THÉORIE DE L*HÉMISYST0LE
souffle extra-cardiaque mésosystolique. Dans un cas de cancer de Testomac où j*ai cru constater la production d'une régurgitation mitrale fonctionnelle chez Thomme au cours d'accès douloureux, il n'y avait pas d'arythmie qui pût faire penser à une dissociation des deux ventricules. Je crois, du reste, comme l'établissent d'autre part mes expériences sur les animaux, que l'arythmie mitrale est beaucoup plutôt liée à une myocardite concomitante qu'au fait même du reflux auriculo-venlriculaire.
Fig. 2. — Môme expérience que dans la flgure 1 avec inscriplion des variations de la pression carotidienne {Sp. Ca.), Chaque systole ventriculaire gaucho est sufOsante, malgré le reflux mitral, à produire une pulsation artérielle.
Chez les animaux y j'ai souvent provoqué l'insufflsance mitrale fonctionnelle, en déterminant, d'une part, l'atonie du myocarde par l'excitation directe des nerfs modérateurs, d'autre part, la surcharge intra-cardiaque gauche par un certain degré d'asphyxie ; on réalise ainsi les deux conditions essentielles de la dilatation aiguë du cœur, qui se trouvent assez rarement associées chez l'homme, pour que l'insufftsance mitrale fonctionnelle reste l'exception.
Dans ces expériences, le cœur devient arythmique, et, comme le montre la ligure 1, cette arythmie est identique dans les deux ventricules dont on enregistre les variations intérieures de pression ; du reste, ainsi qu'il ressort de la figure 2, les intermittences du pouls observées dans le cas d'insuffisance mitrale aiguë, sont liées à des intermittences complètes du cœur; il n'y a donc pas lieu de discuter ici la question de l'hémisystole.
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faits cliniques. — Les observatiotife qui ont servi de point de départ à Thypothèse de l*hémisystole (Leyden) sont celles dans lesquelles on a constaté deux pulsations cardiaques pour une seule pulsation artérielle ; on a supposé que le ventricule droit fournissait deux systoles, le ventricule gauche n'en donnant qu'une dans le même temps.
J'ai autrefois insisté (1877) sur une autre interprétation reprise depuis par divers auteurs et développée en particulier par Dehio dans son travail de 1890 : le défaut de pulsation artérielle (intermittenoe du pouls) m'a paru tenir, non point à VabsencCf mais à VinelûcacHé de la systole ventriculaire gauche ; cette systole avortée, constituée, en général, par un redoublement de la contraction, avant que la cavité ventriculaire ait eu le temps de se remplir, ne pouvait se traduire par une pulsation artérielle et se retrouvait, avec le même caractère, dans le ventricule droit. Il y avait donc synchronisme ventriculaire dans cette forme d'arythmie, comme dans toutes les autres que j*ai indiquées dans mon travail sur la Digitale en 1894.
De nouvelles recbenebaB sur l'homme me permettent d'afOrmer à nouveau cette opénion, et de l'établir à l'aide de faits qui seront, je crois, décisifs.
Le principal argument, invoqué par Leyden, en faveur de l'hémi-
systole mitraie est, qu'au moment même où fait défaut le pouls
^ radial, on observe une pulsation par reflux dans la jugulaire, quand
il y a insuffisance tricuspidienne concomitante ; le ventricule droit a
donc fourni deux systoles, et le ventricule gauche une seule systole.
Ce cas correspond à celui que reproduit la partie B de la figure 8 ; on voit ici faire défaut au point c la pulsation radiale, alors qu'au même moment {d) survient un reflux jugulaire, produit par une systole ventriculaire droite. Mais si nous voulons considérer le ventricule gauche non point comme immobile en cet instant, mais comme donnant une systole inefficace, la production du reflux jugulaire ne contredit en rien cette opinion : il n'y a aucune raison pour que le ventricule droit, qui reste en large communication avec le système veineux, et n'a ni valvule à soulever, ni résistance appréciable à surmonter, ne projette aisément du sang dans les voies afférentes. Ce qui, du reste, vient à l'appui de cette interprétation, c'est que le même phénomène veineux se produit à d'autres moments, alors que le pouls artériel n'est qu'avorté et non complètement éteint : la série A de la figure 3 montre bien aux points a Qib qu'à la pulsation radiale afiaiblie, mais non absente, correspond un reflux tricuspidien (a' b'), tout semblable à celui qui se produit plus tard quand le pouls ri^di^ fait