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SYSTEME NERVEUX ET HYPOGLYCEMIE

jours. On lui fait la section de la moelle en avant de la l'" vertèbre dorsale.

Suore p. 1000 gr.

de lang. Tempéntare.

Immédiatement après la section médullaire. 1 . 176 38<^ 6

8 h. 20 m. après 0.842 35,7

8 h. 30 m. après 0.742 32,4

Autopsie. — Opérations bien réussies.

Exp. LXXXIII. — Vieux chien en très bon état, à jeun, pesant 16 kilogrammes. Énervation du foie et du pancréas. Aussitôt après on coupe la moelle en avant de la l** vertèbre dorsale.

Snere p. 1000 gr.

de sang. Température.

Aussitôt avant la section médullaire 1 . 1 il 37<*

4 heures après 0.930 32

6 heures après 0.930 30,6

9 heures après 0.920 28,9

22 heures ^près 0.930 22,4

Autopsie. — Énervations bien faites. Moelle complètement coupée.

Les résultats fournis par les cinq séries d'expériences ci-dessus peuvent être résumés de la manière suivante :

!• La section de la moelle au niveau de la première vertèbre dorsale, ou dans la région avoisinante, produit sur la glycémie des effets bien différents de ceux produits par la simple énervation du foie ou du foie et du pancréas. Elle provoque Tapparition de Thypoglycémie, parce qu'elle exerce une action inhibitrice sur la glycosoformation et rhistolyse, et non parce qu'elle interrompt les communications nerveuses qui relient l'appareil hépato-pancréatique, à la partie supérieure de la moelle cervicale ou au bulbe, ou à d'autres parties do l'encéphale ;

2* L'action inhibitrice exercée par la section médullaire sur la glycosoformation est démontrée par ce fait que l'hypoglycémie ne se montre plus que très faiblement quand la section de la moelle succède à rénervation complète du foie et du pancréas (exp. LXXXIII);

8® La section de la moelle exerce sur le pancréas une action excitosécrétoire pour sa sécrétion interne. En effet, elle produit encore l'hypoglycémie très nette, quand ie foie seul est énervé (expérience LXXXH);

4® La section de la moelle exerce sur le foie une action frénatrice. En effet, elle ne s'oppose pas toujours à l'apparition de Vhyperglycémiey quand elle est précédée de l'énervation du foie et suivie de la dépancréatisation (expérience B, 2* série, 2* combinaison);

SOO M. KAUFMAlfN.

5^ L^action inhibitrice exercée sur le foie par la section médullaire se produit par le mécanisme du choc nerveux ; elle atteint le foie au moment même de la section et fixe cette glande, pour un temps plus ou moins long, dans Tétat d'inactivité (expériences, 2* série, l** combinaison) ;

6* L*action inhibitrice ou frénatrice exercée par la section médullaire sur rhistolyse ressort aussi nettement des expériences A, 2* série, 2* combinaison, dans lesquelles la section de la moelle, précédée de Ténervation du foie, a empêché constamment la dépancréatisation de produire son effet hyperglycémique.

RECHERCHES EXPERIMENTALES

Par MM. L. CAMUS et C. GLEY

Nous avons montré, Tannée dernière *, que l'excitation du nerl splanchnique détermine la dilatation de la citerne de Pecquet ; nous avons ainsi établi à la fois Texistence de nerfs dilatateurs des vaisseaux lymphatiques, du moins pour une partie importante de ce système de vaisseaux, et la présence de fibres dilatatrices, de fibres d*arrét, dans le tronc du splanchnique. Nous voudrions faire voir maintenant que le canal thoracique reçoit aussi des nerfs dilatateurs ; et, d'autre part, que l'action sur ce conduit de nerfs antagonistes de ceux-ci, c'est-à-dire constricteurs, peut être quelquefois mise en évidence ; nous étudierons ensuite Fintluence de quelques excitations sensitives sur les mouvements du canal.

Toutes nos expériences ont été faites sur le chien . il n^est pas nécessaire de recourir à des animaux de forte taille ; on trouve aussi aisément le canal thoracique sur des animaux de taille moyenne, de 10 à 15 kilogrammes. — Ck)mme Texpérience dure souvent assez longtemps, on place ranimai, pour qu'il ne se refroidisse pas, dans une baignoire-étuve, ou même simplement on dispose de chaque côté de lui une boule d'eau chaude et on Tenveloppe d'une couverture.

La trachéotomie pratiquée, le bulbe était sectionné. Puis on ouvrait le thorax en coupant les trois ou quatre dernières côtes gauches (la plupart du temps, il suffit de couper les trois dernières) entre deux fils cirés, très

* Archives do physiologie^ 5* série, t. VI, p. 454, 1894. Voy. aussi Arch, itah de bioL, t. XXII, fasc. II, p. lxxx, 1894.

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forts, de manière à éviter toute hémorragie. Les parois du thorax bien écartées, on pose une ligature sur Tœsophage, aussi bas que possible ; on fait travei*ser au fil qui a servi à cette ligature la paroi abdominale contre laquelle on le fixe, en le tendant légèrement, afin de rendre les rapports de Tœsophage avec le canal thoraeique moins immédiats et ainsi d'éviter une influence possible des mouvements de ce conduit sur le canal. Ensuite on découvre le canal, à 3 centimètres environ au-dessus de Torifice aortique du diaphragme ; il faut pour cela déchirer le tissu conjonctii qui recouvre Taorte et récliner l'artère à droite, et, par cette fente pratiquée entre deux artères intercostales, on arrive jusqu'au canal qui est situé à la face postérieure de l'aorte ; on l'isole, on le lie ; au-dessus de la ligature on introduit une canule préalablement remplie d'eau salée à 7 0/00.

Cette canule est mise en rapport avec un appareil à écoulement constant, de telle sorte qu'un courant d'eau salée *, tiède, passe sous faible pression dans la direction môme que suit le coui's de la lymphe. Cet appareil est tout à fait analogue, sauf quelques modifications insignifiantes, à celui que Morat a imaginé et qui a servi à Doyon pour ses recherches sur la contractilité des voies biliaires 2; le principe de la méthode ayant été exposé ici même par Doyon, il nous paraît inutile de décrire cet appareil. Rappelons seulement que les conditions de l'expérience sont telles que l'on est autorisé à rapporter les variations observées de l'écoulement ù des changements de calibre du conduit. Si, en effet, le canal est un tube inerte, la vitesse du liquide restera uniforme. Si le canal est contractile et si celte contractilité se manifeste sous des influences diverses, l'écoulement sera ralenti ou accéléré, suivant que le canal se resserrera ou s'élargira.

L'emploi de ce procédé de Morat-Doyon a singulièrement facilité nos recherches ; sans rapplication de la méthode graphique aux études que nous avons été amenés à entreprendre sur la circulation lymphatique, un très grand nombre d'expériences nous auraient été impossibles ou seraient restées infructueuses, à commencer par celles (jui sont relatives à Tinfluence du système nerveux.

Nous avons cherché méthodiquement quels sont les nerfs dont Fexcitation est susceptible de mettre en jeu la contractilité du canal

* La quantité d'eau salée qui est introduite ainsi dans le système veineux, au cours d'une expérience, est peu considérable. Il est clair que nous ne pouvions nous servir d'huile neutre, comme a fait Doyon. D'ailleurs nous n'avons pas remarqué que l'eau salée exerçât quelque action sur le conduit dans lequel elle s'écoulait.

• M. DoYON, Contribution à l'élude de la contractilité des voies biliaires. Application de la méthode graphique à cette étude {Arcb, de pbysioL norm. et pathoL, 5* série, t. V, p. 878, 18U3).

thoracique, d*une façon directe, c'est-à-dire qui contiennent des filets moteurs pour ce vaisseau. Il nous a semblé, à la suite d'un grand nombre d'expériences, que de tels filets sont contenus dans la chaîne sympathique thoracique. C'est en excitant ce cordon, à gauche, immédiatement au-dessous du premier ganglion, que son influence

Fijr. 1. — Excilation du sympTlhiquo thoracique, au-dessous du ganglion éloilé ; courant très faible; Técartement des bobines est do 20 centimètres. — Expérience du 18 octobre 1874. Chienne de chasse bâlardée, jeune, pesant 14 kil. Bulbe coupé à 2 h. 30 m.

C. tb., écoulement dans le canal thoracique; Exe. S/., excitation du nerf à 4 h. 55 m.

apparaît manifeste sur les mouvements du canal ; elle se révèle par une accélération de Técoulement qui traduit une dilatation des parois dft canal.

C'est le segment inférieur du cordon, préalablement lié et sectionné, c'est-à-dire complètement séparé du ganglion étoile, que nous excitons. Si les courants induits employés comme excitant* sont'peu intenses, l'effet est presque nul, comme on le voit sur la figure 1. Mais il suffît d'augmenter l'intensité de l'excitation pour que l'écoulement dans le canal thoracique devienne tout de suite plus rapide

Fig. 2. — (Suite de la flg. 1). — Excitation trois fois plus forte, à 4 h. 57 m.

(voy. Iiff, 2). Au fur et à mesure qu'on renforce l'excitation, le résultat est plus marqué; d'une part, l'écoulement devient de plus en plus rapide et, d'autre part, cet effet dure plus longtemps ; les figures 3 et 4, comparées à la figure 2, montrent nettement ces deux phénomènes ; on peut remarquer encore sui* les tracés 3 et 4 que, dans ce cas, il a suffi d'une excitation plus brève pour obtenir une réaction plus intense.

* L'appareil d*induction dont nous nous servons (grand modèle Gaiffe du chariot de Dubois-Raymond) est actionné par deux éléments Chapron-Delalando, dont la constance est, comme on sait, tout à fait remarquable.

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