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RECHERCHES EXPÉRIMENTALES

SUR

L'EXCRÉTION DU SOUFRE PAR L'URINE Par MM. tt. VOIIIIII et M. LAMtCHT

Trayail des laboratoires de chimie et de physiologie de la Faculté de médecine

de Nancy.

L'étude de l'élimination du soufre offre un grand intërôt pour la connaissance des phénomènes de la désassimilation, car la majeure partie des composés sulfurés de l'urine provient des albuminoïdes. L'un de nous a montré ailleurs * que les variations physiologiques et pathologiques des exci*étions soufrée et azotée suivaient une marche parallèle, et que le rapport du soufre à l'azote de l'urine était en moyenne de 13,5, rapport sensiblement égal à celui de ces deux corps dans la formule la plus probable rendant compte de la constitution dé l'albumine.

H était donc permis de penser que les troubles de nutrition qu'on pourrait produire par voie expérimentale se manifesteraient dans les dosages du soufre de l'urine. C'est ce que nous nous sortîmes proposé de vérifier dans le présent travail.

Les composés sulfurés de l'urine se groupent :

!• En soufre complètement oxydé, qui comprend les sulfates indécomposables par les agents oxydants ;

2* En soufre incomplètement oxydé, qui comprend les sels des acides sulfoconjugués, sulfocyanates, cystine, taurine, etc.

Dans cette seconde catégorie, les premiers corps, excepté la taurine, sont transformés en sulfates en présence des acides et du brome en excès et constituent le soufre facilement oxydable.

* G. VozBfN, Variations physiologiques et pathologiques du soufre urinai re {Thèse de Naney^ 1894).

60 G. VOIRIN ET M. LAMBERT.

La taurine exige pour cette transformation la fusion avec le nitre et le carbonate de soude et oonstitue le soufre difficilement oxydable.

Cette classification et le procédé de dosage par le brome ont été donnés, en 1881, par MM. Lépine et Guérin *.

Pour obtenir le soufre total, somme de tous les éléments sulfurés de l'urine, on évapore à siccité 50 ou 100 centimètres cubes d'urine avec de l'azotate de potasse et du carbonate de soude. Le résidu est calciné et repris après refroidissemeat par l'eau acidulée et chaude. Le liquide résultant est additionné à l'ébuUition de chlorure de baryum et laissé au irais pendant douze heures. On continue l'opération comme pour le dosage pondéral des sulfates dans un liquide quelconque.

Pour obtenir le soufre difficilement oxydable, on prend également 50 ou 100 centimètres cubes d'urine qu'on additionne d'acide chlorhydrique et de brome en excès. On porte à l'ébullition jusqu'à disparition complète du brome et décoloration complète de l'urine. On Qjoute alors du chlorure de baryum et on continue les opérations comme précédemment.

La diiTérence entre la quantité de sulfate de baryte des deux opérations représente le soufre difficilement oxydable, qu'on évalue comme le soufre total en acide sulfurique (SO*H*).

Nous nous sommes surtout occupés du rapport entre le soufre difficilement oxydable et le soufre total, parce que nous avons remarqué que ce rapport était sujet à des variations dues à certains états physiologiques ou pathologiques.

Nous avons démontré {loc. cit.) que l'augmentation de ce rapport se produisait sous l'influence de maladies microbiennes. Cette augmentation est sans doute due à l'action des toxines sur le foie, puisque le soufre difficilement oxydable est d'origine biliaire. Dans les intoxications lentes par les poisons minéraux ou organiques exerçant sur le foie une action élective, les phénomènes doivent se passer d'une manière analogue.

Pour nous en rendre compte, nous avons institué quatre séries d'expériences sur quatre chiens qui recevaient chaque jour des doses croissantes, les deux premiers d'arsénite de potasse, le troisième de phosphore, le quatrième d'acide pyrogallique.

Leur nourriture se composait d'une soupe contenant toujours la même quantité de pain et de graisse. La quantité de soufre ingérée^ très faible d'ailleurs, d'après nos analyses, est donc restée constante

* Note sur le soufre difficilement oxydable et sur un nouveau symptôme de trouble de la fonction biliaire {Bévue de médecine^ 1881).

EXGRéTION DU SOUFRE PAR L*URINE.

pendant toute la durée de rexpérimentation. Les chiens étaient soumis à ce régime quelques jours avant le début des analyses et placés dans des cages permettant de recueillir les urines.

Exp. I. — Chien bâtard (9 kilogr.). Il reçoit, & [>artir du 5 juin, une soUpe composée de pain 150, graisse 15, eau 750. On y ajoute chaque jour, du 10 au 18, vingt gouttes de liqueur de FowJer. L'animal se porte bien et son poids ne varie pas.

UQCKCI DE rOWLEB.

90 goaites

9 juin

SOOFIB tOtol.

•OOVIK

complètement

oxjdé

et facilement

oxydable.

sourtE

difficilement

oxydable.

0,032 0,087 0,071 0,031 Oi073

Rapport

Lanimal ayant été employé par erreur pour une autre expérience, nous n'avons pu prolonger Tobservation. On voit que le rapport entre le^S. D. 0. et le S. T. ^ a d'abord baissé, puis a subi un accroissement sensible le huitième jour. Le foie de Tanimal no présentait pas d'altérations.

Exp. II. — Chienne épagneule (18 kilogr.). Apartir du 6 juin, ration journalière : pain 300, graisse 20, eau 1500. On commence le 10 à donner de la liqueur de Fowler. '

UQDI1» If PDwaa.

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Rapport g^ .

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