ABSORPTION SOUS-CUTANÉE DES SERUMS
da sérum de cheval, même en très petite quantité, reffet sur les globules blancs est tout différent : ils ne sont plus détruits, mais ils conservent leur vitalité pendant des heures. Certains de ces sérums possèdent la propriété antiieucocidique naturelle à un degré tel, qu'à volume égal ils sont capables de neutraliser plusieurs centaines de fois plus de leucocidine que le sérum des lapins normaux.
Nous avons eu l'occasion d'utiliser, dans quelques-unes de nos recherches, du sérum provenant de chevaux vaccinés contre le staphylocoque pyogène. Ce sérum possédait le pouvoir antiieucocidique à un très haut degré, et dépassait de loin les sérums de chevaux normaux, ou vaccinés contre différentes affections.
Comme le sang du lapin normal est dépourvu de propriétés antileucocidiques et que le sérum du cheval en possède à un degré élevé, on pouvait nourrir l'espoir de retrouver facilement ces propriétés dans le sang des lapins injectés avec le sérum de cheval, et d*avoir ainsi un bon moyen de comparer entre elles les différentes voies d'absorption que nous avions choisies. C'est ce qui a effectivement lieu comme nous le démontrons dans les pages suivantes.
f 2. — PonToir antilencocidique acquis par le sémm des lapins, auxquels on a injecté dans les veines du sémm antileucocidiqne de cheval.
Si, par une injection intraveineuse, on amène une certaine quantité de sérum de cheval dans la circulation d'un lapin, son sang acquiert des propriétés antileucocidiques pour un temps plus ou moins long. Il est à peine besoin de dire que, dans les conditions où l'opération est faite, le sang acquiert cette propriété instantanément et atteint le maximum dès que toute la masse est injectée. Les deux expériences suivantes en fournissent un exemple manifeste.
Exp. I. — Nous prenons de la carotide d'un lapin de 2210 grammes une petite quantité de sang, et nous constatons qu'on a besoin de 140 par^ lies du sérum exprimé par le caillot pour neutraliser complètement 1 partie d'une solution de leucocidine. En effet, si on mélange ces deux liquides dans la proportion de 130 a 1, les globules blancs subissent encore la dégénérescence caractéristique. Ce n'est qu'à partir de 140 parties pour 1 que le sérum neutralise la leucocidine et que les globules blancs conservent leur vitalité. Le sérum du lapin normal ne renferme donc que des quantités négligeables d'antileucocidine ou n'en renferme pas du tout, la disparition du pouvoir leucocidique s'expliquant dans celte dernière hypothèse par la dilution avancée.
Immédiatement après la première saignée, nous injectons lentement par la veine marginale de l'oreille 55 centimètres cubes (20 ce. par kilog.) de sérum de cheval normal. Ce sérum est doué d'un pouvoir antiieucocidique tel que 2 volumes sont capables de neutraliser 1 volume de la mcme leucocidine. L'opération terminée, nous retirons de nouveau un peu de sang par la carotide et nous constatons cette fois qu'il ne faut
plus 140 parties de sérum pour neutraliser 1 partie de leucocidine, mais qu'il suffit de 4. Le sérum de notre lapin est ainsi devenu anlileucocidique, et un simple calcul nous permet d'exprimer sa force en chiffres: il suffit de diviser 140 par 4, ce qui nous donne 35. Le sérum recueilli après rinjection est donc devenu 35 fois plus antileucocidique que le sérum recueilli avant; en d'autres termes, 1 partie de ce second sérum est capable de neutraliser 35 fois plus de leucocidine.
Cette expérience démontre que Ton peut rendre le sérum du lapin nettement antileucocidique par l'injection d'une certaine quantité de sérum de cheval normal. Cette propriété est à son maximum immédiatement après l'injection; après quelques heures on observe déjà une diminution. Ainsi dans l'expérience précédente, après 6 heures, 4 volumes de sérum ne suffisent plus à neutraliser 1 volume de leucocidine, il en faut déjà 5.
Nous avons constaté régulièrement cette déperdition progressive du pouvoir antileucocidique chez nos lapins injectés, do telle façon qu'après quelques jours il n'en restait plus de traces, et que le sérum des lapins était redevenu normal.
La persistance, pendant un certain temps, du pouvoir antileucocidique doit attirer spécialement notre attention, afin de pouvoir apprécier à leur juste valeur les résultats obtenus par les injections sous-cutanées.
Exp. IL — Cette expérience relate des dosages pratiqués jusqu'à quarante-huit heures après l'injection du sérum antileucocidique. Ce sérum provenait d'un cheval vacciné contre le staphylocoque et pouvait neutraliser au moins 15 volumes de notre leucocidine.
Un lapin du poids de 2100 grammes reçoit 50 centimètres cubes de ce sérum dans la veine. Avant l'injection il fallait ajouter 120 volumes de son sérum à 1 volume de leucocidine pour neutraliser celle-ci. Immédiatement après rinjection, l'effet est tout opposé : 1 volume du sérum du lapin peut neutraliser sûrement 10 volumes de leucocidine; le sang obtenu après 5 heures n'en neutralise plus que 1; celui obtenu après 16 heures peut encore neutraliser 5 parties de leucocidine: après 2^ heures encore 3, et après 48 heures il ne peut plus neutraliser que son volume de leucocidine.
Ces deux expériences montrent que le pouvoir antileucocidique, conféré au lapin par l'injection intraveineuse, se conserve assez bien pendant les premières heures qui suivent l'injection, mais qu'il va ensuite progressivement en s'affaiblissant. Dans une expérience nous avons constaté encore des traces de ce pouvoir après dix jours. Par contre, dans une autre, le bénéfice do l'injection avait complètement disparu après huit jours.
Ces expériences sont encore intéressantes en ce sens qu'elles nous montrent le sort d'une substance spécifique d'un sérum dans le corps d'un animal. Elle y est soumise, comme on voit, a des déperditions continuelles. Nous avons tout lieu de croire que cette destruction se produit par l'intermédiaire des tissus, car le sang lui-même, du moins in vitro, parait sans action sur ces substances; en efi'et, nous avons fait dans des
ABSORPnOir SOUS-CUTANÉE DBS SERUMS.
es des mélanges de sérum de cheval et de sérum de lapin, mélanges it nous avons dosé immédiatement la force antileucocidique. Or, après t et quinze jours cette force s'était conservée intacte.
3. — FoiiToir aniilencocidiqne commnniqné an sang des lapins, après injection sous-cntanée on intrapéritonéale de sémm de cheval.
[aintenant q[ue nous savons que l'antileucocidine de cheval introduite ictement dans le sang communique à celui-ci un pouvoir antileucoque très marqué, qui a son maximum immédiatement après Tinjec- 1 et qui va en diminuant peu à peu les jours suivants, nous pouvons lier l'absorption qui a lieu quand on introduit le sérum de cheval s le tissu sous-cutané ou dans le péritoine.
xp. m. — Le sérum antileucocidique qui est injecté ici est du sérum I cheval normal. Sa puissance est assez faible, puisque 1 partie ne t neutraliser que 9 parties d'une leucocidine peu concentrée ; on peut sire une idée de la force de celle-ci par l'inspection du tableau suivant *on voit 1 volume de cette leucocidine neutralisé une première fois 10 volumes du sérum d'un lapin normal et une seconde fois par ilumes du sérum d'un autre lapin normal.
nt rinjectioD..
Wores après..
A. Injection danx la veine
de 40 centimètres cubes de sôrum
antilencocidique
(lapin de 2000 gr.).
Parties de sémm.
Partiea de leucocidine.
neatraliseot neutralise
B. Injection ious lu peau
de 40 centimètres cubes de sérum
antileucocidique
(lapin de 9000 gr.).
Parties de sérum.
Parties de leucocidine.
8 neutralisent 1 7 — 1