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COURMONT, M. DOYON ET PAVIOT

server avec des lésions variées, et réciproquement les mêmes lésions peuvent exister dans des cas cliniques sans analogie. D'ailleurs, ajoutent-ils, ces lésions sont-elles pathologiques ? Il faut interpréter avec prudence. Tout en admettant une combinaison de la toxine avec le protoplasma cellulaire, ils se refusent à admettre des lésioD& caractéristiques et causales de la contracture tétanique. En résumé, Goldscheider et Flatau admettent les lésions ou plutôt les aspect^ cellulaires obtenus avec la méthode de Nissl sur les moelles tétaniques, mais ils se refusent à les interpréter; les lésions disparaissent d'ailleurs souvent au début des contractures.

Notons aussi que ces auteurs ont constaté de semblables lésions dans l'empoisonnement strychnique, chez des animaux sacrifiés trois minutes seulement après linjection. Ces lésions peuvent donc se développer presque instantanément e/, même si elles existaient constamment chez les tétaniques^ n'expliqueraient nullement h nécessité de Tincubation.

Blumenthal * analyse le ti*avail précédent et émet l'avis que les lésions observées chez les tétaniques ne sont ni spécifiques, ni constantes, ni en rapport étroit, lorsqu'elles existent, avec l'intensité des symptômes tétaniques. Il ne faut pas considérer le tétanos comme une conséquence des altérations anatomiques des cellules nerveuses.

Nageotte et Ettlinger * n'ont, pas plus que nous, Goldscheider et Flatau, Blumenthal, pu confirmer les idées de Marinesco. Ils ont étudié (fixation au formol; bleu de Unna) des moelles de cobayes morts en trente et une heures à six jours d'intoxication tétanique ou sacrifiés vers le troisième ou le quatrième jour. Us n'ont jamais rencontré les hémorragies signalées par Marinesco et expliquent quelle erreur de technique à Tautopsie a pu causer l'erreur de ce dernier. D'une façon générale, ils n'ont pas vu les lésions de Marinesco. Ils décrivent des altérations qu'on peut résumer en trois mots: chromatolysCy fissuration^ vacuolisation. Ces fissures sont tout à fait spéciales à ces auteurs et n'ont été vues par aucun autre; ils insistent beaucoup sur leur forme. Ces lésions débuteraient par les cellules de cordon et ne se montreraient qu'ensuite dans les cellules motrices. Elles seraient plus profondes dans le cerveau que dans la moelle. Suivant ensuite notre plan d'observation *, Nageotte et Ettlinger remarquent que ces lésions occupent toute la moelle, n'ont

* Blumenthal, Deutscb. medicin. Wocbenschrift, 189J^, n* 12.

■ Nageotte et ëttllnoer, Soc. de bioL, 22 janvier 1898; Presse medicalf* 1898, p. 146.

' Bien que le travail de Nageotte et Ettlinger, postérieur au nôtre, en soit U confirmation fondamentale et donne les mêmes raisons pour nier aux lésions toute valeur spécifique, ces auteurs ne nous citent qu'incidemment et poQf

is une topographie correspondant à celle des contractures, qu'elles iuvent exister chez le cobaye non tétanique (par exemple dans ntoxication par Tiodure de potassium); ils disent, enfin, qu'elles ont pas encore atteint les cellules motrices lorsque les contractures jbutent. En conséquence, ils nient tout rapport entre les lésions bservées chez les tétaniques et les contractures qui caractérisent Hie intoxication.

Bobes * décrit des lésions surtout radiculaires sans se prononcer ir leur signification.

L'avis est donc unanime et contraire à celui de Marinesco : le lanos n'ofîre pas de lésions spécifiques, fidèles satellites des conactures. Nous avons cependant continué nos recherches. Les voici ms leur ensemble *.

Nous avons étudié 13 moelles, dont 12 d'animaux rendus tétaniques ar une injection de toxine : 6 cobayes, 5 chiens et 1 lapin^ estimant ue pour des constatations aussi délicates il ne faut pas expérinenter sur une seule espèce animale.

Quelques-uns de ces animaux sont morts spontanément ; la plupart ont été sacrifiés : les cobayes par le chloroforme, les lapins assommés et les chiens saignés à blanc. La moelle a été parfois mise directement dans les alcools successifs et traitée par le Nissl (bleu de méthylène) ; plus souvent elle a été plongée pendant vingtquatre heures dans le formol à 10/100 (coupes transversales de 5 millimètres au bout de trois ou quatre heures), puis vingt-quatre heures 'lans Talcool absolu, et a été colorée au bleu de Unna. L'inclusion a été faite à la celloïdine.

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