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RECHERCHES SUR LES MICRO-ORGANISMES DE LA BOUCHE

Par M. VI. VIGNA.L.

(Pl-ANCHBB XII à XIX.)

{Travail du laborsloire d'histologie du Collège de Fra

Il m'a semblé qu'il serait utile, aussi bien au point de vue de la physiologie normale que de la pathologique, de rechercher les micro-organismes qui se trouvent à l'état normal dans le tube digestif, de les isoler, d'étudier leurs caractères spéciaux, de voir la manière dont ils se comportaient vis-à-vis diverses substances alimentaires simples, de rechercher enfin s'ils peuvent devenir des agents pathogènes.

' Ce travail avait élë commeDcé de concert avec M. Malassez, qui s'était déjà oooupô, il ï a i à 5 ans. de ces questions ; mais, eolpamé par d'autres occopalioQS, il a dû ï renoucer; j'ai donc, à mon grand regret, dûles pour- Buivre seul ; plus libre maintenant, il va se remettre à ces études, e partis de ce mémoire sera bile avec tni.

ABCH. de P1IT3., S- aÉBlB. - Vlll.

Mais que devions- nous considérer comme l'état normal? Il est évident que cet état normal doit varier suivant le genre de vie, l'âge,, etc., et si j.'avais voulu obtenir une normale par moyenne, j'aurais été entraîné dans une série incalculable de recherches ; aussi ai-je pris une normale ari)itraire.

Au moment où je revenais de passer trois mois à la campagne, et que je me sentais dans un état parfait de santé, j'ai pris sur moi-même, en m'entourant de précautions que je décrirai plus loin, la matière avec laquelle a été faite cette recherche, c'est donc seulement les micro-organismes qui se trouvaient chez moi que j'ai étudiés.

J'ai commencé cette étude par les micro-organismes de l'enduit lingual et du .tartre dentaire; j'ai étudié sur des cultures pures de ces micro-organismes l'action du suc gastrique, de la bile et du suc pancréatique, pour me rendre compte de l'action de ces différents liquides sur les cocci et bactéries de la bouche, afin de chercher à avoir des indications sur leur sort dans les conditions normales, alors qu'entraînés de la bouche par les aliments, ils traversent le tube digestif; puis j'ai recherché ceux qui se rencontrent dans les matières fécales.

HISTORIQUE

C'est incontestablement Lœuwenhœck qui, le premier, a reconnu l'existence de micro-organismes, d'animalcules, comme il les appelait dans le tartre dentaire; la lettre qu'il adressa il y a plus de deux siècles à sir François Arton ' le montre surabondamment. 11 représente cinq micro-organismes : l'un est probablement le vibrion-rugula, un autre un microcoque^ un troisième le leptothrix; quant aux deux autres, il est difficile de les reconnaître; mais qu'importe, le fait important à retenir .est que ce savant a reconnu l'existence de micro-organismes dans la bouche il y a plus de deux cents ans,

' Œuvres complètes de Lceuwenhœck. Leyde, 172S ; Opeta omuia sir» area nalur» détecta, t. II, p. 39.

Après lui, presque tous les auteurs qui ont étudié les microorganismes ont mentionné ou étudié quelques-uns de ceux qui se trouvent dans la bouche ; parmi eux, il convient de citer Ehrenberg, Dujardin, Robin, Cohn, Pasteur, Amdt, van Laîr ; mais les seules monographies faites sur ce sujet sont celles de Rapin, de Rasmussen et de Miller.

Robin ' a décrit le premier le leptolhrix buccalis ; il est inutile de rappeler le rôle considérable qu'il flljouer à ce microorganisme, qu'il considérait comme étant presque le seul qui, sous différentes formes, se trouvait dans l'économie animale, il nous suffit de rappeler qu'il le trouva dans le tartre dentaire et l'enduit lingual de l'homme sain, ainsi que dans la cavité des dents cariées.

Rapin *, dans sa thèse doctorale faite sur les bactéries de la bouche à l'état normal et dans la fièvre thyphoïde, a reconnu six espèces de micro-organismes dans la bouche de l'homme : le bactérium termo, un bacille qu'il croit être l'analogue du bacille tremulus de Koch, le bacille subtilis, le leptothrix buccalis, le vibron-lineola ou rugula, la spirochœte denticola. Cette étude est une simple description, elle est cependant fort intéressante, surtout lorsque l'on pense qu'elle a été faite il y a plus de six ans.

Rasmussen ' a étudié les micro-organismes se trouvant dans la salive humaine ; il les a isolés en cultivant un peu de salive dans des bouillons de viande gélatinée, sur du pain, des pommes de terre et dans de l'urine; il trouva ainsi 13 microorganismes, savoir : les mucors racemosus, stalonifer spinosus, le pénicillium, leclasdosparum herbornum, oidumlactis, un torula, le bacillus ulna, le clostridium butyricum et polynsca, le micpococcus 'luteus, un bacille chromogène qu'il nomme bacillum Hansenii, et le leptothrix dont il décrit au long les différents aspects et formes qu'il peut présenter. Son

' Robin, Histoire des végétaux parasites. Sur la n eu tant que phéûomènos uulritifs désBasimllateurs d l'Anatoiaie, 1875, p. 379.)

' Hapin. Thèsf de Paris, 1S81 .

' RitsMUSSEN, Om Drykn'iDa »f Mikroorgaaiamer tra spyl af suode -Mcaacsker. Copeahague, 1883.

travail assez considérable est consacré en grande partie à la description des différentes formes que présente le leptothrix dans différents milieux.

Miller a isolé 5 espèces de bactéries dans les dents cariées. Il désigne ces 5 micro-orgonismes par les lettres a, p, t. S, e.

La bactérie a se rencontre d'après Miller sous la forme de cocci et de diplococci, ils sont isolés ou en chaînettes. C'est, des 5 bactéries qu'a décrites cet auteur, celle qui s'isole le plus facilement, car elle se développe très rapidement sur )a gélatine, qu'elle transforme en une sorte de bouillie semi-liquide et transparente.

Sur les plaques de gélatine, elle se montre sous la foi'me de petits boutons.

D'après cet auteur, c'est elle qui serait l'agent de la fermentation acide de la bouche en formant de l'acide lactique aux dépens du sucre.

La bactérie p se présente sous la forme de filaments, de bâtonnets, du bactérium et même de cocci; on peut suivre les diverses phases de ce développement sur le même individu. Ce micro- organisme se développe très lentement, et on l'obtient difficilement sur la gélatine.

C'est surtout celte bactérie qui, d'après Miller, détermine la carie dentaire, car elle pénètre dans les canalicules de la dentine.

Le micro-organisme y est un coccus très petit , rarement plusieurs organismes s'associent pour former une chaîne. Il liquéfie rapidement la gélatine, car, d'après Miller, en quatre à six heures la gélatine est ramollie jusqu'au fond du tube, et il se dépose des petits grumeaux dans la gélatine ramollie.

Le micro- organisme ^ est aussi un'coccus, dont les individus sont de grandeur très variable. Ce coccus diffère du précédent en ce que sa culture forme dans un cylindre de gélatine une pointe et en ce que le développement se fait très lentement •et liquéfie aussi la gélatine.

Le 5' micro-organisme de Miller, t, a la forme d'un petit bacille en virgule; lorsque deux d'entre eux sont en contact par leurs extrémités, ils donnent la figure d'un S, souvent ils se disposent en filaments spirulés dans lesquels on voit la li-

mile des articles dont les filaments sont composés, Miller ^ n'en a pas obtenu des cultures pures sur la gélatine.

Le premier des trois micro-organismes saprogènes de Rosênbach * se trouve, d'après cet auteur, dans le contenu des erypes amygdaliennes ; ilala forme d'un bacille allongé assez grand, possédant une spore à son extrémité, et répand une odeur très désagréable.

Lewis* a décrit dans la bouche des bâtonnets courbés res. semblant à ceux du choléra de Koch, mais leur mode de culture ne paraît pas être le même; peut-être ce micro-organisme, qu'on rencontre rarement, est-il le même que celui décrit par Adenecke et trouvé par lui dans le fromage en fermentation.

Nous devons aussi mentionner que MM, Pasteur* et Vulpian ' ont décrit en 1880 un micrococus dans la bouche, qui détermine la mort des lapins, lorsqu'on le leur inocule. Ce même micro-organisme a été décrit également à peu près à la même époque par le D' Sternberg*; il dit qu'il rencontra en outre dans sa bouche, avec le bactérium-termo, le bacille subtilis, le spiritlum undula, une espèce de sarcine, poul-ètre la S. ventriculi, « et une grande variété de petites formes sphériques et de bâtonnets difficiles â classer autrement que sous le nom général de micrococci et bacteria. »

M. Cornil', dans son rraï'MrfesÈac/erjespubliéavecBabès, dit qu'il a rencontré une fois dans la bouche un bacille très voisin, comme forme, du bacille du choléra de Koch, mais que celui-ci ne liquéfiait pas la gélatine, il formait sur elle une plaque grisâtre mince.

• RosEuBACH, Slikro-orgaaisiaea bei rf. Wandinfections Krankbeiten, des Idenscben. Wiesbaden, 18S4.

• Lewis, Kerf. Times aad Gazelle, 1883, el Lancoi, 1884,

■* PASTEUH, SuP une maladie nouvelle provoqués par la salive d'un enfanl mort de rage; en collaboration avec MM. Roux li Chamberlaad {Comptes rendus, 1881. t. XCII, p. 16Ï, et Acsd. de Mêd., 22 mars 1881).

• VuLPEAN, Bull, de l'Acad. de Mùd., 29 mars 1881.

• Stehnbebo, Baetcria. New-Yofli, 1885.

. ' Cornil. Paris, 1886.

loïGoot^Ic

Enfin noas devons signaler que divers auteurs, entre autres Friedenler, Kock, Comil, ont trouvé dans la bouche les déplococcus capsulés qui ont été trouvés par Friedenler dans la pneuraoûie aiguë; mais comme ce micro-organisme est considéré comme pathogène, il ne rentre pas par conséquent dans notre sujet.

Récolte et culture des micro-organismes de îa bouche.

Nous avons recueilli les micro-organismes de la bouche avec quelques précautions, afin d'éviter que nous eussions trop de micro-organismes apportés par les matières alimentaires et ne vivant pas d'ordinaire dans la cavité buccale.

La veille du jour et au moment de me coucher, lorsque je voulais recueillir du tartre dentaire ou de l'enduit lingual sur moi-même, je me lavais à plusieurs reprises la bouche avec de l'eau stérilisée et je me brossais les dents avec soin avec une brosse également stérilisée.

Le lendemain matin, avant de manger quoique se soit, et après m'étre rincé la bouche à l'eau stérilisée, je m'enlevais, à l'aide d'un fil de platine flambé, un peu de tartre dentaire ou d'enduit lingual, que je délayais de suite dans un tube contenant du bouillon stérilisé, et c'est avec ce bouillon que j'ensemençais des bouillons gélatinisés ou non.

M. Gornil, dans la seconde édition du manuel sur les bactéries qu'il apublié l'année dernière avec Babès, dit (page 637): « Si on ensemence de la salive sur une plaque de gélatine, bien que la salive contienne une masse de bactéries, il se développe à peine quelques colonies : la gélatine ne constitue pas un milieu nutritif qui leur convienne. Sur l'agar-agar, nous avons obtenu, à la température de 36°, un plus grand nombre de colonies. »

L'observation de M. Cornil est vraie d'une manière générale; mais si on emploie de la gélatine nutritive ■ bien neutralisée, plutôt légèrement alcaline et assez fortement peptonisée (20/0), on obtient un très grand nombre de colonies, surtout si on a pris soin, non d'ensemencer directement la gélatine avec le tartre dentaire ou l'enduit lingual, mais de les délayer avec soin

,lzeo.ïCoOt^[c

RECHEHCHEB HUR LES UlCllO'OnOANISMBS DB LA DOUCHE. l9l

 l'aide de l'aiguille de plaline dans un peu de bouillon neutralisé.

Si on n'a pas délayé avec soin la salive et le tartre dentaire avec un peu de bouillon, on n'obtient qu'un nombre très restreint des colonies, car les micro-organismes de la cavité buccale, sauf les lej^othrix, sont réunis entre eux par une matière visqueuse qui les fait fortement adhérer entre eux.

Il est en outre nécessaire de placer les plaques de gélatine  une température aussi voisine que possible de 20-22°, en dessous, les micro-oi^anismes se développent peu et mal.

Au début de nos recherches, ne connaissant pas le moyen d'isoler les micro-organismes sur des milieux solides, nous les avons isolés dans des milieux liquides par la mélhode des gouttes fractionnées ; mais lorsque nous eûmes appris l'emploi des milieux solides, nous nous sommes servis uniquement de ce procédé, car il est de beaucoup le plus rapide.

Nos micro-organismes, isolés d'abord sur des plaques de gélatine ont été purifiées par ensemencement fractionné dans des tubes contenant du bouillon peptonisé rendu solide par la gélose ' et maintenus dans une étuve chauffée vers 36-38°.

Les bouillons de veau, de poulet, liquides, peptonisés, neutralisés, acidifiés, rendus solides par la gélose ou la gélatine; le sérum sanguin, etc., qui nous ont servi à faire nos cultures, ont été préparés par les procédés cpnnus ; aussi nous croyons inutile de les décrire à nouveau -,

' La géloae forme la principale partie du produit commercial appelé mousse de Chine, qui est formé par une algue de Java (Gehelium Corneum), et par une autre de Maurice [Theorea lichemoîdea). Nous avons employé la monase de Chine brûle, qu'on a pris l'habitude de désigner, sous l'influence de l'Allemagne, sous le nom d'agar-agar; noua préfêroas employer le vieux mot fran- Qaia gélose, quoique, comme nous l'avons dit, nous n'ayons pas employé la substance retirée de ces plantes eu 1S59 par Pay en, mais le produit brut; et -si nous employons le mol gélose, au lieu de mousse de Chine, c'est simpleimenl pour cause de brièveté. La gélose a, ainsi que nous l'avons vu, été «m- -playée pour solldifler les bouillons, en premier par M. Roux, il y a de cela •epl i huit ans, bien avant qu'ella ne tùi connue eu Allemagne.

' Avant que nous ne possédious au Collège de France une installation suffl- -eaole pour les recherches bactériologiques, M. Pasteur voulut bien nous permetlrs de travailler daas son laboratoire de la rue d'Ulm; nous profilons de la pablicaiioa de ce mdmolre pour l'en remercier siDoèrement. Nous prions aun j «on chef de laboraloire, no^tre ami M. Roui, de vouloir bien accepUr 'Oca

Les cultures dans un gaz inerte ont été faites par le procédé qui nous a été enseigné par M. Roux; le gaz que nous avons employé était l'hydrogène.

MicrO'Ovganismcs de la bouche.

Dans la première partie de ce mémoire, nous ferons seulement la description des micro-organismes que nous avons rencontrés dans la bouche, réservant pour la seconde partie l'étude de l'action des sucs gastrique, biliaire et pancréatique sur eux, ainsi que leur action sur diverses substances alimentaires simples, et l'étude ries micro-organismes des matières fécales.

En laissant de côté les ferments et les spores des moisissures, que nous n'avons rencontrés que d'une façon exceptionnelle dans la bouche, nous avons trouvé dans le tartre dentaire et l'enduit lingual dix-huit espèces différentes de micro-organismes, et nous en avons isolé dix-sept, c'est-à-dire trois microcoques et treize bacilles ou bactéries et un vibrion.

Parmi ces micro-organismeSj six sont déjà connus ; les deux premiers sont le staphylococcus pyogenes albus, le staphylococcus pyogenes aureus, le troisième le lepthotrix huccalis, le quatrième le bacleriam iermo, le cinquième le baciUus sabstilis, le sixième le vibho-raguht. Quand aux autres, ils ne nous semblent pasavoir été décrits, ou du moins si qnelquesnns d'entre eux l'ont été par Rasmussen, Miller, etc., la description qui en a été donnée n'est pas suffisante pour qu'il nous ait été possible d'affirmer leur identité ; mais lorsque nous ferons leur description, nous ne manquerons pas d'indiquer quels sont ceux qui nous paraissent avoir été déjà décrits.

Le micro-organisme de la bouche que nous ne sommes pas arrivés à cultiver est le spirrocbete deiiticula ; nous ne ferons

meilleurs rem ercU meule pour l'aide et les conseils qu'il a bien voulu toujours nous donner avec la plus grande complaisance, et qui nous ont èlé des plus nlUes.

que le mentionner ici dans ce mémoire, car nous venons d'entreprendre une nouvelle série d'expériences pour essayer de le cultiver.

Je n'ai.aussî jamais rencontré dans mon tarlre dentaire ou mon enduit lingual, le bacille en virgule de Lewis, quoique j'aie, à plusieurs reprises, fait des ensemencements dans des milieux faiblement acides, comme on le recommande ; aussi n'en parlerai-je pas.

I. Staphylocoque pyogenes aareus (slaphylococcus pyogenes aureus). — Ce micro-organisme a été découvert par M. Pasteur dans le furoncle et l'ostéomyélite '. Il est formé do petites cellules rondes ou un peu ovales, souvent réunies deux par deux; quelquefois, dans des bouillons très nutritifs, il forme des petites chaînettes ou se groupe en grappe ; il mesure en moyenne l,2fiï et se cultive facilement à la température moyenne sur la gélatine, et prend au bout de quelques jours une belle couleur orange.

Semé dans de la gélatine neutralisée et peptonisée, étendue en plaque % il forme au bout de trois ou quatre jours des petites colonies blanches, rondes, opaques, qui bientôt s'étendent tout en conservant leur forme circulaire; leur centre reste toujours opaque, mais la périphérie liquéfie la gélatine, qui devient laiteuse, puis jaunâtre.

Semé à l'aide d'un til de platine qu'on enfonce au centre d'un tube ' contenant quelques centimètres cubes de bouillon

' PiSTEUB, Sur le aaiorobe du furoncle [Bull, de TAcad. c/e Mnd., 2' someaire, 1380).

' Tous les micro -organisme» que nous repréaenloriB ont été colorés en étendant un peu de culture sur une lamalle en laissant sécher et en les plaçant pendant quelques miaules dans un bain Tormé de dix parties d'eau et de deux d'uQB solulioa alcootiqua salures de violet do genliane ; les dessins ont été faits avec le dix-huitième de Zeiss par M. Karmanski, et laa mensurations ont été prises en reportant bout à bout la longueur des micro -organismes sur une feuille lie papier comme M. Malasseï l'a indique déjà pour les globules sanguins.

■ Pour éviter Ice longueurs, nous désignerons dorénavant ce mode de culture simptemeul par les mois semé dans de la gélatine eo plaque.

' Noua appellerons toujam«, pour la brièveté, ce milieu nutritif gélaline pep Ionisée.

peptonisé et solidifié avec 10 0/0 de gélatine, au bout de quarante-huit heures la culture ' a pris un développement dît un clou, elle est peu avancée. Le 4' jour, la tête est devenue très large, elle paraît être formée de deux portions ; toutes les deux ont liquéfiQ la gélatine, qui est ^ ^ devenue blanchâtre; mais l'inférieure

^-'^-'*n est plus opaque, elle est composée

d'une couche de petites sphères assea irrégulières. La tige est formée d'une ^iT^dàa « série de petits grains blanchâtres. Le

I^^Bb^ 6* jour, la tête a environ un centimètre

T de hauteur, elle est formée de gélatine

liquéûée d'un blanc sale ; la tige, toujours grêle, présente le même aspect qu'au 4' jour. Le 8* jour, la tige ne présente pas de modification ; mais la gélatine ramollie qui forme la tête du clou a environ 1 centimètre et demi de hauteur, elle est toujours d'un blanc sale, commençant à tirer sur le jaune; TubfldflEétatineaDsemeDcA à la surface de la gélatine encore ^hyiSJ^c^spïlgelTes'au^ solide, les micrfrorganismes forment reus, culture de quatre une couche de petites sphères, non

jours ; a, gelatmn lique- ^ '

aée; b, couche de mi- adhérentes à la gélatine, car le moindre

crccoques en sphère ; ^^^^^^^^^ jgg déplace. Le 12- jOUr,

la tête et la tige du clou présentent le même aspect que le 8* jour, sauf en ce que la gélatine liquéfiée et les micro-organismes groupés en sphère qui se trouvent dans son fond ont pris une couleur jaune orangé fort nette *.

Lorsqu'on fait tomber sur un tube de gélose une goutte de bouillon ou d'eau contenant quelques-uns de ces micro-

' Nous dAsigneroDS ce mode de culture anus ie oom de piqûre, qui correspond ainsi au mot stichkultare employé par les Allemands.

* Les cultarSB sur plaquas et par piqûres que je décris ODt élé faites i une température de 20-32*; une plue basse tempéralure inSue dans une certaine mesure non senlemeat sur la rapidUé da la marcha, inaia «uMi sur Ta^^ot des enltares.

organismee et qu'on le maintient pendant vingt-quatre henres à une température de 36-38°, il forme des petites colonies rondes, blanches, légèrement en saillie; le lendemain, si le tube eet placé à la lumière, la colonie prend une teinte jaune orange; si on a conservé le tube à l'obscurité^ la coloration apparaît également, mais plus lentement, entre le troisième «t le quatrième jour. Ces colonies se dissocient facilement lorsqu'on les touche avec une aiguille'de platine ; elles n'adhèrent nullement à la gélose.

Ensemencé dans un ballon de bouillon de veau neutralisé, et placé à l'étuve à 36-38°, il le trouble; puis, au bout de huit à dix jours, il se forme dans le fond un dépôt légèrement jaunâtre et le bouillon redevient limpide. Le dépôt est très léger et se déplace à la moindre agitation.

Ensemencé dans un ballon de bouillon de veau, additionné de 100/0 de gélatine, il la liquéfie en la rendant trouble; puis il se fait dans le fond du ballon un précipité, blanc d'abord, qui ne tarde pas à passer au jaune, en même temps que la gélatine liquéfiée redevient claire, mais reste jaunâtre.

Le staphylocoque pyogenes. aureus ensemencé dans du bouillon de veau acidifié au ■1/2000° par l'acide chlorhydrique se développe très faiblement ; si on le cultive plusieurs fois de suite dans le bouillon acidifié, à chaque génération son développement est de plus en plus faible, si bien qu'à la &a il ne se développe plus.

Cultivé sur le sérum sanguin gélatinisé, il forme des taches blanches, puis jaunes, qui ne le liquéfient pas.

Le staphylocoque aureus, cultivé sur une tranche de pomme de terre maintenue dans une étuve chauffée vers 36-38°, forme au bout de qiielques jours une membrane d'abord mince, qui s'épaissit dans la suite, et présentant quelques rares plis et d'une belle couleur jaune orange; l'intensité de la coloration est beaucoup plus considérable si le développement s'est fait à la lumière que s'il a eu lieu dans l'obscurité.

IL Staphylocoque pyogenes albus (staphylococcus pyogenes albus). — Comme aspect, le staphylocoque albus est tout à fait semblable au staphylocoque aureus, sauf toutefois sa

coloration; il est aussi peut-êlre un peu plus gros, fait déjà noté par M, Darier '.

11 présente quelques légères différences avec l'aureus dans ses modes de cultures, différences très légères, il est vrai, mais que nous devons cependant signaler ; elles ont d'autant plus d'importance que les cultures de ces deux raicro-organismes ont été faites, non seulement dans des milieux identiques, mais dans les mêmes milieux répartis dans des tubes différents, et que les ensemencements ont été faits à la même heure; les conditions de temps, de températures, etc., ont été exactement les mêmes.

La culture en plaque du staphylocoque albus a exactement . le même aspect que celle de l'aureus,

Semé par piqûre dans un tube de gélatine peptonisée à 10 0/0, au bout de quarante-huit heures, la tête du clou est assez apparente, la lige est assez développée. Le quatrième jour, la tète du clou, d'un beau blanc, a envahi toute la largeur du tube ; la tige est devenue très apparente. Le sixième jour, la tète a liquéfié la gélatine sur une hauteur de 3/4 de centimètre environ ; cette gélatine liquéfiée a un aspect laiteux opaque. Le douzième jour, la gélatine ramollie occupe une hauteur de 3 centimètres environ; on ne voit que deux choses dans !e tube: en haut, la gélatine liquéfiée blanc laiteux; en bas, un cylindre de gélatine non ramollie ; on ne remarque à sa surface, comme c'est le cas pour l'aureus, aucune colonie sphérique.

Il ramollit aussi plus lentement la gélatine que le staphylococcus aureus, fait déjà noté par M. Darier.

Le staphylocoque albus, ensemencé sur la gélose, se présente au bout de vingt-quatre heures, lorsqu'on l'a maintenu à une température de 36-38", sous la forme de taches blanches légèrement en saillie. Ces taches adhèrent à l'aiguilie et se laissent étirer sous la forme de filaments, ce que ne fait pas le staphylocoque aureus.

Ensemencé dans un ballon de bouillon de veau neutralisé et dans du bouillon additionné de 10 0/0 de gélatine, il se

' Dabier, SociéU de biologie, 14 novembre 18S&.

comporte comme le staphylocoque aureus'; mais le précipité reste Liane et la gélatine liquéfiée n'est pas colorée.

Il se comporte dans le bouillon acidifié et sur le sérum sanguin gélatinisé exactement comme l'aureus.

Sur des tranches de pomme de terre, il forme une membrane, sèche d'aspect, légèrement rosée et très mince.

Passet a encore décrit un staphylocoque pyogenes citreus généralement mêlé à l'aureus. Quoique j'aie fait avec grand soin des cultures pour isoler ce dernier, je ne l'ai jamais rencontré.

III. Leptothrix bucctilis. — Leleptothrïxbuccalisest le plus grand des micro-organismes du tube digestif; il a été premièrement décrit par Ch. Robin, qui lui a fait jouer un rôle des plus considérables; en effet, pour lui, le leptothrix était presque le seul micro-organisme, tous les autres n'étant que des formes de celui-ci. Cette manière de voir se comprend lorsqu'on n'est pas très versé dans l'élude de ces êtres; en effet, le leptothrix varie énormément dans sa longueur, les articles ayant 1 ,6 [/l seulement ne sont pas rares à côté d'autres ayant 20 ^ et même plus, d'autant plus que comme souvent plusieurs bâtonnets se soudent bout à bout de façon à former une longue chaîne et qu'on ne peut facilement reconnaître la ligne de séparation qu'à l'aide des matières colorantes, on est tenté de lui assigner une longueur supérieure à 30 [1-, qui est la plus longue que j'aie rencontrée ; mais quelle que soit sa longueur, petite ou grande, sa largeur varie peu dans le même milieu : elle est en moyenne de 1 u à 4,5 i*.

Cultivé sur la gélose, le leptothrix atteint une longueur variant entre 1 ,5 [«. et 16 ;* par article ; les chaînes qu'il forme peuvent avoir quatorze et vingt fois celte longueur, sa largeur dépasse rarement i ;*; mais si, au lieu de le cultiver sur la gélose, on le cultive dans un bouillon très nutritif, comme le bouillon de veau additionné de i 0/0 de peptone solide, le volume des articles devient plus considérable, il atteint alors en moyenne 1 ,5 (* de largeur et quelques articles onl 20, 25 et même 30 -* de longueur. Ce qui caractérise le leptothrix, c'est la présence, à l'intérieur des bâtonnets, de

cloisons transversales sue les préparations colorées avec le»

couleurs d'aniline ; ces cloisons ne se voient nettement que sur les vieux bâtonnets, csar ceux-ci fixent moins de matière colorante que les jeunes, et les cloisons se détachent alors sous la forme de lignes plus colorées que le reste du leptothrix ; il n'est point nécessaire que les leplothrix soient très âgés pour que les cloisons se détachent ainsi ; dans une culture âgée de vingt-quatre heures, on en trouve quelques-uns ; dans une âgée de quarante-huit heures, ils sont excessivement nombreux.

Le leptothrix se cultive assez difficilement, ou plutôt s'isole difficilement des autres micro-organismes, sur les plaques de gélatine; en effet, si la culLure contient un grand nombre d'autres micro-organismes, ceux-ci envahiront la plaque sans qu'il apparaisse; aussi, lorsqu'on veut l'isoler, faut-il ensemencer de l'enduit lingual ou du tartre dentaire très étendu ; c'est pour cette raison que nous pensons qu'on n'est pas encore parvenu à en obtenir des cultures pures.

Semé dans de la gélatine en plaque vers le troisième ou quatrième jour, il se montre sous la forme d'une très légère saillie, d'un blanc grisâtre, arrondie; vers le cinquième ou le sixième jour, autour de la saillie plus marquée, on aperçoit un bord irrégulier, assez large, à festons arrondis ; la surface de ce bord présente des saillies et des dépressions radiées ou parallèles aux bords des festons ; l'éminence centrale reste toujours d'un blanc grisâtre opaque; mais le bord, tout en étant de la même, couleur est serai-transpai*ent.

Les jours suivants, le bord s'étend beaucoup, tout en conservant ses caractères, et la gélatine se ramollit en dessous.

Ensemencé par piqûre dans une tache de gélatine peptonisée, à la -iS' heure, la tête qui s'étend sur la surface de la gélatine n'a pas plus de 2 millimètres de diamètre; la tige est nettement visible quoique mince. Le 4* jour, la tète a S à 6 millimètres de diamètre ; en dessous d'elle on aperçoit un peu de gélatine liquéfiée, mais transparente ; elle occupe un espace cupuliforme; la tige n'a pas changé d'aspect. Le 6' jour, la cupule a augmenté dans tous les sens ; la gélatine liquéfiée qui la remplit est toujours claire, elle est recouverte par une

loyGoot^Ic

membrane bleuâtre; la tige est toujours mince, cependant la portion supérieure, celle qui touche le fond de la cupule est sensiblement plus épaisse que le reste.

Le 8' jour, la cupule a toute la largeur du tube, rien n'est changé dans l'aspect du tube. Le là' jour, la cupule a disparu, la gélatine est ramollie sur environ un centimètre de hauteur, la membrane située à la surface de la gélatine liquéfiée est bleuâtre, le fond de la cupule est tapissé par une mince couche de leptothrix d'aspect blanchâtre, la tige restante du clou est à peine visible.

Le leptothrix cultivé sur la gélose forme au bout de vingt-quatre heures, lorsque le tube est maintenu à une température de 36-38°, une couche légèrement plissée et d'un blanc trans- Tube de gélatine paptoniBée parent; les jours suivants, les plis î°!^'!'7'^1 .P."' P'iire

r" ' ^ , avec le leplolhriï, culture

augmentent et la couche prend un as- "o quaranie-huii heures:

, ■ . . , ., = 1 "■ cupule de ffélaline li-

pect jaune transparent et parait séclie. quéoée; a, tige du cion-

Fig. 2.

grande facilité par l'aiguille de platine.

Cultivé dans un ballon de bouillon neutralisé, le leptothrix trouble légèrement le bouillon en le rendant blanchâtre ; dans le fond du ballon on observe un précipité blanchâtre; à la surface, aucune membrane.

Le leptothrix ensemencé dans un ballon de bouillon neutre additionné de 10 0/0 de gélatine liquéfie la gélatine, la brunit légèrement et forme dans le fond un précipité blanc sale.

Cultivé dans du bouillon acidifié au 1/2000= par l'acide chlorhydrique, il se cultive fort mal ; les bâtonnets et les chaînes qu'il forme sont courts, paraissent en état de souffrance.

Cultivé sur les tranches de pomme de terre, le leptothrix se développe sous la forme d'une tache blanche un peu sale,

plate, s' étendant assez facilement; la périphérie de la tache est plus blanche que le centre.

IV. Bacille de la pomme de (er/'e(Kartoffel, bacille-Bacillus mesenlericus vulgaris). — Le micro -organisme que nous allons à présent étudier est celui que H. Koch a désigné sous le nom de bacille de la pomme de terre.

Ce bacille est formé par des petits bâtonnets courts ayant, lorsqu'ils sont cultivés sur la gélose, en moyenne i^ de long et 0,90;i de large; souvent ils sont plus courts encore et n'atteignent que 0,66;»,; d'autres fois, ils ont jusqu'à^fi; lorsqu'on les cultive dans du bouillon de veau peptonisé, leur longueur devient en général beaucoup plus grande, ils atteignent alors souvent 2,5[A, souvent même 3,5[a. L'extrémité de ces bacilles est légèrement arrondie, du moins dans la grande majorité des cas, ils sont généralement rectilignes, mais quelquefois ils présentent une légère flexion sur eux-mêmes. Ces bacilles forment souvent de très longues chaînes, ils sécrètent une substance visqueuse qui les fait fortement adhérer entre eux et au milieu sur lequel on les cultive, si celui-ci est solide; c'est avec peine qu'on parvient à les dissocier les uns des autres lorsqu'on a enlevé des fragments de culture.

Cultivé dans la gélatine en plaque, ce bacille forme au bout de 24 heures une petite tache opaque blanche arrondie s' élevant fort peu au-dessus de la gélatine; au bout de quarantehuit heures la tache blanche s'entoure d'une zone plus claire presque transparente, formée par de la gélatine liquétiée; des bords de cette zone nettement découpée partent comme une auréole un grand nombre de fins filaments qui suivent la direction des rayons et donnent à la tache un aspect fort caractéristique. Les jours suivants les colonies s'étendent beaucoup et si elles sont un peu nombreuses en trois ou quatre jours elles ont envahi toute la plaque.

Ensemencé par piqûre dans un cylindre de gélatine à 10 0/0, ce raicpo-organisme se développe très rapidement, en 48 heures ; il forme dans la gélatine un fort élégant entonnoir, .qui s'étend jusqu'à la partie inférieure de la piqûre; cet entonnoir est rempli par la gélatine liquéfiée, un peu blan-

châtre, contenant à son centre des grumeaux, plus opaques et plus denses : ces grumeaux se remarquent surtout dans le fond. Le 4° jour, l'entonnoir a disparu, car la gélatine est ramollie dans toute l'étendue qui a été traversée par l'aiguille de platine; la gélatine ramollie .

est toujours blanchâtre et contient encore des grumeaux opaques ; à sa ■

surface, on voit une beiie membrane plissée d'un aspect crémeux. Les jours suivants rien n'est changé dans l'aspect de la culture, sauf que la partie non ramollie de la gélatine disparait petit à petit.

GuUivésurla gélose, ce bacille forme en vingt-quatre heures, si le tube est maintenu à une température de 36-38».

une pellicu'e blanche opaque Qnement fig. 3.

chagrinée ; lorsqu'on essave de la dis- i'"''* ''* g*iatina peptoniaùe

. - .1 ' ensemencé par piqiiro

socier avec une aiguille de platine, aveciebaoiUpdciapommr on éprouve une certaine difficulté à la fo'rnir''(ïe'g^iaif[r(-,°iiquédétacher ; un fragment placé sur une o*^,'uca^'^""'^^"'' ^^^"^'^ lame de verre s'étale mal, forme autour de l'aiguille une masse visqueuse qui se laisse étirer en longs filaments.

Ensemencé dans un ballon de bouillon de veau neutralisé, ce micro-organisme forme en quarante-huit heures une belle membrane à la surface du liquide, qui devient légèrement trouble. Au bout de huit jours, le développement paraitcomplet, la membrane est assez épaisse, aréolaire ; son aspect rappelle l'intérieur des cavités cardiaques, les grosses travées qui se trouvent à sa surface sont brunâtres ; les petites, jaunâtres. La surface de la membrane, outre les travées, présente de gros mammelons, et le bouillon sous-jacent est devenu brun et légèrement opaque.

Cultivé dans le bouillon de veau aciditié au 1/2000' par l'acide chlorhydrique, le bacille de la pomme de terre se développe fort bien, et pendant un si grand nombre de gêné-

AhCH. DB PHYS., s- HÉBIB. — VIII. 23

rations saccesaive», qu'il n'y a pos li«u de penser qoe tea milMux faiblement aeides nekii soient pas fervoraUfl*. Il fbmte à sa surface une membrane (fui est moins mammelonnée' e\ d'une eonleur plus claire qaeeetla qn'il avait dans le bouilliM neutre ; le liquide sous-jaoe»t est aussi plus faiblemefil c^ré. Ensemencé dans du bouillon de vean additionné de 10 0/0 de gélatine, ee micro-organisme forme rapkloment anebeHe membrane qui ne devient jamais aussi aréoiaira que celle qui pousse sur le bouillon de veau, mai» qui a presque le mâme aspect, sauf en ce qu'elle est ^janne au lieu d'étrcr d'un bran jaunâtre ; il ramollit la gélatine, 1« rend légèrement bteddMtre, mais la laisse cependant tramparenln.

Cultivé sur le sérum fanguin solidifié, le bacillo de )a pomme de terre forme d'abord une membrane blanchfltro qtii ne tarde pas à le liquéfiw.

Cultivé sur des tranehea de pommes de terre, il forme en 48 heures, lorsque la culture e^t faite à l'étove okaulîée antre 38-38°, un© couche épaisse de 3 à 4 millimètres, très iiréguliôre, cftr elle est traversée par un grand Boœbre de côtes festonnées; la coucheest d'un blanc grisâtre, s'étend très rapidement, envahit toute la tranche, même si te point d'ensemencement a été primitivement excesSîveraenl petit (une simple piqûre avec un fil de platine).

V. Bactérie torino (Baclerium termo). — La haetéris terme est le plus répanda dea micro-organisme» se trouvant dan» les matières en décomposition; il était donc naturri (l« le rencontrer parmi les micro^organismes de la bouche. Cottie bactérie se présente générnlement sous la forme d'haltères, ayant en moyenne 1,5 ;» de long et 0,5 « à 0,7 ^ de large; quelquefois l'étranglement qu'elle présente en son milieu estai faible ^'it se voit avec peine. On te rencontre toujours seul ; jamais il ne ferme de chaînes de plusieurs articles, mais se pnèeenle enamas sans ordre. Il est doué de mouvements très «etifs, il possède des cils à l'extrémité de ses bâtonnets.

Lorsqu'il est vieux, il n'abtwrbe pas le» matières colorantes, mmta ses deu'x extrémités; puis il finit par se transformer en un petit corps rond (spore) ne se colorant plus.

9 ituMa-^majmiBHRS c

fCC?t

Calâvé' dooK la gébtinœ âlnadm em plaqua}, an loont ds; ^hgt^«ntre.h8sressiIan)ac8ît3ous)iifannBrd!une libère saiUio! blanche. Au bout de quarante-huit heures, il forme des tachfn ajimC d0 2^ ti 3iiiiUlimètms de diamètre-; leiCKmlnœde latadie a*C blRnc c^quB, slteesb eaitouvée'dfune zomitmi^iephis^ou) moins gnanDlemne! de ^^Une' liqoéBêe. Les, jours KÛveuta^ lai ttKhe «"agriHTdit! «score, leoeiitFe'opaqBeiâiapapait'etestTen]»placé'parde k' gélatiae limpide, tes bonjade la^tacha restenll seuls troubles et blanchâtres. Si la coUare' a été fsûte' à. ane- température^ a«s«i élevés) cspable non de ramollir lÈc gélatine; mais âe la' teniF dans un.

élfrii dâmi-pàtenxtr à) câté dieg. graades; twh^^ <Hi' venrm dans- lenra. eavicoosdes petites taches nmde&, prosque^ irnvisibles k l'osil nu.. h.es taoiies. aonti produites p€u< ïa mignation, grâce à leurs c^s vibratilb», dBKoellules de^ la bactérie lermo' ltai»> da la tache: pi<iiiHtÎTe.

Culti^ pai;pii[fûre'dans;un' tube.-de gélatine nutritive, en deux jours il' forme une cupule de gélatine ramollie et blanchâtW, occupant' toutela largeur du' cylindre- de gélatine ; du centre' dô' la cupiile- part un' entonnoir étroit d« gélatine ramollie se prolongeant jue^ qu'au bas de la piqûre; cet entonnoir est rempli par des gnimeenix Blflncstrès serrés les uos eoDtt-e- les autres; Au bout de trois jours la gélhtine est-raniollie dfflisioute la longueur du tube ; ellé^est opalescente; iriséeet Terla; vere le^oui 6» jour; elle passe* au ja«Ti€f verdiâtl^; dlorépanii unotorta odeur de- putréfàctioff.

Cuitivéesurla'gélo3e'mainlenueàuneteBmpératarede86-38»', elle forme des taches rondes blanc gris, presque transparentes. Les jours suivants, et très rapidement, ces taches s'étendent de façon à former sur la gélost uneBouebe presque d'épaisseur

Fîg. 4.- , Bactéri* te

tiar piqûre dans un cy- Ludrc difAMiiw ;CDilture a la quarantième heure :

•H cupult renupliC'dé gé' litim liqaéQée et claire ;

uniforme. Cette couche à partout la même épaisseur ; elle se laisse dissocier avec la plus grande facilité par l'aiguille de platine.

EuEemencée dans un ballon de bouillon de veau neutralisé, elle commence par le troubler dans toute son étendue; puis, au bout de six à sept jours, elle donne une couleur verle au liquide et en même temps les micro-organismes se précipitent dans le fond du vase sous la fonne d'un précipité blanc pulvérulent très léger,

GuUivéedansunballondebouillondeveauadditionnéde 100/0 de gélatine,elle forme au bout dequelques jours une membrane blanche, unie, très mince, et dans le fond un précipité blanc et pulvérulent. La gélatine est liquéiiée et légèrement jaunâtre.

Ensemencée dans du bouillon additionné au 1/2000» d'acide chlorhydrique, elle se développe assez bien.

Cultivée sur le sérum sanguin gélatînisé, elleleliquiûe lentement et répand une odeur très forte de putréfaction.

Cultivée sur des tranches de pomme de terre, la bactérie lermo forme en quarante-huit heures, lorsque la culture se fait dans une étuve chaulTée vers 36-38°, une couche grise glaireuse de la grandeur d'une pièce de 5 francs, qui passe les jours suivants au jaune clair.

VI, Bacille da loin ou subtilis (Bacillus subtilîs). — Le bacille subtilis ou bacille du foin est un des micro-organismes les mieux étudiés. Cependant bien des obscurités régnent encore sur son histoire; ainsi Buchner', en faisant varier la composition du milieu nutritif dans lequel il le cultivait, croit que ce nom désigne cinq espèces différentes. Babès - en décrit trois espèces, résistant à des degrés de température différents.

L'espèce que nous avons trouvée dans la bouche correspond au bacille subtilîs qui se développe après qu'on a fait bouillir dans un ballon formé par un tampon de coton, pendant un quart d'heure, une infusion alcaline de foin, obtenue par macération de celui-ci dans l'eau tiède durant quatre à cinq heures. Nous

' Rlchner, L'eber d. rixp. Orz d. Mlkbi'aml ContaBium aus d. lieupilzeu (('n Niegeli's Unlcrsucli. ueber mid. Pilze). ' Uabès, Joarnal d'aaatomie, 1S84, p. ïl.

).ïGo(ig[c

avons comparé le bacille que nous avons ainsi obtenu avec celui que nous avons isolé du tartre dentaire. Les cultures comparatives ont été faites les mêmes jours et dans les mêmes milieux, et nous n'avons pas observé la moindre différence.

Le bacille subtilis est un bâtonnet ayant 5,5 •>■ de longueur en moyenne lorsqu'il est cultivé sur la gélose. Lorsqu'on le cultive dans le bouillon de veau neutralisé, sa longueur est un peu moindre. EUleest en moyenne seulement de 4,5 [i; il a ses extrémités arrondies. Souvent il forme de longues chaînes, comprenant six à huit articles. Il est très mobile et pourvu d'un flagellum à chaque extrémité lorsqu'il est isolé ; lorsqu'il est en chaîne, les deux extrémités de la chaîne seuls en possèdent un ; ce flagellum se met facilement en relief par l'hématoxyline, comme le conseille Koch.

Lorsque la culture est vieille, il n'absorbe presque plus la matière colorante et forme une spore allongée et brillante.

Cultivé sur la gélatine étendue en plaque, le bacille subtilis forme, au bout de vingt-quatre heures, une petite colonie ronde de couleur brune, posée en relief sur la gélatine ; au bout de trente-six heures environ, à la périphérie de cette tache, on voit une masse irrégulière, moins en relief qu'elle, présentant des sillons irrégulièrement disposés et presque transparente. Les jours suivants, la partie entourant la tache s'étend encore, mais toujours d'une façon irréguliére ; quelquefois on voit de longs prolongements grêles partir de la tache pour s'étendre fort au loin, mais jamais la colonie n'atteint une grande épaisseur ; l'aspect des colonies du subtilis sur la gélose rappelle tout à fait un globule blanc, en pleine activité amiboïde. Ce n'est que vers le 5' jour qu'il commence à ramollir très lentement la gélatine.

Cultivé sur la gélose, le bacille subtilis apparaît d'abord sous la forme de |)etites taches blanches, opaques, légèrement en relief. Plus tard, il s'étend sur toute la surface de la gelée en formant une couche blanche et présentant çà et là des saillies légères.

Ensemencé par piqûre dans un tube de gélatine peptonisée, le bacille subtilis forme, au bout de vingt-quatre heures, un clou à tête peu visible, légèrement en relief et à tige mince ;

ile4' JO[rr,'lalôteestun.]]enplus;âpmœ. Le4°ijaiar, il'ABpKt,

«Bt BB£(HS ie inéBoe, sauf qieé k 4Âtenc(Xi}B loate te sui^aoe

de Ungâftime. d<e é* jour, va pea de

'^latmeeTi'finsBe<dacni{Hiie>eët>liqutfiée

'et:te fond de U captlle-est tapissé par

lune (Muilbe btenehe -^ mioro-o^»-

jiisinâs. Le iù' jcau, ils «apule eeit im

peu pliH ptrofontle. <Le bacille «uhliUû

iiquine doacttrés lentunaat la gt^Une.

But !lfi ifi^oae, il fanne d'aliord éee

CDloDieE bloDcheBea leiief, iJuiâ'aeUeS'

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œmivroat d'imc membr-aiiie âaeonen^ ni-

dée semi-transparente-

Ciiltivé dans un hall-on de bouillon

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