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II. — Circulation artificielle dans le foie

!• Sur un lapin qui vient d'être mis à mort, on lave les vaisseaux du foie avec une solution de NaGl (à 7 p. 1000), on y fait passer ensuite une solution de strychnine à 1 p. iOOO.

On prend aussitôt 10 grammes de foie dont on fait un extrait comme avec les muscles. On injecte à un lapin de 4200 grammes. A 1<^,1, convulsions fortes. L'animal est fortement touché mais se rétablit. Dose toxique non mortelle, par kilogi-amme, (H«,91.

10 grammes du môme foie sont abandonnés pendant vingt-quatre heures à une température de 20 à 25<». L'extrait aqueux de ces 10 grammes de foie amène des convulsions chez un lapin de 1455 grammes à la dose de 1«*,8 et Tanimal meurt vingt minutes après. Dose toxique mortelle, par kilogramme, 1**,23.

2° Après une circulation artificielle de strychnine dans le foie d'un lapin, fraîchement tué, on prend 10 grammes de cet organe et on fait un extrait aqueux. On injecte à un lapin de 1352 grammes. A 1««,8, convulsions, puis mort. Dose toxique mortelle, par kilogramme, 1««,33.

On fait un extrait avec 10 grammes de ce même foie, laissé pendant vingt-quatre heures à la température du laboratoire. Cet extrait, injecté à un lapin de 1595 grammes, produit des convulsions et tue l'animal à la dose de 2««,8; soit 1*^,76 par kilogramme.

Ainsi donc dans toutes ces expériences nous voyons non seulement que les organes peuvent fixer une certaine quantité d'alcaloïde, mais encore qu'au bout d'un certain temps une proportion très appréciable de poison a disparu, neutralisée ou détruite.

Toxicité de l'extrait aqueux de 10 grammes de muscles.

Après la mort de V animal.

Dose toxique par Idlogr.

ce 2,88

2A heures après.

Dose toxique par kllogr.

ce 4,43

4,58 (non mortelle) 2,79 (non mortelle)

Toxicité de l'extrait de 10 grammes de foie immédiatement après la mort de l'animal et 84 heures après.

Après la mort de ranimai.

Dose toxique par kilogr.

4,22 (mortelle) 0,91 (non mortelle) 1 ,33 (mortelle

24 heures après.

Dose toxique par kilogr.

5,00 (aucun accident) 1 ,23 (mortelle) 1,15 (mortelle)

ACTION antitoxique DES ORGANES. 661

Ces expériences constituent déjà de fortes présomptions contre l*hypothèse que l'absorption du poison est simplement retardée lorsqu'on injecte la strychnine dans l'artère fémorale ou dans une veine mésaraïque.

Les expériences suivantes démontrent encore mieux le mal fondé de cette hypothèse.

Expériences,

1® On détermine la dose toxique suffisante par kilogramme pour produire des convulsions et souvent la mort. Avec la solution que j*ai employée, cette dose serait de 0»',0003n par kilogramme. Gela fait, on injecte dans Tartèrc fémorale d*un lapin de 3260 grammes, à 4 h. 20 m., une quantité de strychnine plus que suffisante pour produire des convulsions, par injection dans une veine de Toreille. La dose suflisante serait pour ce lapin de 0»'',00097. On injecte assez rapidement dans Tartàre 1*^<',6 de la solution à i p. 1000. L*artère est très volumineuse, la canule très fine, la circulation n'est pas gênée. On laisse Taiguille en place pendant quelques minutes de façon à ce que la circulation continue, puis on lie Tartère et on détache Tanimal. Le lapin ne présente aucun symptôme. A 4 h. 45 m., tremblement léger dans le train postérieur, léger strychnisme. A 5 heures, en saisissant l'animal, un court accès convulsif se produit. L'animal se remet très vite. A 6 heures, on peut le saisir sans que des convulsions se produisent. Le lendemain cl les jours suivants, l'animal est absolument normal.

2*» On prend un lapin de 1556 grammes. Pour produire des convulsions il faudrait injecter, dans les veines de l'oreille, 0^,482 de notre solution. A 4 h. dO m., on en injecte rapidement 1 centimètre cube dans une veine mésaraïque, c'est-à-dire une dose plus que suflisante pour le tuer par injection dans la veine de l'oreille. Cinq minutes après, il se produit un accès convulsif. Les convulsions cessent bientôt. L'animal fait de vains efforts pour se relever; l'arrière-train paraît paralysé. A 5 h. 15 m. (une heure après l'injection) l'animal est sur ses pattes et respire normalement. A 6 heures, il est complètement rétabli et ne présente aucun trouble les jours suivants.

Ainsi, des doses de strychnine qui auraient été plus que sufBsantes pour entraîner des convulsions et même tuer l'animal, si elles avaient été injectées par une veine quelconque, ne produisent aucun trouble grave quand elles sont introduites par une artère ou par un rameau de la veine porte. Il est vrai qu'on peut objecter que le poison a été retenu momentanément dans les tissus, puis déversé par petites fractions dans la circulation générale; d'où élimination facile au fur et à mesure par les reins.

Four répondre directement à cette objection, j'ai fait Texpérience suivante :

AhGII. de PHY8., 5* SÉHIE. — VII. 48

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