ALTÉRATIONS DU SANG APRES LA SAIGNEE
gnée et atteint généralement son maximum dans les deux premières heures. Alors Talcalinité commence à remonter lentement. En combien de temps atteint-elle de nouveau la normale? Nous avons trouvé qu'elle l'avait atteinte après quatre heures et demie dans la douzième expérience, après cinq heures dans la huitième, après six heures dans la neuvième, après sept heures dans la dixième. Nous manquons d'autres observations à ce propos. Ce qu'il y a de sûr, c'est que le premier jour après l'opération la normale était rétablie dans tous les cas, et dans les jours suivants nous l'avons vue quelquefois sensiblement dépassée, comme il résulte du tableau de la dixième expérience.
L'explication de cette diminution d'alcalinité est chose facile : elle dépend de la pénétration dans la circulation du liquide plasmatique des tissus, lequel va rétablir la masse primitive du sang. Ce liquide^ surchargé des produits acides de désassimilation des tissus, a nécessairement une réaction alcaline inférieure à celle du sang, bien qu'il contienne les sels alcalins (principaux éléments de cette réaction), dans les mêmes qualités, quantités et proportions que le sang luimême. Ces produits acides, recueillis dans l'intérieur des tissus, quand ils envahissent rapidement le sang, doivent y déterminer des échanges multiples entre ses éléments acides et basiques, dont le résultat final est une acidification de la masse sanguine.
D faut remarquer que lorsqu'il s'est produit une notable hydrëmie à cause de la saignée, nous mesurons efFectivementavec notre quantité déterminée de sang, de 2 centimètres cubes, une plus grande quantité de plasma, aux dépens des corpuscules diminués, que dans les conditions normales. Or, puisque la plus grande valeur alcalimétrique appartient justement au plasma, nos résultats, après la saignée, sont donc légèrement exagérés, dans ce sens qu'ils doivent indiquer une diminution de l'alcalinité plus petite que la véritable.
En outre, remarquons que nos expériences sur des carnivores, nourris en général exclusivement de viande, étaient faites dans les conditions moins favorables pour la diminution de l'alcalinité, les organismes étant alors plus disposés à compenser l'acidification du sang (Salkowsky *, Walter *, Cohnstein «).
Les chiffres que nous avons obtenus deviennent donc, en raison de ces considérations, d'autant plus significatifs. Même la rapide élévation à la normale, après quelques heures, de la réaction, indique la tendance énergique du sang à se rétablir dans les limites
* Vircbow's Arch., Bd LVIII, p. 1.
• Arcb, /. exp. Path, u. Pharmak, 1887, p. 149. » Virebow's Arcb., Bd CXXX, Heft 2, p. 332.
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physiologiques. Il nous sera donc facile de comprendre comment une altération quelconque ne soit pas appréciable aussitôt après la sai* gnée, et même après quelques heures, quand le courant lymphatique ne s'est pas encore établi dans toute son intensité, ou s'est déjà notablement ralenti (Bizozzero, Salvioli). Il est alors neutralisé à mesure qu'il pénètre.
Mais les altérations les plus remarquables sont celles de Visotonie des corpuscules rouges. La diminution de résistance est commune à la résistance moyenne et à la résistance minimum, mais elle se fait sentir toutefois plus fortement sur la seconde. Ce qu'il y a de plus surprenant, c'est que ces abaissements si remarquables de résistance disparaissent rapidement, leur retour à la normale coïncidant avec celui de l'alcalinité. Ils sont donc sous la dépendance de la pénétration dans la circulation de la lymphe des tissus : il s'ensuit, à cause de l'altération de la crase du sang, des échanges anormaux entre les éléments respectifs des corpuscules rouges et du liquide qui les baigne. La conséquence est probablement la perte, de la part des corpuscules, de matières fixes, d'où la nécessité d'une plus grande concentration saline pour équilibrer l'action dissolvante de l'eau (Hamburger).
La nature des altérations particulières que présente le plasma à cet égard ne doit pas être cherchée dans les sels inorganiques, ainsi que nous l'avons déjà dit. Elle ne peut même pas être attribuée à la diminution des albuminoïdes, la résistance se rétablissant bien avant ces derniers. Mais puisque la résistance revient à la normale quand y retourne l'alcalinité, il est permis de penser que les variations sont aussi en dépendance directe des produits acides de l'échange matériel. Du reste il a été prouvé expérimentalement par Hamburger *y que l'action des acides sur le sang défibriné et non déflbriné est d'en abaisser la résistance.
Si, pendant un nombre suffisant de jours, on continue après la saignée à essayer la résistance des hématies, on peut voir que, à des distances variables de l'opération, ces résistances, qui étaient retournées et se maintenaient à la normale, commencent à s'en écarter et non précisément dans le même sens toutes les deux (la moyenne et la minimum), mais la première remonte très sensiblement, tandis que la seconde peut même descendre légèrement dans quelqu'un des essais. La moyenne remonte de cette façon : dans les éprouvettes de concentration inférieure, qui la précèdent immédiatement, le sang commence à ne plus se dissoudre complè-
* Arch. f. (Anatomio und) Physiologie, 1893, suppl., p. 158; ol Archives de physiologie normale ei pathologique, n* 2, 1898.