I. — But de la recherche
On admet l'existence dans le sang de plusieurs diastascs, et entre autres d'une diastase capable de transformer le glycogène et Tamidon en glucose. Magendie, Cl. Bernard (1877), Schiff (1866), Bœhm et Hoffmann (1877), Lépine (1890), etc., ont conclu à sa présence pour des raisons diverses. Plus récemment M. Bial (1892) Ta définitivement démontrée. En second lieu le sang contient de la maltase, capable de transformer le maltose en glucose ; ce fait établi par E. Dubourg et Bourquelot(1889) a été vérifié par M. Bial (1892) et C. Tebb(1893).
Il s'agit ici seulement du premier de ces ferments, l'amylolytique ou hémodiastase. Les recherches précédentes ont prouvé son existence dans le sang ou dans le sérum du sang extrait des vaisseaux et examiné après un certain délai.
Il restait à savoir si ce ferment préexistait réellement dans le sang circulant ou s'il apparaissait seulement à la suite des altérations qui se manifestent dans le sang extrait, ainsi que Schiff l'a soutenu. Il y a en effet des précédents de ce genre : le ferment glycolytique (destructeur du sucre) de Lépine paraît résulter d'une altération du sang et faire défaut dans le sang circulant. La question restait pendante après les recherches de Bial parce que l'auteur n'opérait pas immédiatement sur le sang au moment de sa sortie des vaisseaux : il agissait sur le sérum provenant de la coagulation, ou sur le plasma provenant de la centrifugation.
A la vérité, la préexistence de l'hémodiastase dans le sang était rendue vraisemblable par le travail de F. Rôhmann qui a établi cette préexistence dans la lymphe. Néanmoins il était utile de vérifier le fait dans le cas du sang, d'autant plus que le procédé de Rôhmann
ArCH. de PUY8., 5* SÉRIE. — VIL 41
630 A. TGIIEREVKOPF.
n'est pas absolument à Tabri de toute objection. Il exige, en eflfet, que Ton tienne compte de la quantité de sucre préexistant dans la liqueur organique; c'est ce qu'a fait Rôhmann; mais cela ne suffit pas encore, car il peut se former du sucre lorsque l'on met en présence d'une solution de glycogène ou d'amidon, une liqueur aussi complexe que le sang (ou même la solution de chlorure de sodium), qui favorise à un haut degré le développement des microbes.
En second lieu il était intéressant de suivre dans le liquide sanguin l'évolution du ferment, de voir s'il augmentait ou diminuait à mesure qu'on s'éloigne du moment de la saignée.
Tel est le but proposé à mes recherches par M. le professeur Dastre que je remercie ici de ses conseils et de son hospitalité.