I.« 9 mai soir, vomissements
Le 10 mai, il paraît y avoir un peu de dysphagie. Muguet.
Le 11 mai, albuminurie.
Mort le 13 mai (vingt-quatrième jour). Le oceur, fréiuemmeat examina, ne donnait pas de signes anormaux.
BNWIGAfttlITB TBOBTAMTE- ULCÉREUSE PNKtWONtQDB. 151
Aulopsie ; les poumoDs sont emphysémateux et congestionnés. Le lobe moyen droil où a eu lieu la pneumonie est induré, Bbreuit.
Le cœur est un pen chargé da tfraisse.
Las valvules du oâté 4roit, Iq valvule mib'sle, sont saines.
Pu côté ^e l'orifice aortique, deux valvules eigmoïdes son ( saines.
La troisième présente sur sa face ventriculaire une saillie uniforme du volume d'une grosse fraise. M-dessous de cette saillie se Ivouve une perforation.
Au-dessous da cette valve, il y a des végétations petites sur l'endocarde ventrioulairB,
La rats pèse 150 graniTues.
On ne trouve nulle part d'infarctus.
Le cerveau ne présente pas trace de méninglle.
L'examen microscopique pratiqué par M, Marfan a montré dans la végétation des microbes ovoïdes unis par groupe de deux, qu'il considère comme des pneumocoques.
Le dj^ifostic (ie l'endocardite infectieuse pneupionîque est loin fi'être toujpyrs bien aisé.
Sa^f les cas rare^ où se produisent des embolies, le^ signe^ ^ssentislg doivent être fournis par l'auscultation [3u cœur.
Oo sait que ('exploration de l'organe n'est pî|s toujours Siséfl daps les cqs de pneumonie. On sait que des Ipsjons même étendues dg l'endocarde peuvent exister sans souffle, et les pl}servations que nPis avons empruntées à I^. Bucquoy et 9 ^. Lancereanx en sont des preuves.
Et la constatation d'un souffle n'implique ni^llepient l'existence il'une endocardite pneumppique. Il peut être dp ^ une lésion d'orifice ancienne'
Lps caractères du ^Pnffle permettent assez souvent de se prononcer. Ainsi, dan$ \b courg dq l'endocardite pneumonique, le souffle peut changer de timbre, de siège, de n^omeiit. A un SDiiffle au \" temps f}p l'prifice aortjque peut alors ^'^jouter i^n wufflB di^Stoljqi^e. pans ces circonstances, le diagnostic ne peut gnère (lésiter. Il s'agit d'une endocardite en voie d'activité et de nature infectieuse. Il suffit, pour s'ei^ convaincre cje vpjr I4 courlte.
Que si, au coiitrau'e, comme chez un malade que nous avons pu observer dans le service -de M. Lancereaux, !e mois dernier, on constate un souftle présystolique à timbre musical, s'ii y a du frémissement cataire et si le cœur est hypertrophié, nous pouvons affirmer qu'il y a là une lésion cardiaque ancienne, indépendante de la pneumonie, alors même que nous ne trouvons pas d'antécédents rhumatismaux.
Mais le diagnostic de l'endocardite pneumonique bien souvent ne peut être qu'un diagnostic de probabilité. On reconnaît dans ce cas une seconde phase infectieuse. On admet qu'elle est due aux pneumocoques et l'on pense que le cœur a pu être touché.
Cette fièvre d'infection, si manifeste dans nos tracés, est ordinairement intermittente. Chaque poussée fébrile, comme l'acceptait Traube, paraît liée à une irruption nouvelle du poison dans le sang.
Mais l'agent pathogène pneumonique n'est pas seul à pouvoir déterminer pareille infection. Les organismes liés à la suppuration, à la tuberculose, procèdent de la même façon.
Il est possible, croyons-nous, de différencier ces trois infections. De l'infection purulente consécutive à la pneumonie, nous posssédons quatre observations. Deux ont fait l'objet du travail de M, Jaccoud. Deux autres proviennent des services de MM. Dumontpallier et Lanceraux. Dans tous ces cas il y a eu des manifestations purulentes apparentes. Dans le premier cas de M. Jaccoud, c'étaient des arthHtes purulentes; dans le second, des abcès sous-cutanés multiples. Dans le cas de M. Dumontpallier, il y avait arthrite de l'épaule; dans celui de M. Lancereaux, parotidite. On devra dans tous ces cas, comme dans la première observation de M. Jaccoud, constater dans le sang une augmentation notable des globules blancs. La culture du sang est ici fort aisée et montrera le développement du streptocoque.
Dans la tuberculose succédant à une pneumonie, les signes locaux pulmonaires, au lieu de s'amoindrir, s'aggravent ou au moins restent stationnaires. L'examen des crachats fournit ici de précieux renseignements.
Des trois infections postpneumoniques, celle par le pnen-
E PNBUMONIQUE. 1S3
moeoque est la plus précoce. La mort survient en moyeaae le 27* jour. Celle après pyohémie vient après, en général, le 45° ou 50* jour. Celle par tuberculose est plus tardive encore, plusieurs mois ou des années.
Dans toutes les observations que nous avons rapportées, l'endocardite pneumonique a été suivie de mort. La terminaison n'est pas toigours aussi fatale. Une observation malheureusement trop succincte de Traube le démontre. Cet auteur a vu, au cours de la convalescence d'une pneumonie, des frissons paraître tous les jours en même temps qu'il assistait au développement d'un souffle aortique qui persista après la guérison. A défaut de l'examen du sang, cette Gèvre secondaire paraît bien indiquer la nature maligne de l'endocardite. Plus nombreux sont les cas de pneumonie suivis d'affection chronique du cœur. Mais nous ne pouvons affirmer que l'endocardite aiguë, dans ces cas, ait été la même que celle à laquelle nous consacrons ce mémoire ; en d'autres termes, nous ne savons pas si elle a été végétante-ulcéreuse.
Nous savons que l'endocardite ulcéreuse peut guérir, et, cette année, dans le service de M. Jaccoud, nous avons vu guérir ainsi une malade qui avait présenté à diverses dates des germes dans le sang, germes qui se sont développés dans la gélatine ou l'agar.
Toute endocardite parasitaire n'est nullement, de ce fait, mortelle, et le pneumocoque, dont la vie est si courte dans le foyer pneumonique, ne doit pas être plus inexorable que les autres organismes pathogènes.
L'acide salicylique, la quinine, qui ont rendu à M. Jaccoud de si grands services dans l'endocardite ulcéreuse à laquelle nous faisons allusion, devront donc ne pas être négligés dans l'endocardite pneumonique ^
' Chez nn lapin qui Tieot de Buccouber cous avons pu saisir la preuve de la guérisoD passible de cette eodocardite. Deux Doyaiu calcaires exisleot aux points du cœur lésés le S8 juillet. Le 39, l'aDimal a été inoculé avec une culture de pneumocoques, il a succombé le 15 à une péricardile Obrineuse avec éptiwheinent considérable (50 gnomes). {ib août 1886.)
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