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ACTION ANTITOXIQUB DES ORGANES

le protoplasma agit mécaniquement, il est bien difficile d'expliquer la différence d'action qui existe à ce point de vue entre le tissu du rein qui retient beaucoup, et celui du poumon qui ne retient pour ainsi dire pas. Le poison ne doit donc pas seulement être fixé mécaniquement, mais aussi transformé, neutralisé en partie. C'est ce que semblent bien montrer les expériences in vivo que je vais exposer.

Expériences,

On sait que, si on injecte une solution de nicotine ou de strychnine dans une veine mésaraïque, il faut pour tuer Tanimal une dose plus considérable que lorsque Tinjection est faite dans la veine jugulaire ou dans une veine de l'oreille. D'autre part, on sait que pour empoisonner un animal par injection dans le bout périphérique d'une artère, il faut des doses plus considérables que par injection intraveineuse.

Des expériences de M. Gley sur la cocaïne établissent nettement ces différences :

Expériences de M. Gley.

Dose loxique

de la

cocaïne par kilogr.

g»* Par la veine saphène 0,02

Par Tartère crurale 0,0348

Par une veine mésaraïque 0,0423

Pour Chouppe et Pinet il n'y aurait pas diminution de toxicité, mais simple retard dans Tapparition des phénomènes ; quand le poison doit traverser un réseau capillaire, il s'absorbe beaucoup plus lentement. Dès lors, il est nécessaire de surélever la dose si on veut arriver à produire des effets mortels. Le foie, pour ces auteurs, ne diflérerait pas des autres réseaux capillaires; il retarderait simplement l'absorption sans changer la nature des effets toxiques. Son influence serait due à la diffusion de l'alcaloïde dans une grande masse de sang. A cela on peut répondre, comme Gley, pour la cocaïne que non seulement les convulsions surviennent plus tardivement quand l'injection est faite par une veine mésaraïque, mais de plus, qu'elles sont beaucoup moins violentes et que la température s'élève beaucoup moins.

Les expériences dont je vais exposer les résultats montrent qu'il y a autre chose qu'un simple retard dans l'absorption, probablement une modification de la substance toxique par les tissus eux-mêmes.

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