‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 5)Chapitre 117 sur 269 · I. — Fermentation du sacre · texte numérisé non relu

I. — Fermentation du sacre

Le choix du sucre s'explique par ce fait que la technique de |-' rétude des fermentations du sucre est simple et maintenant bien connue.

Avant d'entrer dans le détail, nous devons dire d'une façon générale que la plupart des microbes pathogènes étudiés par nous ont un pouvoir ferment des plus médiocres. De plus, les microbes les plus différents ont des propriétés fermenlatives très voisines ne se distinguant presque pas Tune de l'autre.

Milieu de culture, — Le liquide dans lequel nous avons ensemencé les microbes était ainsi constitué :

Eau SOOO''^^

, Glycose pure âOOc

Cendres d'urines 2

Tartrale d'ammoniaque 2

Nitrate de potasse 2

Sulfate de fer hydraté 0,25

Peptone 15

ACTIONS CRIMIQUES DBS MICHOBBS PATHOGÂNES. 887

Le bouillon était neutralisé, puis réparti par provision d'un litre environ ans des ballons contenant déjà 60 grammes de carbonate de chaux fciblement calciné ; après stérilisation à Tautoclave, les ballons étaient nsemencés et maintenus à l'étuve réglée à 35^.

Recherche des produits de la fermentation. — La recherche des i*oduits de la fermentation a été faite suivant la technique indiquée ar Nencki et Sieber :

Sur une partie de la culture on dose le sucre restant par la liqueur 6 Fehling. Le dépôt recueilli sur un filtre est dissous dans Tacide hlorhydrique faible. La dissolution évaporée cède l'acide succinique

un mélange de deux parties d*éther et une d'alcool. Quant au

quide, après l'avoir filtré et débarrassé de la chaux par un excès

*acide oxalique, on le distille pour séparer l'alcool et les acides vo-

ttils. Le produit distillé est saturé par la potasse en léger excès,

ijiis soumis à une seconde distillation qui permet d'isoler l'alcool,

tndis que les acides restent comme résidu à l'état de sels potassi-

ues qu'on peut purifier et analyser. Le résidu de la première distil-

fction est évaporé en sirop et épuisé par l'éther, qui enlève : l'acide

xalique, ajouté en excès; les iacides lactiques et succiniques produits

u cours de la fermentation. L'éther une fois chassé par évaporation,

^n sépare les trois acides en faisant bouillir le liquide avec du car-

>onate de zinc et un peu de noir animal lavé aux acides, afin de

iécolorer le mélange. L'acide oxalique reste sur le filtre à l'état

d'oxalate de zinc insoluble, tandis que le succinate qui passe, peu

^luble à froid, se sépare le premier. Les eaux-mères évaporées

donnent le lactate, qu'on purifie par des cristallisations répétées.

On dose le zinc, puis l'eau de cristallisation ; enfin, on examine le

sel au polarimètre (L. Hugounenq, Précis de chimie physiologique

et pathologique, p. 574).

Pour cultiver les microbes à l'abri de l'air et recueillir les gaz qui se produisent pendant la fermentation, nous avons employé le dispositif usité par Pasteur (Duclaux, Les Fermentations; J. Courmont, Précis de bactériologie, p. 204).

Staphylococciis anreus.

1« Culture aérobie* — Ensemencement le 3 décembre; analyse le !8 janvier. Pour un litre de liquide on obtient 0»',24 d*alcool éthylique. [] s'est formé de l'acide lactique inactif de fermentation ordinaire. 11 ■estait par litre 54,5 de sucre non détruit.

2* Culture anaérobie. — Ensemencement le 2 décembre ; analyse le S janvier de Tannée suivante. On a trouvé lff',85 d'alcool éthylique pour cnite la culture, de Tacide lactique de fermentation mêlé à un peu d'acide

â88 L. HUGOUNENQ BT 11. DOYON.

lactique droit. Les gaz recueillis ont donné pour un échantillon i»\ 31 centimètres cubes : GO^ SO"*; H, 1«».

Bacillus coli eommimis.

' i^ Culture aérobie, — Ensemencement le S décembre ; analyse le âdH cembre. II s'est produit un mélange de deux acides lactiques : mk\ lactique de fermentation et acide lactique droit, ce dernier en proportioij assez élevée.

2* Culture anaérobie. — a) Ensemencement le 2 décembre, analysûj le 2^ décembre. L'analyse des gaz a donné les résultats suivants :

Le 8 décembre, en deux heures et demie, il s'est produit 2l«*,2degttj sur lesquels : H, 6«»,1 ; GO^ io«,l ; soit 0/0 : H, 28,71; GO», 7i,2â.

Le 23 décembre quelques bulles de gaz se dégageaient eneoro; daoslel liquide on a trouvé un mélange d'acide lactique de fermentation etj d'acide lactique droit.

b) Ensemencement le 11 décembre; analyse le 12 février de ranoéej suivante (1100 de liquide). Sucre restant : 13'', 18 p. 1000. Carbonate dej chaux restant : 15 grammes.

On trouve pour toute la culture 1»*,6 d'alcool éthylique el P*,^ d'acides volatils calculés en acide acétique. Il s'est formé de l'acide lactique. Le produit brut de l'analyse nous a paru formé d'un mélange équimoléculaire de sel inactif et de sel actif.

Les deux lactatcs de zinc ont été séparés par Talcool bouiliantqoi dissout le lactate de zinc inactif à 3 molécules d'eau.

Ce sel purifié nous a donné à l'analyse les résultats suivants :

1 gramme de substance desséché à la température de 125*, pcnûa» cinq heures, a perdu 0ï^2064 d'eau, soit 0/0 18,33 au lieu de 18,18, calcflli pour (G3H503)2Zn.3H20.

Le dosage du zinc nous a fourni les résultats suivants :

Of',6888 de substance a donné 0'%2303 d*oxyde de zinc ZnO soit O.t 83,42 nu lieu du chiffre théorique 33,33 calculé pour (C^H>(P)^Zii. *

Nous avons pu démontrer aussi la production de l'acide droA mais nous n'avons pas pu le caractériser, d'une façon absolumei* rigoureuse, faute de matière. Toutefois, nous pouvons affirmer qtt^ le produit de la fermentation du sucre par le coli-bacille était ul mélange d'acide lactique de fermentation et d'acide lactique droit.

Le dégagement gazeux avait été très abondant, environ 5 litre par jour. Dans un échantillon recueilli le 12 décembre, nous avon trouvé, sur 29*M de gae : H, 6*",^; C0«, 22««,8; soit 0/0 : H, 6 C0«, 78,4.

ACnOMS CHIMIQUES DES MICHOBES PATHOGÈNES. !S89

Bacille d'Eberth.

Culture anaérobie. — Ensemencement le 2 décembre ; analyse des gaz c22 décembre. Sur 28««,6, on trouve : CO^, 21«»,3 ; Az, l^'jS.

La présence de cet azote nous a engagé à rechercher la provelance de ce gaz et à étudier à ce point de vue l'action des microbes ur les nitrates alcalins.

Bacille du tétanos.

On sait que le bacille du tétanos est un ferment butyrique de la rlycose. Dans une expérience nous avons analysé les gaz proluits pendant la fermentation.

Expérience. — Ensemencement le 2 décembre, analyse le 8 février 1050 de liquide). Il reste 45 grammes de sucre par litre. On trouve 0'',52 L*aIcool éthylique et 2''',95 diacides volatils (calculés en acide acétique) N>ur toute la culture.

Sur un échantillon de 35 centimètres cubes de gaz produits et recueillis B 8 décembre, nous avons trouvé : H, 2°«,5; CO^, 32«',5; soit 0/0 H, Toc,! ;

Choléra.

ElxpÉRiENCE. — Elnsemencement fin juillet (19* génération, choléra de Hambourg); analyse le 16 novembre. Peu de sucre a disparu. Peu de •liaux dissoute. On ne peut isoler aucun acide des bouillons de culture.

ExpÉmBNCE. — Ensemencement le 23 juin (choléra de Massaouah); iaalyse le 3 décembre. Pas d'alcool ; 0ff%05ô2 d*acide volatil calculé en icide acétique. Peu de sucre disparu.

Streptococcus pyogenes.

Plusieurs expériences nous ont donné des résultats négatif^. A l'analyse nous n*avons pas constaté de chaux dissoute. Il ne B*était pas produit le gaz. Pas diacide formé.

Les résultats négatifs que nous avons obtenus, soit avec le microbe lu choléra, soit avec le streptococcus, ne comportent pas cependant me conclusion absolue. Il est possible, en effet, qu'il y ait lieu de 3nîr compte de Torigine de la semence et surtout de l'âge de la culire. C'est ainsi qu*Arloing a observé le pouvoir fermentatif de iltures très jeunes de streptococcus sur les matières albuminoïdes.

Remarque concernant la solubilité des lactates de zinc. — Notons, I passant, quelques divergences exprimées dans les traités classi-

S90 L. HUGOUNENQ ET M. DOYON.

ques concernant la solubilité des lactates de zinc dans l'alcool. Seloo Hoppe-Seyler, le lactate de zinc actif n*est pas soluble dans ralcool; par contre, d'après Wûrtz, le lactate de zinc actif serait soluble dans 2,23 parties d'alcool bouillant ou froid. D'après Beilstein, il ^rait soluble dans 050 parties d'alcool bouillant. Nous avons constaté dans nos expériences que le lactate de zinc inactif à 3 moléculfê d'eau est plus soluble dans l'alcool que l'autre.

Remarque concernant la production du furfuroL — Nous avons constamment trouvé qu'il s'était produit dans nos bouillons du furfurol. Nous ne pouvons pas affirmer cependant que la présence de cette substance soit liée à l'activité fermentative des microbes que nous avons étudiés. En effet, Foerster a montré que le sucre doQue du furfurol en présence des acides, même à la température de 28*. Nous avons fait à ce sujet l'expérience suivante : . Un liquide de même composition que le liquide de culture était traité par l'acide oxalique à 2 0/0, puis soumis à la distillation. On a obtenu un liquide à odeur de furfurol et donnant les réactions suivantes : belle coloration rouge avec les acides sulfurique et glycolique; coloration rosée rouge avec l'acétate d'aniline ; réduction de l'azotate d'argent ammoniacale. Toutefois, le liquide ne précipitait pas sensiblement le chlorure mercurique à l'ébuUition.

Page 1