H. BORDIER
faut cependant employer plusieurs articulations pour arriver à avoii rondelle à faces bien parallèles et de 1 millimètre d^épaisseur. Voici les nombres trouvés :
fi = 42»,8; <2 = 42«,6; /3 = 30«,9; t^=z20^,%;
température ambiante = 21* ;
Tissu osseux frais. — Nous avons choisi la substance spongiem Tos qui, fraîche, est légèrement humide ets*applique bien entre lesl des deux barres métalliques, ce qui serait difficile pour la subs compacte trop sèche et dépourvue de toute plasticité. La fabrication rondelle se fait en sciant Tos près de la tête du fémur, puis en use tranche sur une lime pour finir de lui donner l'épaisseur voulue. a les résultats suivants :
température ambiante = 21<* ; e, = 41*,56; 62 = 36% 95; «i — «2 = 4*, 61.
\Tissu musculaire^ section parallèle aux ûbres. — Pour obtenir facilement une tranche mince, on découpe dans un muscle de bœi parallélipipède à base carrée, long del à 8 centimètres et large de2 timètrbs. Taxe étant perpendiculaire aux fibres du muscle. En faisa grand nombre de tranches, on en trouve facilement plusieurs préseï répaisseur voulue.
Les thermomètres marquent après Téquilibre :
^1 = 400,25;^ ^2 = 400,1; i^z=zU\l\ /4 = 31'>,6;
température ambiante = 21*, 1 ;
Tissu musculaire^ section perpendiculaire aux ûbres. — L*obte des tranches minces se fait plus diflicilement dans ce cas que da précédent, et il faut un grand nombre de coupes pour en trouvei ayant 1 millimètre d'épaisseur. On lit les températures suivantes
i, = 39*,8; tj = 39<»,6; ^3=:=32*,2; f4 = 32*,l;
température ambiante = 21*;
Tissu adipeux. — On choisit une région présentant une assez g quantité de tissu adipeux, mais non pas de suif, et on procède même manière que pour le tissu musculaire; la section se fait bi l'on obtient assez rapidement la tranche mince cherchée dans la< on découpe la rondelle du diamètre voulu avec l'emporte-pièces c< pour les autres tissus.
Les températures d'équilibre de l'appareil sont :
température ambiante = 21*; e, = 39*,94; 02 = 25*,15; 0, — 6, = 14*, 79.
Caillol sanguia. — Landois ayant trouvé, en se servant de la méthode si défectueuse que Ton sait, que le caillot sanguin avait une conductibilité très grande, voisine de celle des os, il était tout indiqué, pour nous, de rechercher avec soin la conductibilité relative de ce tissu particulier. Pour cela, nous avons fait recueillir un peu de sang de bœuf dans trois petits cristallisoirs de façon à ce que le caillot, une fois formé, fût d'une faible épaisseur.
Après vingt-quatre heures de repos, là lamelle de caillot d'un des cristallisoirs a été retirée et égouttée pendant quelques minutes, puis placée entre les deux barres de cuivre de l'appareil. En exerçant une certaine pression avec la barre mobile, on fait sortir tout autour le caillot qui est, pour ainsi dire, étranglé entre les barres ; on enlève Texcès do caillot avec un scalpel et Ton arrive assez facilement à placer les bases des deux segments de cuivre à 1 millimètre Tun de l'autre, séparées qu'elles sont par une rondelle de caillot ayant aussi cette épaisseur de 1 millimètre. Cette opération n*estpas aussi délicate qu^on pourrait le croire et la marche de l'expérience est très simple. On essuie doucement avec du papier de soie le sang qui a pu souiller les extrémités des deux barres et Ton attend que les colonnes thermométriques soient devenues station naires. On lit alors après quarante minutes :
température ambiante = 21* ; 6,=40<»,69; 62 = 33»,25; 61—62 = 10,54.
Si on résume maintenant les résultats numériques obtenus dans les expériences qui viennent d*ôtre rapportées, on a le tableau suivant :
DÉtlOaiTIOH DU TISSl'S.
.«i^«a^^^>^^^>MM^H^— ^w^
Tisf n osseux (subsUnce spongieuse)
Tissu musculaire (seclion perpendiculaire'
Cailiol sanguin (après 24 beurës)
Tissu musculaire (section parallèle)
Tissa tendineux
Tissu cartilagineux
TisfU adipeux
On pourrait évidemment se contenter des valeurs respectives de 6, — 65 contenues dans le tableau qui précède pour avoir une mesure relative des conductibilités calorifiques des divers tissus étudiés. Mais il nous a paru intéressant de déterminer en même temps, et dans les mêmes conditions, la diflérence de température 9| — 0, correspondant aux faces d'entrée et de sortie du flux calorifique se propageant à travers une couche d'air de même épaisseur, c'est-à-dire de 1 millimètre. Pour cela, la barre de cuivre mobile a été placée sur ses supports, de manière à ce que la distance comprise entre les deux bases des deux cylindres, soit exactemeat égale à 1 millimètre.
H. BORBIER.
La température ambiante étant de 21'' comme dans les expé — riences précédentes, on a obtenu pour la différence Ô4 — 6, calculée comme précédemment la valeur 20*"^^.
Grâce à la connaissance de ce nombre relatif à Tair, il est ptossible de chercher à rapporter la conductibilité des difTërents tissus à celle d'une couche d'air de même épaisseur. L'avantage de l'établissement d'un rapport entre la différence Ôj — ôj relative à l'air et celle O'i — ô'j relative aux tissus successivement étudiés, c'est de fournir des nombres abstraits, ainsi que cela se rencontre, par exemple, dans l'expression des pouvoirs inducteurs spécifiques des divers diélectriques.
Le rapport ^ rp permet, de plus, d'apprécier la conductibilité
calorifique des tissus, en prenant comme terme de comparaison, celle de l'air; il est évident, en outre, que la différence de température correspondant aux deux faces d'une couche de substance à travers laquelle se fait la propagation de la chaleur est, une fois le régime permanent établi, d'autant plus grande que la substance est moins bonne i^onductrice ; on peut donc dire que la différence de température ôj — 6, est inversement proportionnelle à la conductibilité de chaque tissu. Si on désigne par c la conductibilité de Tair, et par c' celle d'un tissu donné, on peut écrire
c'est-à-dire que la conductibilité d'un tissu rapportée à celle de l'air prise pour unité, est donnée par le quotient de la différence 6|— ^1» observée pour la couche d'air, par la différence ô'i — ô, observée pour le tissu considéré, dans les mêmes conditions d'épaisseur, de température ambiante, etc.
En faisant les quotients pour chacun des tissus étudiés, on obtient les valeurs suivantes résumées dans le tableau ci-dessous :
DtfBMRATlOH DBS TIISCS.
Air
Tissa osseux (substance spongieuse)
Tissu musculaire (section perpendiculaire)
Caillot sanguin (après 31 heures)
Tissu musculaire (section parallèle)
Tissu tendineux
Tissu carlilagincui
Tissu adipeux
coNDucTiBij:«ni caloripique des tissus. 27
Aiosi donc, que Too évalue la conductibilité par les valeurs
à 6, — 6j, observées pour chaque tissu, ou par le nombre abstrait —, on
s^ÀK^ en premier lieu, que la conductibilité du muscle est plus grandeorsque la chaleur se propage dans le sens même des ûbres^ que orsqu'elle se propage perpendiculairement à ces mêmes fibres.
Une seconde remarque qui se dégage de nos recherches, c'est ;ue le caillot sanguin, quoique occupant un bon rang dans la listées conductibihtés, n'est pas, après les os, contrairement à TaffirmaioQ de Landois, le meilleur conducteur de la chaleur. D'ailleurs, il 'y a pas que ce tissu qui occupe dans nos résultats une place difTéente de celle assignée par Landois; voici, d'après cet auteur, lesifférents tissus rangés par ordre de conductibilité : caillot sanguin, ISSU cartilagineux, tissu tendineux, tissu musculaire.
Il faut probablement mettre sur le compte de la méthode utilisée lar cet expérimentateur le grand écart entre ses résultats et leslôtres.
Les tissus exposés, conune il le faisait, à une température de 100°, mbissaient une véritable coction qui les modifiait profondément m point de vue de leur conductibilité calorifique. Il n'est donc pasmrprenant que cet auteur soit arrivé à des conclusions presque dianétralement opposées à celles qui se dégagent de nos recherches aites dans des conditions se rapprochant beaucoup de celles qui existent dans l'organisme vivant.
Les résultats du physiologiste allemand sont peut-être exacts dans e eas où les tissus sont exposés à la température de l'eau bouilante; quant aux nôtres, ils se rapportent, comme on Ta vu, au cas )ù ces tissus sont exposés à des températures rappelant beaucoup celles auxquelles ils sont exposés lorsqu'ils font partie intrinsèque le l'organisme, c'est-à-dire à des températures comprises entre 35*îl4(>»C.
RECHERCHES EXPERIMENTALES