‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 5)Chapitre 126 sur 269 · M. DOYON ET CL. MARTIN · texte numérisé non relu

M. DOYON ET CL. MARTIN

Toutefois, des essais plus récents dus, soit à Cl. Martin, soit t d'autres chirurgiens (Péan, GUick), peitneileat d'affirmer que tes moyens, habituels de prothèse osseuse interne sont défectueux, eo ce sens que les appareils ne sont jamais complètement tolérés par les tissus. Il paraît impossible d'éviter la persistance d'une fistule.

C'est dans le but de supprimer les accidents consécutifs observés jusqu'ici dans ce genre, de prothèse que Cl. Martin a imaginé la nouvelle méthode dont l'exposé fait l'objet de ce travail.

Méthode. — L'appareil prothétique est constitué par un tuteur métallique dont le rôle est essentiellement temporaire.

Il a ponr but, en effet, non pas de se substituer d'une façon définitive à l'os dans ses fonctions de soutien, mais de servir de support et de guide à une ossification nouvelle destinée elle-même à se modeler sur l'appareil et à restituer la forme et le volume de \^ ancien.

L'appareil est construit de telle sorte qu'il est possible déplacer à son intérieur des fragments d'os frais. Ces fragments deviennent le noyau de la masse osseuse nouvelle. Dès que la régénération est terminée, le rôle de l'appareil prothétique prend fin. Les pièces métalliques restent toutefois incluses dans l'os nouveau où elles soot bien tolérées.

Conditions expérimentales. — Nous avons appliqué cette vùkr thode sur le chien. Nous avons tenté, soit la restauration d'une portion de diaphy se, soit celle d'une extrémité articulaire. Lesessiifi ont été faits, soit sur un os formant à lui seul le squelette d'un segment de membre, tel que le fémur, l'humérus, soit sur des oscomffi« le radins qu», appartenant à un segment de membre dont le squelette a deux os, ont de ce fait une attelle naturelle qui empêche «ne trop grande mobilisation. La régénération des extrémités articulaires i été tentée sur le fémur et Thumérus {articulations du genou et de coude).

Les appareils employés sont en platine iridié. Ils sont formés ptf plusieurs fortes tiges longitudinales réunies entre elles transversalement par d'autres tiges plus petites soudées aux premières à l'or 8n- L'aspect général de chaque appareil est celui d'une charpente métallique comparable à celles qu'on emploie de nos jours pour les constrtictions.

Vopéraiion est laborieuse. Voici la technique que nous avons suivie : On résèque soit rexlrémité articulaire soit une partie de la diaphyse. L'af^rell est fixé aux extrémités osseuses au moyen de vis en platine de façon que l'ëcartement entre les deux frngmeirts soit précisément égal à la portion d'os enlevé. Dfkns ducan cas, fe

RÉOKNÉRATION OSSBVSE SUR APPARKIL PROTHETIQUE INTERNE. 411

oste n'était conservé. Une fois Tappareil en plaoe, on bourre à intérieui*, enti*e les branches du réseau, des fragments d'os flnftis itus de périoste et empruntés à un chien sacrifié au moment ne de Topëration. Généralement, ces fragments étaient prétevés les côtes.

e membre opéré doit être soigneusement immobilisé au moyen L pansement silicate. La réunion immédiate des lèvres de la plaie ait très rapidement. Dans quelques cas, nous avons noté de la re prolongée sans suppuration, qu'on peut rapprocher de la /Ferre crobieune décrite par Courmont et Gangolphe ^

\ésultats fonctionnels, — Les appareils sont parfaitement bien rës par les tissus. Ils sont englobés dans Tos néoformé et font, r ainsi dire, partie intégrante du cal. Parfois il se produit de ;éite raréfiante au niveau des points d'attache des appareils mais iement dans les cas où les pièces ont été mobilisées avant que la ^nération osseuse ait été complète.

. 8ur les os munis dune attelle naturelle^ sur le radius, par mple, le résultat fonctionnel est excellent. On obtient une colonne suse pleine «soudant bout à bout les extrémités de Tos. L'animal, ilques mois après Topération, retrouve l'exercice de tous ses uvements d'une façon absolument normale, ^ous avons conservé un chien dans ces conditions pendant près deux ans. Trois centimètres du radius avaient été réséqués sur diaphyse. Une série de photographies avec les rayons Rœntgen vs> ont permis de suivre les progrès de la néoformation osseuse. La première radiographie a été faite six semaines après Topéra- Q (Pl. IV, fîg, 1). On voit entre les mailles de l'appareil les ombres » fragments de la greffe. L'extrémité inférieure du radius est lincie, comme effilée par un léger processus d'ostéite raréfiante niveau de la vis de fixation.

Sur la seconde photographie, quatre mois après l'opération, on ne it plus aussi nettement les fragments de la greffe. Les fragments seux paraissent avoir été résorbés {Iig, 2). Sur la troisième, faite bout de sept mois, on voit nettement dans l'appareil du tissu osseux ant d'un fragment à l'autre. Enfin, sur la dernière photographie, te quinze mois après Topération, on constate que la colonne ;euse est rétablie complètement avec son homogénéité première, itefois, il existe un vide léger entre Tes et les tiges de l'appareil m peu d'ostéite raréfiante au niveau des vis de fixation (/7^. 3).

J. Courmont et Gangolphe. De la fièvre amicrobienne (Arcb, de wéd, expomtahy 1897).

M. DOYOlf ET CL. MARTIN.

2. Sur les os isolés, fémur, humérus, les résultats fonctionDds sont médiocres. Les appareils, quelle que soit leur solidité, sont incurvés ou cassés. Les insuccès tiennent, en partie, à Timpossibilité d'assurer sur le chien une immobilisation suffisante du membre. Au niveau des points d'attaches de l'appareil, il se produit de l'ostéite raréfiante.

3. Sur les extrémités articulaires^ nous avons obtenu un résultat assez satisfaisant, mais incomplet. L'extrémité inférieure du fémur avait été réséquée sur une longueur de cinq centimètres et remplacée par un appareil représentant la forme et les dimensions de l'os enlevé. Au bout de cinq mois, la masse osseuse de nouvelle forma* tion paraissait continue et soudée à l'extrémité iniérieure de la diaphyse. L'animal commençait à se servir de sa patte. On le sacrifia. (Les rayons de Rœntgen n'étaient pas encore connus à cette époque.) A l'autopsie, on constata que l'ossification n'était pas complète. En outre, il y avait quelques cassures de l'appareil. La pièce était intéressante à un autre point de vue. Au niveau de la masse osseuse nouvelle, on a constaté l'existence d'une nouvelle et très riche formation vasculaire. Une injection a permis de voir un assez grand nombre de petites artères se ramifiant à la surface de Tos néoformé.

Page 1