‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 4)Chapitre 209 sur 257 · J.-K. ABELOUS · texte numérisé non relu

J.-K. ABELOUS

Sur un lupin de 1910 grammes, je lie fortement le hile de chaque rein, un quart d'heure après, j'injecte dans l'artère fémorale, et sans interrompre la circulation, un peu plus de la quantité de strychnine nécessaire pour empoisonner l'animal par injection inti*a- veineuse, c'est-è-dii-e 0««,6 au lieu 0^,59. Je laisse la canule en place pendant quelques minutes, puis on lie l'artère.

L'injection u été faite à 4 h. 20 m. A 5 heures, Tanimal ne présente aucun trouble, sauf un peu d'hyperexcitabilité. A 6 heures, pas de troubles encore. Le hendemain, l'animal paraît absolument normal. Durant toute la journée, pas de troubles. Il meurt dans la nuit, c'est-à-dire 36 heures après la ligature des reins et des suites de.cette opération.

A l'nulopsie, on constate que In ligature des hiles rénaux a été bien faite.

Conclusion,

i° Une solution de sulfate de strychnine ou de curare mise au contact de divers organes pendant un certain temps semble subir une diminution de toxicité. Une partie de l'alcaloïde parait être fixée et neutralisée par les organes.

2** Les divers organes ne présentent pas à ce point de vue le même pouvoir an ti toxique.

3** En expérimentaul in vivOy on constate que non seulement le foie, mais encore les muscles peuvent retenir, fixer et détruire une certaine quantité de strychnine.

4° C'est par cette fixation et cette destruction partielles et non par le fait d'une absorption plus lente et d'une dilution plus considérable que peut s'explitpier ce fait qu'il faut, pour tuer un animal, des doses plus fortes quand on injecte le poison dans une artère ou dans un rameau de la veine porte que lorsque l'injection est faite dans une veine ordinaire.

Le muscle et le foie peuvent en elfet retenir et détruire une partie de l'alcaloïde.

sua LE DÉGAGEMENT D'HYDROGÈNE ET D'AZOTE

PAR LES MUSCLES ISOLES DU COKPS Par M. J. TIttOT

(Travail du laboratoire de M. Chauveau, au Muséum.)

Dans un très intéressant travail publié dans ces Archives^, M: A. Gautier a parlé du dégagement d'hydrogène et d'azote par les muscles isolés du corps. Ce phénomène avait déjà été vu par Valentin* qui, constatant que les quantités de gaz dégagées étaient comprises dans la limite des erreurs d'expéHence, ne chercha à tirer aucune conclusion de ce fait. J'ai montré nettement, dans un travail antérieur 5, que la plupart des résultats obtenus par ce dernier physiologiste étaient dus à la putréfaction qui se fait à la surface des muscles. Ce fait était, du reste, évident à priori dans les expériences de Valentin, cet aul<?ur ayant trouvé dans les gaz dégagés par le muscle de l'hydrogène sulfuré. Je démontrerai dans c^ travail que les résultats obtenus par M. A. Gautier sont dus bien probablement aussi à des phénomènes de putréfaction.

Dans les expériences de M. Gautier, la viande est extraite du corps sans précaution d'asepsie, et par conséquent souillée par les germes de Tair, par les instruments et par les mains de l'opérateur. Elle est ensuite plongée dans une solution d'acide cyanhydrique à 0,5 0/0. Ce procédé, bien qu'il soit excellent lorsqu'il s'agit d'un liquide organique, est, je crois, insuffisant pour empêcher la putréfaction d'un morceau de viande. On peut reprocher, en outre, à ce procédé de modifier la surface du muscle de telle façon qu'il devient difficile

* A. Gautier, Sur la vie anaérobie des tissus (i^lrc/i. i/c/>/iy«/o/., janvier lyUo).

• Valentin, Arch. f. phys. Heilk, 1855. ^ Arch. do pliysioh^ octobre 1804.

de pouvoir tirer une conclusion physiologique d'une expérience faite dans ces conditions.

Mais, laissant même de côté ces objections, il en surgit une autre plus importante. Si le dégagement d*hydrogène a une signification physiologique, pourquoi n*apparaît-il que le troisième jour après Textraction du muscle ? Si c'était un phénomène de vie ou même un simple dégagement de gaz, on le verrait, comme Tabsorptibn d'oxygène et le dégagement d'acide carbonique, avoir son maximum d'intensité aussitôt après que le muscle est extrait du corps, puis diminuer ensuite progressivement.

Il paraît donc certain, même à priori^ que cette émission de gaz à partir du troisième jour tient à Tapparitioii d'un nouveau phénomène qui se produit en dehors du muscle. Et, dans mes expériences, j'ai toujours vu, en effet, que le dégagement d'hydrogène et d'azote par le muscle n'apparaît que dans les cas où il y a putréfaction à sa surface.

Mes expériences ont été faites par la méthode décrite dans ce même numéro, page 641. Le muscle, extrait aseptiquement, était placé dans un flacon stérilisé, et j'analysais chaque jour l'air du flacon. Je calculais la quantité de gaz inerte contenue dans ce flacon au commencement cl à la fin de chaque expérience.

Le tableau (jui suit donne les résultats d'une expérience faite sur un muscle de 238^%6 extrait do la cuisse d'un chat.

tfCAKTITé TOTiLB BB «AZ Ill'iaTB ||

au commencement 4e rexpérience.

A la fin de l'expérience.

I*r jour. .

ce 61,06 60,99 61,67 61,56 61.17 61,S6

D'après ce tableau, on voit que la variation de la quantité de gaz inerte reste à peu près la même depuis le premier jour d'expérience, et que cette variation, tantôt positive, tantôt négative, ne peut être attribuée qu'aux erreurs d'expérience. Il n'est donc pas possible, dans une telle expérience, d'admettre un dégagement d'hydrogène ou d'azote par le muscle, et il en a été ainsi dans toutes mes expériences où j'ai évité la putréfaction.

Four donner une idée complète de l'exactitude avec laquelle ces

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