‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 3)Chapitre 12 sur 28 · BABINSKI · texte numérisé non relu

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et rapppochons-la de la sclérose en plaques. Tout d'abord, quel est le processus de la dégénération secondaire? Certains faisceaux de la moelle dégénèrent lorsqn^ils sont détruits sur un point de leur parcours, et cela par un mécanisme absolument semblable à celui qui détermine la dégénération dans le bout périphérique d'un nerf sectionné. Nous avons vu, au contraire, que la destruction des gaines de myéline dans la sclérose en plaques pouyait être rapprochée de celle qui s'observe dans le bout central d'un nerf au voisinage de la section. Or il s'agit là, comme l'a montré M. Ranvier', de deux processus essentiellement différents. Mais la sclérose secondaire, une fois constituée, présente-t-elle des caraetères histologiques qui la distinguent de la sclérose en plaques? Sur les coupes traitées par le picro-carmin, on ne trouve jamais dans le tissu conjonctif de nouvelle formation de cylindres-axes dé- ■ pouillés de leur gaine de myéline, et, par ce caractère, la sclérose secondaire diffère de la sclérose en plaques. D'autre part, sur les coupes colorées successivement par l'éosine et l'hématoxyline, on peut voir (Pl. VI, Sff. 8) que les parois vasculaires sont loin de présenter l'épaississement et la multiplication nucléaire que l'on observe dans la sclérose en plaques. D'après nos observations personnelles, il nous a semblé que c'était là un caractère distinctif, même lorsqu'il s'agissait de sclérose secondaire ancienne, remontant à plusieurs années. Enfin,, et nous insisterons particulièrement sur ce dernier point, car il ne nous semble pas avoir été jusqu'à présent bien ■mis en relief, dans les scléroses, secondaires sur les préparations faites d'après la méthode de M, "Weigert, on trouve toujours, du moins ce fait s'est constamment présenté dans les cas que nous avons examinés, un grand nombre de tubes nerveux normaux entourés de leur gaii» de myéline au milieu ■du tissu de sclérose (PL. VI, iiff. 3, 6), tandis qu'au centre des ilota de sclérose, dans la sclérose, en plaques, la, myéline «souvent complètemenldispara(PL,V,fi5r. 1,2; Pl.VI,%. 2). ■De plus, nous devons- ajouterque dans les scléroses secondaires Jes tubes^ à myéline: qui p^rsistqnt au. milieu dos. fiUsceaux

• '-RuMviEB, Leçons siif Tliislifl'ogh-dti- aystètot-

E PATHDLOOIQUB' DB LA SCLÉHOBB EN PLAQDE9. 101

sclérosés semblent assez régulièrement disséminés, à distance à peu près égale les uns des autres. Ces divers caractères nous paraissent constituer, au moinspar leur ensemjjle, des éléments de différenciation d'une assez grande valeur.

Occupons-nous maintenant des scléroses systématiques primitives. Nous devons faire remarquer que nous aurons ici uniquement en vue l'ataxie locomotrice.

Quel est le processus anatomique de cette affection, et comment s'effectue la dégénération des tubes nerveux ? M. Charcot a toujours soutenu, contrairement à Leyden, et son opinioa semble définitivement prévaloir, qu'il s'agit là d'une affection de nature irritative. Mais le point sur lequel on n'est pas encore d'accord, c'est celui de savoir si le foyer originel de l'irritation est dans l'élément nerveux, conune le pense M. Charcot, ou dans les vaisseaux, comme l'ont soutenu M, Ordonez', et, plus tard, M. Adamkiewicz', ou bien eniin si l'origine de l'affection peut être tantôt tubulaire, tantôt interstitielle ou vasculaire, comme l'ont prétendu M. Erb', et, plus tard, MM. Ballet et Minor'.

Nos observations ne sont pas encore suffisantes pour émettre à ce sujet une opinion bien fondée ; nous ne discuterons donc pas celte question, et nous passerons immédiatement à l'étude des caractères histologiques que présente la sclérose tabétique bien constituée.

Remarquons d'abord que cette, sclérose, quoiqu'elle soit systématique, l'est à un moindre degré que les scléroses secondaires. La sclérose tabétique, en effet, franchit parfois les limites des cordons postérieurs et envahit les cordons latéraux; d'autre part, l'inflammation des cordons postérieurs coïncide presque constamment, contrairement à ce qui s'obr serve dans les scléroses secondaires, avec de la méningite spinale; celle-ci lorsqu'elle envahit le feuillet de la pie-mère située

' Ohdosei, cîlé par M. Vulpiao, Maladies da syaièni» nerreax. Le^joua proférées à la Pacuiti de médecioe, par A. Vulplan, 1879.

* Adaheiewicz, Areb. fur Psych. ■.. Ntrrtokrtokh, 1880.

■ Erb-Kranick, Des Piicktamarks Htaâb:, t.. XI, 1877.

' Ballet et. Minor, Fauaae sclérose s;slémalique de la meelle {Archives d« «•uni Joj/e, 1884).

4aD«'lft: oomtnissare'pasÉécieurï peiit produire une symphyss des dei>K.cordona pqslérlôur8.(Pt-VI, %. 4).

: : Si: l'on examine des ccispâlS'd'e- moene t^bétique èolorées al) picro-carmin, on y trouve JpBpfcHâ des cyllndres-axes dénudé», bèaueoup moins nombreux, il eâl vrai, que dans la sclérdse éa. plaques, mais ceUe disposition' ne e' observe jamais.comine nous l'avons vu, dans' les scWfosés seeondairee. " L'épaiesissement des paroft vascnlaires et la multiplication (les noyaux sont génépalement 1pès considérables et bien phlS comparables à oe qui se "foit dans la sclérose en plaques que dans les scléroses secondaires.

' Enfin, au milieu des faisceaux sclérosés, la myéline a Souvent disparu d'une façon complète, et parfois les cordons de GoH ne contiennent presque plus trace de myéline, ce qui établit un contraste frappant entre les lésions que peuvent 8ubir ces cordons dans fataxie locomotrice' et celles qu'ils présentent dans les cas' de dégénération ascendante (Pl. VI, iïjf. 4, 6), Lorsque- les' cordons sclértisés contiennent encore dans leur intérieur des tubes à myéline, ceux-ci ne sont généralement pas disséminés avec la même régularité que dans les scléroses secondaires, et souvent à côté d'une zone très riche ou tubes à myéline, on en trouve une autre qui en est presque complètement dépourvue. Il faut bien remarquer, du reste, que nous n'avons en vue que les scléroses tabétiques dont les lésions sont déjà à^^ncées.

En somme, par les caractères microscopiques, la sclérose tabétique nous paraît se rapprocher bien plus de là sclérose en plaques que de la sclérose systématique secondaire.

Nous croyons pouvoir tirer des observations contenues dans ce travail, les conclusions suivantes :

l" L'absence liabituelle do dégénérations secondaires dans la sclérose en plaques ne constitue pas une dérogation à la loi wallérienne. Cette apparente anomalie tient à ce que les cyTlndres-àxes sont ordînairemeot conservés dans les plaquea de sclérose. .Dena !•■ ea« oft L'intégrité a'e»t pa» comi^ête;, il se développe, comme dansïes autres affections destructives du système nerveux central, des dégénérations secoodaires, cKtnt

« PLAQUES, ^td

l'intensité est en rapport avec le nombre des cylindres-axes détruits, ■" ■"" '■''■■■-- f ~f '■'--'■ '■.'.iZ-i^vi c;'.; ;'" : .;

2° La destruction des gaines de myéline dans la sclérose en plaques, loin d'être sous la dépendance d'un phénomène mécaiîi^u'^, dlitie compfessioh 'eKereêft' sur les tubea nei^éflx par le tissu conjonctif dç,no,i\^'ellç^^Ojrjn^tion, est liée au contraire à un phénomène vital, et iésaltofNrittcipaiemefttdfti'jH;tiviïé- nutritive dss cethiles d& fe -néVroglie et des celhites lymphatiques; , ^,

'3? La nature de Ift dég^éroUen des tubes nerveux, analogue à celle qui s'observe dans le bout central d'un nerf sectionné, au voisinage de la section, t'a persistance d'un grand nombre de cylindres-axes dénudés, l'ietensité des altérations des parois vasculaires, 1^ dispaj-ition- souvent complète de la myéliiie au centre des ilôts de sclérose^ «jouatiluent au point de vue hisiologiqTie les traits essentiels de 1* selêtose diffuse (sclérose en plaquée); ^

4" La nature de la dégénératioh des tubes nerveux, analogue à celle qui s'observe- deiîsle' bout périphérique d'an nerf sectionné, l'absence de fcy'Iindres-axes dénudés, le peu d'intensité des lésion» ■vaaoulaiares*.!» pÊrebtance au milieu du tissu de sclérose d'un grand nombre de tubes à myéline, donnent à la sclérose systématRiûe secondaire ses caractères

5" Par la persistance possïfilè ' cTun certain nombre -de cylindres-axeV dénudés, par Tintensité dés altérations vasculaires, par la disparition parfois complète de la myéU»edaBS les faisceaux sclérosés, la sclérose îabétique se rapproche davantage, au point de vue. d& ass caractères histologiques, de la sclérose en plaques quç de la sclérose secondaire*.

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