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Archives de physiologie normale et pathologique

L'apparente diversité des plumages et des robes des animaux frappe d'abord vivement le biologiste qui voyage. Quand les excursions sont variées et longues, Tétonnement des premières observations disparait, des rapprochements s'établissent dans l'esprit, car on voit les mêmes couleurs réapparaître.

Cette réapparition amène tout naturellement à se demander s'il n'y a pas un lien entre une coloration déterminée et le milieu oii on la rencontre, et elle pousse à le rechercher.

Estril nécessaire de rappeler que, dès le début des études d'histoire naturelle, on s'est posé cette question, puisque Hérodote et Aristote la soulevèrent ; mais elle n'est pas résolue entièrement, et c'est sans avoir été contredit que M. de Quatrefages a pu écrire que tout dans l'histoire anatomique et physiologique de la coloration est comme si elle était le produit des milieux, mais que pourtant la preuve n'en est pas faite.

Elle n'est pas faite parce que le milieu est une chose complexe, qu'il en faudrait dissocier les constituants et les étudier séparément,

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ce qui est ardu et n'a pas été réalisé complètement. Parmi ces constituants, le rôle prépondérant a été dévolu à la lumière ; on l*a présentée comme « le principal excitant capable de provoquer le développement de la matière colorante ». L'observation de la peau foncée des peuples méridionaux et l'accentuation de la nuance au fur et à mesure qu'on descend vers l'équateur, en ont probablement fait naître l'idée.

Je désire monti^er que cette assertion a besoin d'un complément et, à l'aide de matériaux rassemblés dans des pérégrinations multiples, poser la question comme il semble qu'elle doive l'être, afin qu'on l'aborde avec fruit dans les laboratoires.

Pour restreindre le champ des contingences, mes observations ne porteront que sur des espèces domestiques, oiseaux et mammifères, C€^r les conditions d'existence de celles-ci sont bien plus uniformes que celles des animaux sauvages, et rien ne nous en échappe.

Et puis cette méthode a l'avantage de nous débarrasser du mimétisme, dont la notion a plutôt obscurci qu'éclairé le problème posé. Effectivement, dire que par la sélection naturelle les animaux qui se sont trouvés possesseurs d'une livrée, analogue au milieu où ils vivent, ont échappé à la vue de leurs ennemis et perpétué leur race, ne résout nullement la difficulté, et la cause de l'apparition de cette livrée n'est ni recherchée, ni dévoilée. Pour les animaux domestiques, l'avantage d'une telle livrée n'existe pas, puisque l'homme est là pour les protéger et les faire se reproduire. Si donc ils se présentent, en des endroits déterminés, avec des robes toujours les mêmes, la nuance de celles-ci peut, raisonnablement, être imputée aux agents cosmiques.

Pour déterminer le rapport entre le milieu et la coloration, nous aurons recours à la méthode de la convergence d'observations, et nous examinerons : 1" les variations de la coloration d'une même race qui passe d'un milieu dans un autre ; 2° la coloration propre de races différentes vivant dans un même lieu.

I. — Variations de la coloration d'une même race qui passe d'un milieu dans un autre.

Le mieux est d'emprunter un nombre suffisant d'exemples aux mammifères et aux oiseaux ; les commentaires viendront après.

Espèce bovine. — Dans cette espèce, il est une race que les touristes visitant la Suisse ont popularisée dans divers pays de l'Europe et particulièrement chez nous ; je veux parler de la race brune, babitueUement connue en France sous le nom de race de Schwilz.

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