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AUSCULTATION DE L* APPAREIL RESPIRATOIRE

la môme direction que les éperons bronchiques; les sons aigus diminuent d'intensité plus que les autres, la tonalité d'ensemble du murmure vésiculaire devient plus grave.

Quant aux variations d'intensité du murmure vésiculaire à l'état normal, et suivant l'amplitude des mouvements d'expansion du thorax, etc., ce sont des faits trop connus pour m'y attarder,

Voix parlée. — Si les souffles laryngés sont arrêtés par la masse gazeuse pulmonaire, des sons plus intenses, tels que ceux que produit la voix parlée, peuvent franchir cet obstacle et faire vibrer les parois thoraciques. Dans le milieu gazeux schématisant le poumon, les sons graves sont moins étouffés que les sons aigus, et nous trouvons le même phénomène dans la transmission de la voix parlée : les voix graves se propagent mieux à travers l'appareil respiratoire et font, par conséquent, vibrer les parois thoraciques avec une intensité plus considérable, que les voix aiguës. Les voix de femme et d'enfant donnent un frémissement vocal moins considérable que les voix d'homme. Cependant si l'intensité d'un son aigu est suffisante, il peut rester perceptible après propagation à travers tout le poumon.

J'ai étudié les vibrations thoraciques dans la parole à haute voix, au moyen de la photographie des flammes manométriques.

Pour recueillir les sons transmis, je me suis servi d*un tambour de Marey auquel j*ai ajouté une deuxième tubulure ; le gaz allait directement de la prise au bec spécial en passant par le tambour, dont la membrane étendue et saillante reposait sur la peau. Une deuxième capsule enregistrait soit un son de hauteur fixée, soit la parole émise.

J*ai vérifié Tinflueuce de la hauteur des sons émis sur leur propagation jusqu'aux parois thoraciques. Mais les résultats les plus intéressants ont été obtenus en enregistrant à la fois la voix émise et la voix transmise. Les profils des deux flammes sont complètement difl*érents; dans la voix transmise, on ne retrouve que les sons fondamentaux ; les harmoniques ont presque toujoure disparu, car je n'ai jamais retrouvé que le premier son partiel, et seulement lorsqu'il présentait une forte intensité par rapport au son fondamental dans la voix émise.

Des tracés que j'ai obtenus, on peut déduire les résultats suivants : puisque toute voyelle est caractérisée, non par le son fondamental sur lequel elle est émise, mais par des harmoniques de ce son fondamental et qu'elle perd ses sons caractéristiques dans sa propagation à travers la masse gazeuse pulmonaire, elle cessera d'être distincte dans la voix transmise, la plupart des consonnes, formées de bruits à faible intensité, seront aussi étouffées ; ce qu'on entend au niveau

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du thorax, lorsque le siget parle, ne doit plus être qu'une parole confuse, non articulée. En effet, on sait qu'à Télat normal la parole propagée à travers le poumon est un murmure indistinct où les sons graves prédominent, et qui ne présente aucune articulation.

L'accord entre les théories physiques que j*ai indiquées et les phénomènes que Ton peut constater dans l'auscultation et la palpation du thorax normal me semble complet ; il me reste maintenant à montrer que cet accord subsiste lorsqu'on étudie ces mêmes phénomènes à l'état pathologique ; c'est ce que je me propose de faire dans un prochain travail.

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