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INFLUENCE DES PEPTONES SUR LA GOAGULABILITÉ DU SANG

: Nous ferons remarquer que, dans cette expérience, 1 centimètre cube de sang de peptone par kilogramme d'animal a suffi pour protéger un chien contre rifgection d'une dose de peptone plus de deux fois et demi capable de provoquer Tincoagulabilité du sang, et pratiquée quatre heures après la transfusion préventive. Les résultats ne sont pas toigours aussi brillants, témoin Texpérience suivante :

6 novembre 1894. — A 9 h. 30 m., on injecte dans la veine fémorale d'un dogue allemand &gé de cinq mois au plus, et pesant 10 kilogrammes, 10 grammes de peptone de Witte. On puise, quelques minutes après, du sang dans Tartère fémorale, et, de 9 h. 30 m. à 9 h. 40 m., on injecte dans la veine petite saphène : à un chien A, poids 10 kilogrammes, âge 1 an, 15 centimètres cubes de sang de peptone ; à un chien B, poids 1 kilogrammes, ftge 5 mois, 10 centimètres cubes ; et à un chien C, poidf? 8 kik>grammes, ftge 1 an, 15 centimètres cubes.

Chien A, de 10 kilogi*ammes. De 10 h. 25 m. à 10 h. 30 m., on lu injecte 8 grammes de peptone dans la veine fémorale. Le sang est puisé dans Fartère satellite. Il est coagulable. Voici un tableau renseignant à ce sujet :

Heures

Début

des prises de saog.

de la coa^lation.

Coagulation conplètc.

Ce chien a été immunisé contre Faction anticoagulante de Finjection de peptone.

Chien B, de 1 kilogrammes, et figé de 5 mois, c'est-à-dire très sensible h Faction de la peptone. On injecte à 1 h. 10 m., c'est-à-dire trois heures et demie après la transfusion préventive, 7 grammes de peptone dans lu veine fémorale. Six prises de sang, de cinq en cinq minutes, sont faites dans Fartère fémorale. Aucune n'est coagulée le lendemain matin. L'immunité a déjà disparu, ou peut-être n'a pas été conférée.

Chien C, de 8 kilogrammes. A 2 h. 5 m. (4 h. 30 m. après Finjectioii protectice), on injecte dans la veine fémorale 7 grammes de peptone. Six prises de sang sont faites, de cinq en cinq minutes, dans Fartère fémorale. A 2 h. 45 m. seulement on aperçoit quelques flocons de fibrine dans la plupart des tubes à essai. A 3 heures, les quatre derniers tubes ont fourni un coagulum mou; on peut les retourner avec précaution. A 4 heures, les deux premières prises sont coagulées à leur tour. Le caillot est très mou et fluctuant. L'animal a été tué par hémorragie un peu avant ^ heures, et à 4 heures le sang était bien coagulé. Le coagulum était mou et présentait une épaisse crusta phlogistica.

L'immunité était en train de disparaître chez ce troisième chien.

ArCU. de PHTS., 5* SÉRIE — VII. 4

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En résumé, nous voyons qu'il est possible de préserver un chien contre l'action anticoagulante des injections intravasculaires de peptone, en lui transfusant, une heure ou deux auparavant, une petite quantité de sang de peptone. On pourrait se demander si ce sang de peptone n'agit pas par la peptone qu'il renferme, puisqu'une première injection de peptone protège contre une deuxième, faite lorsque le sang est redevenu coagulable. Mais la quantité de peptone contenue dans la quantité de sang de peptone suffisante pour prémunir contre une injection postérieure de peptone, est au plus de â décigrammes, et j'ai constaté qu'une injection de peptone en quantité insuffisante (2 et 3 grammes) et pratiquée assez lentement pour ne pas provoquer l'incoagulabilité du sang, ne protège pas contre une peptonisation faite quelque temps après. Bien plus, j'ai reconnu qu'on pouvait injecter des quantités énormes de peptone dans les cavités séreuses sans que la coagulabilité du sang soit jamais affectée. Le 19 mars 1893, j'ai injecté 66 grammes de peptone dans la plèvre d'une chienne de 15 kilogrammes, et deux heures après, le sang était toujours coagulable. Souvent môme, ces injections pratiquées, bien entendu, avec une asepsie absolue, n'entraînent pas l'empoisonnement de l'animal. J'ai constaté qu'une injection de grandes quantités de peptone (1 gr. par kgr.) dans le péritoine, ne protège pas contre une injection intraveineuse faite quelques heures après. Le sang devient incoagulable. Ces expériences nous montrent donc que le sang de peptone renferme une substance spéciale qui dépend peu de la quantité de peptone introduite dans l'organisme, mais beaucoup de la vitesse avec laquelle elle pénètre dans le torrent circulatoire. Cela nous autorise à supposer que la substance anticoagulante contenue dans le sang de peptone, pourrait bien ne pas être de la peptone transformée, comme on le croit, mais bien une substance produite par l'organisme sous l'influence de cette dernière, dans des conditions spéciales. Cette substance déterminerait chez les chiens où elle est introduite,une réaction amenant la sécrétion d'un antitoxique permettant à l'animal de lutter avantageusement contre une injection ultérieure de peptone. Toutes les tentatives que j'ai faites pour extraire cette substance du sang de peptone, ou du moins pour la séparer des globules et des albumines, ont complètement échoué. Elle doit adhérer énergiquement aux précipités.

Il était naturel de se demander aussi si on ne pourrait pas protéger un chien contre l'action de la peptone, en lui injectant préalablement dans le péritoine du sérum de chien dont le sang aurait été recueilli pendant la durée passagère d'une immunisation. Voici deux expériences qui répondront à cette question :

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S6 octobre Î894. — On a peptonisé un chien de 11 kilogrammes, i

10 h. 45 m., par injection de 10 grammes de peptone dans une veine. L^opéraiion a été faite aseptiquement. Ce chien, dont le sang était rede* Tenu coagulable vers S heures environ, a été saigné dans un vase stérilisé, à 5 heures du soir.

27 octobre. — A4 heures du soir, on injecte 40 centimètres cuhes du sérum de ce chien dans le péritoine d*uD autre animal pesant 5 kil. 950. '

28 octobre — De 10 h. 45 m. à 11 h., on Injecte 4 grammes de peptone dans la veine jugulaire externe du dernier chien. L*animal ayant le coryza et cornant fortement est trachéotomisé. On puise, dans la carotide du sang, après injection de â grammes de peptone. Il est coagulé à

11 heures. Lorsque Tanimal a reçu 3 grammes, on fait encore 3 prises de sang fde 10 h. 50 m. à 10 h. 55 m.). Les flocons de fibrine apparaissent dans ces tubes à 11 heures et augmentent constamment de volume ; à 2 heures seulement, on constate qu'ils ont fourni un coagulum très mou. Enfin, trois prises sont faites à 11 h. 5 m., Tanimal ayant reçu 4 grammes de peptone en tout. Elles se coagulent en moins de cinq minutes, mais le coagulum est très mou. A 11 h. 15 m., on fait encore deux prises qui coagulent immédiatement, et on tue Tanimal par hémorragie.

6 novembre 1894, — Le chien A, de Fexpérience citée plus haut sous la même date, est saigné aseptiquement, par la carotide, à 4 heures du soir.

7 novembre. — 50 centimètres cubes de sérum sont injectés, à 1 h. 30, dans le péritoine d*un chien pesant 6 kil. 500, et ayant encore ses crochets de lait.

A 3 h. 25 m., on injecte 5 grammes de peptone dans la veine jugulaire externe de ce nouveau chien. De. 3 h. 30 à 4 heures, on fait, de cinq en cinq minutes, 6 prises de sang dans la carotide. Les trois premières prises donnent des flocons de fibrine en une vingtaine de minutes, et au bout d'une demi-heure sont prises en un coagulum mou. La quatrième prise est coagulée au bout d'un quart d'heure. Enfin, les deux dernières fournissent en dix minutes des coagula mous. A 4 heures, ce chien est saigné à blanc. Le sang recueilli est complètement coagulé avant 5 heures.

On trouve encore, à l'autopsie, du sérum dans le péritoine.

Il est donc possible en injectant dans le péritoine du sérum de chien réfractaire à la peptone, de protéger partiellement un chien contre l'action spécifique sur le sang de cet albuminoïde.

Avant de terniiner cette note, je dirai quelques mots relatifs à la coagulation du sang de peptone. Il est inexact de croire qu'il ne se coagule jamais que lorsqu'intervient la putréfaction, comme cela a été dit. Le sang de peptone, puisé aseptiquement dans les vaisseaux, laisse déposer ses globules et, au bout de deux ou trois jours, j^ai

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VU quelquefois se former un coagulum dans la zone des globules. La coagulation atteint peu à peu le plasma qui, dans mes expériences, ne s'est jamais pris complètement.

L'addition de quelques gouttes d'une solution de chlorure de calcium ou de chloroforme fait coaguler en une heure ou deux du sang de peptone fraîchement extrait des vaisseaux dans un tube à essai, surtout si on le maintient à une température de 80**. L'addition de 1/4 à 1/2 volume d'eau produit le même résultat. Fano* a déjà constaté que le plasma de sang de peptone obtenu par centrifugation coagule fort lentement quand on l'étend d'eau (2 ou' 8 jours). Il le fait aussi coaguler en masse par un courant d'acide carbonique. On ne peut donc dire que le sang de peptone est incoagulable. En réalité, sa coagulabilité persiste, extrêmement retardée.

Au moment où le sang d'un chien peptonisé redevient coagulable, si on saigne l'animal dans un grand vase de ven^e, la coagulation est très lente et présente alors un phénomène curieux. Les globules se déposent très vite, comme dans le sang de cheval, puis forment un coagulum stromatique au fond du vase. Le plasma surnage sans se coaguler pendant quelquefois un ou deux jours, comme cela a lieu pendant la coagulation de la lymphe. Pendant ce temps, les parois du vase en contact avec le plasma se recouvrent d'une couche de fibrine extrêmement mince. Pourtant, si on décante dans un tube à essai une petite quantité de ce plasma, il se coagule en une heure environ, et même beaucoup plus vite, si on le place dans une étuve à 30*. Or, la coagulation de ce plasma dans le tube à essai est extrêmement retardée jusqu'à deux ou trois heures, si on y ajoute des flocons de fibrine lavés et bien exprimés. Ce fait me semble susceptible d'être interprété comme il suit : les globules s'étant déposés en majeure partie, le plasma, d'ailleurs d'une belle couleur ambrée, n'en renferme plus qu'une quantité insignifiante et par suite ne contient qu'une quantité très faible de ferment de la fibrine. Si on place dans ce plasma des flocons de fibrine, comme cette substance a une grande affinité pour les ferments, elle absorbe le fibrin-ferment au fur et à mesure qu'il se produit et le plasma ne se coagule pas. C'est ce qui se passe probablement dans le grand vase de verre où le plasma est étalé en nappe mince sur le coagulum des globules, qui lui enlève constamment le fibrin-ferment se fabriquant dans son intérieur aux dépens des rares globules qui s'y trouvent encore. Lorsqu'on le décante dans un tube à essai et qu'on n'y ajoute point de fibrine, le fibrin-ferment peut s'accumuler et en peu de temps la coagulation se produit.

* Fano, Joc. c/r., p. 287.

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