III. — Discussion et interprétation des résultats
Les faits que nous venons d'exposer permettent, il me semble, de* fournir une interprétation rationnelle des résultats de nos expériences.
Nous avons établi que tous les agents du groupe de la peplone provoquent, lorsqu'ils sont ajoutés au sang, la dissolution immédiate
* Hjlliburlon et Brodie {Journal of Physiology, l. XVIII, p. 136; 1896) odI observé que les niicl«''o-albumines retirées des différents tissus se compoplenld* la même fanon. Il n'est pas inutile de faire remarquer à ce propos que Pckf" Ibariof^ {loc. cit.) a montré que Ton peut préparer artificiellement pour ainsi dire le 11 brin-ferme ni par l'action du chlorure de calcium sur la nucléo-albumiw extraite de difîrents tissus. On pourrait arriver au même résultat en parldot d« la caséine du lait.
* Otto Groth, Ueber das Schicksal der farblosen Elemente im kreis«n*jn Blut. {Thèse de Dorpai^ 1884).
MODE d'action DES SUBSTANCKS. ANTICOAGULANTES. 579^
^ la majeure partie des globules blancs. La leucolyse, qui est le emier effet produit, a donc pour résultat la mise en liberté dans le 9sma des deux substances antagonistes dérivant de la désintégram des leucocytes : la leuconucléine et Thistone. Si ces substances restent en contact avec le sang in vitro, elles se :it équilibre, ou, comme d'ordinaire, la coagulante l'emporte, la Lse en caillot est accélérée. Mais il en est tout autrement si le sang argé de ces produits est immédiatement porté au contact de la cellule patique. Celle-ci, en vertu de sa fonction d'arrêt, et dans un véritable t de défense, retient, neutralise ou détruit le principe coagulant, idis qu'elle laisse en solution dans le plasma la substance qui don- *a aux liquides recueillis leurs caractères spécifiques. Cette con- >tion me parait seule capable d'expliquer simplement pourquoi le icours simultané du foie et des leucocytes est nécessaire à la >duction des liquides anticoagulants. Il n'est plus besoin de sup- 3^er, en effet, que la cellule hépatique fabrique de toutes pièces un ccipe nouveau, puisque nous savons que ce principe préexiste as nos liquides de circulation. L'hypothèse d'un aiTêt par le foie produit anticoagulant est au contraire parfaitement en harmonie 3c ce que nous savons déjà sur le rôle protecteur et la fonction Litoxique de la glande hépatique.
Si cette conception permet d*expliquer aisément les résultats des périences de circulations artificielles, elle explique aussi facile- Jnt ceux que donnent les injections de peptone pratiquées après Lirpation du foie. Nous avons montré que, dans le cas particulier, * leucocytes n'échappent pas à la destruction (Exp. I du précédent îmoire), mais leurs produits de désintégration restent en conflit ns le plasma, de telle sorte que la coagulation n'est pas modifiée. L'interprétation que nous venons de proposer, est donc parfaite- 3nt d'accord avec les faits observés. Les quelques remarques suintes ne feront que l'appuyer davantage. J'ai rapporté plus haut le rhistone (il en est de même de la cytoglobine) a des propriétés siques fortement prononcées. Lilienfeld a montré que les plasmas ^istone sont très alcalins. Dastre et Floresco * ont constaté, de leur té, que le sang de peptone et surtout le plasma de peptone hépa- [ue, sont aussi beaucoup plus alcalins que le sang normal. Ils ont serve, d'autre part, qu'il suffit d'acidifier ou de neutraliser le isma peptone pour en provoquer la coagulation ; or, Lilienfeld ait déjà fait la même constatation en opérant sur le plasma d'hisle.
Dastre et Floresco, Contribulion à l'étude du ferment coagulateur du sang Je l'action anticoagulatrice des propeptones {Arcb. de pbysioL, b* série, t. IX, SIC; 1897).