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III. — Modiûcations respiratoires produites par le travail

leur influence sur le cœur.

Le travail musculaire modifie directement et indirectement les (es mécaniques et chimiques de la fonction respiratoire. Il est ne intéressant d*étudier comment ces diverses modifications jvent agir sur le rythme du cœur.

^and nous faisons un grand effort, nous arrêtons la respiration

suite d*une inspiration profonde et nous maintenons la cavité

(ique dilatée afin d'offrir un point d'appui solide aux différents

;rs de l'organisme. Dans ces conditions, le jeu du cœur est cêr-

lent troublé, et si l'on étudie au moyen du pléthysmographe,

que l'ont fait beaucoup de physiologistes, le pouls périphérique variations de la circulation locale, on trouve que le cœur

iière quelque peu et que le volume de l'organe examiné augpar suite de l'obstacle apporté par Teffort respiratoire à la bdaiion de retour. Toutefois, l'accélération que le cœur subit sous |uence de cet acte est complètement négligeable, surtout s'il n'y ps eu de travail musculaire dépensé; Par contre, la fréquence fliaque est remarquable dans les cas où l'activité musculaire xige pas le moindre effort du côté de la respiration, ^lais à côté de cette modification, il y en a une autre qui peut Luencer plus souvent la marche et le rythme du cœur. Nul. gnore que le travail musculaire, surtout quand il est très intense, gmente le nombre de respirations à tel point qu'elle devient trois^ quatre fois plus fréquente qu'à l'état de repos. Cet accroissement I la respiration agit soit par voie réflexe (Einbrodt^, Hering*, ooll', Sommerbrodt^, etc.), soit par l'intermédiaire des centres ispiratoires eux-mêmes (Frédéricq ^), sur les centres bulbaires du eur en activant le rythme habituel de cet organe. Il fallait donc )ir si l'accélération respiratoire et cardiaque marchait en réalité isemble ou bien si, dans le cas qui nous occupe, ces deux phénoèaes étaient indépendants l'un de l'autre. C'est ce que nous avons sayé de faire par la suite.

Dans un premier groupe d'expériences, nous avons suivi la marche

EiMBRODT, Wiener SitzuDgsberichte^ 1880.

Herinc, Ibid,, 4871, Bd LXIV.

Knoll, Ibid., Bd LXVI.

SoMXEBBRODT, Zcit. t. kUii. Mocl.^ Bd II.

Fbkdbricq, Arch. de bioL, 1882.

nia

S6Ô J. ATHANASIU ET J. CARVALLO.

du cœur dans les différentes fréquences respiratoires. Il est eitrèmement facile de doubler à volonté le rythme de la respiration et de compter en même temps le nombre de pulsations par minute. On s*aperçoit alors que le cœur bat plus vite qu'à l'état normal, maisk diflërence dépasse très rarement le nombre de 10 pulsations minute. Si Ton augmente encore le nombre de respirations de à en faire trois ou quatre fois plus qu'à Tétat normal, la fréquence cardiaque devient un peu plus grande, mais elle n'a jamais atteint chez nous le chiffre de 100 pulsations par minute. Finalement dans un cas où nous avons pu faire 170 respirations par minute, notre cœur battait 95 fois à la minute. Ainsi donc, bien que la fréquence respiratoire accélère le cœur, cette accélération n'est pas cousidérâble ; elle semble, en outre, s'arrêter au delà d'un certain nombre de respirations.

Par contre, si l'on réalise des travaux de plus en plus intenses en __ faisant toujours le même nombre de respirations, on constate que le rythme du cœur augmente progressivement, sans qu'on puisse m*fixer une limite à cette énorme accélération.

Ces expériences, malgré leur extrême simplicité, montrent biei l'indépendance existant entre la respiration et le cœur au point de vue du mécanisme de production du phénomène qui nous occupe. Il est vrai qu'on peut nous objecter que cette fréquence volontaire de la respiration n'est pas du tout du même ordre que celle que le travail musculaire provoque. Nous savons, en effet, depuis les belles recherches de Geppert et Zuntz^ que l'accélération respiratoire qui accompagne et qui suit le travail est d'origine chimique et qu'elle tient à l'excitation produite sur les centres respiratoires bulbaires par certains corps toxiques dérivés de la contraction musculaire. Il est donc bien possible que la respiration joue alors un rôle quelconque dans la production de la fréquence cardiaque. Mais nous ne pouvons pas aborder ici cette étude que nous nous promettons défaire lorsque nous nous occuperons des actions chimiques produites par les muscles en activité.

Il nous reste encore à savoir dans quelle mesure on peut modifier l'accélération du cœur dépendant du travail, quand on varie les conditions de rechange gazeux à travers la surface pulmonaire.

Nous avions besoin pour cela de réaliser toujours un travail identique afin de donner lieu à la même accélération cardiaque dans tous les cas. A cet efi'et, nous nous sommes servi du frein de Pronfy

• Gkppkht et ZuNTZ, Arch. f. dio g. PbysioL, Bd XLII, p. 180.

■ Nous renvoyons pour la description de cet appareil aux traités spéciaux de mécanique.

appareil très employé ea mécanique poiir mesurer la quantité def travail dépensé par un moteur quelconque. Nous arrivions ainsi à faire 300 kilogrammètres eh trente secondes et nous comptions immédiatement après le nombre de pulsations jusqu'au moment où le cœur revenait à son rythme normal.

liOs courbes de la figure 5 montrent bien la marche de Taccélé-i ration cardiaque à la suite de ce travail accompli soit en respirant

Aspfufjcùs. €t Uxu^aiL —..••. Ajpfu^JBÙe' scuLê, ..i.

ThaP€ulsMd' — Travail dans liasa^^e/ie^....^^^^^^^

Tig. 5. — Courbes de Vacciéléralion cardiaque à la suite d*UQ même Iravail (900 kilogrammètres en 30 Bccondcs) dans diffërcntes conditions respiratoires.

dans Tair, soit en respirant dans Toxygène, soit encore en ne respifaot pas du tout.

Le cœur se comporte dans ces trois cas d'une façon à peu près

identique. Mais parfois, on constate que Taccélération cardiaque

diminue légèrement quand on a travaillé dans Tasphyxie. Ceci tient

sans doute aux actions inverses qu'exercent sur le cœur le travail

Musculaire d'une part et d'autre part Tasphyxie. En tout cas nos

expériences prouvent que les modifications de l'échange gazeux

'^piratoire ne peuvent expliquer le mécanisme de l'accélération

Cardiaque produite par le travail. Nous dirons même qu'elles dé-

<Kiontrent que le cœur obéit plus puissamment aux effets de l'activité

Musculaire qu'aux actions de l'asphyxie. Car, si l'on tient compte de

la dépense énorme d'oxygène que l'on fait lorsqu'on réalise un

S62 J. ATHANiiSIU ET 4. CARVALLO.

travail de 300 kilogrammètres en trente secondes, dépense qui ne peut pas être renouvelée par suite de Tarrét respiratoire, on comprend que Tasphyxie soit assez avancée dans ce cas pour produire un fort ralentissement des battements cardiaques. Or, c'est précisément le contraire qu*on observe ; le travail accélère le cœur malgré Tasphyxie.

Ces faits sont d'ailleurs absolument d'accord avec les résultats obtenus par les analyses des gaz du sang chez les animaux fortement électrisés et auxquels on a fermé la trachée. Leur sang devient un sang asphyxique, mais le cœur reste cependant accéléré. Par contre, lorsque les animaux peuvent respirer librement, les gaz da sang gardent les proportions normales, quelle que soit rintensité du travail que ces animaux réalisent.

Nous voyons donc que les modificettions respiratoires (mécttiiques et cbimiqu&s)^ produites par le travail^ ne suffisent /»s i expliquer la fréquence du rythme du cœur dans ce cas.

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