L. CAMUS ET E. GLEY
qui y sont contenus. C'est ce que nous avons vu, par exemple, dans Texpérience à laquelle se rapporte le tracé de la figure 6.
C'est ici le lieu de remarquer que ce fait de la prédominance des
neris dilatateurs sur les constricteurs existe aussi pour une autre partie du système lymphatique. En étudiant l'action du nerf splanch-
Hique sur la citerne de Pecquet*, nous avions constaté que l'excitation de ce nerf amenait toujours la dilatation du réservoir lymphatique. Dans de très rares cas cependant, nous avons eu l'occasion d'observer l'effet inverse sous l'influence de la même excitation, c'est-à-dire la contraction des parois de la citerne ; la figure 7 en fournit un exemple. Dans cette expérience, la citerne était transformée en une cavité close, suivant le procédé que nous avons indiqué, l'année dernière, dans le mémoire des Archives cité au commencement du présent travail ; les variations de pression de cette cavité se transmettaient à un manomètre à eau muni d'un flotteur en bougie. On voit sur ce tracé que le changement de volume de la citerne est indépendant de la modification de pression qui s'est produite dans l'aorte ; celle-ci, en effet, est survenue plus tardivement; et d'ailleurs cette élévation de la pression intra-aortique n'aurait pu que faciliter une réaction de la citerne, de sens contraire à celle qui a eu lieu, puisque alors le vaisseau, plus tendu, avait avec la citerne des rapports sur une moindre surface qu'auparavant.
En recherchant si d'autres nerfs que le sympathique exercent une action sur le canal thoracique, nous avons vu se produire, dans une expérience, sous l'influence de l'excitation du pneumogastrique, un résultat très net, mais dont l'interprétation est un peu délicate. Sur un chien bull de 24 kilogrammes, curarisé, nous avions introduit une canule à l'extrémité inférieure de la citerne, dans un vaisseau afférent, tous les autres étant liés ; une autre canule était placée dans le canal thoracique, au niveau de la crosse de l'aorte ; par la canule inférieure se faisait dans la citerne et le canal l'écoulement d'un liquide sous pression constante ; dans ce cas nous avions employé de l'huile bien neutre; cet écoulement était enregistré au moyen d'un compte-gouttes inscripteur ou rhéographe. Dans ces conditions, l'excitation du bout inférieur du pneumogastrique, audessous du cœur, a provoqué, à deux reprises, un ralentissement marqué de l'écoulement, comme on le voitisur les figures 8 et 9.
Est-il possible de dire sûrement à quoi tient ce ralentissement? Est-ce à une constriction du canal ou à une dilatation de la citerne? Car, dans l'expérience en question, l'excitation du nerf a pu mettre en jeu l'une ou l'autre de ces deux parties du système lymphatique, et l'effet observé est aussi bien explicable par un relâchement de la citerne que par un resserrement des parois du canal. A la vérité,