‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 5)Chapitre 151 sur 269 · J. COURMONT, M. DOYON ET PAVIOT · texte numérisé non relu

J. COURMONT, M. DOYON ET PAVIOT

Ijcs coupes des i*enflemeiits lombaire et cervical ne présentent aucose trace d*altération. Pas d^héniorragies. Les cellules ne sont ni déformée» nî altérées; les bras sont intacts, les noyaux bien en place. Pas le moindre degré de chromatolyse.

En résumé : eoape de moelle absolument normale.

Chien E. — // mai i898. Injection dans la cuisse droite de 30 centimètres cubes de toxine. — f9 mëi. Contractures locales. — f / m^- Tétanos généralisé. Sacrifié mourant. FtMrmol bleu de Unna.

Les coupes des renflements cervical et kNnbaire ne présentent aucuiie trace de lésion cellulaire ou autre. Moelle ahsaiumesU normale.

Voici nos résultats sur le chien.

CKimt.

von

iRjBcrii

en

cent. cub«fl.

•oani •a jour*.

WB^

GBRIB M BOIT.

SpoDtané.

•THPTOIin

au moment

de

la mort.

Spontané.

Spontané.

Tétanos généralisé.

Sacrifié.

Sacrifié.

mmmBt lisum

■ÉDCLLAUD.

Aocune lésioo oédollaire.

Nous pouvons, en somme, schématiser nos résultats, en disant:

Les cellules médullaires du cobaye atteint de tétanos, local ou généralisé, mort spontanément ou sacri&é, présentent presque toujours, au moyen des récentes méthodes de coloration, des aspeci£ anormaux (6 animaux). Ces altérations sont variables en intensité el en dissémination, sans que ces différences correspondent aux différentes phases de Tintoxication. Elles peuvent être, dans des cas de tétanos généralisé, légères et même identiques à celles qu'on reocontre chez des cobayes non tétaniques (cobayes A et B) ; elles sont bilatérales et disséminées dans toute la hauteur de Parc médullaire chez des cobayes (C et D) sacrifiés à la période des contracture» locales; elles peuvent atteindre leur maximum d'intensité chez des cobayes guéris (E); elles n'ont pas de rapport avec la dose delûxi»^ injectée (comparer les lésions de E et F).

La moelle du seul lapin examiné présentait des altérations ^^' lulaires.

Les cellules nerveuses médullaires du cbien^ mort de télanos

LES CXLLVLSS NERVEUSES DANS LE TETANOS. 488

énéralisé ou sacrifié en plein tétanos généralisé, ne nous ont pré- :senté (5 animaux) aucune lésion appréciable par les méthodes les f>lus récentes de coloration.

Si nous comparons ces conclusions à celles des autres auteurs, nous faisons les remarques suivantes. Personne n*a, avant nous, -examiné des moelles de chiens tétaniques (sauf le cas spécial de Claude cité plus haut). Les descriptions des lésions observées sur le cobaye, animal presque uniquement étudié jusqa*ici, sont très ^comparables entre elles dans leurs points essentiels, en admettant <iifférentes phases successives de ces altérations. Nous n'avons cependant jamais vu les hémorragies de Marinesco, ni les fissures <ie Nageotte et Ettlinger. Goldscheider et Flatau admettent que les lésions cellulaires du cobaye sont hâtives et disparaissent rapidement, même peut-être au moment du début des symptômes tétaniques, nous les avons vues au contraire au maximum chez des ^cobayes guéris. Des altérations semblables peuvent se retrouver -chez le cobaye sain (Courmont et Doyon), empoisonné par Tiodure <ie potassium (Nageotte et Ettlinger), par différents toxiques (Goldscheider et Flatau), ou simplement chauffé ou par compression de Taorte (Ballet et Dutil) ; elles n*ont rien de spécial au tétanos.

Il (aut en conclure que ces Jésions cellulaires peuvent exister sans tétanos et que le tétanos peut exister sans elles; elles ne sont Mullement patbognomoniques.

Nous répétons le tilrô de notre précédent mémoire : la contracture tétanique n'est pas fonction dune lésion appréciable des cellules nerveuses médullaires.

Il faut chercher ailleurs Texplicatioi) de Tincubation dans Tintoxication tétanique. Rappelons qu'une incubation notable ne serait pas nécessaire à la production de ces lésions, puisqu'elles peuvent survenir en trois minutes chez les strychnisés (Goldscheider et Flatau). Seraient-elles pathognomoniques, elles ne nécessiteraient donc pas d'incubation.

Terminons par cette phrase empruntée à Van Gehuchten (Congrès de Moscou) : « La chromatolyse d'une cellule nerveuse, au point de ^ue physiologique et pathologique, ne présente rien de spécial, rien ■de spécifique ; c'est un simple trouble de la cellule nerveuse qui se produit infailliblement chaque fois qu'un obstacle quelconque s'oppose au fonctionnement normal du neurone, quels que soient d'ailleurs le siège et la nature de cet obstacle ».

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