TROUBLES NUTRITIFS PAR LES PRODUITS MICROBIENS
avant l'immunisation, engendrées par le concours des cellules soumises au contact des toxines. — Ces substances, que le sulfate d'ammoniaque précipite, que la dialyse, que les congélations successives, que les alcalins à très haute dose, que la chaleur altèrent, que les acides affaiblis, fort dilués, laissent intactes, que l'extrait de sangsue ne détiniit pas, ces substances ne doivent pas être confondues, comme on Ta prétendu, avec le ferment de la fibrine ; elles semblent, à quelques égards, se rapprocher des globulines. — On les décèle un peu partout, plus abondamment dans le sang, dans le foie, etc., que dans le système nerveux; le jaune d'œuf, suivant la remarque de Klemperer, en contient; le blanc en est dépourvu.
Dans cette constatation de Klemperer, on trouve un nouvel appui en faveur de cette idée que l'antitoxine est un produit cellulaire ; on peut, du reste, la confirmer, en rappelant que le surmenage, que l'inanition, que certaines intoxications, que des maladies, qu'en un mot des souffrances des éléments anatomiques agissent sur la valeur de cette antitoxine; prouver que ce principe se détruit, que la propriété de l'engendrer s'acquiert, que cette propriété tend à se perdre, suivant les lois de l'évolution, plus aisément que les attributs nécessaires, établir que cette propriété est parfois héréditaire, c'est apporter un surcroît de preuves.
On arrive alors à se demander quels sont les tissus qui lui donnent naissance. — L'opinion la plus accréditée est que ces corps protecteurs dérivent des leucocytes ; c'est l'idée de Hankin qui a réaUsé à sa manière une démonstration en faisant voir que l'extrait de rate, extrait riche en débris de globules blancs, produit cet état bactéricide. — Comme Denys, comme Havet, j'ai. reconnu que plus le nombre de ces globules blancs augmente dans un exsudât, plus la sérosité de cet exsudât devient inhospitalière pour ces parasites.
On inocule le staphylocoque ou le bacille pyocyanique sous la peau d'une série de lapins ; on recueille l'œdème qui ne tarde pas à se former ; on pratique des prises au bout de six, au bout de douze heures, tous les jours. — On s'aperçoit que plus cet œdème, débarrassé, par la tiltration ou la centrifugation, de ses éléments figurés, renferme de leucocytes, moins les bactéries se développent. — Il est, d'ailleurs, aisé de s'assurer que cette manière d'être de cet œdème est déjà manifeste à un instant où le sang de la circulation générale livre un sérum parfaitement fertile.
Ces cellules blanches sont, du reste, plus nombreuses, d'une façon habituelle, chez les sujets immunisés, lorsque l'état réfractaire est vraiment actif, ou encore chez les animaux infectés au moment où l'économie va triompher.
Ainsi, de démonstration en démonstration, de constatation en
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constatation, d'acquisition en acquisition, on parvient à établir que, sous l'influence des sécrétions bactériennes, les tissus font apparaître, dans les humeurs, des substances qui, jusque-la, étaient inconnues ; ces sécrétions modifient la nutrition, à l'exemple de l'alcool ou mieux encore des sels de plomb, dont le passage conduit les éléments anatomiques des peintres en bâtiments à laisser les acides urique, lactique,* etc., s'accumuler dans les plasmas, préparant ainsi la venue de la goutte, véritable, solennelle perturbation nutritive. — Ainsi, d'acquisition en acquisition, on parvient à prouver que ces substances nouvelles sont avant tout l'œuvre des globules blancs, peut-être des cellules éosinophiles.
Alors on est amené à rechercher d'où procèdent ces globules, ces cellules capables d'engendrer ces principes tutélaires, principes qui, d'après Buchner, Erhlich, paraissent protéger directement l'organisme, le préserver des atteintes des poisons, des microbes, sans toutefois détruire, neutraliser ces poisons, à la façon d'un processus, d'une opération chimique ; alors on est amené à se demander si tel viscère donne naissance à ces globules, à ces cellules de préférence à un autre. — Il est difficile de répondre, d'une manière absolue, à cette question plus encore qu'aux desiderata jusque-là formulés.
Ce que je puis dire, c'est que j'ai fait apparaître ces principes protecteurs, c'est que j'ai créé l'inmiunité chez des sujets privés de différents organes. — L'ablation du corps thyroïde, l'ablation de la rate, l'ablation de l'un des reins, ne m'ont pas empêché de réaliser cette immunité. — J'ai également pu obtenir ce résultat, après avoir lié les masses musculaires, après avoir posé des ligatures sur les veines des membres.
D'un autre côté, dans quatre cas, j'ai constaté que l'augmentation voulue de la résistance au virus pyocyanique était très imparfaite, à la suite d'altérations organiques intéressant le foie ; il s'agissait d'animaux porteurs de lésions considérables, lésions causées en injectant dans la veine porte de la poudre de lycopode aseptique en suspension dans l'eau. — Toutefois, il est permis d'objecter que les cultures actives, en dépit de toute immunisation, déterminent constamment un certain degré de maladie ; il est permis d'objecter que ces quatre animaux ont succombé, parce qu'une infection peut être suffisante, bien qu'une vaccination tende à la rendre légère, pour tuer des hépatiques, alors qu'elle est impuissante à faire succomber des sujets normaux. — Ces faits sont, en tout cas, fort complexes ; ils n'autorisent pas de déductions fermes. — Peut-éti'e s'agit-il là d'une fonction diffuse, comme la fonction glycogénique, comme la fonction uréopoïé tique, comme la fonction anti toxique accordée à la glande biliaire par Heger, Schiff, etc. ; peut-être s'agit-