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sympatliique thoracique concorde cependant avec la plus évidente des
ARCH. de PHY3., 5* SÉRIE. — Vil.
822 CH.-A. PRA.NÇOIS-PRANGK.
vaso-conslriclions pulmonaires. On voit s'abaisser la pression dans Toreillette gauche et s'élever la pression dans l'artère pulmonaire. U faut donc admettre que dans ce cas, comme dans le précédent, le cœur est intervenu ; mais au lieu de supprimer par son excès d'action TefTet de la vaso-constriction pulmonaire, le ventricule gauche n'a fait que le compenser en maintenant constante la moyenne de la pression dans l'aorte.
Ces deux variantes dans l'eflet artériel général de l'excitation du sympathique thoracique n'ont donc de paradoxal que l'apparence, et
Fig. 4. — Défaut d'effet sur la pression aortique d'une vaso-constriction pulmonaire évidente.
L'excitaUon du bout périphérique de la branche antérieure de Tanneau de Vieussens {B. p. Br. A.V.) provoque l'augmentation de la pression arlôrielle pulmonaire {Pr.A.p.) et la diminution de la pression dans l'oreillette gauche (Pr. Or. g.)» avec l'augmentation paradoxale du volume du poumon {Vol, mo}\ Poum.). La pression aortique {Hg. Fémorale et Sphygmosc) reste constante.
leur apparition fréquente ne constitue pas un argument contraire à l'action vaso-constrictive pulmonaire du sympathique. On peut habituellement mettre cette action en évidence en appliquant aux filets thoraciques du sympathique des excitations plutôt faibles et de courte durée ; celles-ci agissent à peine sur les appareils cardiaques toni-accélérateurs et se font activement sentir sur les nerfs vasoconstricteurs. U est possible également de rendre manifeste l'intervention de ces nerfs en opérant sur des animaux dont le cœur a déjà subi un maximum d'accélération et de renforcement d'activité par la double vagotomie : les artères du poumon sont alors fortement tendues comme les branches de l'aorte, et l'effet vaso-constricteur se
ACTION VASO-CONSTRICTIVfi PULMONAIRE. 82S
produit dans les mêmes conditions, le cœur ne pouvant guère subir d'influence renforçante supplémentaire.
La constatation assez fréquente de ces efTets aortiques, en désaccord apparent avec la théorie d'une action va o-constrictive pulmonaire du sympathique, montre, en outre, combien il est insuffisant d'avoir recours, dans ces recherches, à la comparaison des pressions aortique et pulmonaire : on peut tomber sur une série d'élévations parallèles des deux pressions et conclure, avec toute vraisemblance, contre l'action vaso-motrice du sympathique. Le procédé complémentaire que j'emploie depuis 1881, l'exploration simultanée de la pression dans l'oreillette gauche, rectifie cette conclusion, de même qu'il permet l'interprétation du paradoxe volumétrique étudié paragraphe II (l*' mémoire).
S III. — DiBoassion de Torigine ctrdiaqne des effett ciroalttoiree pulmonaires produits par le sympathique.
L'oI]gection principale qui a été faite aux expériences concluant en faveur des vaso-moteurs du poumon est que Texcitation des nerfs cardio-pulmonaires modifie la fonction cardiaque et produit ainsi des effets circulatoires tant aortiques que pulmonaires qui en imposent pour des réactions vaso-motrices. Cette thèse a été surtout soutenue par M. Openchowski.
Dans son étude sur Taction de la digitale S l'auteur revient sur la question qu'il avait déjà abordée en 1883 et affirme qu'aucune démonstration n'a encore été donnée de l'existence des vaso-moteurs pulmonaires. Il expUque les phénomènes qu'on a pu observer par une différence d'action des deux ventricules, dont la dissociation fonctionnelle lui parait établie tant par les faits cliniques que par ses propres expériences. J'ai déjà présenté la critique d'une semblable opinion dans plusieurs travaux, notamment dans mon étude sur l'action cardiaque de la digitale * et dans un mémoire récent sur rhémisystole dans les lésions mitrales^ ; j'ai insisté sur les causes d'erreur qui résultent nécessairement de la comparaison des deux ventricules poursuivie à l'aide de manomètres à liquide. Ceux-ci peuvent indiquer, en effet, un nombre différent de pulsations dans l'artère pulmonaire et dans une artère aortique. Je crois avoir montré que, même dans les arythmies nerveuses ou toxiques les plus
« V. Opknguowski, Zeitscb. f. klin. Med., 1889, t. XVI,
* François-Franck, Étude expérimentale sur la digitale {Clin. méd. de Je Charité. G. Masson, 1894).
' François- Franck, Critique de l'hémisystole mitrale {Arcli. de pbysiol.^ juillet 1896).
824 GH.-A. FRANÇOIS-PRANGK.
accusées, les deux ventricules ne cessent pas de donner des systoles synchrones ; j'ai publié quelques-uns des milliers de spécimens que je possède et dans lesquels le fonctionnement comparatif des deux ventricules, directement étudié au moyen de l'exploration simultanée des variations de la pression à Tintérieur de chacun d'eux, a montré l'étroite solidarité qui les unit ; cette solidarité peut ne pas s'étendre à la synergiCy c'est-à-dire à la puissance des contractions systoliques, quelque rigoureusement synchrones qu'elles soient ; de sorte que l'un des ventricules peut donner des systoles avortées, l'autre donnant au même moment des systoles efficaces : de là les différences que présentent les courbes de pulsations aortiques et pulmonaires ^
Un seul exemple suffira à préciser cet ensemble de faits : il est choisi dans la série des effets nerveux ralentissants, produits par l'excitation centrifuge du nerf vague, cette série étant précisément celle qui a été visée par M. Openchowski dans son dernier travail (type de son expérience IX),
La figure 5 établit que, malgré les différences du nombre des pulsations aortiques et pulmonaires que présentent les courbes des manomètres à liquide (mercure et oxalate de soude) appliqués à ces artères, en réalité, l'action du nerf vague modifie exactement de même les deux ventricules {courbes de pressions intraventriculai r es).
Dans une figure précédente (%. 6), nous avions une autre démonstration de la persistance du synchronisme des deux ventricules, malgré la différence du nombre des pulsations dans les deux artères. Dès lors, s'il y a lieu de faire intervenir une influence différente des deux ventricules dans le cas d'excitation des nerfs, ce n'est point une dissociation de leurs contractions qu'il est permis d'invoquer.
Si les nerfs cardiaques ne modifient pas la fréquence respective des deux ventricules, peut-être agissent-ils en sens inverse sur l'activité contractile, sur l'énergie systolique de chacun d'eux? Ce serait en troublant le cœur de cette façon que l'excitation du sympathique serait capable de produire les effets artériels opposés qui nous ont paru caractériser l'action vaso-motrice pulmonaire de ce nerf: l'augmentation de la pression dans l'artère pulmonaire résulterait d'un renforcement de l'énergie ventriculaire droite ; la diminution habituelle de la pression aortique serait la conséquence d'une influence atonique, d'une action dépressive, exercée par les mêmes nerfs sur le ventricule gauche.
C'est une explication, en effet, très simple, mais contraire aux observations les plus élémentaires sur l'innervation cardiaque. Pour
* Voir les types des flgures 6 et 8.
en montrer l'inanité, il suffit d'enregistrer comparativement les variations de la pression dans les deux ventricules avec des appareils dépourvus d'inertie et reproduisant fidèlement, en même temps
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Fig. 5. — Identité de l'effet ralenlis&ant du pneumogastrique sur les deux ventricules, malgré le défaut de synchronisme des pulsations pulmonaires et aortiques. Cause d'erreur dans l'emploi des manomètres artériels.
L'excitation E. E. du bout périphérique du vague {B. P. Vag.) produit le même ralentissement dans les deux ventricules {Pr. V. d. et Pr. V. g.) et un nombre inégal de pulsations dans fartère pulmonaire {Pression Oxal. soude et Sphygmoscopc) et dans l'aorte {Pression Hg. et Sphygmoscope carotide).
que les changements de fréquence, les modifications d'énergie de chaque ventricule.
Déjà, dans le spécimen de la figure 8, on a pu constater qu'une
excitation des nerfs sympathiques supérieurs renforce parallèlement Taction des deux ventricules ; cette excitation agit si bien comme stimulante du myocarde ventriculaire gauche qu'elle rend actives les systoles avortées périodiques produisant, dans Finstant précédent, un nombre de pulsations aortiques inférieur de moitié au nombre des pulsations pulmonaires. Mais, dans ce cas précisément, l'action vaso-motrice pulmonaire était masquée par Fexcès d'énergie du cœur, et les deux pressions s'élevaient parallèlement. Il faut montrer, par un autre exemple, dans lequel la pression aortique, un
, Or.SArt.pMan.U. f^
Hg.U.ArtJ. ,
Pr.V.J. ,^
I 1 I I 1 I M I I I i I I M I 1 J 1 I [ 1 I I I II
Fig. 6. — Preuve de l'identité de Tefifet renforçant produit par les nerfs cardio-pulmonaires sur les deux ventricules, malgré la dépression aortique due au spasme vasculaire du poumon.
L'excitation du bout périphérique des nerfs cardio-pulmooaires du sympathique gauche (B.p.n. Card.puIm.S.g.) provoque une augmentation d'énergie parallèle dans les deux ventricules {Pr.V.g.^ Pr.V.d); la pression s'abaisse cependant dans Taorle, après une élévation initiale {Hff. U. Art. F.), tandis qu'elle se maintient dans Tarière pulmonaire {Ox. S. Art. P.).
instant surélevée, ne se maintient pas au niveau qu'elle a acquis tout d'abord, que cependant le ventricule gauche ne faiblit pas ; c'est ce qui résulte des courbes (%. 6) fournies par une expérience de contrôle du 15 janvier 1893. On y peut lire que l'excitation centrifuge faible d'un filet cardio-pulmonaire descendant de l'anneau de Yieussens gauche provoque un renforcement d'action du ventricule gauche tout comme du ventricule droit (flèche ascendante 1) ; à cette influence cardio-tonique correspond l'élévation initiale de la pression aortique et de la pression artérielle pulmonaire. Puis, voici que la pression dans l'aorte s'abaisse malgré la persistance du renforcement d'éner-
gie du ventricule correspondant : pendant ce temps, la pression se maintient élevée dans Tartère pulmonaire, phénomène qui nous est déjà familier. Ce n'est donc sûrement pas à une diminution d'action du ventricule gauche, en opposition avec une augmentation d'énergie du ventricule droit, qu'il faut attribuer l'opposition des courbes de la pression dans l'aorte et dans l'artère pulmonaire (flèches n« 2) : quelle autre influence que celle d'une vaso-constriction pulmonaire, c'est-à-dire d'un obstacle intermédiaire aux deux cœurs, peut produire la divergence dont il s'agit?
L'hypothèse d'une différence d'action des deux ventricules est, à la rigueur, discutable, quand on envisage l'opposition des effets
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Fig. 1, — Démonstration du spasme vasculaire du poumon fournie par la divergence des variations de la pression dans Tartère pulmonaire et dans Toreillette gauche.
L*excitatioii des filets cardio-pulmonaires du sympathique gauche (Bp. Br, Cp. g,) provoque l'augmentation de la pression dans Tartère pulmonaire (Pr. A. p.) et la dépression dans roreillett« gauche {Pr. Or. g.)^ celle-ci avec un léger retard sur Tascension de la courbe de pression artérielle puhnonaire.
produits sur la pression dans l'artère pulmonaire et dans l'aorte par l'excitation du sympathique : nous venons de développer les arguments qui lui sont défavorables. Mais si, au lieu de disserter sur les effets déjà lointains, modifiables par l'intervention du ventricule gauche, qui s'observent dans la pression aortique, on examine l'effet veineux immédiat de l'excitation du sympathique, la dépression dans l'oreillette gauche, en opposition avec l'augmentation de la pression dans l'artère pulmonaire, que devient l'hypothèse de l'action asynergique du sympathique sur les deux cœurs ? Ici, il n'y a plus en cause que le ventricule droit, dont nous admettons et démontrons le renforcement d'activité ; du ventricule gauche, il n'est plus question, puisqu'on observe la dépression en amont de ce ventricule. En admettant même que celui-ci puisse intervenir par la diminution d'activité qu'on lui attribue et qui est en contradiction avec les faits
analysés tout à Theure (%. 6 et 8), TefTet que produirait sur l'oreillette gauche son défaut d'évacuation active serait une stase avec augmentation de pression intra-auriculaire, c'est4i-dire un effet exactement inverse de celui qui se produit, comme le montre avec détail la figure 7. L'hypothèse ne se soutient donc pas plus que précédemment en présence des effets de sens inverse produits par l'excitation du sympathique sur la pression artérielle puhnonaire et sur la pression auriculaire gauche.
La seule explication possible de cette divergence dans la pression en amont et en aval du poumon est, comme nous l'avons adopté en principe dès le début de ce travail, la provocation d'un barrage entre l'afflux et l'écoulement du sang pulmonaire, en d'autres termes la production d'une vaso-constriction active.
Résume et conclusions.
!• Les vaso-moteurs du poumon peuvent être recherchés par les mêmes procédés que ceux des autres organes : par l'exploration des effets que produit sur la pression en amont et en aval du tissu l'excitation centrifuge des nerfs afférents.
2* L'examen comparatif des variations de la pression dans.une branche de l'artère pulmonaire et dans l'oreillette gauche m'a fourni, dès 1881, la démonstration de l'action vaso-constrictive pulmonaire du sympathique, restée jusque-là douteuse, malgré les expériences de Brown-Séquard, Badoud, Hofmokl, Lichtheim, Morel, et que des travaux ultérieurs (Cavazzani, Henriquez, Rose Bradford et Dean) ont établie au moyen de procédés variés. La démonstration de l'action vaso-constrictive du sympathique thoracique résulte de l'observation constante d'une augmentation de la pression dans Fartère pulmonaire en opposition avec une dépression dans l'oreillette gauche.
8® L'exploration comparative de la pression dans l'artère pulmonaire et dans une branche de l'aorte est moins démonstrative, à cause de l'interposition du ventricule gauche; elle a néanmoins fourni des résultats positifs, surtout à Rose Bradford et Dean, qui ont observé la même divergence dans les variations de la pression en amont et en aval.
4*» L'examen simultané des effets produits sur la pression artérielle pulmonaire, auriculaire gauche et aortique, m'a donné la confirmation des résultats précédents.
5^ La recherche des effets mécaniques plus lointains du spasme vasculaire du poumon, au moyen de l'exploration comparative des variations de la pression ventriculaire droite ou de la mesure des
réflexes tricuspidiens et des variations de la pression aortique, ne peut fournir de renseignements aussi précis et soulève des objections auxquelles n'exposent pas les procédés précédents ; cette méthode peut cependant rendre des services réels.
6^ L'application au poumon des appareils volumétriques si précieux dans la plupart des expériences sur Finnervation vaso-motrice, expose, si elle n'est pas contrôlée par la comparaison de la pression en amont et en aval du poumon, à de grandes erreurs : elle conduirait à nier l'existence des vaso-moteurs pulmonaires. Le paradoxe volumétrique consiste dans l'apparition d'une augmentation de volume du poumon, tandis que la pression s'abaisse dans l'oreillette gauche et s'élève dans l'artère pulmonaire ; cette réaction inattendue résulte de ce que la dilatation des gros troncs artériels pulmonaires, due à la résistance plus grande des branches terminales, associée à une poussée ventriculaire droite augmentée, prédomine sur l'effet volumétrique du spasme vasculaire.
On peut néanmoins tirer parti de cette méthode (qui est excellente quand une seule influence agit sur les vaisseaux du poumon) pour établir l'action sinon exclusive, du moins prédominante, du sympathique d'un côté sur les vaisseaux pulmonaires du côté correspondant.
T La topographie vaso-constrictive pulmonaire a été établie par Rose Bradford et Dean au moyen de la comparaison de la pression dans l'artère pulmonaire et dans l'aorte ; j'ai confirmé leurs résultats, en y ajoutant quelques détails, au moyen de l'exploration simultanée des variations de la pression dans l'artère pulmonaire et dans l'oreillette gauche.
Le sympathique cemcal ne contient pas de vaso-constricteurs descendant du bulbe ou de la partie supérieure de la moelle ; le nerf vertébral n'en apporte pas non plus de la partie inférieure de la moelle cei*vicale. C'est la moelle dorsale qui les fournit, avec un maximum de confluence au niveau des 2* et 3^ nerfs dorsaux ; on n'en retrouve plus la trace au-dessous des 5* et 6* nerfs dorsaux.
8*» Une objection à l'action vaso-constrictive pulmonaire du sympathique repose sur l'élévation parallèle des deux pressions dans l'artère pulmonaire et dans l'aorte. Cet effet aortique résulte de Taugmentation simultanée de l'action du ventricule gauche qui lutte efficacement, dans certains cas, contre l'effet dépresseur aortique du spasme des vaisseaux du poumon.
9« Une autre objection a pour point de départ l'observation de la constance de la pression aortique : ici, le ventricule gauche intervient également, mais à un moindre degré, et ne fait que compenser l'effet dépresseur aortique de la vaso-constriction pulmonaire.
10« L'objection principale consiste à admettre que les nerfs cardiopulmonaires, sans action sur les vaisseaux du poumon, modifient en sens inverse l'action des deux ventricules : ils exagéreraient celle du ventricule droit (d'où l'augmentation de la pression artérielle pulmonaire) et diminueraient celle du ventricule gauche (d'où la dépression aortique). Nous avons montré par de nombreux exemples la solidarité fonctionnelle des deux ventricules soumis à l'action des nerfs modérateurs et des nerfs accélérateurs ; nous avons surtout établi que l'augmentation d'action du ventricule gauche, directement produite par l'excitation du nerf sympathique, se maintient malgré la dépression aortique due au spasme vasculaire du poumon. Du reste, une telle objection ne peut tenir en présence du fait que nous avons mis en évidence, à savoir l'augmentation de la pression dans l'artère pulmonaire et la dépression dans l'oreillette gauche.
BIBLIOGRAPHIE
Die Physiologie des Geruchs; par H. Zwaardemaker. Leipzig, 1895, in^» de 824 pages.
Ce livre constitue une monographie très étudiée d.u sens de Todorat. Depuis les pages consacrées à ce sujet par von Vintschgau dans le Handbuch de Hermann et depuis l'article Olfaction du Dictionnnaire encyclopédique des sciences médicales par François-Franck, aucun exposé général analogue n*avait été publié. Et cependant nos connaissances sur cette partie de la physiologie s'étaient, dans Tintervalle, singulièrement modifiées ou étendues, en partie justement grâce aux remarquables travaux qui ont assuré à Zwaardemaker une compétence indiscutée en cette matière.
L'ouvrage est très complet, comme on pourra en juger par les quelques indications suivantes. Après une introduction où sont définis et situés un peu sommairement — mais cette brièveté est évidemment intentionnelle — les appareils périphériques et centraux de Todorat et où est indiquée l'importance de cette fonction, se placent tout de suite des considéi^ations d^ordre physique sur les matières odorantes ; puis le mécanisme de l'olfaction est étudié, et déterminé le champ où elle s*exerce; quelques pages sont réservées aux rapports du goût avec l'odorat; ensuite sont longuement traitées les importantes questions de l'olfactométrie, de la technique des mesures de l'olfaction, de la finesse normale de ce sens, de l'augmentation et de l'abaissement de cette finesse normale, etc.; l'étude de la compensation des odeurs, celle du temps de réaction, de la fatigue, etc., sont faites dans les chapitres qui suivent; la classification des odeurs est alors discutée, ainsi que la question de savoir quelles relations existent entre la constitution chimique des corps et leurs propriétés odorantes; enfin est examinée soigneusement la question des énergies olfactives spécifiques, qui s'est, dans ces dernières années, posée pour le sens dont il s'agit, comme pour les autres organes sensoriels, avec plus de force que jamais. L'ouvrage se termine par trois appendices, consacrés l'un à l'odorat chez les animaux inférieurs, l'autre à la mesure de l'olfaction en clinique nerveuse et le troisième à la biblio^ graphie de l'organe olfactif chez les Vertébrés, au point de vue anatomique.
Les sujets qpie l'auteur a particulièrement approfondis paraissent être ceux qui touchent à la psychologie physiologique. Je citerai par exemple
882 BIBLIOORAPHIE.
tout ce qui concerne rolfactométrie et Vodorimétrie qu*il en distingue, et la détermination de ce qu*il appelle olfactie; ce .sont là des pages qu'il faut lire entièrement et avec soin. E. G.
Traité de pathologie générale; par Ch. Bouchard, tome I. Paris, 18Ô5, grand in-8» de 1006 pages.
« Ce livre, écrit M. Bouchard (préface, p. x), a failli paraître il y a treiise ans. . . Les grandes lignes de la Pathologie générale me semblent être ce qu'elles étaient déjà il y a treize ans. Ce sont toujours les quati-e grands processus pathogéniques, les troubles préalables de la nutrition^ Vinfectiony les réactions nerveuses et, de plus, les réactions cellulaires autonomes^ celles que provoquent directement les agents extérieurs. Mais combien la conception de ces modes pathogéniques s*est modifiée dans ces dernières années, au moins pour les troubles de la nutrition et pour rinfection ! . . . A ce double point de vue, notre doctrine médicale dépasse celle de toutes les autres époques. » Il est clair que nous sommes à un moment où un exposé complet et un examen critique approfondi de toutes les données pathogéniques peuvent être utiles non moins qu'intéressants pour le médecin ; et il est clair aussi que cette étude, faite du point de vue indiqué dans les lignes citées ci-dessus, peut être pleine d'enseignements pour le physiologiste. La nouvelle œuvre de M. Bouchard attirera donc l'universelle attention, d'abord assurément à cause du nom de son auteur, mais aussi par ce qu'elle promet, et la retiendra par elle-même.
L'ouvrage est annoncé comme devant être publié en six volumes. Le premier comprend d'abord une introduction à l'étude de la pathologie générale, par H. Roger; puis la pathologie comparée de l'homme et des animaux, par H. Roger et P. J. Cadiot; puis un chapitre court, mais riche d'observations et d'idées, consacré aux maladies des végétaux en général, par P. Vuillemin ; l'étude des causes morbides commence ensuite immédiatement par l'histoire des maladies qui peuvent survenir pendant la vie intra-utérine, c'est-à-dire par la pathogénie générale de l'embryon, que Mathias Duval a exposée avec sa clarté et sa pénétration habituelles, et se continue par l'histoire des troubles attribuables à l'hérédité ; cette longue étude de l'hérédité est due à P. Le Gendre ; puis Bourcy a brièvement indiqué ce que l'on doit entendre par prédisposition et immunité ; alors vient l'exposé des causes externes des états morbides : de la fatigue et du surmenage, par A. B. Marfan ; des agents mécaniques, par F. Lejars ; des agents physiques, par P. Le Noir, parmi lesquels l'électricité, dont l'action a été résumée par d'Arsonval; des caustiques, par P. Le Noir; et enfin des poisons divers, minéraux et végétaux, substances alimentaires ou non, venins, poisons provenant de la vie des tissus ou des microbes, etc., auxquels H. Roger a consacré une étude très détaillée.
BIBUOORAPHIB. 833
L Année psychologique; par H. Beaunis et A. Binbt. Paris, 1896, m-8*
de 619 pages.
11 convient de féliciter les auteurs de Texcellente idée qu*ils ont eue de publier une Année psychologique. Ce livre rendra autant de services aux physiologistes qu*aux psychologues et aux médecins. On en pourra juger par la simple énumération de ce qu*il contient.
La partie la plus considérable de Touvrage est naturellement consacrée à la bibliographie ; elle fournit Tindication de toutes les publications qui intéressent la psychologie pour Tannée 1894 et même un peu pour Tannée 1893; ces indications, distribuées suivant un ordre rationnel, sont au nombre de l,âl'7; en outre, les plus intéressants ou les plus curieux de ces travaux ont été Tobjet d'une analyse précise, souvent très détaillée; ces analyses sont au nombre de lll et concernent Tanatomie, Thistologie et la physiologie du système nerveux, les diverses sensations, le sens du temps, Tattention, Tassociation des idées, la mémoire, les images, le plaisir et la douleur, les sentiments, le sens esthétique, les mouvements, la parole, la psychophysique, la pédagogie, Thypnotisme, le sommeil, les rêves, etc.
Quant à la première partie, elle consiste en quelques mémoires originaux dus à MM. Binet et V. Hepri, La mémoire des mots, La mémoire des phraseSy etc. ; Weeks, Recherches expérimentales de phonétique; Th. Flournoy, Illusions de poidSy etc. ; E. B. Delabarre, Les Laboratoires de psychologie en Amérique. E. G.
I. -^ Spectroscopie biologique. Spectroscopie du sang; par A. Hénogque. Paris, 1895, in-12 de 199 pages.
II. — Les poisons de l'organisme. Poisons du tube digestif; par A. CHARmN. Paris, 1895, in-lâ de 188 pages.
III. — Sélection et perfectionnement animal; par Victor Meunier. Paris, 1895, in-12 de 224 pages >.
I. — Ce volume est consacré moins à Texamen des procédés spectroscopiques applicables en hématologie, qu*à Texposé particulier de la méthode imaginée par Tauteur, il y a une dizaine d'années, pour ses recherches sur les variations de Thémoglobine du sang, et connue sous le nom, qu*ii y a donné, d'hématoscopie ou hématospectroscopie. Cependant on trouve dans les premiers chapitres quelques notions générales sur Temploi du spectroscope dans les sciences médicales, sur la technique spectroscopique, sur les caractères de Thémoglobine. Mais il n*est pour ainsi dire pas question de la spectrophotométrie. Presque tout Touvrage est donc réservé à la description de la méthode de Tauteur, et aux résul-
* Ceg trois volumes font partie de VEneyelopédie scientiBque des Aide^ Mémoire.
834 BIBLIOGRAPHIE
tais que cette méthode a déjà fournis entre ses mains et celles de plusieurs élèves : étude des variations physiologiques de la quantité d*oxyhémoglobine, étude de ces variations dans un asses grand nombre de maladies et sous Tinfluence de quelques médicaments, étude des dérivés de l'hémoglobine, étude détaillée du phénomène que M. Hénocque a appelé V activité de l'éduction et qui, d*après lui, constitue un procédé de mesure, chez Tanimal vivant et chez Thomme, de l'activité des échanges entre le sang et les tissus, enfîn étude des variations de cette activité de la réduction de Toxyhémoglobine sous des influences diverses, physiologiques, pathologiques et thérapeutiques.
Il y a un réel intérêt à trouver ainsi groupés et coordonnés les très nombreux documents hématologiques que M. Hénocque a accumulés depuis plus de dix ans, grâce à remploi de son hématospeciroscope. Quoiqu'il se soit efforcé de prouver Tutilité de sa méthode de la meilleure manière, c'est-à-dire en s'en servant, les physiologistes regretteront peutêtre qu'il n'ait pas profilé de l'occasion qui se présentait à lui en écrivant ce travail d'ensemble pour exposer, à côté des principes et des résultats de la méthode, les quelques critiques qui en ont été faites sur divers points et pour les réfuter. — Il est vrai que le livre, tel (pi'il était conçu, ne comportait sans doute pas cette partie critique.
II. — Les Archives ont déjà signalé au moment voulu un intéressant ouvrage de M. Charrin sur les poisons de l'organisme ^ ; il s'agissait alors des poisons de l'urine. Le présent livre est consacré à une autre partie de cette gi^ande et difficile question, les poisons du tube digestif.
Ce livre est très clairement divisé ; l'auteur étudie successivement les poisons que l'on peut rencontrer dans les diverses parties du tube digestif, en insistant sur leur origine, sur leur nature, pour autant que celle-ci est connue, et sur leur mode d'action. A ce point de vue, les chapitres où il est question du contenu de l'estomac et des produits intestinaux et des troubles ou même des véritables maladies que peut causer la résorption de ces substances toxiques variées, sont particulièrement intéressants.
III. — Il y a quelques années, la Revue scientiûqae entreprit une sorte d'enquête sur ce que l'on appelait jadis Y intelligence des bêtes. De là sortirent de nombreux faits démontrant que beaucoup d'animaux sont capables de réflexion sur les événements qui se passent autour d'eux et de modiûer logiquement leur conduite d'après les événements. M. Victor Meunier rappelle quelques-uns de ces faits et en rapporte d'autres pour soutenir que, par une sélection artificielle bien entendue, on pourrait développer les facultés mentales des animaux, comme on perfeotioime tel ou tel de leurs caractères physiques ou de leurs aptitudes organiques. Encore que ses interprétations manquent quelquefois d'un peu de prudente réserve, sa conclusion générale, à savoir qu'il conviendrait de créer des écoles ou laboratoires de domestication et de perfectionnement animal, offre un intérêt biologique réel. E. G.
• Arch. de phyaiol.y avril 1893, p. 423.