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que le parenobyme pulmonaire, ou les parois tlioraciques, ou l'air contenu dans le poumon.
Ce n'est pas le tissu pulmonaire. Les auteurs qui admettent le mouvement sonore du parenchyme n'ont iondë leur théorie que sur des expériences peu rigoureuses, d'ailleurs réfutées par d'autres observateurs. Pour qu'un corps vibre comme une corde, une verge ou une membrane (je mets à part le son produit par une anche^ puisqu'ici il n'y a aucun courant de fluide), il faut qu'il possède une homogénéité et surtout une tension que ne présente nullement le tissu pulmonaire. J'ai fait quelques expériences rapides pour me rendre compte de la possibilité de l'émission d'un son par des tissus organiques tendus; pour faire vibrer des lames plus ou moins longues de peau, muscle, etc., de manière à leur faire rendre un son, j'ai été obligé de les soumettre à une tension qui n'est pas réalisée dans l'organisme à l'état normal. Je ne crois pas, pour cette raison, que le parenchyme pulmonaire puisse émettre un son propre. D'ailleurs, il est un cas dans lequel le tissu pulmonaire ne peut jouer le rôle de coips sonore : lorsqu'il y a pneumothorax. Cependant la- percussion du thorax dans ces conditions m'a toujours donné des tracés différant très peu de la percussion du poumon sain : il sufQt de comparer les tracés n^* 7 et 8. Mais si le parenchyme ne peut vibrer par lui-même, il doit cependant participer au mouvement des corps avec lesquels il est en contact, parois ou air thoraciques ; il joue alors le rôle d'étouffoir vis-à-vis de ces corps, elr je suis sur ce point entièrement de l'avis de Feletti.
Il ne reste donc plus en présence que les parois thoraciques et Fair pulmonaire; je vais montrer que la cause des grandes oscillations de la flamme n'est pas le mouvement vibratoire des parois, disons mieux, des côtes, et que par conséquent la masse gazeuse pulmonaire est le corps sonore ; dans une série d'expériences j'ai étouffé le son pariétal ; dans une autre, je l'ai fait prédominer, et les seules modifications que j'aie pu constater ont porté sur les petites dents, non sur les grandes.
Pour étouffer le mouvement vibratoire des côtes j'ai mis une sangle autour du thorax percuté, ou je l'ai chargé de poids. C'est sur moi-même que j'ai fait la première expérience : une sangle était serrée à refus sur le thorax à hauteur du mamelon, et la percussion se faisait tout à côté : le tracé n*" 2 montre l'entière disparition des petites oscillations ; le diapason s'est arrêté juste au moment de l'observation (la ligne correspondante manque dans le tracé).
La deuxième expérience a été faite sur un chien : j'ai déterminé la formation d'un pneumothorax artificiel, et c'est dans la cavité pleurale que le trocart mis en communication avec la capsule maoo-
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métrique a été introduit. J*ai d'abord pris, le tracé correspondant à la peicussion du thorax libra ; j'ai obtenu le profil de la flamme n* 7, qui montre de petites dents; puis j'ai chargé le thorax d'un poids de 8^»5y et j'ai pratiqué la percussion sur une des côtes qui soutenait le poids ; le tracé n"" 8 est celui que j'ai obtenu dans ces conditions : les petites oscillations ont disparu, les grandes seules restent, mais la hauteur du son de percussion avait augmenté, car le thorax s'était affaissé sous le poids qui le chargeait et la cavité pleurale avait diminué de volume.
Parmi les régions du thorax où le son costal doit être étouffé par les parties molles, se trouve la région pectorale ; dans la percussion au niveau des muscles pectoraux, on peut observer une diminution dans l'intensité des petites dents, parfois même leur disparition : tel est le tracé n* 4 obtenu dans ces conditions.
Enfin j'ai remarqué que, lorsqu'on pratique la percussion médiate plessimétrique, le son pariétal peut être amoindri si l'on (dace le plessimètre perpendiculairement à la direction des côtes, et qu'il est au contraire augmenté, si le plessimètre est posé à plat parallèlement à une côte, surtout sur une côte. Je n'en donnerai ici qa'mi exemple ; les tracés n^* 8 et 5 ont été obtenus dans les conditions suivantes : percussion du thorax normal de l'homme pratiquée avec un marteau en bois et le doigt comme plessimètre, au niveau du tiers antérieur de la septième côte. Le tracé n*^ 3 correspond à la percussion lorsque le doigt se trouvait perpendiculaire à la direction des côtes; le tracé n^ 5 lorsque le doigt était posé en long sur la septième côte; on voit les petites dents manquer dans le premier tracé, et être des plus nettes dans le second. J'ai constaté le même fait dans plusieurs autres expériences.
La deuxième série d'expériences, ou j'ai fait prédominer le son pariétal, est encore plus concluante que celle dont je viens de parler.
Chez un chien, immédiatement après la mort, j'ai déterminé la formation d'un pneumothorax ; j'ai supprimé l'emploi de la capsule, et j'ai fait passer le gaz à travers la cavité pleurale. La percussion digitale à la base du thorax m'a donné le tracé n*^ 11. J'ai ensuite dénudé une côte, et j'ai frappé sur l'os avec le bord tranchant d'un double décimètre en bois dur : j'ai obtenu le tracé n* 12 ; enfin j'ai fixé l'extrémité stemale de la côte avec l'ongle et un coup sec donné avec la même règle m'a fourni le tracé n^ Id dans lequel on peut compter neuf dents d'un isochronisme des plus nets.
J'ai répété cette expérience sur un chien mort avec un poumon normal ; la capsule manométrique était directement reliée à la trachée. La percussion digitale m'a donné le tracé type n*^ 9, avec le doigt perpendiculaire aux côt3e. En msitint le doigt parallèle aux
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côtes, j*w obtenu le tracé n* 10, dont une partie se trouve en dehors de la plaque; néanmoins on peut y voir les petites dents. J'ai ensuite dénudé une côte à la base du thorax, et j'ai frappé avec le côté étroit d'une lime plate en acier, afin d*avoir un choc aussi sec que possible : le ti-acé type n* 14 montre une série de vibrations rapides qui sont éteintes dès la deuxième grande dent : la durée d'une de ces petites oscillations est moindre que celle d'une ded vibrations du diapason, comme dans tous les tracés précédents.
Enfin une expérience analogue, faite sur moi-môme, m'a donné des résultats identiques à ceux dont je viens de parler. Pour obtenir les vibrations costales les plus intenses, j'ai frappé directement sur la septième côte, au tiers antérieur, avec des corps durs : marteau à tête de bois, lime en acier, etc. J'ai obtenu des tracés analogues au tracé type n"" 6 que je présente ici; les petites dents sont nettes, mais il aurait fallu pouvoir dénuder la côte pour que leur intensité fût plus considérable. Lorsqu'on frappe avec un corps dur sur un os à fleur de peau, on entend un bruit de hauteur élevée; c'est ce qui m'a donné l'idée de percuter, dans les mêmes conditions que celles de la dernière expérience, le sternum et la clavicule ; les petites oscillations ont pris alors une intensité considérable ; le tracé type n^ 15 correspond à la percussion du milieu du sternum, et le tracé type n* 16, à celle du milieu de la clavicule. J'ai même pu, en percutant la colonne vertébrale au niveau des dernières vertèbres cervicales, en enregistrer les vibrations : tel est le tracé n^ 17 ; évidemment l'amplitude des oscillations ne pouvait être bien considérable ; mais elles sont néanmoins très nettes.
Tous ces résultats s'accordent à prouver que les petites dents sont dues au mouvement vibratoire des parois. Il ne reste donc que la masse gazeuse pulmonaire qui puisse être le corps sonore dont les vibrations sont représentées par les grandes oscillations do la flamme.
Cette masse gazeuse doit alors obéir aux lois acoustiques des résonateurs. Le son émis par un résonnateur dépend de la forme et des dimensions de sa cavité, de la forme et des dimensions des ouvertures qui la font communiquer avec le milieu gazeux ambiant, de la densité et de l'élasticité de la masse gazeuse contenue à l'intérieur. U n'est pas nécessaire, pour qu'un résonnateur parle, que le son qu'il peut renforcer soit produit en dehors de lui ; il suffit qu'un choc détermine le mouvement des molécules gazeuses. La percussion d'une caisse, d'un diapason, d'un tuyau, etc., donne la sensation d'un bruit d'une hauteur plus ou moins bien définie; c'est qu'en effet la masse gazeuse contenue dans la cavité percutée émet un son plus ou moins vite éteint. L'impression sonore est d'autant plus nette que le son émia est jdus intense et que sa durée est plus longue. Ces faits nous
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amènenil a nom poser la question : pouvons-nous apprécier la hau* leur d'un son qui ne dure que 4 ou 5 vibrations, comme dans la percussion ihoracique? Les auteurs qui se sont occupés du nombre minimum de vibrations nécessaires pour avoir une sensation sonore ne sont pas d'accord; mais, en ^nëral, on admet que 4 vibrations suffisent; c'est aussi notre opinion, motivée par des faits >sur lesquels je ne puis m'étendre icL
Quelles sont les limites du résonnateur qui émet le son plessimé* trique? Est-ce le lobule, le lobe ou le poumon tout entier? Je ne puis répondre à cette question qui demande de nouvelles expériences pour être élucidée. Qu'il me soit permis de dire que j'ai trouvé sensiblement dans toute la hauteur du poumon droit le même son d'environ 60 vibrations doubles (si|). Je montrerai à propos de cette question un fait intéressant : c'est la forme des tracés obtenus en pratiquant la percussion digitale de toute la hauteur de la moitié droite du thorax en avant : ce sont les tracés types n^ 18 (7* côte); 4 (grand pectoral) ; 19 (mamelon) ; 20 (fosse sous-claviculaire) ; 21 (fosse sus-claviculaire); les vibrations de parois passent par un minimum au niveau du grand pectoral et sont de plus en plus accentuées à mesure qu'on se rapproche du sommet du poumon.
Tels sont les résultats de l'examen et de la discussion des tracés que j'ai obtenus. Sans doute bien des points, par exemple, la délimitation nette du résonnateur pulmonaire pour chaque endroit percuté, demandent de nouvelles expériences; mais des résultats expé* rimentaux auxquels je suis arrivé, je puis tirer les conclusions qui suivent.
Conclusions. — Le choc de percussion met en mouvement la masse aérienne pulmonaire, les parois thoraciques et le tissu pul-^ monaire; l'air pulmonaire vibre en obéissant aux lois des résonnateurs et émet un son propre que l'on peut appeler son pulmonaire ; les parois thoraciques, ou mieux les côtes, émettent aussi un son, le son pariétal ; le parenchyme pulmonaire, comme les parties molles des téguments, n'ont pas de son propre et jouent le rôle d'étouflbir vis-à-vis des deux corps sonores indiqués.
La réunion du son pulmonaire et du son pariétal, mêlés au bruit du choc, au son du piessimètre, etc., constituent le bruit de percussion du thorax. Suivant la manière dont s'opère la percussion, le rapport entre l'intensité du son pariétal et l'intensité du son pulmonaire peut varier et l'un des deux sons prédominer dans le bruit de percussion.