CHAT SANS ESTOMAC
lion dans quelqu'une des conditions spéciales que présentait notre chat gastrectomisé vis-à-vis des autres animaux antérieurement soumis à la même privation expérimentale de Testomac.
Tout d'abord, il est à remarquer que notre dernière expérience portait sur une espèce animale nouvelle. Dans toutes les observations antérieures, la gastrectomie avait été pratiquée sur le chien; il s'agit ici d'un chat. La différence des résultats obtenus, résistance dans le premier cas, survie seulement relative dans le second, ne pourrait-elle donc s'expliquer par le fait de la différence même de l'espèce animale ? Le chat est, en effet, remarquablement plus susceptible que le chien à tout traumatisme, en général. Que cette susceptibilité particulière soit due à des réactions nerveuses plus intenses; qu'elle tienne à ce fait que le chat est, comme d'aucuns le prétendent, un névropathe par essence ; qu'elle tienne à tout autre mécanisme, elle n'en est pas moins un fait acquis, dont il importo de tenir compte dans les expériences au cours desquelles cet animal sert de sujet.
D peut donc se faire que cette susceptibilité plus grande du chat à tout traumatisme soit la seule explication du fait de la faible survie qu'il nous a été donné d'observer dans notre dernière expérience d'extirpation de l'estomac. Dans l'état actuel de nos connaissances, c'est-à-dire dans l'ignorance où nous sommes du fait de savoir si la résistance du chien à l'extirpation de l'estomac représente la normale et la faible survie du chat l'exception, dans l'échelle animale, c'est là une opinion qui peut être soutenue. S'il en est ainsi, la manière de réagir du chat à la gastrectomie, sa susceptibilité à la privation d'estomac n'en reste pas moins un fait intéressant et curieux à opposer à la résistance organique du chien vis-à-vis de la môme mutilation.
Œ, œsophage; D, lambeau de diaphragme; I, intestin (duodénum).
768 J. CARVALLO BT V. PACHON.
Il est une condition expérimentale particulière à notre chat gastrectomisé, sur laquelle nous avons déjà attiré l'attention dans le numéro 2 de ce volume des Archives^ et qui, à notre avis, peut donner une explication plus rigoureuse de la faible survie post-opératoire de notre chat. Cette condition est l'extirpation absolument totale de l'estomac, qui se trouve réalisée, en somme, pour la première fois dans cette expérience. Nous l'avons alors fait remarquer — et les relations d'autopsie en font foi — , l'extirpation de l'estomac, toutes les fois qu'elle a été pratiquée chez le chien (dans les cas connus, dont l'autopsie a été pubhée), n'a pu être qu'une extirpation de la plus grande partie de l'estomac. Or, on sait bien aujourd'hui, pour d'autres glandes, la différence des effets obtenus, selon qu'on a pratiqué l'extirpation de la totalité ou seulement de 7a plus grande partie d'un tissu glandulaire donné. Il serait oiseux d'insister sur ce sujet de physiologie générale, à l'étude et à la solution duquel ces dernières années, en particulier, ont fourni une si large contribution. Pourquoi n'en irait-il pas de même avec l'estomac? Et, pour juger de l'importance de cet organe aux divers points de vue d'organe sensitif, d'organe moteur et d'organe de sécrétion peptique, il est permis de penser que, seule^ l'extirpation absolument totale de l'estomac peut, comme pour les autres organes glandulaires, nous donner des renseignements complets.
Si l'on met en regard les divers phénomènes présentés par le chat et le chien agastres dans nos observations personnelles, on voit que tous les phénoipènes se rapportant à V aptitude digestive proprement dite sont identiques. Dans les deux cas, on observe une digestion imparfaite du lait, quand il est donné seul en ingestion ; digestion également imparfaite de la viande crue ; digestion parfaite, au contraire, de la viande cuite. Dans les deux cas il peut y avoir équilibre nutritif, pour une ration alimentaire convenable. Pour juger in vivo de la valeur aussi bieft qualitative que quantitative de la digestion pancréatico-intestinale, les expériences de gastrectomie presque totale pratiquées sur le chien semblent donc toutefois avoir été suffisantes, puisque la gastrectomie, absolument totale chez le chat, a donné des résultats identiques.
Mais il est un phénomène sur lequel nous avons déjà antérieurement insisté, et qui s'est trouvé constituer chez notre chat une véritable particularité. Nous voulons parler de la paresse à se nourriîf que cet animal a présentée, pendant sa Survie post-opératoire, d*uB6