'il existe une grande différence de structure entre la villosité normale et la villosité modifiée par le parasite.