AVIS AUX ABONNÉS
Les Archives de physiologie étaient la propriété de leur illustre fondateur Brown-Séquard. L'héritière de ce nom a jugé que, à mesure que Ton s'éloignerait de l'époque où ce journal était dirigé par son père avec Taclivilé et la minutieuse attention que l'on se rappelle, il deviendrait apparemment de plus en plus difficile de conserver à celte publication tous les caractères, dont quelques-uns étaient si particuliers, imposés par le maître; c'est donc une pieuse pensée qui la lui fait abandonner; et le moment a été trouvé opportun, puisque cet abandon a lieu en plein succès.
La Rédaction des Archives^ au moment où celles-ci vont disparaître, estime qu'il est de strict devoir pour elle d'adresser tous ses remerciements à ses collaborateurs.
A part une ou deux exceptions, il n'est pas un physiologiste français qui n'ait apporté ici, depuis dix ans, depuis la dernière modification éprouvée par les Archives (organisation de la 5* série), les résultats de ses travaux personnels et des recherches faites dans son laboratoire. De telle sorte que ce journal présente réellement la part de la France dans le mouvement rphysiologique contemporain. De plus, un grand nombre de biologistes, médecins, chirurgiens, anatomistes, zoologistes, chimistes, nous ont souvent fourni des études dont l'intérêt et même l'importance physiologiques ont été unanimement reconnus. Enfin, beaucoup de savants étrangers, et dont le nombre même tendait sans cesse à s'accroître, nous ont demandé pour leurs recherches une hospitalité que nous étions toujours heureux et intimement satisfaits de leur accorder; et leur collaboration restera un grand honneur pour les
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Archives. C'est par l'effort constant de tous ces travailleurs que se maintint le succès de ce Recueil.
Celui qui signe ces lignes a eu l'honneur, à la mort du regretté Brown-Séquard, en 1894, de faire à cette même place l'éloge auquel l'illustre savant avait droit: il ne manqua pas d'indiquer tout ce que devait la physiologie française aux soins incessants que Brown-Séquard apportait à la direction de ses chères Archives: Mais le journal ne paraissait-il pas inséparable de celte forte personnalité? S'il ne périclita pas alors, c'est à la fidélité de tous ses collaborateurs habituels qu'il le doit. Et ce sera leur donner la seule preuve objective que nous puissions leur fournir de l'efficacité de leur labeur que de leur dire que, malgré l'irréparable perte subie par le journal, le nombre de nos abonnés, durant les années qui ont suivi, ne diminua pas et par moments augmenta même quelque peu.
Ce n'est pas sans tristesse que la Rédaction voit disparaître ce journal universellement connu et, elle se plait à le croire, apprécié. Elle imagine que collaborateurs et lecteurs partageront ce sentiment. Dans cette communauté de pensée elle prend congé d'eux, les priant d'accepter, pour les raisons qui ont été dites, ses meilleurs remerciements. E. G.
1" octobre 1898.
DK
TRAVAUX ORIGINAUX
INFLUENCE DES RÉFRIGÉRATIONS