‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 4)Chapitre 40 sur 257 · CD · texte numérisé non relu

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De ces expériences on peut conclure que, dans la maladie de Basedow, les centres vaso-constricteurs bulbo-raédullaires, s'ils ont peut-être perdu de leur tonicité permanente, ont du moins conservé leur pouvoir de réaction ré flexe.

Syringomyélie. — Dans la syringor myélie, il existe des lésions considérables de Taxe bulbo-méduUaire. Il est à présumer que certains centres vasomoteurs ou certaines voies centripètes ou centrifuges de Taxe réflexe vasoconstricteur ont subi, chez les divers malades frappés de cette affection, des atteintes variables comme degré et comme localisation. .

De fait, pour ne parler que des cas ou nous avons eu recours à rinscription gi'aphique, nous avons, chez trois sujets, noté des particularités diverses. En ce qui concerne les troubles sensitifs, nous avons pu voir que des excitations portant sur les zones anesthésiées, excitations non perçues, n'étaient pas suivies de réactions vaso-constrictives ; ce phénomène n'était pas pom» nous surprendre, les Voies de conduction centripètes étant, en pareil cas^ BlHBiHi £ interceptées. D'autres faits sont plus inté-*

ressauts.

Un de nos malades, nommé Barth..., qui se trouvait, en 1890, dans

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RÉFLEXES VASO-MammS DANS LES MALADOBS NERVEUSES. 07

le service de la clinique des maladies nerveuses, à la Salpétrière, a foit Tobjet d'une leçon de Gharcot i.

Chez lui, les troubles anesthésiques étaient complexes et occupaient une très gi*ande partie de la surface cutanée. Les deux extrémités supérieures furent explorées successivement au point de vue de leurs variations de volume, à Taide d'un appareil qui était une modification des anciens pléthysmographes de François-Franck et de Mosso.

Chez les sujets normaux explorés dans ces conditions, les variations spontanées du volume, ainsi que les variations vaso-motrices réflexes, étaient d'une amplitude considérable. La figure 4 montre que chez Barth . . . , au contraire, la ligne générale de la courbe se développe à peu près suivant Thorizontale. De plus, les réflexes vaso-constricteurs firent défaut, qu'on appliquât la glace dans une région où le froid était perçu, ou qu'on rappliquât dans une région anesthésiée. C'est à peine si, dans le premier cas, on pouvait soupçonner une ébauche douteuse de la réaction normale. L*absence de toute fuite d'air dans les appareils a été minutieusement vérifiée.

Chez un autre syringomyéliquc, le nommé Wolt. . ., qui occupe depuis plusieurs années un lit à la Salpétrière, et que nous avons examiné

Fig. 5. — M D., volume de la main droile; M G., volume de la main gauche; S, secondes. Wolt..., syringomyélie. Bruit déterminé par 5 coups de. marteau en 5, par S coups en 3. Variations de volume do sens inverso dans les deux mains.

récemment à plusieurs reprises, nous relevons un détail d'un autre ordre. I^ figure 5 montre les variations de volume se produisant en sens inverse dans les deux mains, à la suite d'une excitation auditive. Les excitations cutanées, à condition qu'elles fussent portées dans les régions où la sensibilité subsistait, s'accompagnaient de la même inversion. Toutefois, le phénomène de vaso-constriction à gauche, de même que la dilatation correspondante à droite, étaient généralement minimes sous cette influence. 11 est bon d'ajouter que la main droite, où la dilatation prenait la place de la constriction, était le siège de troubles anesthésiques et trophiques très marqués, tandis que la gauche était relativement respectée.

Enfin, chez Wolt..., la courbe générale nous a paru présenter des variations spontanées peu considérables, relativement à ce qu'on observé chez les sujets sains.

Chez Balth... (un syringomyéliquc pourvu d'une forte scoliose, dont

« Leçons du mardi, U II, 88 juin 1889, p SC^. .

Abcr* de PHT8., 5* sémz, — VII 7

08 h. HALUON ET CU. CQHTE.

Fun de noue a rapporté Tobservation détaillée dans sa thèse inaugurale)» la courbe présentait également des variations spontanées minimes, et les réflexes vaso^onstricteurs étaient très peu marqués, même à la suite des excitations perçues ou des émotions provoquées.

Nous reviendrons tout à Theure sur l'inversion des phénomènes volumétriques à droite, dans le cas de Wolt. . .; retenons seulement que la réaction vaso-constrictive s*est montrée exclusivement à gauche, chea ce malade.

Des faits qui précèdent, nous pouvons déduire les conclusions suivantes : 1* il peut exister, dans la syringomyélie^ une absence complète ou presque complète des phénomènes qui caractérisent l'activité du centre vaso-moteur bulbaire, soit que ce centre ait subi des altérations, soit que les trajets médullaires qui le relient aux organes se trouvent interceptés ; 2* c'est dans cette dernière hypothèse, sans doute, qu'on doit chercher l'explication du fait constaté chez Wolt..., à savoir l'absence de réaction vaso-constrictive réflexe dans une seule des deux mains.

Autres affections nerveuses. — Chez un enfant, frappé de paralysie infantile, un des deux membres supérieurs était resté impotent, atrophié, et présentait une coloration rouge-bleuâtre de la peau, indice de troubles vasculaires locaux. Les doigts de chaque main, explorés simultanément, montraient, sous l'influence des excitations cutanées, une vaso-constriction du côté sain contrastant avec une dilatation du côté malade, c'est-à-dire le phénomène observé chez Wolt. . ., dans un cas de syringomyélie.

Un malade offrant une névrite traumatique, avec zone d'anesthésie, ne présentait pas de réflexe vaso-constricteur, lorsqu'on excitait la zone anesthësiée.

Plusieurs sujets atteints de sclérose en plaques (explorés sans enregistrement) nous ont paru conserver les réflexes vasculaires normaux.

Remarques générales. — Les anestbésies se sont comportées, dans nos expériences, d'une façon absolument difTérente, suivant qu'il s'agissait de l'anesthésie hystérique ou d'une anesthésie de cause organique, liée à une lésion périphérique (névrite) ou médullaire (syringomyélie). Dans le premier cas, réflexes vaso-moteurs normaux ; dans le deuxième, réflexes vaso-moteurs abolis. Cette différence nous paraît propre à trancher parfois des difBcultés de diagnostic.

Certains processus psychiques^ que ne décèlent aucun autre phénomène objectif appréciable, sont mis en évidence, dans l'état hypnotique, par l'emploi du procédé pléthysmographique.

RÉFLEXES VASO-lfOTEURS DANS LES MALADIES NERVEUSES. 99

La paralysie vaso-motricOy affectant pne extrémité, s*y traduit non seulement par l'absence de la vaso-constriction réflexe, mais aussi par une dilatation se substituant à cette dernière. Ce fait nous paraît devoir admettre l'explication suivante, qui est fondée sur les résultats expérimentaux obtenus par notre maître, M. François-Franck, dans des recherches qu'il complète actuellement. Lorsqu'une excitation sensitive a lieu, elle stimule l'ensemble du système cardiovasculaire, d'où une augmentation de la pression générale. Dans les organes qui ne participent pas ou participent à peine à ce renforcement réflexe de la tonicité vasculaire (et les organes où existe une paralysie vaso-motrice sont évidemment toujours dans ce cas), les vaisseaux se laissent forcer, pour ainsi dh'e, par la poussée artérielle accrue; ces organes se dilatent d'une façon toute passive. L'expérience sur l'animal éclaire nettement, comme on voit, le fait pathologique, et en tire, à son tour, confirmation.

Nous avons cherché s'il existait une relation entre l'état des réûexes vaso-constricteurs et celui des réflexes des muscles striés. Nous n'avons trouvé à cet égard aucune relation fixe. L'exagération de ces derniers réflexes, ainsi que la contracture, peuvent coexister avec l'abolition des réflexes vaso*moteurs dans l'extrémité explorée. De là cette conclusion, enti*aînée, d'ailleurs, par d'autres faits physiologiques, que les centres de ces deux ordres de phénomènes sont mutuellement indépendants.

Nous nous sommes également demandé si les perversions de la réaction vasculaire circonscrite provoquée localement par une excitation mécanique (raie dite méningitique, dermographisme), coïncidaient avec des modifications des réflexes vaso-constricteurs bulbo-médullaires. Ici encore, aucune relation ne nous est apparue entre les deux catégories de symptômes; ceux-ci, dès lors, ne relèvent pas d'une même cause que ceux-là et comportent une signification toute différente.

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