‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 5)Chapitre 189 sur 269 · C. DELEZENNE · texte numérisé non relu

C. DELEZENNE

« Partant des recherches de Contejean*, d'après lesquelles les extraits de tissus d'un animal normal injectés dans le système veineux d'un autre animal de la même espèce rendent le sang de celuici încoagulable », Athanasiu et Garvallo^ ont recherché, en se plaçant dans les mêmes conditions expérimentales, quelle était TinflueDce exercée sur la coagulation par « les organes d'un animal peptonique». Ils ont constaté que, si « on prend le foie d'un chien qui a reçu de h peptone, au moment où le sang récupère sa coagulàbilité normale i, l'extrait de cet organe, injecté à un autre chien de la même teille, produit en quelques instants la mort par coagulation intravasculaire. ^\insi, alors que l'extrait de foie normal rend le sang incoagulaLle, un extrait préparé avec le même organe, pris sur un animal soumis préalablement à une injection de peptone, produit des effets identiques à ceux des injections intraveineuses de leuconucléiae. Ne semble-t-il pas que cette expérience affirme notre hypothèse et n eston pas en droit de supposer que c'est à la leuconucléine elle-méiDe, qui a été retenue par le foie, qu'il faut rapporter les coagulations intravasculaires observées par Athanasiu et Carvallo ?

Sans vouloir attribuer à ces faits une iniportance exagérée, oo doit cependant reconnaître qu'ils viennent à l'appui de la conception que nous avons formulée. Les expériences que je me propose de relater ci-dessous me paraissent d'ailleurs avoir à cet ^^ard une tout autre valeur.

IV. — Action du ïoie sur le sang déûbriné et le sérum sanguin.

On sait que le sang défibriné et le sérum sanguin accélèrent considérablement la coagulation lorsqu'ils sont ajoutés au sang/n vitro. Comme la leuconucléine de Lilienfeld ou la thrombine de Schmidl, ils possèdent également la propriété de précipiter la coagulation du plasma filtré ou de provoquer celle des liquides proplastiques et des solutions de fibrinogène d'Hammarsten.

L'action coagulante de ces liquides est, à n'en pas douter, sous la dépendance des produits résultant de la destruction des leucocytes. Les recherches de Schmidt et de sesélèves,^particulièremenllestravaux de Heyl 3, nous ont appris en effet que 70 à 80 0/0 des globules

* CoNTEjEANf Action anlicoagulante des extraits d'organes {Comptes rtaàis de la Soc. de biol., 11 juillet 1890, p. 752).

* Athanasiu et Carvallo, Recherches sur le mécanisme de raclion antico»gulante des injections intra-vcineuses de peptone [Arch. de physiol.^ 5* série, t. VIII, p. 8Ô6; 1896).

' Heyl, Zhhlungsi^esultate bcttrefend die farblosea und die rothen Blatkôrperchen [Thèse de Dorpaty 1882).

MODE d'action DES SUBSTANCES ANTICOAGULANTES. 581

es sont détruits dans le sang qui s!est coagulé spontanément et 50 à 60 0/0 environ subissent le même sort dans le sang détl- § par le battage. Les produits résultant de la destruction de ces lents passent donc en solution dans le sérum où ils subissent oiodiflcations sur la nature desquelles on n'est pas encore comitneni fixé. S*il parait hors de doute que la leuconucléine se «forme, au moins partiellement, en fibrin- ferment sous Tintée des sels de chaux, on ignore quelle est la destinée de Thisdont la plus grande partie semble disparaître rapidement du m où elle était primitivement contenue, lis si l'analyse chimique ne nous donne pas de renseignements is sur l'état dans lequel se trouvent les produits dérivés du lente et qui sont accumulés dans le sang défibriné et le sérum san- , nous connaissons au moins les propriétés physiologiques des des qui les contiennent ; le sang défibriné et le sérum sanguin , ainsi que nous l'avons rappelé plus^ haut, doués de propriétés niantes extrêmement énergiques. En raison de ce fait, il m'a tout indiqué de rechercher si le foie n'est pas capable de faire. * à ces liquides des modifications aboutissant à une diminution, -être même à une disparition complète de leur action coagula- . Dans ce but, j'ai eu recours de nouveau à la méthode des circuas artificielles.

IS résultats que j'ai obtenus ont dépassé toutes mes prévisions, observé, en effet, que, si l'on fait circuler à travers le foie isolé éalablement lavé par un courant d'eau salée, du sang défibriné u sérum sanguin, ces liquides perdent d'une façon complète i propriétés coagulantes primitives.

li observé de plus que ces liquides peuvent même acquérir, dans passage à travers le foie, des propriétés anticoagulantes qui, n'être pas très marquées, sont cependant des plus nettes. « expériences suivantes me paraissent mettre très nettement vidence l'action exercée par le foie sur le sang défibriné et le [n sanguin.

p. VIII. — Chien du poids de ll^^^âOC saigné à blanc; canules dans ine porte et la veine cave. Le foie est lavé, jusqu*à décoloration des les recueillis, par un courant d^eau salée maintenue à 38^. L'organe légèrement exprimé, on injecte par la veine porte 60 centimètres » de sang défibriné : ce sang avait été recueilli, 40 minutes avant Srience, dans Tarière carotide d'un autre chien et immédiatement 'iné par le battage; on laisse en contact pendant 3 minutes. Le sang iné normal et le sang défibriné ayant subi le contact du foie sont is en proportions variables à deux séries d'échantillons de sang ^és dans la carotide d'un autre animal. Un échantillon témoin est lé en 12 minutes.

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