‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 4)Chapitre 143 sur 257 · CD · texte numérisé non relu

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dégagé.

Patte chauffée à 37» .

Patle chauffée à 40» .

ce 11,431 13,414

ce 1î,665 12,763

La patle chauffée préalablement à 37« n'a donc absorbé que 0**,01i d'oxygène, tandis qu'une patte fraîche et normale en absorbe environ (y=S200.

En résumé, je tirerai de cette série d'expériences les conclusions suivantes :

1*» Un muscle chauffé à une température supérieure à kt ou 44** perd rapidement la propriété d'absorber l'oxygène de l'air ;

2** Dans un muscle chauffé à 40» ou à une température inférieure, la propriété d'absorber l'oxygène devient d'autant plus faible, que la durée du chauffage est plus prolongée ;

3*» Dans des muscles soumis pendant le même temps à des températures différentes, mférieures à 40°, la capacité d'absorption pour l'oxygène de Tair se conserve d'autant plus longtemps et est d'autant plus considérable que la température est moins élevée ;

4° En fac^ des différences constatées entre les échanges gazeux d'un muscle cuit et d'un muscle normal, on est autorisé à conclure que l'absorption de l'oxygène par les muscles est un phénomène vital, et que ce phénomène disparaît presque complètement dans le muscle mort.

On pourrait objecter aux expériences précédentes que, si le muscle

écHANOES GAZEUX DES MUSCLES. 475

cuit n'absorbe plus (Foxyg^ne, ce n'est pas parce qu'il est mort, mais parce que certaines substances capables de fixer de l'oxygène ont étt) modifiées par la chaleur. Pour me renseigner à ce sujet, j'ai cherché à obtenir un muscle mort par un procédé qui ne modifie en rien sa constitution chimique. J'ai réalisé cette condition dans l'expérience suivante :

Exp. VIII. — Un muscle de la cuisse du chat est extrait aseptiquement et introduit dans un flacon stérilisé A (%. 2) dont les deux bouchons à rémeri B, G sont munis de tubulures D, E, dans lesquelles est introduit un tampon de coton stérilisé. Le muscle étant mis en place, les bouchons sont lûtes au dehors, puis on fait passer, pendant trois heures, un courant rapide d'hydrogène pur dans le flacon. Au bout de ce temps, ce dernier ne renferme plus qu'une quantité d'oxygène inappréciable par les procédés eudiométriques. Les extrémités F, G des tubulures sont alors

lutées, puis tout l'appareil est immergé dans l'eau pendant deux mois. Au bout de ce temps, on remplace l'hydrogène par de l'air, et on laisse le muscle en contact avec ce dernier pendant vingt-quatre heures. L*air est ensuite analysé. On trouve alors que le muscle a absorbé 0^,322 d'oxygène et qu'il a dégagé 0°«,096 d'acide carbonique i. Dans les nombreuses expériences que j'ai faites sur le même muscle (biceps fémoral) pris à des chats de taille moyenne, j'ai toujours constaté que, mis en contact avec Tair pendant les vingt-quatre heures qui suivent la mort de l'animal, ce muscle absorbe de 7 à 10 centimètres cubes d'oxygène.

Eîxp. IX. — Dans une autre expérience, un muscle de la cuisse du chat fut traité comme il vient d'être dit, et laissé pendant vingt et un jours en contact avec de l'hydrogène, puis placé dans Fair pendant vingt-deux heures.

Le muscle similaire du même chat fut aussitôt après la mort mis en

contact avec Tair pendant vingt-deux heures, et on rechercha la quantité

d'oxygène absorbée et d'acide carbonique dégagée. Voici les résultais de

cette expérience :

0 absorbé. 00* dégagé, ce ce

a. Muscle placé dans l'air aussitôt après la mort . . 5,000 1,C90

b. Muscle laissé dans l'hydrogène et placé dans

l'air 21 jours après la mort 0,181 0,110

* Je n^indique que sommairement ici cette expérience en passant sous silence la description de l'appareil qui m'a permis de Teffectuer avec la plus grande précision. On trouvera la description de cet appareil dans les Ànaales des sciences naturelles de 1895.

Ainsi, dans cette expérience, le muscle b n*est soumis à aucune manipulation qui puisse altérer sa constitution chimique ; d*autrepart, on a empêché la fixation de Toxygène par les substances oxydables du muscle en le plaçant dans une atmosphère d*hydrogène. Si donc l'absorption de Toxygène par le muscle n'était qu'un simple phénomène d'oxydation sans relation avec les phénomènes physiologiques, on devrait la voir se produire aussi bien dans le muscle b que dans le muscle a, et à peu de chose près avec la même intensité. Or, nous voyons qu'il n'en n'est pas ainsi. Le muscle a a absorbé 5 centimètres cubes d'oxygène, tandis que le muscle b n'en a absorbé que 0^, 187. Gomme il est infiniment probable (bien qu'on ait prétendu le contraire et sans aucune preuve à l'appui) qu'un muscle extrait du corps est mort au bout de vingt et un jours (et à plus forte raison au bout de deux mois), je crois pouvoir conclure de mon expérience :

1** Que le muscle mort n'absorbe qu'une faible quantité d'oxygène par rapport au muscle vivant (le muscle b a absorbé 27 fois moins d'oxygène que le muscle a) ;

2* Que la quantité d'oxygène absorbée par le muscle A nous indique

la part qui, dans les 5 centimètres cubes d'oxygène absorbés par le

muscle a, revient aux phénomènes purement chimiques d'oxydation.

Le rapport tt-j^ nous renseigne donc sur la part relative que

prennent les phénomènes d'ordre physiologique et les phénomènes d'ordre physique à l'absorption d'oxygène par le muscle.

B. — La quantité d'oxygène absorbée par le muscle diminue lorsque T excitabilité diminue.

J'ai démontré ce fait par l'expérience suivante :

Exp. X. — Je coupe le ti^aiii postérieur d'une grenouille et j'en sépare les deux pattes au niveau du pubis, en les laissant recouvertes de leur peau. Je tétanise Tune jusqu'à épuisement, pendant quinze ou vingt minutes. L'autre reste au repos. Au bout de ce temps, j'enlève la peau des deux pattes et je les fais passer dans deUx cloches contenant deux volumes d'air sensiblement égaux et mesurés avec le plus grand soin.

Au bout d'une heure et demie j'analyse les gaz. Voici les résultats obtenus dans trois expériences :

0 absorbé. GO* défagé.

ce ce

( Patte normale.. 0,221 0,255

P* ( Patte fatiguée 0,200 0,424

Exp. Il ... .

Exp. IIl.

Patte normale 0,222 0,803

Patte fatiguée 0,194 0,401

Patte normale 0,220 0,269

Patte fatiguée 0,188 0,357

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