II. — Modifications circulatoires produites par le travail
leur influence sur le cœur.
Modifications locales, — C'est une notion bien ancienne en physiologie celle qui nous a appris que la circulation devient beaucoup plus intense dans les organes en activité. En ce qui concerne Le muscle lui-même. Cl. Bernard ^ avait remarqué que le débit de la circulation veineuse augmentait considérablement au moment de la contraction musculaire. Toutefois, Téminent physiologiste attribuait ce phénomène à l'expulsion du sang par la contraction musculaire et il ajoute que c'est seulement dans les intervalles de relâchement du muscle que le sang coule plus abondamment.
Ludwig et ses élèves *, parmi lesquels nous citerons plus spécialement Sadler et Gaskell, ont fait ensuite de nombreuses expériences afin d'étudier les modifications vasculaires qui se produisent dans les muscles en activité. Ils ont vu, en mesurant le débit de la circulation dans les veines qui émergent des muscles, que la vitesse de l'écoulement augmente, pendant le tétanos mu5culaii*e obtenu par l'excitation électrique des nerfs. Par contre la même excitation, portée sur des animaux curarisés, ne changeait en rien la vitesse de la circulation veineuse dans les muscles. Ils conclurent alors que, si la circulation s'active dans les muscles qui travaillent, c'est parce que les vaisseaux qui les traversent se dilatent pendant la contraction. Gaskell a cru démontrer de plus que cet accroissement du débit veineux ne tient pas aux changements de formes du muscle. 'En effet, dit-il, si l'on prolonge le tétanos plusieurs minutes, on arrive à se convaincre que l'écoulement devient de plus en plus fort. C'est donc une preuve évidente que les vaisseaux du muscle vont en se dilatant au fur et à mesure que se prolonge la contraction. Ces expériences soulèvent cependant des critiques importantes dont nous aurons bientôt l'occasion de parler.
* Cl. Bernard, Leçons sur les liquides de Vorganisme^ 1859, p.
• Ludwig*8 Arbeiten, 1866-1876.
Déjà Humilewsky ^y en employant utie méthode semblable à celle 5s auteurs précédents, est arrivé à des résultats tout à fait conaires. Il affirme que les modifications circulatoires dans les muscles li travaillent n'obéissent pas à des actions vaso-motrices ou vasolatatriceSy mais bien à des phénomènes mécaniques provoqués par contraction musculaire sur les vaisseaux qui traversent l'intimité. 1 muscle ou qui sont en rapport immédiat avec lui. En tout cas, ^t auteur a constaté que la pression sanguine artérielle augmente, gèrement à la suite du travail artificiel du train postérieur des limaux. En même temps, la vitesse de la circulation s'accroît dans s veines sortant des muscles qui travaillent. Comme les auteurs li l'ont précédé, Humilewsky a vu que ces phénomènes disparaisnt complètement lorsqu'on opère sur des animaux curarisés. L'objection la plus grave qu'on peut faire à ce genre d'expériences t celle de vouloir rapprocher les effets produits sur les muscles r l'excitation artificielle de ceux qu'y détermine Texcitation volon- !re. Ainsi que le fait très bien remarquer Kauffmann; lorsqu'on cite artificiellement un nerf moteur, on excite en même temps e série de fibres différentes qui doimeroiit lieu à des actions diverses ivant la nature de l'excitation, là qualité de l'excitant et l'état ysiologique variable du muscle et du nerf. Quant à Tidée de ces teurs de vouloir comparer toujours les effets de l'excitation élecque sur des animaux normaux et sur des animaux curarisés afin pouvoir distinguer entre les phénomènes provoqués par l'excita* n elle-même et ceux qui dépendent de la contraction musculaire, e perd beaucoup de sa valeur par le fait que le curare touche Kcitabiiité des nerfs vaso-moteurs et sensitifs en même temps 'il paralyse complètement les terminaisons motrice des nerfs. Mais f a plus, les auteurs auxquels nous faisons allusion ont presque ijours étudié les modifications vasculaires qui se produisent dans » muscles en tétanos. Or, il nous semble que, dans ces conditions, > muscles sont loin d'être en activité physiologique. L'énorme ccourcissement qu'ils subissent sous rinfiuence de l'excitation lanique, peut sans doute modifier l'état de leurs vaisseaux et apposer mécaniquement à la vaso-dilatation nécessaire qui accomgne, ainsi que nous verrons tout à l'heure, le travail physiologique 3 muscles. Si Ton parcourt lé catalogue des expériences de Sadler de Gaskell, on trouve que ce débit sanguin diminue sensiblement elques instants après l'étabUssement du tétanos et que Técoulent devient surtout considérable aussitôt qu'on arrête l'excitation.
HcMiLBWSKT, Uebër den Eiofluss der Muskelconlractionen des HinterexlreïtB attf tbre Blutcirôulation (Arcb, fur physioL^ 1886).
It e«t Tm 4[ue, dans ias cas où ces expérimeotatettis ^«1 fueduHies tétafios de lon^e durée, récoulement augiBeola toujours jusquila fta, mais ceci peut tenir à ce que le muscle se relâcbe malgré rei» tatioa et qu'alors la vaso«dilatation peut en ràalité se produire.
Une nouvelle ère dans ce genre de recherches a étéifiauguréepir les admirables expériences de Ghauveau ^. Ce phi'sioiogiste t gi avec son élève KaufÎQMtna, déterminer oxademeBi le coeffldieëile rrrigatioa sanguine dans les musdea qui travaillaat aonsalemeit U a pris pour cela le muscle relevemr de k ièvre éhez ie efacfil, (fui oïtre les avantages d'êtro très accessible à ropéraleur eidoal il oircalaUon de reUmr se réalise presfue confitaBimeat par me seule veine. Ce musde intervient régulièreoient dans l'acie de la aaa^itttion, de telle soite qu*il suAt d'ofirir de l'avoine à l'aAÛMd ea €sajl^ rience, pour pouvoii* mettre en jeu son activité. On voit àkm qie, pendant le fonctionnement physiologique de ce muselé, le défaii de la circulation veineuse augmente coosidét^ais&eaDant et qu'il arrive à être cinq fois plus grand dans le muscle adif que dans le sMiecle es repos.
Cette abondance de la circulation veiaeifBe dans les sMiades fii travaillent volontairement peut tenir à trois causes esaentieUas : l'i l'augmentation de la pression sanguine dans l'arbre aigrie] ; St* iia dilatation des vaisseaux qui nourrissent le muscle ; S* aux phénomènes mécaniques résultant de la contraction et du relâchemeat musculaire. 11 fallait donc voir si ces trois causes interve&aie&t toutes dans la production du phénomène qui nous occupe ou bieD si elles le faisaient indépendamment. Kaufmann^ a réalisé à ce propos des expériences bien intéressantes. En enregistrant, pendant Tade ^ de la mastication chez le cheval, la pression dans les carotides, daos : les artères qui se rendent au masséter et dans les veines qui sortent de ce muscle, il a constaté que la pression s'abaisse dans les artères maxillo-musculaires, mais qu'elle monte dans les carotides et dans les veines. Il attribue l'élévation de la pression san^is^ centrale à l'accroissement du jeu du cœur et affirme que cet organe compense par la quantité plus grande du sang qu'il lance dans le système matériel, l'énorme exagération de Técoulement périphéh<ftte. Quant à la pression dans l'artère du muscle, elle est d'autant plus faible que la mastication est plus énergique. Toutefois daas oer^ tains cas elle augmente légèrement pendant les premières contractions musculaires pour s'abaisser ensuite graduellement. Par eoutre, la pression dans la veine se maintient toujours élevée tout ei
* Chauvbau et Kaupiiann, Comptes rondus do VAoad. cfûs âcioooos, 188M^?
• Kaupmann, Arch, do physiol. (5), t. IV. p. S79-294; 18D2.
TRAVAIL KSCOLAIHB ST RYimU CARDIAQUE. t5i
des ofloillatioQB cootsidéraMes qui répondeot a«x phases im ooatraâlioli et de relichement du muscle. De tous ces faits iCaifflBam eoadut que Taclivité physiologique des muscles s'accompagne d'wie énorme vaso-dilatatiou et que celle-ci s'établit dès le Aébttt «kl f6iictî<Miiiiemeiit et disparait insensiblement lors du retour des musdes à l'état de repos.
Infants vnms étudié oes mêmes phénomènes à Taide du pléihys- ■DOgraplie. St nous peQsoois que c'est là une excellente méthode pour apprécier les modifloatioas cîronlatoires qui se produisent dans les muscles qui travaillent volontairement dans. des ecNMfitfoas ri»ol«oieat acMnnies.On sait, en effet, que le» variations de volume lea orgaaes boiA ea rapport étroit «ner Tétai de leur circulation ■nf lùae* U wiffisait, donc d'avsir m appareil permettant d'inserine les -«ariatioas de la <OBeaiatio& indépendamment de toute aulre snse ^l'erreur.
Nous avons pris poiH* cela un vase cylindrique fermé à Tune de les extrémités, dans lequel nous pouvions introduire notre bras jus- |u'a dix ou quinze oeatimetres au-dessus de Tarticulation huméro- ■bkale. Ce vase était percé linéairement de trois trouas par lesquels >n pouvait introduire des thermomètres très sensibles. Chacun d'eux btait fixé dans l'ouverture d'un bouchon en caoutchouc qui assurait a iermeture hermétique de l'appareil ; on pouvait ainsi avoir la «mpérature de l'eau qui se trouvait dans l'intérieur. La fermeture 3e ri\ppareil sur le bras, nous la faisions suivant la méthode de Mnoa mfec ém mmtiat ée witrêer^ ttat^ ftpàs pes Sla^qneeieQ-ositire racknerit ■wlBJuMe,. AtBa (Ae amànlteaur le Ibcas dans la même posiitisa par nffkost i r«fparoil« wbiis 2a|i|piifi]Â6tB6 itiouit autour de Im mn Ssfae ca M» ianoaié <âe 4enx fnèoes «mtàOfâées 4otit !la jpetite <cincoarcwaee tfiÉBà<oflBrweajitéflMaitf, npoonvertie par >bb ^qs "^gêne àe «caout- ^^MKL Cette pâoe de «ipei^ iine fak sifififi^aée «nr \e^ l)ra&, était ^imbthmÊt^wÊBteAamèaBe^Seasimts^ «Auiv:afiecyltB-
deifae. Tarit V^ffméSL •éiBit sn^paadu à ame «earde tmiinoe «(t iréfiistatte faflwrtti par vue poiiiie sitaée sur ie pîhÉiiQad Au tlcdDoomtoine.
fiaiafpM!. mwBÊR voiiliflBS Sairo une <espârïenoe, hqiib «oommaaoiaas parsaas asaoïir «oanuDadémant;, près de Tf^xpareil suifienAii^ dans mwJiawit «rtimfliii'waas Ile bcas (âe iaçon à «ce qu'il (resit«t'ân$)&siitQn MMitÉfe. A iodt «etffett^ (aras élewiians ou baisBiattfi (l'appanatl (en iherchant l'attitude la moins gênante. La fermeture de l'appareil se àisait dans les conditions plus haut indiquées ; puis on remplissait i vase avec de l'eau à une température de 30"*, et on plaçait dans les ^tts les bouchons de caoutchouc avec leurs thermomètres, après nairiail sortir les dernières buUesd'air. Un de ces bouchons de caoutumcaarvaiie&eoveaa. passage d'un tube de verre coudé de 15-20 cen-
t5i t. ATH&KASIU R I. CARVALLO.
timètreB de hauteur dans lequel l'eau montait et descendait en suivant les oscillations du pouls et les variations de volume du bras. La fixité de notre appareil était telle que nous pouvions parler, respirer librement et même changer de position dans ]a chaise, sans masquer les oscillations du pouls, ni faire varier le niveau do liquide dans le tube. Afin d'inscrire le pouls et les variations de volume du bras, nous relions le tube de veiTe coudé par on tube de caoutchouc k un manomètre à eau, pourvu d'un flotteur de liè^ enduit de pararone,.qui suivait parfaitement les oscillations deli colonne liquide.
C'est grâce à cet appareil que nous avons pu étudier les variatiaai de volume du bras pendant le travail volontaire des muscles flécbisseurs des doigts, soit pendant leur co&traclioo permanente,, soit pendant une série de contractions rythmées avec rythmes et vilesafê différents. Nous tenons dès maintenant à dire que les modiflcations qu'on verra sur les graphiques tiennent exclusivement aux varûliûDi de la circulation et qu'elles ne peuvent être imputées ni aux dusgements de température de l'eau qui reste sensiblement la méoE pendant le cours de l'expérience, ni à un défaut de technique dei'ippareil. i
Esp. I. — Le bras étant étendu (iaDB l'appareil et dans un repoe ato>K on ettend quel<]ues minutes peodanl que le régime permanent s'élit
l''iK. 1- -~ Courbe pléltijiiiiiogi'apLique du 1
puis on réûlise une forte conlractioncn serrent avec les doigts uc dynamomètre et l'on maitilieni l'effort pendant quelques secondes. Ainsi que le montre le graphique {fig. 1), le volume du bras diminue auasilâl que II
TRAVAIL KUSCULilHE BT RyTRKB CAHDIAQUB. 458
on se produit, puis le volume augmente légèrement pendant la on, pour dépasser de beaucoup le niveau gormal auesitàt que la vient au repos. Le pouls périphérique augmente d'amplitude la contraction et surtout après le travail, et, ei l'on compte le de pulsations, on trouve une réelle accélération du C09ur pendant qui disparaît presque immédiatement après le travail. Dans cas, cette accélération peut correspondre à 10 et 15 pulsations »r minute.
I. — Pour démontrer que la diminutiou de volume constatée dans «ndant sa contraction tient réellement à des phénomènes de cirnous avons pensé à supprimer autant que possible la circulation bras au moyen d'une forte ligature rnilo fi sa hose. Dans c«8
' I. Courbe plélhysmographiquD du bras dans la contr.iction pcnnnnenla cfaisseun des doigts do la mSmo main à i'Atal normal. — II. Courbe imographique du bras daoB la conli-actloa permanente des nécbisseurs ' igls do la même maia, la circulatioQ âtarit ialoiTompue. — III. Courbe
'ort réalisé daos lus doux conlrsclions.
ns et on réalisant toujours la même effort, nous avons pu appréi dilTérencos existant entre la contraction normale et la conlracns l'anémie au point de vue du volume du bras. Le premier . ue de la figure 3 représente les modifications circulatoires pro' («r la contraction normale. Dans le second, on voit les effets dus mlraction dans l'ancmie. Finalement, le troisième graphique la courbe de l'elTort l'éalisé dans les deux conlractione. Quoique lation ne fût pas totalement interrompue dans le second cas, il I. Di pure., &* sàHia. -^ X> SS
$54 1. ATMANASIU ET J. CAHVALLO.
«st facile de se convaincre des différences qui séparenl au point de «■ des modiflcûtions circnlatoires le conti-aclion normale et U contnclw^ dans l'anémie. Celle expérience nous apprend encore que l'élésilii^ gradoelle do niveau que l'on constate sur la courbe pléthysmogmpliiT^ pendant la contraction normale ne tient pas à une vaso-diblalioc i^M commence, mais ou relâchement insensible du muscle. En eltel^l courtM de l'effort baisse peu à peu dès le commencement malgré n»-| fluence de la volonté.
Exp. III. — Si au lieu de faire une contraction unique on exécule t« série de contractions pendant plusieurs secondes, comme le représeolt la figure 3, on constate que le volume du bras diminue tout «l'iiM
Fig. s. ~ Coui-bc plolbfs Biographique du bras pondant le travail des musc flCchIascurs et eileascurs des doigts et après travail (sulla du prcc^nl-
mais qu'il augmente ensuite en dépassant le niveau normal spêcittenK lorsque le bras revient au repos. Pendant ta phase du travail on votl I grandes oscillations qui représentent le pouls musculaire si bien déc par Koufmonn. Le nombre de pulsations, comptées après cette phase travail, ne subit aucune modification par rapport à l'état de rep I^i-squo les contractions sont très rapides, la v a so-con strict ion du h est plus prononcée au commencement et la vaso-dilatation exige nombre de contractions et de relâchements plus considérables p pouvoir se manifester. On observaQIcs phénomènes inverses dnns le d'un travail à rythme lent.
Exp. IV. — Si l'on travaille avec le bras opposé on maintenant ci qui est enfermé dans le plétbysmographe en repos, étude qui a été c
^te par nombre d'expérimentateurs parmi lesquels nous citerons en *Qmière li^ne François-Franck ^, on constate des modiOcations inverses. ^ Tolume du bras en repos augmente légèrement pendant que l'autre ^vaille, puis il diminue graduellement, surtout lorsqu'on cesse les utractions. L'amplitude et la fréquence du pouls augmentent pendant travail. Et quand on arrête les contractions, la fréquence devient ce l'elle était à l'état normal et Tamplitude du pouls diminue considérableent.
Les conclusions qui se dégagent de ces recherches sont les suiinles : i^ Pendant la contraction permanente des muscles fléchis- 'urs des doigts, le volume du bras^ c'est-à-dire la quantité de sang li 5'r trouve, diminue considérablement. La vaso-dilatation nede- )siit manifeste que lorsqu'on arrête la contraction ; ^ Le pouls fccélère . pendant la contraction et reprend tout de suite son ihme normal, aussitôt que la contraction a uni; 3° Si, au lieu dune fraction unique, on réalise une série de contractions, le volume ^as diminue au commencement du travail, mais bientôt il gagne )passc le niveau normal: i"* Le cœur est accéléré pendant la d'activité des muscles,
\Eications circulatoires générales. — Pour Marey*, le phénob de l'accélération cardiaque, à la suite du travail, tient à Tabaisde la pression sanguine. « On sait, dit-il, que, lorsqu'un IpOle agit, le sang le traverse avec plus de vitesse, soit qu'il y ait ement des vaisseaux, soit que l'action des muscles favorisant Tant veineux diminue les résistances au-devant des capilp0is. Or, des deux choses l'une, ou bien la puissance du coeur ^ accrue primitivement sous l'influence de la course, et grâce à «t accroissement le sang poussé avec force se fraye son chemin ivec plus de vitesse, ou bien, comme nous le croyons, les vaisseaux ^his perméables, ouvrant au sang un écoulement facile, laissent le Bœur exécuter plus librement ses systoles. Dans le premier cas, la iension artérielle doit être accrue, tandis que dans le second, elle doit être diminuée. » Pour résoudre la question, M. Marey a fait l'expérience suivante :
Sur un cheval qui vient de galoper pendant une dizaine de minutes, DO prend immédiatement la pression sanguine en reliant avec le tube iu manomètre une canule placée auparavant dans la carotide de *animal. La pression, qui, à l'état de repos, était de 108 millimètres le Hg, tombe à 102 après le travail et regagne rapidement son niveau irimitif en le dépassant de quelques miihmètres.
* François-Franck, Travaux du laboratoire de Marey, 1870.
' Markt, Physiologie médicale de la circulation aanguiuc. Paris, 18dS«
356 i. ATHANA6IU ET 4, CAHVALLO.
En présence de ces faits, M. Marey conclut que les phénomènes d'activité circulatoire produits par le travail résultent, noa pas d'm surcroît dans la force impulsive du cœur, mais d'une dirainulioa des résistances que la contractilité des vaisseaux oppose au sang.
Toutefois, Oertel*, Maximowitsch et Rieder*, entre aulres, oui observé des faits contraires sur Thomme. Ils ont vu, en mesurant li pression sanguine, au moyen du sphygmo-manomètre de Basch, immédiatement après le travail, que cette pression était manifestement élevée par rapport à Télat de repos. Nous croyons avoir dit aussiqije Humilewsky a constaté que la pression augmente dans les carotides pendant le tétanos électrique du train postérieur des animaux. D'autres auteurs ont fait la même remarque en ce qui concerne le tétanos artificiel provoqué dans le train postérieur après la seclioa de la moelle. Quant à nous, nous pouvons affirmer que, danscesconditions, la pression baisse toujours de quelques millimètres, quelle que soit l'intensité du tétanos. Ces expériences, cependant, ne peuvent guère nous renseigner sur les modifications de la pression sanguine pendant le travail volontaire.
Pour ce qui a trait aux expériences de Marey et de Oerlel, elles présentent ce défaut important d'être réalisées après le travail.
C'est encore Chauveau^ qui a réussi le premier à mesurer la pression sanguine dans la carotide du cheval pendant l'acte volontaire de la mastication. Il a trouvé que la pression sanguine s'élève aussitôt que les muscles entrent en activité, en môme temps que le coeur s'accélère et que la vitesse de l'écoulement du côté de la tête augmente. D'après Kaufmann*, ces faits sont absolument vrais, lorsqu'il s'agit d'un travail localisé dans un groupe des muscles. L'auteur a voulu voir si les modifications de la pression centrale seraient les mêmes dans le cas d'un travail plus généralisé, comme, par exemple, celui qu'un animal réalise pendant l'acte de la locomotion. Dans ce but, il s'est servi d'une piélineuse sur laquelle le cheval était obligé de marcher sur place. Il a pu, de cette façon, constater que la pression carotidienne s'abaisse légèrement pendant la marche et qu'elle revient à son niveau primitif aussitôt que le travail a cessé. Kaufmann fait remarcjuer que la diminution de la pression sanguine pendant la marche n'est pas constante chez tous les animaux. L'auteur n'a pas i pu étudier ces variations de la pression dans les allures plus rapides, :
* Oehtel, Thérapie dcr Kreislaufssiôrungea (Ziemssem, Handbuch d. ailn- Thorapin^ 1884, lid IV, p. 133-182). ■
* Maximowitsch und Hiedeh, Doutsch. Arch. f. kh'n. Mod.^ 1889, Bd XIA^ i
* Calé par Kaufmann, îoc. cit.
* Kaufmann, Arch. do pbysîol. (5), t. IV, p. 495-499.
TRAVAIL MUSCULAIHE ET HYTHME CARDIAQUE. . 357
i galop, mais il pense que, dans ces cas, la diminution de la on doit être considérable. Ainsi donc, d*après les recherches auveau et de Kaufmann, qui sont à notre avis d'une imporconsidérable, la pression centrale monte constamment dans le 'un travail localisé ; elle baisse légèrement, mais d'une façon ilière, dans le cas d'un travail modéré et généralisé. Quant au e du cœur, il est, dans Tun et l'autre cas, accéléré, yant pas les éléments nécessaires pour reprendre cette étude lodifications circulatoires générales dans le travail volontaire, avons eu recours à une méthode moins bonne que celle de auveau, m'ais suffisante pour démontrer l'indépendance entre riations de la pression sanguine produites par le travail et le e du cœur.
saitquelechloralosejouitde la propriété singulière de paralyser n cérébrale, tout en laissant intacte l'excitabilité réflexe de la î ainsi que l'innervation des organes de la vie végétative. L^s ux empoisonnés par cette substance sont profondément endort ne réagissent plus contre les excitations douloureuses, ther- «, chimiques ou autres. Par contre, ils répondent en faisant louvements très énergiques, lorsqu'on frappe la table d'expéîssur laquelle ils reposent. On obtient ainsi à volonté une série louvements réflexes et on peut alors étudier leur influence sur ssion et sur le cœur.
. I. — Chien jeune, très vigoureux, poids 8 kilogrammes. Reçoit ection intra-veineuse 100 centimètres cubes de la solution de chloà 7 p. 1000. Une fois Tanimal endormi, on met à nu la carotide et 16 cette artère avec un manomètre. Après quelques minutes d'insn, on commence à frapper la table d'expérience avec un marteau vant le rythme d'un métronome qui battait deux fois par seconde. lal répond très bien aux coups donnés sur la table et, ainsi qu'on I remarquer sur le graphique 1 de la figure 4, la pression sanguine de 2 centimètres en môme temps que le cœur s*accélère con- )Iement. Quelques instants aprôs l'arrêt de Texcitation, la pression t au niveau où elle était et raccélératîon cardiaque disparaît cément.
II. — Chien à jeun depuis trois jours, profondément chloralosé par kilogramme). On lui fixe une canule dans la carotide afin ire la pression sanguine et le cœur. L'animal ne fait aucun mou- ; lorsqu'on frappe la table. Le graphique II do la figure 4 montre ndant l'excitation mécanique, la pression sanguine s'abaisse de mètres et cependant le rythme du cœur reste invariable. Ainsi 1 pression sanguine baisse par le fait de rexcitation,loi'sque Tuni-
réalise aucun mouvement.
858 4. ATHAHAfllU ET J, CAHVALLO.
Dans d'autres expériences ofi les animaux réagissenl à ce m d'excitation, mais en faisant de faibles mouvements, la presa»* i^angiiine s'abaisse au commencement de l'excitation, pour remonlal ensuite au niveau normal et se maintenir ainsi pendant Ural kl' temps que dure l'expérience. Nous avons toujours vu que 1» tff-1 quence du cœur dans ces conditions est fonction du travail réafeè I par l'animal ; quant à la pression sanguine elle-même, malgré Vin- î fluence vaso-dilatatrice manifeste de l'excitation mécanique, ett* est subordonnée à la fréquence cardiaque. Autrement dit, si le Mm
Fig. 4, — 1. Courbe de In pression sanguine cIipi im chien chlorslisé p«itd>i< le repos et pendant le travail. (L'animal répond trèa bien aux exdliliin< mÉcaniquea.) — II. Courbe de la pression sanguine chez un chien 1 jeun pn>londémenl cbloralo^é (O'',^ par kilogr.), avant, pendant et après l'exdliliH mécanique, ([.'animal ne repiiud pas du toul.)
s'accélère considérablement dès le commencement de i'excitalion, la pression sanguine se maintient ou bien elle remonte légèrement. Par contre, si l'animal ne fait aucun travail ou, ce qui revient m même, si le cœur ne s'accélère point, la pression sanguine baisse sensiblement et elle ne regagne son niveau primitif que lorsque l'excitation a cessé.
De nos expériences, ainsi que de celles de MM. Chnuveau et KbhEmanu, il résulte : 1° qu'it n'y a pas de rapport de cause à effet entrt if^ variations de la pression sanguine qui accompagnent le trBMii musculaire et le phénomène de Taccéiération caniiaqae ; 2* qae rt dernier phénomène précède toujours le premier; et 8" queleeamtère de la modiCication circulatoire sembla en réalité tenir à la ftfoa dont le cœur se comporte. La pression baisse si Faccélération citdiaquc ne sufCit pas é compenser la vaso-dilatation péripbériqat-
r* contre^ elle augmente ou se maintient lorsque le jeu du cœur accroît considérablement.