TRANSMISSION DES TOXINES
DU FŒTUS A LA MÈRE Par M. A. CHARRIN
On sait que des substances solubles peuvent passer des plasmas naternels aux humeurs fœtales ; ce passage est infiniment plus facile fue celui des éléments figurés, souvent arrêtés par un placenta Lbsolument sain.
Bien des raisons conduisent à se demander si ces substances solubles, si des sécrétions bactériennes, en particulier, sont aptes à uivre un chemin inverse, à aller du rejeton à la génératrice? -•a nature protéique de quelques-unes de ces toxines, la structure des ^enibranes, les conditions physiques de la circulation, les règles de osmose, etc., s'opposent, malgré certains faits acquis, tels que ceux ® Lannois et Briau, à une réponse a priori ; il faut soumettre le *s à Texpérimentation :
^xp. I. — Le 18 avril 1898, on pratique la laparotomie chez une lapine ^^iae, à une période avancée de la gestation. — On distingue nettement ^aque fœtus et les délivres; il est par suite aisé de répartir, entre *^tre de ces fœtus, 1 centimètre cube de toxine diphtérique.
*-a lapine avorte le 20; le 22, elle succombe. — L'autopsie permet de **ïatater l'état de congestion intense des capsules surrénales, les signes ^ I*intoxication diphtérique.
Sur sept expériences analogues, quatre fois j'ai obtenu des résul- ^s semblables. — Deux femelles ont succombé à des accidents de '^itonite ; une a survécu sans être vaccinée.
^'ai tenté d'aller plus loin, de voir si on peut augmenter la résis-
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tance maternelle en introduisant ces toxines partiellement vacciiuuils dans les viscères fœtaux.
L'activité toxique des sécrétions du bacille de Lôffler, aussi bki que celle des produits issus de la vie du germe de Nicolaiër, seprèfe mal à ces investigations; i'avortement, la mort sur\'ienneal In^ promptement. Aussi ai-je échoué, dans ces essais de vaccinatios pratiqués suivant cette méthode.
Mais si on utilise des produits pyocyaniques moins actifs, il eî possible de réussir.
Exp. II. — Le 4 mai, on répartit 3 centimètres cubes de toxine pyoofinique entre ô petits lapins contenus dans la cavité utérine. — Cinq joors après, la mère avorte ; les petits succombent au bout de quelques heun!».
Le 1*7 mai, on éprouve la résistance de cette lapine en iDtnxluisaQt dans la veine marginale de Toreille 1 centimètre cube de culture pyocp nique active : deux témoins reçoivent la même dose de cette culture.
Le premier de ces témoins succombe le SO mai; le second le 21, -^ femelle, qui a reçu au préalable des toxines par Tintermédiaire desKJttons, survit jusqu'au 29 mai.
Onze tentatives analogues m'ont fourni trois résultats de cet ordre; dans un cas, les témoins sont morts en 57 et 72 heures, alors que^ lapine préparée a résisté pendant 23 jours.
En présence de ces résultats, il est permis de rappeler les eoî^ignements de la pathologie. — Ces enseignements, pour une part, nous apprennent que ces toxines, que ces virus peuvent être introduits chez le fœtus non plus artificiellement, directement, par ^ main de Texpérimentateur, mais par le générateur lui-même : 11»^ toire de la syphilis nous Tindique.
Dans ces conditions, au travers du placenta, le virus, quelque^ le germe vivant passent, atteignent les tissus de la génératrice; (p«^ quefois aussi tout se réduit à une légère infection, à une ainioe intoxication, attribuables aux faibles proportions de principes microbiens que le placenta a laissés filtrer.
Cette atteinte ébauchée suffit à augmenter la résistance; parsuil^ on comprend que le rejeton soit impuissant à contaminer lamèrei ces résultats rappellent dans quelque mesure la loi de Colles.
Ces faits, du reste, sont assez suggestifs. C'est ainsi que ces tocnés, grâce à cet intermédiaire intra-utérin, existent et cheziep^t^ et chez la mère ; elles sont aptes à engendrer des attributs cellulaires' car on sait que normalement ces substances microbiennes agisseflt de cette façon; elles accroissent, par exemple^ l'état réfract«ir«. autrement dit elles imposent aux cellules des activités phagocylair«^ nouvelles, des qualités de sécrétion des produits anti-toxiques on