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SUR LA. TOPOGRAPHIE ET LA MARCHE DES TEMPÉRATURES

Résistance thermogénétiqne de l'organisme hnmain;

Par M. J. LEFÈVRE

La plupart des auteurs mesurent la thermogénèse par le débit périphérique. Quelques-uns veulent l'apprécier par la hauteur de la température du corps. Tous parlent de cette température comme s'ils la savaient homogène et constante.

La grandeur des températures profondes ne définit même pas le niveau moyen de la température du corps, et jamais, en tout cas, elle ne pourrait mesurer, à elle seule, ni la valeur de la chaleur produite, ni le degré de la résistance. — Quant au débit de la surface cutanée pendant la réfrigération, il ne représenterait la production que si le niveau de la chaleur restait invariable dans l'organisme qui la forme et la met en circulation.

La solution, au moins approximative, du problème de la thermogénèse et de la ré3istance exigea la fois la connaissance de la valeur et de la variation du débit d'une part et, d'autre part,, la recherche de la grandeur et de la marche des températures à l'intérieur de l'organisme, pendant la réfrigération.

AHCB. VK PST8., 5* SÉRIE. — X. 1

2 J. LEPÈVRE.

C'est à la première partie de ce travail que nous avons consacré les divers mémoires de calorimétrie publiés dans ces Archives pendant les années 1896 et 1897. — L'expérience prouve que la loi classique de diminution des pertes aux basses températures ne peut être acceptée pour toutes les réfrigérations, puisque 7e rfeiZ/s'acceVére rapidement dans les bains de plus en plus froids. — Si l'animal gard^ sa température^ il en faudra donc chercher la cause dans l'accroissement de sa production. Mais résiste-t-il bien au froid ? La thermogénèse le met-elle vraiment en état de maintenir son équilibre thermique ? L'homéotherme est-il réellement un homéotherme ? Telles sont les questions qu'il faudrait encore examiner et pour la solution desquelles la seule calorimétrie resterait impuissante. Ce n*est pas tout, car les termes employés manquent tellement de précision, qu'on ne sait au juste ce qu'il faut entendre par cette temr pérature du corps dont on parle sans en prouver la réalité par l'accord de niveau et la concordance d'évolution des diverses températures internes.

Pour éviter les hypothèses inutiles, écarter toute ambiguïté relativement à la rigueur de la méthode et des conclusions, il faut donner à cette étude expérimentale le développement qui convient à l'importance de l'objet. Aussi consacrons-nous la première partie de ce mémoire à la distribution et à la topographie des températures de Vorganisme pendant la réfrigération. C'est en parfaite connaissance de cause que nous aborderons ensuite le problème de la thermogénèse.

DISTRIBUTION DBS TEMPERATURES DE l'ORGANISME HUMAIN,

PENDANT LA REFRIGERATION.

L'organisme est formé de plusieurs enveloppes : peau, tissu cellulaire sous-cutané, aponévrose externe, masse ostéo-musculaire^ noyau viscéral contenu dans les grandes cavités du corps.

Quelle est Tinfluence du froid sur chaque enveloppe ? Comment les températures varientrelles d'une couche à la suivante ? C'est ce que nous allons déterminer en étudiant la grandeur et la distribution des températures cutanée, sous-cutanée, musculaire et viscérale, pendant l'action réfrigérante de l'eau.

A. Recherche des températures cutanée et soas-cutaaée pendant la réfrigération. — S'il n'est pas aisé de prendre la température de U- peau à Tair libre, à plus forte raison est-il difficile de la mesurer dans un bain.

L'emploi du thermomètre est illusoire. De deux choses Tune : ou le réservoir est entièrement enfermé dans un repli de la peau, et, dans ce cas, le contact de Teau n'existant plus au point étudié, les résultats sont

TOPOORAPHIE THERMIQUE.

ÎMUcts; on le réservoir touche k surface de lA peau ; partiellement tHigaé par l'eau, il prend une température intermédiaire entre celle de U peau et celle du bain. — Il ue faudrait pas davantage penser au theraoactre de contact de Fourier, récemment utilisé par Winternitz dans tes recherches sur la radiation cutanée. Eu limitant un espace chaufTé

pir la peau et réservé au thermomètre explorateur, la caisse utilisée

•épare la surface cutanée de l'extérieur, et altéra encore tes conditions

eipérimen talée.

[1 faut donc utiliser, avec les circuits tbermo-électriques, une pile de

«Dtact pour la surface de la peau, une aiguille pour la région sous-

ntinée.

N'ouB allons décrire ces deux appareils, le galvanomètre employé et la

airche d'une expérience.

ij Pile de eoatact {6g. 1). — Un disque plein de fer, entouré d'une

MDTODDe de maillechort, forme la soudure plane qu'on appliquera sur la

peso. Il faut éliminer la

double influence du froid

du liquide et de la chaleur des mains de l'ope-

ntenr. Dans ce but, la

pliqne fer- maillechort

sert de plancher a une

1mII« d'ébooite surmonte d'aa tube de mSme

sabatance à parois très

(paisses, au milieu do-

ipel passent les deux

Us de maillechort et fer

iisos des deux pièces

de ta soudure. Toutes

le» caTîtés de l'appareil, caisse et tube, sont

remplies d'noe substance isolante qui s'op-

(wse à la transmission centrifuge et centripète de la chaleur.

Cest par la région M, où l'épaisseur de rébtmite est triple, que l'opérateur tiendra la pile. 1^ hauteur totale, de 15 centimètres, pennet de plonger la plaque de contact, sans nooiller le plateau supérieur oi les bornes de fer et de maillechort.

Pour respecter le contact de l'eau avec la peau, on déplace lentement ta pile, en con- ■ervint son axe perpendiculaire à la surface eotaoée, mais en exerçant cependant une

prewioD asses forte pour empêcher le pas- pj^ j pjig j^ contact : aage de Teau entre la plaque métallique et la ,, coupe longitudinale; b, surface du corps. D'ailleurs, la rapidité des face intérieurs, uesnree thermo^lectriques est trop grande

pour que la protection produite par le contact momentané de la pile exeree une action appréciable sur la température de la peau.

b) Aigaille tberBK^lectrique {6g. 2). — Il est indispensable de savoir li^ exactement mesurer la profondeur de l'exploration, et de pouvoir

4 '. ixrivRB.

compter Bur la protection de l'aiguille contre l'action de l'eau. Cootonnément à ce double but, nous avons fait construire, l'appareil suivant.

Un tube d'acier, erâlé à l'estremilé inférieure, est traversé suivant ao as.e par un ill de maillechort. I.a soudure des deux métaux, à 1 millimèlK ' de la pointe, ne présente qu'un 1/2 millimètre d'élandue. Sur toute li longueur du tube les deux métaux sont isolés. I^a portion AC de cette ! aiguille est recouverte d'un vernis qui s'oppose à l'action électro-chimique des liquides de l'organisme. I^a pulie | supérieure CD, de 5 centimètres, est enlourée d'une gaine d'ëbonite , elle-même enveloppée d'une virole de cuivre Qletée d'un pas de visH demi-millimètre. En haut, la gaine d'ébonite est eoilTéf) d'une masse de même substance où passent les fils de fer et maillechort qui se rendeol aux bornes B et B'. Il faut éviter les contacts de métaux dilTérente et les courants parasites qu'ils pourraient produire ', aussi les deux bornes, l'une en fer, l'autre en maillechort, sont-ellesdemSme nature que les lils qu'on y attache en fennul le circuit.

Une caisse cylindrique d'ébonite à parois épaisses, haute de "î centimètres, et large de l",l est traversée suivant son axe par l'aiguille précédemment décrite. L'ouverture de la paroi supérieure, munie d'un pas de vis au demi-niillimètre, laisse passer et permet de déplacer à volonté l'aiguille dans la caisse protectrice. U portion nue AC de l'aiguille passe à froltenent par les orillces des deux disques MN et PQ, et traverse ainsi la petite chambre isolante comprise entre ces disques.

Sur la circonférence de la plaque supérieure, KL, est tracée une graduation; grâce à l'index I annexé à la partie supérieure de l'aiguille, on mesure, avec le nombre dea tours Qt fractioiu de tours donnés à la vis, la longueur AË de l( portion d'aiguille qui devra pénétrer dans l'orgif} 7 ^"^.. ■ "^' nisme- La place de la soudure et la profondeur iïr<lV'.Wut1ï'll: <»« '« région explorée seront ainsi exactemect ses enveloppes. connues, L aiguille est enfoncée perpendiculai-

rement à la surface du corps, jusqu'à ce que le plan MN touche exactement la peau. Une légère pression assure le coal*^ et empêche le passage de l'eau. Grâce à la chambre étanche MNPQ et i la caisse d'ébonite, le froid du hain et la chaleur de la main ne pourront influencer ni l'aiguille ni, à plus forte raison, la soudure qui la termine. c) GBivattomètre. — Nous employons le galvanomètre Thomson k miroir, formé de deux bobines et d'un équipage vertical i 6 aimants, presque exactement asiatique. Un aimant directeur, annexé i l'appareili permet d'orienter le miroir, de donner à l'équipage la sensibilité convo' nable et de le rendre à peu prés apériodique. La déviation est mesurent au moyen d'une lunette visant, par réflexion dans le miroir, les divisioD^ d'une règle graduée.

TOPOGRAPHIE THERIIIQUK. 5

d) Montage de F appareil, — Le galvanomètre étant orienté, on ferme le ércnit avec des fils de maillechort et fer reliant les bornes du galvano-i mètre aux quatre bornes des deux soudures. Le galvanomètre est ainsi placé sur le inget du maillechort. On évite l'action des courants d'air chauds ou froids sur les contacts, en entourant toutes les bornes et leurst fils d'une épaisse couche d*ouate.

e) Description dune expérience. — La même expérience donnera lesi températures cutanée et sous-cutanée. — Le circuit fermé, les deux sou-, dures plongent Tune à côté de Tautre dans Teau du calorimètre. Unthermomètre placé à poste Axe permet de lire la température de Teau mélangée par un large agitateur. — Les soudures étant à la même température, le 0 du galvanomètre est déterminé et plusieurs fois vérifié., pQis Texpérience commence. Elle comprend quatre parties :

1* Le sujet entre dans le calorimètre. laissant Taiguille dans l'eau I côté du thermomètre y il prend la pile et la promène lentement, avec nne légère pression, sur la surface cutanée. On lit la déviation du galva-- Bomètre. Cette déviation diminue graduellement. En quelques minutes, elle est k peu près invariable et resterait ainsi jusqu'à la fin de Texpérience. On Tinscrit en même temps que la température de l'eau - et rheure de la lecUire ;

^La pile et l'aiguille sont Tune près de Tautre, au contact de la peau. Eo quelques secondes, le galvanomètre revient au 0. L'heure, la tem« pérature et ia déviation sont inscrites ;

9* La pile restant au contact de la peau, on plonge la partie libre de Taigaille à 2 millimètres au-dessous de la surface cutanée. A la résistance, on s'aperçoit que la pointe touche Taponévrose ; la soudure est dans la région soua-cutanée. La déviation galvanométrique, à peu près invariable en quelques secondes, indiquera la difiérence de température entre les deux faces de la peau. Déviation, température et heure sont enregistrées ;

4* L'aiguille restant sous-cutanée, la pile libre, dans l'eau, à côté du thermomètre^ on détermine la différence de température entre le bain et la région sous-cutanée.

L'expérience proprement dite est terminée. Le sujet sort de l'eau. Sans modifier le montage de l'appareil, les soudures au contact dans l'eau, on vérifie de nouveau le 0 du galvanomètre. Puis on transforme les déviations en degrés de température. Il ne faut pas compter sur une constante de déviation par degré, car les conditions changent d'une expérience à Tautre. On détermine donc chaque fois la valeur du degré en plongeant les soudures dans deux bains à température connue, et mesurant la déviation correspondante. Divisée par la différence des tempéra-, lares, cette déviation fera connaître le degré.

Lesquatre parties de Texpérience précédente se complètent et se contrôlent réciproquement : la deuxième, en donnant le 0 déterminé avant l'expérience, sert de vérification. La troisième, ajoutée à la première, donne la différence entre l'eau et la face profonde de la peau. Si Texpériencei es( bonnCy cette somme est égale au nombre de la quatrième partie.

0 Résultats, — Voici les résultats des expériences faites sur noua àl,15et«2».

TXBLBAt;

i. LEfiVRE.

Expérience à ?• (0 du galvanomètre = 42 de la règle).

TBvrs.

OiaBKTAnOBS.

Entrée da sujet.

1* Pile^ sorf. cutanée.

AifuUle, libre.

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