L. CAMUS ET E. OLEY
dans nos recherches sur rinnervalion de la citerne, nous n'avons pas constaté que le pneumogastrique possédât sur ce réservoir une
E. Pn.
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Fig. 8 et 9. — Deux courbes de récoulement dans le canal thoracique, montrant l'influence de Texcitation du bout inférieur du pneumogastrique. La ligne des abscisses donne le temps en minutes; sur la ligne des ordonnées est inscrite la quantité de liquide (nombre de gouttes) qui s'écoule à travers la citerne de Pecquet par la canule, placée à la bauteur de la crosse de l'aorte, dans le canal tboracique.
Expérience du 13 janvier 1894. Jeune cbien de 24 kilogrammes, à jeun, curarisé
(il a reçu 7 centigr. de curare)., E. pn.^ excitation par un courant induit d'intensité moyenne du bout inférieur
du pneumogastrique gauche, au-dessous du cœur.
action dilatatrice. L'hypothèse de la présence dans ce nerf de fibres constrictives du canal deviendrait donc plausible. Mais il est plus probable que le phénomène est, non pas direct,
INNERVATION DU CANAL THORAaQUE.
mais réflexe; Texcitation se transmettrait à la moelle soit parla voie du pneumogastrique de Tautre côté S soit par une voie sympathique anastomotique *, et agirait ainsi sur le splanchnique ou bien sur le sympathique thoracique ; le premier de ces nerfs déterminerait alors la dilatation de la citerne ou le second provoquerait une contraction des parois du canal, encore que les fibres constrictives de ce vaisseau, contenues dans son tronc, fussent, comme nous Tavons dit plus haut, peu nombreuses ou peu importantes.
Il nous semble que cette dernière interprétation est la plus légitime. Car le trajet intrathoracique du pneumogastrique est tel, le nerf suit de si près Tcesophage, comme on le sait, qu*on ne voit pas bien comment il enverrait des filets au canal thoracique. D'autre part, la sensibilité du segment inférieur du nerf vague est un fait très connu, constaté par Arloing et Tripier, par François-Franck, par Beaunis, et certainement par beaucoup d'autres physiologistes*. La réaction du canal thoracique que nous avons observée consécutivement à l'excitation de ce segment inférieur du vague serait donc tout à fait comparable aux réactions respiratoires, vaso-motrices, pupiUaires, etc., auxquelles donne lieu la même excitation et dont le mécanisme réflexe a été parfaitement déterminé par Fi*ançois-Franck.
Nous avons d'ailleurs obtenu des effets marqués sur l'écoulement lymphatique à la suite de diverses excitations sensitives. C'est ainsi que l'excitation du bout périphérique du splanchnique gauche peut donner lieu à une accélération notable de l'écoulement, comme le montre la figure 10 ; cette accélération persiste un certain temps après que l'excitation a cessé.
On remarquera en outre, sur ce tracé, un détail intéressant et dont la signification est à rapprocher de celle que nous avons dû attribuer au tracé de la figure 5; sous l'influence de l'excitation du splanchnique, huit à neuf secondes après le début, la pression dans la veine jugulaire, et par conséquent, quoique dans une moindre mesure, à l'embouchure du canal thoracique dans le système vei-
* En vertu do rassocialion à la périphérie, signalée par Arloing et Tripier (Arcb. de physiol.^ t. V, p. 157; 1873), des fibres récurrentes que les pneumogastriques s'envoient réciproquement.
■ Par exemple, par Tintermédiaire des fibres récurrentes qui uniraient, d*après Doyon (Arch. de pbysiol.^ 5« série, t. V, p. 93; 1893), le vague au nerf vertébral de chaque côté.
* Voy. Arloing et Tripier, Contribution à la physiologie des nerfs vagues {Arch. de pbysiol. norm. et patboL, t. V, p. 157; 1873). — FnANçois-FRANCK, Etude de quelques arrêts respiratoires {^Journal de l'anat. et de la pbysiol norm, et pëtboL^ t. Xill, p. 545; 1877). — Beaunis, Nouveaux éléments de pbyêiologie bumaine, 2« édit., t. Il, p. 1245.