PAUL SOLLIER KT E. PARMENTIER
depuis le début jusqu'à la fin de l'expérience, 113, 120, 142, 158, 199, 233 milligrammes. Leur courbe s'écarte de celle du chlore combiné organique, au bout de deux heures, alors que dans la première série, elle s'en écarte déjà au bout d'une heure. Et cette différence n'est pas plus considérable ici, au bout de deux heures et demie, qu'elle ne l'est là, après une heure un quart.
T Le rapport = s'élève pendant la première heure et demie, oii il
atteint 2,5 son maximum, et descend ensuite. Ce graphique tout entier est analogue à celui de la quatrième se-
rie A. La courbe =; est superposable dans les deux cas. La réaction
iermentatrice est seule un peu plus franche ici. L'évolution traînante est sensiblement la même. Or, les deux expériences ont été réalisées dans les mêmes conditions; dans les deux cas, l'anestbésie de l'estomac a été provoquée avant le repas d'épreiive, et la sensibilité n'a été rendue que deux heures après.
Dans les expériences faites sur le second sujet, nous avons donc obtenu les mômes résultats que sur le premier sujet, ainsi qu'en témoignent les graphiques.
Conclusions. — Nous croyons donc pouvoir conclure de la manière suivante :
1* Ces expériences prouvent qu'on peut, dans une large mesure, intervenir sur la marche de la digestion, en modifiant la sensibilité de l'estomac ;
2** Cette intervention se traduit par une modification parallèle des phénomènes chimiques ;
3** La suppression de la sensibilité a exercé quatre fois sur cinq séries d'expériences une action modératrice et retardante sur l'évolution générale du chimisme. Dans un cas, l'action s'est manifestée par une accélération de la digestion à son début seulement.
4** Le chimisme stomacal peut varier chez le même individu d'un moment à l'autre sous l'influence de troubles purement fonctionnels.
DE L'EXTIRPATION TOTALE DE L ESTOMAC (une observation chez le chat)
Par MM. J. CARVALLO et V. PACHON
(Travail du laboratoire de physiologie de la Faculté de médecine de Paris.)
L'extirpation de Testomac, faite daos im but expérimental, a été pratiquée jusqu'à ce jour exclusivement sur le chien (Czerny et Kaiser, Garvallo et Pachon, de Filipi et Monari). Nous avons été amenés à la pratiquer sur le chat, pour une raison particulière dont l'importance capitale ne saiu*ait être bien mise en évidence que par l'exposition du but auquel nous désirons faire servir cette expérience dans la suite.
On sait que Schifï et Herzen accordent à la rate une fonction pancréatogène^ d'après laquelle cet organe produirait une substance (très probablement de la nature des ferments) destinée à permettre la transformation du zymogène, c'est-à-dire du proferment pancréatique, en ferment définitif, en trypsine. Le pancréas des animaux (chiens) dératés ne contiendrait que du proferment, du zymogène et, par conséquent, serait incapable de digérer in vitro toute substance albuminoïde. Dans un travail antériem** nous avons montré comment la méthode des digestions artificielles par les infusions de glande pancréatique d'animaux dératés était impuissante à résoudre la question. Le pancréas contient, en effet, chez l'animal dératé comme chez l'animal à jeun, auquel Schifï et Herzen assimilent l'animal dératé, du zymogène, d'une part. Ce zymogène se transforme, d'autre part, très facilement en trypsine sous l'influence de l'eau ou des acides des liquides ordinairement employés pour l'infusion
* Cf. Ch. Richbt, Travaux du laboratoire^ Paris, 1886, t. III, p. 436-444.
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(glycérine étendue d'eau, glycérine acidulée par Tacide acétique ou Tacide salicylique, solution d'acide borique, de carbonate de soude, de fluorure de sodium, etc.). Quelle que soit donc la teneur primitive du pancréas en zymogène, et quelle que soit sa pauvreté absolue en trypsine, V infusion pancréatique contiendra toujours, elle, de la trypsine, au bout de quelques heures. Dès lors, quand cette infusion sera mise à Tétuve, à 40*^ (après alcalinisation convenable), elle se montrera toujours d'un pouvoir protéolytique actif. Gela prouvera bien ({\xqV infusion pancréatique des animaux dératés digère la fibrine et l'albumine — ce qui est, en effet, — mais cela ne prouvera pas le moins du monde que le pancréas de ces mêmes animaux contenait primitivement du ferment parfait, de la trypsine. La question posée par Schiff et Herzen restera ainsi tout entière. Pour décider de sa solution, force est donc de rejeter la méthode des digestions artificielles par les infusions pancréatiques. C'est par cette méthode que des expérimentateui*s ont cru renverser le rôle pancréatogène de la rate. Déjà Schiff a récusé les résultats obtenus dans des expériences de cet ordre ; nous estimons, pour notre part, que c'est avec une entière raison.
Une autre méthode a été employée par Ewald pour juger de la valeur de la doctrine qui nous occupe. Elle consiste à pratiquer une fistule pancréatique chez un animal dératé et à essayer ensuite in vitro le pouvoir protéolytique du suc obtenu par la fistule. Les résultats obtenus par cette méthode se sont montrés défavorables à la doctrine de Schiff et Herzen. Mais cette méthode n'est pas plus que la précédente à l'abri de tout reproche. Le suc obtenu par la fistule peut ne contenir que du proferment et se montrer malgré cela actif, par suite de la transformation ultérieure du proferment en ferment, à l'étuve, sous l'influence de l'air, tout comme se transforme en trypsine le zymogène d'un pancréas frais que l'on expose à l'air quelques heures, dans l'expérience fondamentale bien connue de Heidenhain. Puis, rien ne dit que l'action digestive de ce suc ne soit due à des microbes qui s'y sont développés, à la température de l'étuve ; cela est même probable — d'aucuns diraient sûr — pour une part, du moins. Les résultats obtenus par la méthode de la fistule pancréatique chez les animaux dératés ne permettent donc pas plus légitimement que ceux des digestions artificielles par les infusions pancréatiques d'infirmer l'opinion de Schiff et Herzen sur la fonction pancréatogène de la rate.
Il existe un moyen, pensons-nous, d'élucider la question. Ce moyen a l'avantage de s'appliquer in vivo et se trouve, dès lors, à l'abri des diverses objections soulevées par les méthodes précédentes.
Il est généralement admis que deux organes participent à la