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MODIFICATIONS SUBIES PAR UNE 'MASSE GAZEUSE

INJECTÉE DANS LES TISSUS Par MM. A. RODET et J. NICOLAS

(Travail du laboratoire de M. Arloing.)

Les résultats que nous avons obtenus dans nos expériences sur la physiologie pathologique du pneumothorax* et sur les modifications qui s'opèrent dans la composition d'une masse gazeuse injectée dans la plèvre, nous ont engagés à élargir l'objectif de nos recherches et à étudier comparativement ce que devient un épanchemeat gazeux dans un autre tissu. La plupart de nos expériences ont porté sur le tissu cellulaire sous-cutané ; quelques-unes sur le péritoine. Comme pour la plèvre, nous avons pratiqué des injections d'air et des injections d'acide carbonique.

Technique. — Notre technique des injections sous-cutanées est calquée sur celle que nous avons employée pour les injections de gaz dans la cavité pleurale, et que nous avons décrite dans notre précédent mémoire. Nous employons une canule semblable, en verre, dont l'extrémité fine et mousse est munie d^un ou plusieurs petits orifices latéraux, et que nous introduisons par une très petite ouverture faite avec la pointe d*un scalpel. Pour empêcher Tissue du gaz injecté, il est nécessaire d'assujettir les lèvres de la plaie cutanée à la canule, ce qui est obtenu facilement par une ligature serrée qui, relevant la peau en bourrelet, Tenserre forte-

' RoDET et Nicolas, Sur le pneumothorax expérimental. — Des modifications subies par une maFse gazeuse injectée dans la plèvre {Arch. de pbyaioL^ juillet 18d6).

Exp^R. V. — Chien de 12 kilogrammes. Injection de 400 centimètres

•cubes d*air atmosphérique dans le tissu cellulaire du pli de Taine ; Tinjee-

tion dure ciaq miaates. Vingt^cinq minutes après la fin de ri^jection,

on extrait, au moyen du siphon à mercure 38<^, 6, dont Tanalyse donne :

C02=l'«; 0=7««,4; Az = »», 2. Une heure après Tinjection, on

extrait SS»*', 3, quise montrent composés do: GO^ =2«» ; 0=6««, 3; Âz=30««.

Le lendemain, soit vingt-quatre heures après Tinjection, il ne reste

qu'une petite quantité de gaz diffusé ; on par^att, avec une certaine

difficulté, à extraire il centimètres cubes, dont l'analyse doajie: G03=8,f8,

0= 4, 54; Azs=: 87, 21 0/0. Cette expérience a donné en résumé, en

•composition centésimale :

co*. 0. Ar.

Après 25 minutes 2,59 19,17 78,24

Après! heure 5,22 16,44 78,33

Après 24 heures 8,18 4,54 87,27

ExpER. VI. — Chien de 12 kilogrammes. Injection de 1 litre d'air dans le tissu cellulaire de la cuisse; Tinjection dure cinq minutes. Vingtcinq minutes après la fin de Tinjection, on extrait 45 centimètres cubes, et, 1 h. 15 m. après l'injection, 34**,9; après vingt-quatre heures, on^arrive, avec difficulté, à extraire 44 centimètres cubes. L'analyse de ces trois échantillons, donne, en composition centésimale :

C0«. 0. Ai.

Après 25 minutes 3,10 18,66 78,24

Après 1 h. 15 m. 6,30 17,19 76,50

Après 24 heures 7,27 5,90 86,81

Dans nos expériences sur le pneumothorax expérimental, nous avons vu que l'air introduit dans la cavité pleurale est l'objet d'une résorption graduelle, rapide dans les premiers jours, plus lente ensuite, aboutissante la disparition complète en Tespace de quelques semaines; dans le tissu cellulaire sous-cutané aussi. Pair se résorbe, et plus rapidement, puisque, après l'introduction de 1 litre, au bout de vingt-quatre heures ce n'est qu'avec difficulté qu'on en retire un petit volume. Dans la plèvre, nous avons vu que Tair subit dans sa composition une modification extrêmement rapide, accusée dès les premières minutes, qui consiste en exhalation d'acide carbonique et une absorption d^oxygène ; dans le tissu cellulaire, on voit que l'air injecté se modifie très rapidement aussi dans sa composition, il se charge d'acide carbonique et sa teneur en oxygène diminue, tandis que la proportion de l'azote se montre quelquefois un peu inférieure, plus souvent notablement supérieure au chiffre de l'azote atmosphérique.

Uaeide carbonique se trouve présent en quantité notable dans l'air retiré du tissu cellulaire dès les premières minutes. La proportion de ce gaz augmente rapidement, c'est-à-dire se montre d'autant plus forte que le séjour de l'air dans le tissu cellulaire a été plus prolongé, et cela suivant une progression qui, ressemblant beaucoup à celle des chiffres que nous avons observés dans les épanchements pleuraux, paraît être toute> fois un peu plus rapide, puisqu*au bout do une heure environ, les épanche-

Expérience vn.,

L^xtraction est teite après

M heures

COMrOSITIOll CBllT<flIlUU(.

O. As.

On voit que, dans la séreuse péritonéale, les choses se passent à b peu près comme dans le tissu cellulaire sous-cutané, différant par con quent notablement de ce qui se produit dans la plèvre en ce qui conce: Foxygène, qui là aussi arrive à s'abaisser à un taux très faible.

2" Injections cTacide carbonique, — Il était intéressant de faire injections d'acide carbonique dans le tissu cellulaire, afin d'en compa les résultats, d*une part avec ceux des injections d'air, d'autre part a' ceux des injections d'acide carbonique dans la plèvre. Dans notre pré dent mémoire, nous avons vu que, lorsqu'on injecte ce gaz dans la ca' pleurale, on le voit s'absorber d'une façon très active, en même tei que de l'oxygène et de l'azote s'exhalent abondamment, de telle 8( que très promptemont on observe une atmosphère mixte d'oxygc d'azote et d'acide carbonique, laquelle, au moins lorsque la i*espira1 se fait normalement, a une composition très analogue de celle qui rési de l'injection d'air.

Nos analyses du gaz retiré du tissu cellulaire dans le cas d'injeci d'acide carbonique, après un temps variant de 12 minutes à 1 h. 20 nous ont donné les résultats suivants :

Expérience XI...

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