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HECUERCH£S SUR LE POULS CÉRÉBRAL. 729

Texagération d'une oscillation respiratoire ; au moment où commence Tinspiration, il y a une ligne brusque de descente qui vient après une pulsation de grande amplitude, puis la ligne se relève aussitôt, et une ou deux pulsations faibles s'inscrivent ; les pulsations suivantes, de plus en plus fortes, correspondent à la phase d'expiration. La principale modification consiste donc dans la profondeur de la ligne de descente, qui tient évidemment à ce que Tinspiration pendant la parole est plus brusque et plus profonde que dans l'état normal.

Inspiration profonde, — Nous trouvons dans notre collection dé tracés une quinzaine d'exemples d'inspirations profondes, qui ont été

Fig. 7. — Schéma des rapports entre la respiration et le pouls cérébral dans la parole.

faites par la malade, soit spontanément, soit au commandement. Après les explications que nous venons de donner sur les oscillations respiratoires du pouls cérébral, il nous paraît facile d'expliquer les effets d'une inspiration profonde. Au moment même où l'inspiration commence, et sans aucune perte de temps appréciable, il y a un abaissement de la ligne générale des pulsations ; les pulsations deviennent plus petites ; cette constriction et cette diminution du pouls varient avec la profondeur et la rapidité de l'inspiration. Ensuite, le niveau se relève et les pulsations deviennent plus amples ; cette dilatation correspond à la fm de l'inspiration et à l'expiration. Fuis lé pouls se rapetisse de nouveau.

Les tracés de la figure 8 et le schéma de la ligure 9, donnent un exemple de ces phénomènes ; on y voit qu'au moment de l'inspiration profonde le pouls se rapetisse, pour acquérir ensuite une amplitude supérieure à la normale ; après avoir fait une forte respiration, la malade reste un moment sans respirer, en état d'expiration ;

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le pouU

cérébral qui correspond à cette suspension est petit et en constriction.

Nous avons pris, en même temps que la respiration et le pouls cérébral, le pouls capillaire de la main droite (ligne supérieure de la figure 8) , ce qui nous permet de comparer Teffet de Tinspiration profonde dans la circulation de la main et dans la circulation du cerveau.

Nos graphiques , et notre expérience acquise dans de nombreuses recherches antérieures sur la circulation périphérique de la main, nous montrent que, dans cet organe, le premier effet de rinspi ration profonde est une vaso-dilatation courte et peu accentuée»

qui est suivie par une vaso -cx)nstriction du rable et profonde. Nous nous contentons d'opposer dans notre schéma de la figure 9 ces modifications si différentes de la main et du cerveau, sans en chercher la cause qui n'apparaît pas encore bien nettement. Ce qui est certain, c'est qu'au moment précis où les vaisseaux du cerveau sont en vasoconstriction, ceux de U main sont en dilatation. Il y a là une ques-

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lion importante qui certainement appelle et mérite des recherches nouvelles et approfondies.

Modidcations du volume du cerveau sous l'influence d'actes

psychiques.

Nous devons dire tout de suite que ce dernier ordre d'expériences nous a donné de très faibles résultats. Nous avons étudié au point de vue de leurs effets sur la circulation [a) les excitations brusques

Vi^, U. — Schéma des rapports enlre la respiration, le pouls cérébral el le pouls capillaire pendant une inspiration forte.

OU prolongées de la vue, du toucher, de Fouïe et de Todorat ; (i) le travail mental consistant à lire un fait divers de journal, et à exécuter de tête une pelilo multiplication; {c) les états émotionnels provo- (jués par une conversation relative à des questions qui émeuvent profondément la malade, comme sa situation actuelle, son avenir, ses enfants. Dans la plupart des expériences de ce genre, l'état respiratoire de la malade est modifié, et il est presque impossible de savoir si les modifications circulatoires sont sous la dépendance de la resj)iration ou de Télat psychique. Ce n'est que dans des cas rares où la respiration a conservé son rythme normal que Ton peut étudier les effets directs de Tétat psychique sur le volume du cerveau.

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(fi) Excitation des sens. Les excitations des sens que nous avons employées peuvent se répartir en trois groupes : celles qui ne produisent aucun effet; celles qui produisent un effet à la fois sur la respiration et sur la circulation, et enfin celles qui agissent seulement

sur la circulation. Les première^, celles qui ne produisent aucun effet sur l'un des deux systèmes, ont été les plus nombreuses : la malade, qui parait être de nature peu émotive quand on ne lui parie pas de son état et de ses enfanU», s'habitue bien vite à toutes les espèces d'excitations, et c'est à peine si elle réagit très légèrement quand on frappe près de ses oreilles, sans la prévenir, un coup violent de tam-tam. Les excitations qui ont provoqué une inspiration sont : les excitations olfactives, d'abord, puis les pincements de la peau, la vision d'un grand verre rouge, le bruit produit par la chute brusque d'un objet sur le parquet, etc. Dans ces différents cas, la modification du tracé de la circulation nous a paru être de même ordre que lorsqu'on prie la malade de faire volontairement une inspiration un peu profonde et brusque : diminution du pouls et légère constriction, puis dilatation et augmentation d'amplitude. Il ne s'est produit dans aucun cas cette profonde constriction qu'on obtient, à la suite d'une excitation brusque, dans le tracé volumétrique de la main {Sg, 10).

Quant aux excitations qui ont produit une modification circulatoire sans agir sur la respiration, elles ont été très rares et pour ainsi dire accidentelles ; nous citerons simplement à titre d'exemple le cas suivant : la malade a les yeux fermés, la figure tournée vers la fenêtre ; on place devant sa figure un grand verre rouge et on la prie d'ouvrir les yeux ; sa respiration reste calme et régulière, le

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tracé circulatoire présente une très légère élévation, avec augmentation d'amplitude du pouls. Si rares qu'ils soient, ces cas sont instructifs, car ils nous montrent que bien réellement le travail psychique, provoqué par une perception, produit, en dehors de la respiration, une augmentation du volume cérébral.

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Fig. 11. — Calcul mental (423X5)- En II, commencement do Texpérience; en III, fin.

(b) Lecture et calcul mental. Des expériences nombreuses ont été dirigées dans ce sens : on a fait lire à la malade des faits divers de journaux, ou bien on Ta priée de faire de tête une multiplication de 3 chiffres par 1 chiffre ; en général, la malade n'est point parvenue à donner le produit total de la multiplication, parce qu'elle oubliait à mesure les produits partiels ; elle a pu cependant, dans deux cas.

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Fig. 12. — Conversation émotive.

En III, commencement.

indiquer le produit total. Pendant le travail de tête, nous avons eu, à un moment qui suit de près le début de ce travail, une légère dilatation du tracé cérébral; comme il n'existe à ce moment aucune modification de la respiration, nous pensons que le phénomène peut être mis sur le compte du travaii psychique [tig. 11). (c) Pendant les conversations que nous avons eues avec la malade

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sur des sujets qui l'émeuvent profondément» les tracés présentent des irrégularités et surtout des dilatations locales très importantes ; mais comme la respiration était très troublée, que la malade pleurait souvent et faisait de brus(|ues et nombreuses inspirations, ces tracés n'ont qu'un intérêt de curiosité et ne peuvent nous renseigner sur les modifications du cerveau qui sont provoquées par les étals émotionnels (%. 12).

En résumé, cette étude sur le travail psychique nous a prouvé qu'on peut arriver, dans quelques cas favorables et assez rares, à constater que le travail intellectuel produit une légère augmentation du volume du cerveau. Nos résultats sont donc une confirmation partielle de ceux de Mosso, tout en montrant que les recherches de ce genre sont entourées d'un grand nombres de causes d'erreur.^ tenant soit aux changements d'attitude du corps, soit aux change* ments du mouvement respiratoire.

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