V. — Ligature de la veine porte
Une objection se présente à l'esprit, on peut supposer que l'abaissement du rapport azoturique est dû à la gravité du traumatisme qui entraine la mort rapide des animaux. Mais d'autres opér8tioD.> plus graves encore, et suivies d'une mort plus rapide, ne produisent pas le même trouble caractéristique de la composition de Turine. II en est ainsi de la ligature de la veine porte, à laquelle les svgets oe résistent guère plus de douze heures. Nous avons fait cette opération chez trois chiens; tous trois sont morts dans la nuit qui a suivi, avec une congestion intense de la rate et des intestins. Le rapport azoturique de la dernière urine émise, abaissé très légèrement une fois, a été plus élevé qu'avant la ligature dans les deux autres cas (la vessie avait été vidée immédiatement avant l'opération).
Il résulte de là que la suppression de l'arrivée du sang porte dan? le foie, tout en étant mortelle à bref délai, n'entrave pas le processus formateur de l'urée, parce qu'elle n'atteint pas d'emblée la vitalité de la cellule hépatique, qui continue à fonctionner tant qu'elle reçoit du sang artériel. Peut-être y a-t-il lieu d'admettre aussi que la présence du sang oxygéné est indispensable à la production 'le l'urée aussi bien qu'au fonctionnement de la cellule. On sait que c'est là ce qui se passe pour la synthèse de l'acide hippurique. Celt<? synthèse ne peut réussir dans les circulations artificielles à travers It* rein que gr«àce à la présence des globules rouges du sang, et si l'on chasse l'oxygène par de l'oxyde de carbone, il ne se produit pi»? d'acide hippurique (Schmiedeberg et Hoffmann *).