SES EFFETS SUR LA CIRCULATION ET LA RESPIRATION
Par MM.
CNRIQUEZ ET HALLION
Anciei interne des bOpitaui. Chef du laboratoire de physiologie
pathologique, à TÉcole des Hautes-Études Ancien inierne des bdjtiux.
(Travail du laboratoire do M. François-Franck à l'Ecolo des Hautes-Etudes.)
Dans un mémoire précédent {Arch. de physioL^ juillet 1895, p. 515), nous avons indiqué brièvement quelques <i ofîets physiologiques de la toxine diphtérique. »
L'année suivante, MM. Passlcr et Homberg (Vorhandl, d, Kongresses tur innere Medizin, anal, in Centralbl. fur Bakteriologie^ 19 décembre 1896, p. 918) ont publié un travail destiné à compléter une communication faite par Romberg en 1895 ; ce travail était relatif aux troubles cardiaques et vaso-moteurs dans les maladies infectieuses. Chez le lapin, ils virent les infections pneumococcique, pyocyanique, diphtérique entraîner une paralysie vaso-motrice qui se traduisait par la suppression des réactions vasculaires réflexes et asphysiques. Le cœur, lu contraire, demeure relativement bon et reste capable de produire une notable élévation de la pression artérielle, quand on comprime Taorte ou <iu on masse Tabdomen .
Le présent travail est le complément de notre étude antérieure ; nous y décrirons avec plus de détails les phénomènes que nous avons observés et nous cherehei*ons à en déterminer, à Taide d'expériences nouvelles, ^^ mode de production.
Ce n'est pas le lieu de faire ici Thistoriquc des travaux relatifs aux
ÇfleU physiologiques des toxines microbiennes ; on trouvera des détails
îcesujetdansun article de M. Gharrin (/?ev'. ^re'w. des sciences, 1895) et
dans un mémoire de MM. Guinard et Artaud (Archives de médecine
expérimentale^ !•' mai 1895). Des recherches relatives aux effets circula-
loii-es et respii*atoires de divei*s poisons microbiens y sont en particu-
iier mentionnés. Nous ne connaissons pas de travail, en dehors de celui
de Passler et Homberg, où la toxine diphtérique ait été étudiée aux points
de vue qui sont les nôtres dans le présent mémoire.
A paiH quelques expériences réalisées sur le cobaye, les éléments de
S94 ENRIQl«Z ET HALLIOK.
notre étude nous sont fournis par une trentaine d'expériences pratiquées sur des chiens.
Les bouillons, toujours fortement toxiques, avaient été préparés et filtrés soit à notre laboratoire, soit a Tlnstitut Pasteur, et nous devons des remerciements à MM. Roux,Morax et Martin qui ont bien voulu nous en fournir à plusicui^ reprises.
Tantôt ranimai était soumis aux explorations manométriques, pneumo* graphiques, thermométriques, volumétriques, avant, pendant et après rinjection toxique, qui était en ce cas intra-veineuse ; tantôt on faisai rinjection le soir, dans une veine ou. plus souvent, sous la peau, et Ton commençait les explorations le lendemain seulement. Suivant le bat qu'on se proposait, on pratiquait des interventions diverses : respiration artificielle avec ou sans curarisation, sections et excitations nerveuses.
Effets do l'intoxication diphtérique sur la pression artérielle, le poali,
la respiration et la température.
On peut distinguer trois périodes depuis le moment de rinjection jusqu'à la mort.