LIQUIDE A
Quantité
ajoutée à 10 ce.
de sang.
20 gouttes.
Coagulation
au
bout de :
40 secondes.
1 minuta.
LIQCIOB B.
Quantité
ajoutée A 10 ce.
de sang.
20 gouttes.
Coagulation
au bout de :
9 heures.
5 heures 1/2.
2 heures.
* Dans les expériences de circulations artificielles pratiquées avec les toxines a les venins, il est indispensable, pour obtenir des liquides actifs, d'opérer avec Delques précautions. i\ faut tout parliculièrement éviter d'ajouter au sang des >ses trop fortes de ces agents. Si la quantité de sérum d'anguille, de toxine ou i venin, est trop élevée par rapport à la masse de sang employé, les globules
574 C. DELBZENNE.
Il était indiqué de rechercher si d*autres organes que le foie tut peuvent pas fournir eux aussi des liquides anticoagulants, lorsqu'ils sont soumis à des circulations artificielles pratiquées dans les contiitions expérimentales que nous venons de préciser. A vrai dire, le> résultats négatifs qu*avaient constamment fournis mes premières expériences ne permettaient guère de supposer qu'il en fût ainsi. J'en ai acquis la certitude en répétant sur toute une série d'organes (intestin, rate, membres inférieurs) des circulations artificielles avw un mélange de sang et de peptone. Dans tous les cas, les liquide recueillis coagulaient spontanément au bout de quelques minutes el précipitaient notablement la prise en caillot des échantillons de sanf auxquels ils étaient ajoutés.
Notre première conclusion sur le rôle spécifique exercé pariefoie dans la production des liquides anticoagulants conserve donc loulf sa valeur, mais les nouvelles recherches que nous venons de nfporter, démontrent en outre, que la présence du sang ou que loul au moins la présence de Tun de ses éléments constituants est indispensable à la formation du principe qui donne aux liquides hépatiques leurs propriétés actives. Je me suis assuré qu'en fait le leucocyte est le seul élément intéressé dans la production des liquides anticoagulants par le foie isolé. Le rôle du leucocyte peut être mi? en 'évidence par les deux expériences suivantes :
a) Si Ton fait circuler à travers un foie isolé, et préalablemenllavé par un couran-t d'eau salée, un mélange de lymphe et de peptone, on recueille par les veines sus-hépatiques un liquide incoagulable el qui peut lui-même retarder notablement la prise en caillot d'«î échantillon de sang auquel il est ajouté ;
b) Si on répète la même expérience avec de la lymphe débarrassée aussi complètement que possible des leucocytes qu*elle contenail, c'est-à-dire si l'on opère avec du plasma lymphatique additionne de peptone, on obtient toujours au contraire des résultats négatifs; le liquide de circulation coagule d'ordinaire spontanément quelque minutes après son passage à travers le foie, et il accélère invariablement la coagulation du sang in vitro.
Exp. VI. — Chien du poids de 3''»',800, saigné a blanc. Le foie est séparé de ses connexions vasculaires ; canules dans la veine port«^ dans la veine cave. Lavage de l'organe par un courant d'eau sal^* "0/00, maintenue à la température de 38°. 25 centimètres cubes de lymphe
rouj^cs sont parliellement ou totalement détruits. Or, je me suis assuré <!«« '** produits, mis en liberté par la destruction do ces éléments, empêchent les llqw*^*'* liépatiquos de manifostor leur action anticoagulante. J*aurai roccasioa de m'aP* pcsantii* sur ce fait dans un travail ultérieur, qui sera consacré à Télude ciu^^'* des hématies dans la coagulation.
MODX D ACTION DES SUBSTANCES ANTICOAGULANTES.
cueillie par une fistule du canal thoracique chez un chien de forte lie ^ sont additionnés de 5 centimètres cubes de solution peptonée à I 0*. Le. mélange, dont une portion mise à part s^est coagulée en 1:2 mites, est poussé à travers le foie et maintenu en contact avec l'organe Esdant 3 minutes. Le liquide recueilli reste indéfiniment incoagulable. exerce, d'autre part, une action .anticoagulante des plus nettes sur le ag in vitro.
80LCTI0H PBPTONiB.
Quantité
ootée A 10 ce.
de MDg.
gouttes.
CoaguUtion
au bout de :
5 minutes.
i miDuies.
ObserTatlons.
^Caillot ferme.
LIQUIOe DE CiaCl'LATIOK AIIIIFICIBLLB.
Quantité
ajoutée à lOcc.
de dang.
iO gouttes.
au bout de :
Obscrrations ,
Abondante
couche de plasma.
Exp. VIL — Chien du poids de 4''^,2Û0 saigné à blanc. Le foie est paré de ses connexions vasculaires ; canules dans la veine porte et ns la veine cave. Lavage de Torgane par un courant d*eau salée à 0/00 maintenue à 38<*. 30 centimètres cubes de lymphe sont recueillis r une fistule du canal thoracique à un chien de forte taille. La lymphe l maintenue au fur et à mesure de son écoulement à une température ' 1 à â** pour éviter la coagulation et filtrée à froid sur triple papier rocédé de préparation du plasma filtré de Schmidl). Le filtra tuin qui ►rrespond au plasma lymphatique et ne contient plus que quelques rares obules blancs est additionné de 8 centimètres cubes de la solution pepnée, puis injecté à travers le foie. L'injection est maintenue en contact ^Qdant 3 minutes. Le liquide de circulation coagule au bout de 16 miûtes. Ajouté au sang in vitrOy il en précipite notablement la coagulaon, ainsi que le démontrent les chilTres fournis par le tableau suivant :
■OLCTION PEPtOR^B.
Quantité
■joutée&lOec.
de sang.
30 gouttes.
Coagulation
au bout de :
ObservatioM.
6 minutes. >CailIot ferme.
LIQOIDE DE CIICDLATIOH ABTIFICIELLE.
Quantité
ajoutée &10cc.
de sang.
20 gouttes, la —
Coagulatio.i
au bout do :
Observation B.
3 minutes. Caillot ferme.
* Comme la quantité de lymphe nécessaire à l'expérience ne pourrait être btenue qu'au bout d'un temps assez long, ce liquide était reçu, au fur et à Mesure de son écoulement, dans un récipient entoui'é d'eau glacée. La lymphe, [Ui était refroidie de cette façon à 1 ou 2% ne présentait pas de tendance à la oagulation, et ses éléments figurés ne subissaient aucune destruction appré- ^î<U)le. Quand la quantité nécessaire à l'expérience était recuillie, la lymphe addiioDoée de la solution peptonée était ramenée rapidement à la température de 38% -l le mélange était passé immédiatement à travers le foie
KL
576 C. DBLEZBRNS. :
11 ressort donc nettement de ces expériences que le globale blaoe joue un rôle essentiel dans la production des liquides anticoagulants. Quel est en réalité le rôle du leucocyte, et comment cet élément intervient-il de concert avec la cellule hépatique, pour commuoiqu^ aux liquides de circulations artificielles de peptone, de sérum d'anguille, etc., leurs propriétés anticoagulantes? La réponse à celle question me paraît pouvoir être déduite des faits qui seront rapportés dans le paragraphe suivant.
II. — Nature et propriétés des produits dérivés du leucocjle. jL.
Les expériences dont nous venons de relater les résultats démon* trent que le processus en vertu duquel les liquides de circulations artificielles acquièrent leurs propriétés anticoagulantes nécessite à la fois le concours du leucocyte et de la cellule hépatique. Or, nous avons établi précédemment* que tous les agents du groupe de It peptone provoquent, lorsqu'ils sont mis en contact avec le sang, la destruction immédiate de la majeure partie de^ leucocjies. Les mélanges de sang et de peptone, de lymphe et de peptone, que nous injectons à travers le foie isolé, sont donc chargés des produits dérivés de la désintégration des. globules blancs, et c'est au contact de ces produits que réagit la cellule hépatique, pour conférer aux liquides de circulations artificielles leurs caractères spécifiques.
Avant de chercher à pénétrer plus avant dans Tanalyse des phénomènes intimes qui aboutissent à la formation des liquida anticoagulants, il est donc nécessaire que nous rappelions brièvement quelle est la nature et quelles sont les propriétés des produits dérivés du leucocyte.
Les nombreux travaux de Schmidt * et de TÉcole de Dorpat ont nettement mis en évidence le rôle important que joue le leucocj'le dans les phénomènes de la coagulation. On se rappelle que Schmidt s'est efforcé de démontrer tout d'abord que le ferment coagulateur, le fibrin-ferment, est un produit de mort des globules blancs. P\^ tard, il soutint que le fibrin-ferment auquel il donna le nom de « thrombine » n'existe pas comme tel dans les leucocytes, mais s'y trouve à l'état de zymogène, la « prothrombine ». On sait que, pour Schmidt, ce zymogène se transforme en ferment définitif sous l'in-
* C. Delezenne, Action Icucolytiquc deK agents anticoagulants du gronpe ée la peptone (ces Archives^ mûmc numéro).
* Les recherches de Schmidt et de ses élèves, sur la coagulation du sang« sool résumées dans les deux ouvrages suivants, qui contiennent une bibliographie étendue de la question : Schmidt, Zur BJuUehre. Leipzig; Vogel» 1892, et Wtikrt Beitràge *ur Blailobre, Wiesbaden; Bergmann, 1895.
MODE d\gtION des SUBSTAlfCES ANTICOAGULANTES. 377
ence de substances dites zymoplastiques et' qui peuvent dériver, es aussi, des globules blancs. Schmidt a montré, d* autre part^ ^11 existe dans les leucocytes, dans les ganglions lymphati- «s, etc., un autre produit ayant au contraire des propriétés t^icoagukntes et auquel il a réservé le nom -de c cytoglobine ». Kiiiienfeld ^ a pu, de son côté, retirer également des leucocytes, ux substances antagonistes, la leuconucléine et Thistone. La preère provoque ou accélère la coagulation du sang; la seconde est pable de Tempôcher ou de la retarder très notablement. En somme, par des procédés de préparation diiîéi'ents, Schmidt et Lienfeld ont isolé des globules blancs, deux ordres de substances >ropriétés opposées; on est en droit de supposer que ces produits correspondent et ne diilèrent entre eux que par la plus ou moins ande quantité d'impureté dont ils sont chargés. Les recherches de kelharing* tendent à montrer en eiïet que la prothrombine de hmidt peut s'identifier avec la leuconucléine de Lilienfeld. Comme hmidt, Pekelharing admet que ce produit constitue le zymogène fibrin-ferment, lequel ne serait autre chose qu'une combinaison Icique de la leuconucléine» un nucléo-albuminate de calcium. Il rait d'ailleurs démontré que les substances zymoplastiques de hmidt doivent la plus grande part de leur action aux sels de chaux 'elles renferment.
Lies recherches récentes d'Hammarsten^ semblent de tous points afirmer les vues de Pekelharing.
Quoi qu*il en soit, il parait aujourd'hui bien établi que les globules ancs fournissent par leur désintégration deux ordres de principes ant une action inverse sur la coagulation du sang. En préparant, suivant les méthodes qu'ils ont indiquées, le^ssubsnces étudiées. par Schmidt et Lilienfeld, j'ai pu vérifier la plupart »s faits qu'ils ont annoncés ; il m'a paru toutefois que les substances [>lées- par Lilienfeld sont des produits plus purs et mieux définis, ussi n'aurai-je en vue, dans l'exposé qui va suivre, que l'étude des 'opriétés générales de ces dernières.
Lilienteld a montré que la leuconucléine et l'histone existent dans noyau des leucocytes, sous la forme d'une combinaison à laquelle donne le nom de nucléo-histone. Des procédés de préparation re-
^ Lilienfeld, Weitere Beitrâge zur Kenntniss der Blutgerinnung {VerhaDdl. • pbysiol. Gcsellsch,, 21 juillet 1803); Zur Chemie dcr Loukocyien (Zeitscbrift if pbysiol. ChomiCy 1893, t. XVIIl, p. 474); Ueber Blutgerinnung (Zeitschrift irpbysiol. CAein/o, 1895, l. XX, p. 89).
' Pekelharino, Unlersucbungcn ûber das FibriDfcrment(\maierdsim\ Mulier, â^) et Akad. Wcieascb. (Amsterdam, 1895 et 1897).
' Hammersten, Ufiber dcr Bedeutung der loslichen Kalksaze fiir die Paserstoffcrinuung {Zeitscbrin fur pbyaioJ. Cbcmie, i, XXII, p. 392; 1897).
ti
S78 C. DBLEZENNE>.
lativement simples permettent d*obtenir la nucléo*histone et debp^ dédoubler en ses deux composantes» \P
La leuconucléine présente les propriétés générales daa Bucléo-il-|)^ bumines. C*est un produit à réaction franchement acide et dont les |M cendres renferment du phosphore. Ajoutée au plasma filtré d^ Schmidtou au plasma peptoné, la'leuconucléine en provoque la prise 1^^ immédiate en caillot. En présence des sels de chaux, elle détermioe WP^ également la coagulation des liquides proplastiques (liquide péricardique et liquide d'hydrocèle) et des solutions de fibrinogèoe d*Hammarsten. Injectée dans les vaisseaux en quantité suffisante, elle tue les animaux par coagulation intravasculaire généralisée^
L'histone est au contraire, un produit à réaction fortement basique, i^â A rencontre de la leuconucléine, elle empêche totalement la coagulation du plasma filtré de Schmidt ; elle empêche également Tactioa coagulante bien connue du fîbrin-ferment sur les liquides proplastiques ou les solutions de fibrinogène d*Hammarsten. Ajoutée au sang extrait des vaisseaux ou injectée dans le torrent circulatoire, elle peut suspendre indéfiniment la coagulation.
La nucléo-histone a des propriétés qui participent de Tune et de l'autre des substances qui la composent. C'est ainsi qu'en injection intraveineuse, elle provoque des thromboses limitées et rend incoagulable la masse du sang qui a échappé à la coagulation intrans culaire. Je noterai en passant que des phénomènes identiques à ceoï que produit l'introduction de la nucléo-histone dans le sang circulant avaient déjà été observés par Groth • dans ses recherches sur les effets des injections intravasculaires d'extrait de leucocytes ou de
ganglions lymphatiques.