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MOMENT

de la coagulatioD.

OBSBftV AXIONS.

On retourne le lube qui contient le sang; lemp. rectale 36s9 à 3 h. 45. m.

Coagulom un peu mon ; temp. 36% 6 à 4 h. 6 m.

Coagulum assez solide.

Iton.

Idem.

La température rectale est de 36<^,5 à 4 h. 38 m. On tue Tanimal par piqûre du bulbe, à 4 h. 39 m. On distingue sur les veines sus-hépatiques deux petits vaisseaux lymphatiques.

11 nous parait inutile de donner d'autres protocoles d'expériences, identiques à ceux-ci.

On voit donc que la ligature des lymphatiques du foie empêche absolument l'action de la. peptone *. Mais les autres effets de ce produit persistent ; il ne s'agit donc ici que de son influence sur la coagulation du sang; son action sur la pression intra- artérielle, par exemple, se manifeste sur un animal sur lequel les lymphatiques hépatiques ont été préalablement liés aussi bien que sur un animal normal, et la chute de la pression, constatée à l'hémodynamomètre, n'est pas moindre.

Étant donné le fait que nous venons d'exposer, il était naturel de penser que la substance qui empêche la coagulation du sang, après

* Il ne serait pas sans intérêt de rapprocher de ces expériences celles si curieuses de R.-H^ Starling [On the mode of action of lymphagogs (Journ. of Pbysiol., t. XVIl, n» 1, p. 30; 1894)], concernant l'action lymphagogue des extraits de sangsues ou de musclés d'écrevisses après la ligature des lymphatiques du foie.

716 E. GLEY ET V. PAGHON.

injecUon de peptone, non seulement se forme dans le foie sous riofluence de la peptone, mais encore qu'elle passe pai* les lymphatiques de cet organe avant de se répandre dans les vaisseaux sanguins. On pouvait^ par une expérience très simple, éprouver la réalité de cette supposition. Si, en effet, c^tte hypothèse était exacte, la ligature du canal thoracique devait donner le môme résultat, c'est-à-dire suspendre toujours et semblablement Faction de la peptone.

Il n'en est rien. Quand on lie le canal thoracique dans le thorax, à la hauteur de la crosse de Taorte, pour être aussi sûr que possible de ne laisser en dehors de la ligature aucun conduit accessoire, tantôt, après Tinjection de peptone, le sang reste coagulable (l'opération équivaut alors à la ligature des lymphatiques du foie ; nous avons obtenu trois fois ce résultat) ; tantôt il devient incoagulable, comme chez les animaux normaux (nous avons obtenu deux fois ce résultat). Donc l'effet de la ligature du canal thoracique est variable. Nous ne voulons pas maintenant nous arrêter davantage sur ce point ; nous nous proposons d'y revenir bientôt, nous contentant, pour le moment, de signaler le fait et d'opposer ses variations à la constance du premier résultat.

Par suite, nous nous sommes trouvés amenés à nous demander si la ligature des lymphatiques du foie ne modifie pas simplement le fonctionnement de la cellule hépatique, les conditions de pression auxquelles ces cellules sont normalement soumises devant être singulièrement changées par le seul fait de cette ligature ; d'oii il arriverait que les cellules ne pourraient plus former la substance anticoagulante qu'elles produisent à l'état normal, en vertu d'un travail réactionnel provoqué par la peptone.

De fait, en augmentant par un autre moyen la pression à l'intérieur du parenchyme hépatique, on peut obtenir un résultat analogue à celui que donne la ligature des lymphatiques. Ce procédé consiste simplement en la ligature du canal cholédoque, après ligature préalable de la vésicule bihaire, près de son col ; ainsi la bile s'accumule sous pression dans le foie. Il nous semble donc que les expériences suivantes sont en faveur de l'hypothèse que nous venons d'émettre.

Exp. IV. — Chienne bâtardée, jeune, se trouvant tout à la fin de la digestion, du poids de 5*'«,800. Injection sous-cutanée de O^'yOG de chlore hydrate de morphine, choroforme. Canule dans le bout central de lacaiH)tide gauche et dans une veine saphène. Deâh. 15 m. à â h. 18 m., ligatui'edu canal cholédoque, à 1 centimètre en avant du duodénum et ligatui^ sui* le col de la vésicule biliaire. A 2 h. 2â m., on prend dans là carotide 3 centimètres cubes de sang ; ia coagulation est complète à â h. 26 m. De 2 h.

SUPPRESSION DE L'aCTION ANTICOAGULANTE DE LA PEPTONE. 717

28 à 2 h. 31, on injecte une solution de â grammes de peptone Chapo-^ teaut. A 2 h. 34 m., prise de 3 centimètres cubes de sang ; coagulation à 2 h. 36 m. ^ ; à 2 h. 41 m., prise de 7 centimètres cubes ; coagulation après une minute et demie ; le sang de deux autres prises, à 2 h. 45 m. et à 2 h. 59, se coagule en deux minutes et en une minute. Chaque fois, le coagulum a été compact.

A 3 h. 5 m., on tue le chien par piqûre du bulbe. Les canaux biliaires sont très gonflés. Tous les vaisseaux lymphatiques qui viennent du foie, parfaitement visibles, sont bien restés en dehors des ligatures.

Deux autres expériences semblables nous ont donné un résultat analogue. Dans Tune, la coagulation a cependant subi un léger retard, a chaque prise de sang, de deux minutes environ, et le coagulum était mou; dans Tautre, les choses se sont passées de la même façon et, en outre, vingt minutes après Tinjection de peptone, lorsque, déjà à deux reprises, le sang s*était coagulé, comme il vient d'être dit, à une troisième prise il se trouva incoagulable ; on constata que la quantité recueillie, 8 centimètres cubes, resta sans se coagulier de 4 h. 39 m. à 6 heures, soit une heure vingt minutes ; mais, le lendemain matin, à 9 h. 30 m., elle était complètement coagulée; puis, dès 4 h. 52 m., le sang redevint coagulable ; il n'y eut donc qu'une courte phase d'incoagulabilité.

Ne conviendrait-il pas justement, d'ailleurs, de considérer ce fait, ainsi que celui du léger retard dans la coagulation, comme des indices de la gêne que la ligature des canaux biliaires apporte au fonctionnement du foie? Il est possible que, daus quelques cas, cet organe surmonte pour un moment les résistances qui s'opposent, dans cette condition, à la formation par ses éléments cellulaires de la substance anticoagulante ; mais ce moment serait toigours court.

En résumé, la ligature des lymphatiques du foie apporte un obstacle à Faction anticoagulante de la peptone. Quelle que soit l'interprétation qui convienne à ce fait, celle que nous avons indiquée tout à l'heure ou une autre, le fait lui-même prouve, ce nous semble, que la peptone n'agit que par l'intermédiaire du foie, c'est-à-dire, étant donné ce que nous ont appris, d'autre part, les expériences de G. Fano, que c'est le foie qui, sous la provocation de la peptone, fabrique la substance anticoagulante. Telle est la notion fondamentale qui résulte de nos recherches.

On en pourrait tirer encore d'autres conclusions, hypothétiques, il est vrai, au moins en partie. Il semble que les conditions de la circulation capillaire lymphatique exercent une très grande influence

' Pression dans It^ carotide très basse.

718 E. GLEY ET V. PACHON.

sur le fonctionnement des éléments cellulaires ; les variations de pression de la lymphe qui baigne ces éléments peuvent modifier non seulement Tintensité des échanges chimiques dont ils sont le siège, mais même la nature de ces échanges ; une augmentation considérable de la pression peut, par exemple, empêcher certaines mutations de matière. Ainsi apparaît une fois de plus toute l'importance des conditions physiques de la vie cellulaire, même dans les organismes supérieurs.

D'autre part, ces expériences montrent que, dans certaines conditions, il peut se former dans le foie des substances toxiques ; sous l'influence de la peplone, la cellule hépatique élabore une substance toxique pour le sang. Rien ne dit que, dans d'autres conditions, il ne puisse se produire d'autres poisons dans cet organe. Le fait surprend un peu au premier abord, sans doute parce qu'il est à l'opposé des données bien établies et si importantes que nous possédons concernant la fonction antitoxique du foie ; mais il n'est nullement en contradiction avec ces données, il est d'un autre ordre.

Appendice. — Il serait important de savoir si, parmi les autres substances anticoagulantes, il n'en est point dont l'action serait également empéchr»e par la ligature des lymphatiques du foie. Nous avons fait cette recherche pour l'extrait de sangsues. Cet extrait conserve tout son pouvoir anticoagulant sur le sang des chiens dont on a lié les lymphatiques hépatiques. Sans doute on pouvait s'attendre à ce résultat, puisque, à l'inverse de la peptone, l'extrait de sangsues rend le sang incoagulable in vitro ; mais les expériences que nous avons faites à ce sujet peuvent au moins être regardées comme d'utiles contre-épreuves de celles relatives à l'action de la peptone, car elles montrent que, par elle-même, l'opération de la ligature des lymphatiques du foie n'empêche pas les substances anticoagulantes d'exercer leur influence, si, pour agir, elles n'ont pas besoin du concours de la cellule hépatique.

RECHERCHES SUR LE POULS CÉRÉBRAL

DANS SES RAPPORTS AVEC LES ATTITUDES DU CORPS, LA RESPIRATION ET LES ACTES PSYCHIQUES

Pai' MM.

ALFRED BINET et PAUL 80LLIER

Directeur du laboratoire de psychologie I Ancien interne dei bOpiUux.

pbyiiol. des Hantee-Etudes, k la Sorbonne. |

Malgré les belles recherches graphiques de Fr.-Franck, de Mosso, et de beaucoup d'autres auteurs* sur la circulation cérébrale de rhomme, la question contient encore trop de points obscurs pour qu'on ne saisisse pas avec empressement toutes les occasions de rétudier à nouveau. Grâce à Tobligeance de MM. Verchère et Leblond*, nous avons pu faire quelques expériences sur une vieille criminelle (55 ans), de Tinfirmerie de la prison de Saint-Lazare, qui, à la suite de manifestations syphilitiques tertiaires ayant 'exigé une intervention chirurgicale, présente une importante perte osseuse du frontal, laissant à découvert une large surface formée par la duremère.

La plaie occupait le frontal du côté droit, immédiatement en dehora de la ligne médiane, à 5 centimètres environ au-dessus de Tarcade sourcilière. Sa longueur dans le sens vertical était de 5^,5. Elle était divisée en deux parties séparées par un pont osseux à demi réséqué. La partie supérieure avait 2 centimètres de largeur, et Tinférieure 1 *^,5. Les bords en étaient formés par Tes dénudé et aminci. Le pont osseux comprimait légèrement la surface du «cerveau recouverte par la dure-mère. On

« Salalhé (77ïèse de PariSy 1877); Mosso (Sulla chcolazione.,., 1880); Suc {Thèse de Paris, 1878); Trollard (Hevue de médecine, 1888); Frédéricq {Arch. de biol., 1888).

* Nous remercions aussi M. Courtier, chef adjoint des travaux au laboratoire de psychologie de la Sorbonne, pour Tassistance qu*il nous a prêtée pendant les expériences.

ALFRED BINET ET PAUL SOLLIER

ne pouviiit appliquer d'appareil dans la perte de substance inférieure. Dans la supérieure, au contraire, Tapplication était d'autant plus facile qu'au-dessous du bord interne il y avait une excavation dans laquelle on pouvait faire pénétrer une ampoule de baudruche mise en rapport avec l'appareil enregistreur, dispositif que nous avons essayé, mais» qui ne nous a pas donné d'aussi. bons résultats que celui avec lequel nous avons obtenu les tracés ci-joints.

La femme X... (portrait de profil), s'est prêtée avec beaucoup de patience et de bonne volonté a nos expériences; elle nous a paru intel-

ligente, vive et rusée; sa préoccupation constante est d'obtenir sa grâce; elle a souvent, quand elle pense à son sort ou ù celui de ses enfants, des accès d*émotion, pendant lesquels elle pleurniche, peut-être sincèrement. En dehors de ces accès, qui durent très peu, elle reste calme, immobile et taciturne. Trop faible pour quitter le lit pendant les expériences, elle reste assise sur son séant, le dos bien appuyé contre une pile de coussins.

Nous avons donc été obligés de transporter a l'infirmerie Saint-Lazare toute une série d'appareils enregistreurs empruntés au laboratoire de psychologie de la Sorbonne ; les expériences ont duré quatre pleines matinées, de 9 h. 30 m. à midi. Nous avons enregistré les phénomènes

RECHERCHBS SUR LE POULS CÉRÉBRAL. 721

suivants : \^ le pouls radial du bras gauche avec le sphygmographc à transmission de Marey ; ce pouls, par suite de Tétat de faiblesse de la malade, a donné des tracés peu marqués; â<^ le pouls volumétrique de la main, à Taide de Tappareil de Hallion et Comte * ; pour augmenter Tamplitude du pouls capillaire, la malade avait la main enveloppée d*ouate et posée sur une boule d'eau chaude ; le pouls capillaire a été pris dans de bonnes conditions; les tracés présentent seulement, à différents endroits, des mouvements volontaires de la main et des doigts, qu*il est assez difficile d'éviter, et qui peuvent même se produire à l'insu de la malade; on peut cependant se rendre compte de ces mouvements quand on a quelque pratique de ce genre d'expériences; 3<> les mouvements du cœur avec un cardiographe ; la position de la malade n'a pas permis une application rigoureusement exacte de cet appareil ; 4** la respiration, au moyen du pneumographe double de Laborde. Dans tous les tracés, l'inspiration se marque de haut en bas ; 5° le pouls cérébral. Il nous a été d'autant plus facile d'enregistrer ce pouls qu'on voyait à l'œil nu un point des méninges se soulever rythmiquement. Pour transmettre le mouvement à un levier, nous avons employé deux dispositifs : (a) un dilatateur utérin en baudruche a été appliqué et enfoncé dans la plaie et recouvert ensuite de plusieurs bandes faisant le tour de la tête ; puis on a légèrement gonflé ce dilatateur en place, au moyen d'un tube de caoutchouc qui a été ensuite relié à un tambour enregistreur; le dilatateur s'est en quelque sorte moulé sur toutes les anfractuosités de la cavité où on l'avait logé ; (b) nous avons employé en second lieu et choisi définitivement un large tambour métallique (myographe) de six centimètres de diamètre, fermé par une membrane de caoutchouc maintenue à l'état de tension par un ressort à boudin fixé au fond de la capsule ; au centre de la membrane, sur un large disque, nous avons fait fixer un bouton en buis de 3 centimètres de long, terminé par une surface de 1 centimètre carré. Le tambour était fixé sur la tête, de manière à éviter tous les mouvements, au moyen de l'appareil qui sert à fixer les myographes ordinaires sur le bras; on pouvait, au moyen de vis, augmenter ou diminuer, dans la mesure nécessaire, la pression du bouton sur la dure-mère. Ce sont les tracés pris avec ce dispositif que nous publions; ils étaient transmis par un tube de caoutchouc de 4 millimètres de diamètre à un tambour de dimension ordinaire, à membrane molle, et à levier ayant un bras long de 1 millimètre, et l'autre bras long de là centimètres. Tous nos tracés se lisent de gauche à droite.

Nous avons le regret de constater que le pouls et les modifications diverses de nos tracés n'ont pas une grande amplitude ; aussi nous avons cru nécessaire de les accompagner d'un certain nombre de schémas dans lesquels nous avons intentionnellement grossi et exagéré les faits principaux qu'une longue et minutieuse analyse de nos tracés nous a révélés; le lecteur pourra toujours contrôler le schéma en se reportant au tracé, et en refaisant nos analyses avec la loupe, la règle et le compas.

* \'oir la description et la figure dans V Année psychologique^ i8d5, p. 299.

722 ALFRED BINBT ET PAUL SOLUBR.

Caractères généraux du pouls cérébral.

Un des caractères les plus frappants du pouls cérébral enregistré chez notre malade est Tuniformité de son niveau; nous observons constamment sur nos cylindres, animés d'une vitesse très lente, que le pouls cérébral après s*étre inscrit sur tout le cylindre retrouve exactement le niveau du début, à moins que la tète n*ait changé de position.

Les pulsations sont régulières ; elles peuvent changer légèrement de forme d'un moment à l'autre, l'appareil restant en place. Il est intéressant de les comparer, au point de vue de la forme, à celles qui ont été prises par MM. Franck et Brissaud au moyen d'un dispositif analogue au nôtre; sur les tracés de ces auteurs*, la pulsation a un sommet arrondi, et le dicrotisme est effacé ; sur nos tracés au contraire, qui ressemblent davantage à ceux de Mosso*, la pulsation a beaucoup plus souvent un sommet anguleux, et on distingue un léger dicrotisme sur la ligne de descente, à une très courte distance du sommet.

Les changements temporaires de niveau qui se produisent spontanément sur nos tracés, ou que nous avons pu provoquer par des expériences variées, présentent quelques caractères intéressants; notons d'abord qu'ils sont beaucoup moins marqués que dans la circulation périphérique, par exemple celle de la main ; les changements de niveau se font le plus souvent en dilatation ; pendant la dilatation, les pulsations augmentent constamment d'amplitude, d'où l'on peut tirer, avec Fr.-Franck, cette conclusion que ce sont des phénomènes de congestion active, par dilatation active des vaisseaux, et non des phénomènes de distension passive; car dans ce dernier cas, l'artère conservant sa tonicité, le tracé devrait donner les caractères d'un pouls de forte tension*.

Nous étudierons successivement l'influence exercée sur le volume cérébral par : 1* les attitudes de la tète ; 2* la respiration ; 8* les actes psychiques.

Influence de Fattitude sur le volume du cerveau.

Cette influence est certainement celle qui produit les effets les plus considérables; elle a été très bien étudiée par Fr.-Franck et Brissaud, et nos tracés sont en plein accord avec les leurs.

* Arcb. de physiol., 1880.

* Temperaiura del cervello^ tableau l. Milan, 1894.

* Pour l'exposition de ce point particulier, nous renvoyons à Tarticle E.ncépuALE, de Fr.-Franck, dans le Dictionnaire de Dechambre.

RECHERCHES SUR LE POULS CEREBRAL

Attitude de la tête. — Nos tracés sont pris ordinairement la tête droite. Si on prie la malade d'incliner lentement la tête en avant, aussitôt le niveau du tracé monte dans des proportions considérables {ffg. 1) et se maintient audesSus de Tabscisse jusqu'à ce que la tête se redresse complètement. Cette ascension de la ligne s'accompagne d'une augmentation dans l'amplitude des pulsations et en même temps le rythme respiratoire marque ses effets sur le pouls et groupe ensemble cinq pulsations. Ces divers effets de la position inclinée de la tête sont surtout bien nets au début, au moment où l'on fait le mouvement d'inclinaison; à mesure que le temps s'écoule, et bien que la position de la tête ne change pas, le niveau commence à baisser très régulièrement, l'amplitude des pulsations diminue. Tous ces effets sont indépendants de la respiration qui, par suite de la lenteur des mouvements de flexion de la tête, n'a point subi de modifications notables. (Voir le tracé respiratoire dela%. 1.)

Au moment où la malade, sur notre injonction, commence à redresser la tête, le niveau du pouls cérébral et son amplitude baissent brusquement, et avant même que la têtç soit complètement redressée, le tracé parait avoir repris son caractère normal ; c'est qu'en réalité, les vaisseaux qui, sous l'influence de la congestion de la tête, s'étaient

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724 ALrRED BINET ET PAUL SOLLIER.

dilatés, sont maintenant en état de constriction progressive, ce qui est prouvé par le fait que, lorsque la tête est complètement revenue à l'état normal, le pouls reste plus petit que dans les moments qui ont précédé Texpérience et le niveau général reste plus bas. M. Fr.-Franck a observé des faits de ce genre, non dans son étude sur la circulation cérébrale, mais dans son étude sur la circulation périphérique *.

Ces faits nous montrent qu'il est de la plus grande importance dans les expériences sur la circulation cérébrale d'obtenir une fixation de la tête du sujet; supposons, par exemple, qu'on lui demande un travail cérébral quelconque, comme une multiplication de tête. Si pour accomplir ce travail il penche un peu la tête en avant, sans s'en douter lui-même et sans que l'expérimenteur s'en aperçoive, il se produira une cause d'erreur importante; l'attitude de la télc déterminera une congestion cérébrale que l'on pourra attribuer à tort au travail intellectuel.

Relations entre les oscillations du pouls cérébral et les phases de la respiration.

Nous cherchons dans cet exposé à mettre dans l'ordre dMmportance décroissante les différentes causes qui agissent sur la circulation cérébrale pendant nos expériences. Les effets les plus considérables ont été obtenus par des changements d'attitude ; des effets moindres, quoique encore très nets, sont liés aux phases respiratoires ; et enfin des effets plus faibles que les précédents sont sous la dépendance du travail intellectuel.

Respiration régulière. — Pendant une respiration calme et régulière, les oscillations respiratoires du tracé cérébral sont assez légères; elles se font reconnaître, non par leur intensité, mais surtout par leur régularité. Un repérage attentif des stylets du pouls et de la respiration nous a donné, sur la concordance de ces deux actes, des résultats qui sont conformes à ce que l'un de nous (Binet) a déjà constaté antérieurement avec M. Courtier pendant des expériences de aphygmographie volumétrique sur la main *; le conmiencement de la dilatation ne coïncide pas exactement avec le commencement de l'expiration ; il précède ; il coïncide, soit avec le petit plateau qui se trouve entre l'inspiration ei l'expiration, soit avec le troisième tiers de l'inspiration» II y a là une question un peu

* Travaux du laboratoire de Marey^ t. L

* Le travail de MM. Binet et Courtier sera publié in extenso dans V Année psychologique de 1896.

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délicate à trancher, parce que les oscillations respiratoires normales sont faibles et que si on les enregistre sur un cylindre animé d'une grande vitesse, pour mesurer avec plus d'exactitude leur rapport chronologique avec les phases respiratoires, elles s'étalent et ne se laissent plus apercevoir. Nous devons aussi faire remarquer que le repérage des plumes doit se faire à la fois en inspiration et en expiration.

Les détails qui suivent peuvent se lire, grâce aux lignes de repère que nous avons tracées, sur la partie gauche de la figure 2 ; nous les avons grossis sur notre schéma de la figure 8. Des tracés cérébraux analogues aux nôtres, et auxquels tous les détails de notre interprétation peuvent s'appliquer, ont été pris par Mosso sur Luigi Cane S bien que l'auteur ne les ait pas accompagnés du tracé respiratoire et n'en ait point tiré les mêmes conclusions que nous.

Chaque acte respiratoire correspond chez notre malade en moyenne à cinq pulsations; ces cinq pulsations augmentent régulièrement d'amplitude; la première et la seconde sont petites; la troisième est moyenne; la quatrième et la cinquième sont grandes. Le commencement de l'inspiration tombe entre la cinquième de ces pulsations et la première de la série suivante ; elle correspond par conséquent au début des pulsations les plus faibles ; l'expiration débute en général avec la troisième pulsation qui est de force moyenne, et elle coïncide avec les pulsations fortes.

D'autre part, il faut tenir compte de l'clovation du tracé au-dessus

* Tewperatura del cervello^ p. 153, tracé 41 ; et même ouvrage, tableau II, ligne 11. Ancii. DE pin*8., 6* série — VII. 47

726 ALFRED BIXET ET PAUL SOLLIER

de Tabscisse, qui a lieu d'une manière tout à fait indépendante de Tamplilude de la pulsation. La ligne de descente de la cinquième pulsation descend plus bas que celle de toutes les autres pulsations; c'est à ce moment par conséquent que la constriction est la plus forte, et cette constriction correspond à l'appel d'air du début de l'inspiration; or, à la suite de cette cinquième pulsation, toutes celles qui suivent s'élèvent régulièrement au-dessus de l'abscisse; il en est ainsi jusqu'à la troisième ; la quatrième redescend un peu, et la cinquième beaucoup plus.

En résumé, l'inspiration correspond à un pouls faible, et Fexpiration à un pouls fort; l'inspiration correspond, dans son début, n

Kig. s. — Schéma des relations chronologiques de la respiration, du pouls cérébral et du pouls capillaire de la main.

I, inspiration; E, expiration.

une descente brusque du tracé, et ensuite à une élévation ; l'expiration correspond à une élévation.

Il nous a semblé qu'il serait d'une importance capitale de comparer la forme de ces oscillations respiratoires du tracé cérébral avec la forme des oscillations que présente le tracé du pouls capillaire de la main, ou le pouls artériel de la main. Nous n'avons malheureusement pas pu, chez notre malade, par suite des conditions un peu défectueuses où nous étions placés, et surtout par suite de l'obligation d'aller vite, prendre des tracés sphygmographiques du pouls à l'abri de toute objection.

Le tracé de la figure 4 que nous publions manque de précision; les pulsations n'en sont pas nettes et on peut y soupçonner la présence (le mouvements du poignet. Nous compléterons ces indications un peu vagues par un tracé du pouls radial {fîg. 5), qui a été recueilli par MM. Binet et Courtier sur eux-mêmes; nous avons en même

RECHERCHES SUR LE POULS Cï^RICBRAL.

tempB sous les yeux, en écrivant ces lignes, les tracés volumétriqués des deux jambes pris par Mosso en même temps que le pouls cérébral*. De tous ces documents réunis, nous tirons la conclusion sui-

§ 2 a «fi

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vante : dans le pouls cérébral, Teflet de constriction produit par le début de l'inspiration est plus profond que dans le pouls capillaire de la main; la pulsation qui correspond au début de l'inspiration descend beaucoup plus basque les autres, et les pulsations suivantes

' Tcmpcratura de! corvnJIoy p. lô^.

ALFRED BINET ET PAUL SOLLIER

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ne remontent que lentement; au contraire, dans le pouls capillaire de la main, il n*y a point de vaso-constriction profonde correspondant au début de rinspiration, et de plus, les pulsations qui succèdent à celle correspondant à rinspiration sont tout de suite en vaso-dilatation. (Voir le schéma de la figure 3, où nous avons essayé de présenter la différence des deux pouls.)

Parole (Rg. 6 et 7). — Les modifications respiratoires qui se produisent pendant la parole apportent aux tracés du pouls cérébral des changements caractéristiques ; le tracé se trouve divisé en petits groupes irréguliers de pulsations qui sont séparés les uns des autres par de brusques lignes de descente. On reconnaît ainsi au premier coupd*œil quels sont les tracés pendant lesquels la malade a parlé, car ces modifications ne ressemblent à aucune autre.

Pour en comprendre le mécanisme, il faut rendre l'émission de la parole régulière. Nous prions à cet effet la malade de prononcer à haute voix les chiffres jusqu'à 150. Elle en prononce en général une dizaine, et interrompt chaque dizaine pour faire une respiration brusque; sur le tracé respiratoire, la ligne d'expiralion, qui corro^ijond à la parole, devient plus longue et plus irré- ^uUère que dans l'état normal : quant au tracé du pouls, il représente

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