‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 2)Chapitre 15 sur 53 · I. — Présence du pneumocoque dans les végétations · texte numérisé non relu

I. — Présence du pneumocoque dans les végétations

Sept fois nous avons trouvé dans les végétations de l'endocardite consécutive à la pneumonie, les mêmes microbes que dans la pneumonie elle-même. Ainsi, que l'on examine le dessin 4, et l'on constatera que le produit du raclage d'une végétation est surtout constitué par des microbes lancéolés losangiques, réunis, en générai, par deux et entourés d'une capsule qui, suivant les préparations, est incolore, sorte de halo brillant, ou colorée d'un ton plus pâle que ie microbe luimême. Et ces caractères sont précisément ceux du microbe pneumonique.

Et l'examen des coupes dans ces cas a montré que les orga-

' Nous croj'ons que cetle proposilioD sera géaëralemenl accepléi. Nous pouvons en tout cas affirmer qu'en y comprenant les IS cas auxqucU [1 est fait anuBion dans ce mémoire, nous avons sans exception trouvé Jee nicro-nrganisme? d.-i n a ,^0 endocardites iilcereusts vciii:lanle-;, par nous oltserréea.

E TÉGÉTANTE-ULCÊeBUSE PHEUMONIQUE. 113

nismes sont répandus dans toute l'épaisseur de la végétation et qu'il ne s'agit pas seulement de quelques microbes déposés par le sang à sa surface.

La constatation dans ces végétations du microbe pneumoniquen'apasétéfaiteparnousseul.Auparavant,Klebs,Bozzolo, Colomiatti, Osier décrivent des micro-organismes dans l'endocardite pneumonique et acceptent que ce sont les mêmes que ceux des poumons. Nous avons fait pareille constatation dans nos deux cas de 1882. Us ne donnent pas, il est \Tai, de description précise des microbes. En revanche, cette description est donnée par MM. Cornil et Babes ainsi que par Songer.

Mais peut-on, dans un cas pareil, se contenter des caractères moqihologiques. Nous avons pensé que non.

En premier lieu, il est utile de montrer que les résultats de la culture sont les mêmes, qu'il s'agisse des produits de la végétation ou du suc pneumonique. Cette démonstration n'est pas aussi aisée qu'elle peut paraître. Les cultures pures de pneumocoques sont faites en se servant de matières empruntées au malade en vie ou recueillies aussitôt que possible . après la mort. 11 est impossible à Paris d'obtenir ainsi les produits d'une endocardite valvulaire. Et d'autre part, à quoi devront ressembler ces cultures? La description fournie par Friediaender n'est nullement acceptée par tous. Talamon, Fraenkel, Senger, Weichselbaum s'accordent pour accepter, sinon dans toutes, au moins dans presque toutes les pneumonies l'action d'un microbe différent.

Nous avons fait des recherches nombreuses sur le microbe pneumonique et nous les exposerons à leur heure. Nous voulons nous en tenir à l'endocardite pneumonique. Dans trois cas d'endocardite pneumonique expérimentale (voir plus loin) nous avons fait des cultures du sang. Dans ces trois cas nous avons obtenu des cultures pures du micro-organisme décrit par Fraenkel. Ce microbe, qui ne se développe qu'à la température du corps humain et dans un milieu légèrement alcalin, est le microbe que nous ont donné également des cultures nombreuses de pneumonie. Ainsi, nous ne nous contentons pas des simples caractères morphologiques. Les cultures se comportent de la même façon, qu'il s'agisse de

AHCH. DB PHTS., 3* SÉRIE. — Viil. B

loïGoot^Ic

suc pneumoniqueou plMPétiipw, m à» Mog d'uw eqijwardite pneumonique (ea^térimentala). he^ cultiiraa dans les deux cas ont la même activité pathogâno que les iniliâiu qui ont servi à les obtenir.

Mais en raison des discuBsi<Hi6 aaioofe qûb tntoâfaâee, nous ne nous contentons nullement du résultat àe nos eulturas et nous avons pensé que les deux opdves d'axpérimeoi qui suivent paraîtront plus démonstratifs. Nous sommes prrivé, en inoculant des fragments de végétation pneumonique, à pro' duire chez les animaux des pn^imonies #t pleurésies identiques à celles que l'on obtient ohes le« mâmeB animaux en inoculant des produits pneunwaiquBE. D'uitra part, en inoculant des produits pneumoniques, nom avpos déterminé des endocardites à pneumocoques en tout pamlles k u^es que l'on observe chei Thmame.

Il n4His parait qu'l^rès «es deux démoBSintioDs le doute ne sera plus possible.

II. — Infection pneamoniqtte après inocalation iTendocardtte paeamoaiqae.

Lee inoculations des produite paeutaeniqttW soal nuisibles à diverses espèces anîauilss.

Nous les avons pr«tiqué»s un très grand nombre de fois sur les souris, les lapins, les «obayes, plus mrwiwU sur les rats.

Si rinjection est faite dans le poumon, il y a pneumonie unilatérale ou double, pleuvéne ^ibrtaeuoe doublfi, péricardite, etc.

Si l'inoculatioa e«t sou«-c«l«i»ée on iRtFavascutaive l'on observe les tésioM suivantes : oedème aa point d'Mooulation, tuméfeettoades ganglions oarrespoadants, épancbement dans les cavités «éreaees avec ou saoc ioftammatioa, grorao rate, sang dissous.

Dans les diverses parties signalées on b«uve des pneumocoques.

La tempénrturedei'aniraal s' élève rapidement les pcfflawà-es heures, die baisse quand approche la mort.

ENDOCARDm TGOETANTB-DI.CEIIEUBB PNBUHONIQUE. 115

Les résultats obtenus par les expérimentateurs qui nous ont précédé, concordent avec les nôtres. Tous ont observé les formes pneumonique ou générale suivant le point d'inoculation.

Les divergences portent surtout sur la manière de réagir des divers aqimajjx.

Pour noJîS, les l^pieç et les souris onf toujours syccombé, et c'est siaa^ l'avis de Fraenke|, Senger, Weichselbaum. Jar lamon a obtenu c^ez le lapin les mêmes résultats.

Le cobaye est réfractaire dans un certain nonjbre de cas. C'est l'avis de Fraenkel.Talamon croit à son iramunit^, mais il a expérimenté sur un trop petit nombre (deux ^mai^x).

Qqant à Priedlaender, il obtient les piêntfs .effets sur la soaris et le cobaye, niais il ne détermine aueutf désordre chez le lapin, n est seu^ à reconnaître cette immunité. Ifous n'ayons pi]|lement l'intention, surtout ici, de critiquer son mémoife qui, à tant d'égards, est fort remarquable. Mais nous dirons seulement que le nombre est contre lui, qu'es tout cas le plus important à notre point de vue, c'est dé déterminer si, dans nos propres inoculations, l'endocardite a donné tes mêmes résultats que la pneumonie.

Cela dit, je passe à l'exposé de mes expériences.

Obs. I {eommnaiquée par M. LancBreaux). — Grippe. ~- Pneor manie gauche. — Défervescenoe. — Nouvelle reprise de âèvre. — Autopsies. — Pneumonie en voie de résolution. — Endocardite végétante mitraie, aortiqae, tricaspide. — Paeamoeoques . — /noculationa.

tlne femme de 23 ana, enceinte de trois mois et demi, entre le 11 mars «laos le ao^ice de H. Lancereaijx. Elle était jnal à l'aise depuis nae'ijuiiiiBine de jours. Rhume, tous, courbatures, douleurs dans les membres. Au cours de cet état qui parait «voir été de la grippe, elle fut prise, le 8 mars, d'un frisson. Celui-ci marque le débui d'une pneumonie qui occupe le lobe inférieur gaucJie.

Dans la uuil du septième au huitième jour, avortemeat.

Le onzième jour, déferveseence complète.

Huit jours après, frisSon violent à la suite duquel la température S'élève à 40*^.

Le vingtième jour, apyi-exie le matin; nouvel accès de fièvre â i heures.

116 NKTTEIt

La fièvre persiste les quatre jours qui suivent.

Mort le vingt-quatrième jour sans qu'on eût pu, en dehors du foyer pneumonique en résolution, constater aucun désordre viscéral. Le cœur, notamment, a toujours paru normal.

L'autopsie permet de constater que le lobe inférieur du poumon

gauche est d'un rouge brunâtre. Il est parsemé de noyaux violacés encore durs.

11 y a, dans la rate, des infarctus récents. A la surface du rein gauche des dépressions correspondant à des infarctus anciens cicatrisés.

Le cerveau n'a pu être examiné.

Les lésions les plus remarquables siègent au cœur. Sur ta grande valve mitiale, végétation gris jaunâtre grosse comme une uoisetle. Végétations plus petites sur la petite mitrale. Saillies de même nature sur les valvules sigmoïdes aortiques, sur les cordages de la tricus-

Ces dernières sont peu adhérentes et s'enlèvent sans que l'on trouve au-dessous de perte de substance. Au contraire, la végétation mitrale est absolument adhérente. La valvule mitrale est, du reste, épaissie par suite d'un travail inflammaloire antérieur.

Nous avons pratiqué immédiatement l'examen des végétations cardiaques. Elles fourmillent de pneumocoques qui sont reproduits dans la figure 4. Les coupes nous démontrent que les microbes existent dans toute l'épaisseur des végétations.

Avec les précautions les plus rigoureuses, nous isolons un fragment pris au centre de la végétation ; ce fragment est finement broyé dans un liquide stérile (urine émise immédiatement). Après nous être assuré

e PNEUHONIQUE, 117

que l'émolsion est chargée des mfimes micro-orgaDismes, nous en injectons, avec la seringue de Pravaz, une faible quantité dans la plèvre droite de qualre animaux : lapin, cobaye, deux souris.

Le cobaye, inoculé le 1" avril, est trouvé mort le 6 au matin.

On trouve dans chacune de ses plèvres 4 centimètres cubes d'un liquide transparent gris verdfltre qui sa prend en masse quand on l'abandonne à lui-même. Il est donc extrémemont riche en fibrine. Plus tard, le caillot se rétracte subissant les mêmes modiBcalîons qui s'observent dans les exsudais fibrineux de la pleurésie humaine.

A la surface des plèvres viscérale et pariétale, fausses membranes blanc jaunâtre, analogues à de l'ouate infiltrée de pus. Il y a, sur plusieurs points, des adhérences entre les deux feuillets pleuraux.

Les parties antérieures (les plus déclives) des deux poumons sont d'un rouge bleuâtre. Elles ne crépitent plus. Les fragments qu'on en détache plongent immédiatement sous l'eau. La surface de coupe rappelle celle du muscle, le raclage fait sourdre un liquide visqueux non aéré.

A la surface du cœur, exsudât flbrineux mince.

Rate plus grosse, turgescente. Sang dissous, lie de vin.

Il s'agit d'une femelle enceinte. Dans la corne gauche, liquide sanguinolent, gâteaux placentaires dans lesquels se sont faîtes des hémorrhagies.

Quatre embryons.

Le microscope fait voir des pneumocoques dans le sang du cœur, l'exsudal des deux plèvres, le suc pulmonaire, la rate, le péritoine, la corne utérine, les placentas.

Des deux souris, l'une meurt après cinq jours. Elle a, comme le cobaye, une pieu ro pneumonie double. L'autre, en soixante-dix heures. On trouve, chez celle dernière, un peu de sérosité sanglante dans les plèvres, une rate turgescente, un sang dissous. Dans les deux cas micro-organismes identiques à ceux du cobaye, à ceux de la végétation..

Le lapin est mort en vingt-six heures. Il a succombé à une infection générale dont témoigneat le sang dissous, la grosse rate, la tuméfaction et le ramollissement des ganglions mésentériqnes. Nous avons trouvé partout ces mêmes microcoquea lancéolés, encapsulés.

Ainsi la végétation renfermait des organismes possédant la même activité pathogène que les microbes pneumocoques.

Ce n'est pas tout.

Le sang des animaux tués par infection pneumococcique renferme une quantité très grande de microbes pneumoniques, et ces microbes ont la même activité que ceux qui ont été inoculés (Friedlaender, Fraenkel).

La suite de nos expériences nous montre les mêmes pro-

[Piétés dans les htltiteurs des aiiitnau* itio«itlés avec la véfgétatioû.

Le liquide pleurétlque galictie du cobaye, introduit dans la plèvro d'un rat blanc, a déterminé chez est animal une pieuropneumonie double airec péricardite: Le liquide pleurétique de ce fat, mort efl qttàMiitë-hiiit heures, H Servi, le,H Afrili a inociitèr un lapin. Ce dernier 6st tilort en cinquante-fJUiitt'e heures, présentant à la surface des deux plèvres des fausses membranes fibrineaaes, molles^ non adhérentes, el dans le lobe supérieur du patimoil dto'd un noyâU de la dimension d'iifte grosse cerise, gris aii Ceritte, ftmgë à \i périphérie. Ce noyau ne crépite plus, eiifoiice Soiis l'eau. Sfi siiffàfce" dé sëttion est même granuleuse. C'est un noyau de pneumonie fîbrineuse. U y a dans le péritoine, à la surface du foie et des intestins, des fausses membranes flbrineuses. La rate, le sang, les ganglidits mésentériques pi-éseiitenl l'appat-ence régulière éii pareil cas.

Avec le sang du lapin inoculé le î" juin, j'inocule un cobaye, un lapin et une souris (introduction dans la plèvre).

La souris meurt en dix-huit heures,' le lafiln en tingtdeo*.

Nouvelle inoculation, cette fois sods-ciitàilée, du sang de lapin, à un animal de même espèce qui meurt en vingt heures.

Le sang de Ce dernier ahimal fait mourir une souris en viagl-:lilq heures.

Le tableau suivant montre la série de nos inoculations. Sauf deux cobayes, tous les animaux inoculés sont morts et comme meurent les animaux soumis à l'activité du pneumocoque'.

' Nous avons vu que le cobaye est assez souveol rfifraclaire à la pneumonie, Chei l'un des cobayes.qui ont résisle à rinoculalion une ponction de la plèvre a permis de retirer le 4* jour un liquide renfermaat des pneumocoques. L'animal est mort 2 mois et demi plus tard d'une tuberculose généralisée, mais prédominant dans les poumons et les ganglions brou chiques. Jamais il n'avait subi d'autres inoculations, 11 paraît y avoir eu chez lui Infection bacQlaire à la suite d'une pneumonie guérie. Ce fait aurait bien des analogues chei l'homme. Les mSmea localiaetions luborculeusoa furout constatées cben le cobaye III, mort après trois mois et demi.

ENDOCARDITI VËOÉTANTC-ULCÉBEUeB PNEUMOHIQUR.

in plàvre droite, pl ouropneuoiaiilA

périoudite + S JDnrs.

Rat SMlG,

exsudât platlr&t, plenropaetunoliiai

péricardita -f- i jours.

-(-M heures,

+ » bauras. + S8 ï

Soima L

pltvre droite, iulnUXiOtt

UhhIV,

n plèvre droite LiDdat pleural.

plearigie double,

péritonile + 5* béates.

fdhtctlcHi -Y W beurtis.

COUTE m, pmt9 aralte.

II ncms a {mm inutile de mtiltipllBi' les expérieneeâ. Qu« l'on compare leur résultat à ce que nous avons dit, eti début, de rinoDilIatiQn {meumoniqtie, qu'on lise les dewriptioQB de tous leR àutburé, 8t l'idantlté d'sffet ne peut dtrë eonteatéBi

III. — Réalisation expérimentale de l'endocardite paetittionococcique.

Nous avons peneé qu'il serait possible de retôutner la démonstration précédente, d'arriver à l'endocardite an partant de la ptleUihOUie, de même que nous sotnines arrivé à la pneumonie en inocuJant les produits de l'endocardite.

La pneumonie espérimentale évolue rapidement et leg etidoeatxiites, uomtué nous Id verrons, surviennent en généPal â Une date aâsàz élôlgiise du début. Il y a là une circonstance défavorable et, de fait, sans opération préalable, l'endoeardite

D,=;,tz.d.,G00g[c

pneumonique a toujours manqué dans mes expériences.

Mais il en est tout autrement si l'on a préparé le cœur, c'est à-dire si, par un procédé quelconque on a modiQé cet organe dans un sens favorable au dépôt à la surface de l'endo cardite des micro-organismes présents dans te sang de toute pneumonie expérimentale.

Ces conditions peuvent être réalisées en produisant un traumatisme dans l'intérieur du cœur. Orth, Wyssokowitsch et Weichselbaum ' ont ainsi, après injection du streptocoque et du staphylocoque obtenu des endocardites végétantes. Nou s avons cherché à faire de même à l'aide du microbe pneumonique'.

Nous préparons le cœur par la méthode de Rosenbach. Par la carotide droite, nous faisons descendre un stylet qui, à travers les sigmoïdes, pénétrera dans le ventricule gauche.

L'opération est assez simple. On découvre la carotide qui longe la trachée ; on isole le vaisseau et place deux fils. Le fll supérieur est immédiatement noué. Le fil inférieur ne sera lié que lorsque la sonde sera retirée. On pince le vaisseau, on l'incise entre la pince et le fil supérieur et fait pénétrer la sonde que l'on pousse en bas. Arrivé à 9 ou 10 centimètres l'on sent une résistance, l'extrémité de la sonde est logée dans un nid sigmoïde ; on force, l'instrument pénètre dans le ventricule.

On est immédiatement assuré de la réussite de l'opération en constatant l'exagération des battements artériels. Du reste l'oreille appliquée sur la poitrine fait entendre un fort souffîe diastolique.

* Obth, Tageblatt de 58 Versammlnug deutschep Naturtorsober und Aerzte, Strasbourg 1885.

WïSiOEOwiTscu. Ueber die kOnstliche mykotJSclie Endokardites. {Areb. tUr patb. Aaslomie, 1885 C. III.)

Rosenbach, Ueber artiQciolle Herzklappenfehler. {Arebiv. iùr experimeDielh Pathologie 1878.)

' Orth el Wisaokowilsch déclarent n'avoir pas réasai à obtenir l'endocardile en inoculant dea cultures de pneamocoques. Ces cultures reurermaJaDt le microbe da Friedlaeader. On s'explique aisément, dès lors, que nous dilTérious quant aux résultats. Je n'insiste pas ici sur l'innocuité du microbe de Friedlaender sur le cœur. Je l'invoquerai ultârieui'ement quand i) s'agira de discuter son importance pathogéoique.

e: téoétante-ulcéheube pnevuohique. 111

NoHs préférons un stylet à la sonde adoptée par Rosenbach et Wyssokowitsch. Au lieu de placer une pince sur le vaisseau, nous nous servons des doigts qui guident mieux le stylet et permettent d'éviter toute hémorrhagie. Il est utile de placer un index à 9 centimètres, distance habituelle des valvules à l'ouverture artérielle.

Le temps le plus difficile est l'introduction du styiet. Mais avec un peu d'habitude elle se fait assez aisément. Le danger toujours redoutable est la perforation de l'aorte qui peut se faire à l'entrée de la carotide ou immédiatement au-dessus des

Quoi qu'il en soit, nous avons un assez grand nombre de fois réussi l'opération'.

Une fois le cœur préparé, la plaie est pansée de la façon la plus antiseptique. Les lèvres de la plaie sont suturées. L'animal ne paraît guère incommodé et, si on l'abandonne à luimême, il ne présente aucun trouble de la santé.

Le jour de l'opération ou le lendemain, a lieu l'injection du liquide chargé de pneumocoques. Ce liquide a été tantôt le suc pneuraonique humain ou l'exsudat d'une pleurésie concomitante, tantôt une culture de pneumocoques ou encore des produits empruntés à un animal qui a succombé à une inoculation de produits pneumoniques humains. Enfin, plusieurs fois, nous avons injecté notre propre salive. Fraenkel a établi l'identité de son pneumocoque avec un organisme présent dans la salive humaine. Nos propres recherches . nous ont convaincu de la justesse des affirmations de FraenkeF.

L'inoculation s'est faite tantôt dans le poumon, tantôt dans Ja plèvre, tantôt dans le tissu cellulaire sous cutané.

Les animaux sont toujours morts avec les altérations classiques de l'infection pneumococcique. Mais, en plus de ces altérations, ils présentaient des endocardites végétantes.

' Nous devons remerciai' ici notre cher ami M. Menelner dont le concours nous a été bien précieux pour toutes ce-, opérations assez délicates

'Le travail de Fraenkel esl contenu dan^i le Zfitschrift fur kliniicbe Medicia iSSii, X. Nous étudions depuis longtemps le microbe de la soplicpmie salivaire et avons pu vériQer l'exactitude des afllrmatians de Fraenkel. Noue comptons exposer bientôt nos recherches.

Noti» EiTtmfl t^rèSetlIé l6 cœut' âe dëuk Itiplns ainsi traités et dont vt>i(n l'hl&tbll^ ^ccincte.

EtPËRtmcK t. ~ U 1» juillet 1880 jd Uiti piàéltbr Hb stylet dans le cœur gaucho d'Un lapin vigourenx. <« romps une sigmoïde et m'assure de la production immédiate d'une ItisaffiMna» aortique. Je retire )e stjflet, lie la carotide, sutura la plaie du cou.

Une denti-Keure plus tard j'injecte dans le poumon gauche au Abjjëa d'ilne ëërlfij^de Aé Pthvkl uh li<|ilîdd ribhë en pneumoeoqueÊi dont Vbici l'Origllte :

Il prOTletat US fa pldvrtt d'itue eoilrla t{(il tlblît di Buccomber ÎO heures après injection iatrapleurale d'exaudat pleurétique recueilli 9 heorea après la mort d'un homme pneumonique {fig. 6).

Voici la marche dé la température chez ce lapin > :

I™ juillet soir, 38°,3.— 2 juillet, 9 heures matin, 4{(»,8; — 2 h. So m. soir; 41*{2; — B hBuras sOir, 40" .B; — 6 h. « soir, 39° ,8.

l/ahimalf le B jullist «oiri dbnnë Ibs signes d'une violente dyspnée. Il sa ment fort peu.

Nous le trouvons mort le 3 au matin.

Nous constatons :

tlhé pleuré^ib fibriHËUâe double, surtout psëiidd'membraneuse, sens àpabbHmtieiit ttbtdbltl.

Au niveau du [loint piqilé uta pBHI noyau pneUttonique gros comme un pois, rouge grisfttre.

Une périoardite Sbrinense.

Une péritonite de même nature, peu intense.

LS rate ést, cdminë dans loiis les cas de ce genre, grosse, molle, tnrifsëeenie.

Le sang fist lie do vin, dissous.

ië trouva des pneumocoques eneapaulés typit|nes, dans l'éxslidat des plèvres, du péricarde, du p6ritoine, dans le sang. — Qea pneumocoques se développent très bien dans l'agar-agar, à 38°.

Les mêmes piiéliihocoqués existent en abondance dans la végétation.

La figura 3 i-eprèsente la oceur gauche de ce lapin. On «oit la perforation traumatique de la sigmoïde gauche. Deux végétations relativement loufjues partent des bords de cette perforation. L'une remonte dans l'aorte, l'aUtre descend dans le ventricule. La grande valve mitrale aussi a été perforée près de ses bords inférieurs. Ici encore s'insère

' Chez te HlSme 1a.pin nous avons rêîissi à faire apparaître UDe méningite a pnelinloOCques. Nous avions tait précéder rincisioii de la carotide d'une trépanation, suivie de la caUtérisatioti de l'encéphale. Nous ae faisons que men- Uoimer ici ce fait sur lequel nous revieiidroas dans un autre travail.

ENDOCARDITB VEQBTANTK-ULGBREUSIE PNEnHONIQUE . US

une végétation. On trouve une qaatriàino végétation, pédiculéa, s'insërant sur un pilier de la mib-ale.

Ces végéiaiione fourmillent ie pneumocoques aésein^s (fi^. 8).

n n'est pas nécessaire que le traumatisme cardiatjHé Sdt aussi considérable. II suffit d'un attouchement très léger. L'expérience suivante en est une preuve.

KxpËniKNGE II. — Le 36 juiu 1886, opération analogue à la précédente sur uii lapin, avec cette différence iju'flU llèii S'introduire un stylet, je me sers d'une bougie mince qui pénètre dans le tœbr sans qn'il Boil néoesMirB da foroer le paasage au niveau de l'orifioe aoriique.

Deux heures après l'opération, l'animal court et mange comme à l'ordinaire.

Le 37 j'injecte dans son poumon gauche 0,25 '^ de inà salivé.

Le 28 matin. Je trouve t» lapld Itêà aRaUfli, lé& ptlilë héHsses; les respirations sont fréquentes, difficiles; Dlttrl-béS,

A 11 h. 30 convulsions et mort.

Dans chacune des plèvres 5 grammes d'un liquide rougeâtre très fibrineux.

A la surface des poiiniong faussé iflëmb tarie.

Le lobe sup^MStir dd poUmod giiUbHe est trÊJbsfbrmé en un blob résistant) ïouge tbnbé; pins denae que l'eau. Sa coupe a l'apparence granulée de l'hépatisation la plus typique.

Le reste du poumon gauche ne crépite pas davantage, enfonce sous l'eau, mais sa surface de section est lisse.

La rate est turgescents, le.sang dissous. Les ganglions mésentéi-iques sont gonflés.

Nous avons trouvé des pneumocoquee dans lea ponmouSj les plèvres, le sang.

Les cultures du sang et du suc pneunioniquc ont germé et fait apparaître le pneumocoque de Fraenkel.

Le pneumocoque était présent aussi dans la végétation cardiaque.

Nous avons représenté {Bg. 2), au double de la grandeur naturelle, le cœur de ce lapin. L'appareil valvulaire aortique ne présente aucune rupture. Mais il est certain que la bougie a pénétré dans le cœur, car un pilier de la mitrale a été contusionné et présente une ecchymose.

La valvule milrale est d'un rouge vif, boursouflée, surtout au niveau de son bord libre. Elle a la même apparence que dans l'endocardite rhumatismale.

De plDs, fiur la petite mitt-ale existe une végétation sessite

loyGoogtc

plus grosse qu'une tète d'épingle, grisâtre, un peu molle.

Le simple attouchement de la surface a donc suffi pour que

la pneumonie fibrineuse se compliquât ici d'endocardite

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