‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 4)Chapitre 106 sur 257 · EXTIRPATION TOTALE DE L'ESTOMAG. S · texte numérisé non relu

EXTIRPATION TOTALE DE L'ESTOMAG. S

digestion des albuminoïdes : l'estomac et le pancréas ^. Nous avons donc pensé à enlever d^abord Testomac, puis la rate à un même animal, c'est-à-dire, d'une part, l'un des deux organes particifmnt à la digestion des albuminoïdes, et d'autre part, l'organe qui est la condition du pouvoir protéolytique du pancréas. Dès lors, l'animal à la fois agastre et dératé ne doit plus digérer les albuminoïdes et doit se comporter comme un animal que l'on soumettrait à la diète de ce groupe d'aliments ^. Mais, pour que l'expérience puisse être absolument démonstrative, une condition importe au premier chef, c'est l'ablation totale de l'estomac.

Voilà précisément le point particulier, le nœud de l'expérience {sit venia verbo)^ qui nous a amenés à opérer sur le chat.

L'extirpation de l'estomac chez le chien n'a jamais pu être réalisée d'une façon absolument complète. Les expérimentateurs ont toujours laissé jusqu'à présent une certaine partie de cardia*. Or, il est possible de pratiquer sur le chat la gastrectomie absolument totale. La figure 1 permet de se rendre compte de l'état parfait de l'opération susceptible d'être réalisé chez le chat.

Cette figure représente la pièce d'autopsie d'un chat, mort quarante-huit heures après l'opération. Au point de vue chirurgical il était intéressant de constater sur la pièce fraîche la complète réunion des sutures à ce moment post-opératoire, ce qui peut donner des indications sur le temps après lequel on peut donner des aliments par la voie buccale aux animaux gastrectomisés. Au point de vue expérimental, le dessin permet de constater l'abouchement parfait de l'œsophage au duodénum. Nous ne pouvons ici donner que la reproduction d'un de nos types d'opération ; nous avons pu montrer au laboratoire un nombre, qui n'a été que trop suffisant — car nous avons eu beaucoup plus d'autopsies à faire que de survies à consta-

' n existe actuellement une tendance, nous ne l'ignorons pas, à accorder exclusivement au pancréas tout le rôle important dans la digestion des albuminoïdes; nous sacrifierons toutefois à la croyance qui persiste encore à penser que l'estomac ne fait pas seulement que préparer les albuminoïdes à la digestion pancréatique, mais joue encore un rôle digestif plus effectif vis-à-vis de ces aliments.

' Nous ne pensons pas que l'intestin, par lui-même, — si tant est que son pouvoir digestif protéolytique soit absolument démontré (Schifl) — puisse, en tout cas, subvenir à une digestion suffisante, au point de vue qualitatif et quantitatif^ des albuminoïdes.

• Pour l'observation de Czemy et Kaiser, cf. Ogata, Du BoiS'Beymond^a Archiv. Pbys. Abth.^ 1883, p. 90. — Pour l'observation de Carvallo et Pachon, cf. Travaux du laboratoire de Cb. Bicbet, Paris, 1895, t. III, p. 456, et aussi Semaine médicale^ 1894, p. 7. — Pour l'observation de Monari et de Filipi, cf. t>B FtLm, Areh, ital. de BioL, 1894, t. XXI, p. 445.

852 4, GARVAJLLO ET V. PACHON.

ter — de pièces anatomiques identiques à celle que reproduit la figure 1.

A propos de la mort d*un grand nombre de nos animaux opérés, il sera intéressant, pensons-nous, d'apprendre que la plupart sont morts avec des lésions de congestion pulmonaire, alors que le péritoine ne présentait rien d*anormal à l'examen macroscopique. Nous avions tout d'abord songé à des troubles trophiques ou réflexes possibles à la suite de la section des vagues. En recherchant attenti-

Fig. i.

E, érigne soulevanl l'œsophage; D, diaphragme; S, lignes des sutures; I, inlestiu

vement, il nous a été toutefois presque toujours possible de retrouver au niveau des points de suture un foyer d'infection à propagation ascendante du côté de la poitrine.

Une disposition anatomique, particulièrement nette chez le chat, permet de réaliser Textirpation absolument totale sur cet animal. La figure 2 montre comment part du diaphragme, s'étendant sur la région cardiaque de l'estomac, qu'elle enveloppe comme une gaine, une bande de tissu conjonctif lamineux, reliant ainsi par une connexion étroite le muscle et le viscère. Préalablement, on isole donc bien l'estomac de toutes ses connexions épiploïques, résultat auquel on arrive facilement en passant méthodiquement le long de la grande courbure d'abord, le long de la petite courbure ensuite, des ligatures sur la masse des divers épiploons et en sectionnant ensuite au-dessus de ces ligatures. Quand Testomac est ainsi bien isolé, on peut, en l'attirant hors de la plaie abdominale (incision sur la ligne blanche)..

Page 1