I. — Expérience initiale
L'expérience première sur laquelle nous avions basé nos conclusions était la suivante :
Expérience. — En renversant sur le mercure un tube plein de bouillon additionné de nitrate de potasse (ou de soude) à 1 Q^ préalablement stérilisé, puis ensemencé soit avec le coli -bacille, soit avec le bacille d'Eberth, on constate, en maintenant Tapl)areil à Têtu va vers 35», un dégagement ^--^s=z^^x:^^^ gazeux qui, au bout de quelques heures, pent
atteindre plusieurs centimètres cubes. Le gaz dégagé est de Taiote.
ACTION DÉNITRIFIANTE DU BACILLE d'bBERTH. 69^
IL — Objections. Interprétation des résultats.
rois objections ont été successivement opposées par M. Grimbert
» tre interprétation des résultats de l'expérience précédente :
a première concerne la rigueur de notre technique;
sê. seconde, les espèces microbiennes utilisées pour nos expé-
ces;
Bfc dernière, l'influence du milieu nutritif sur le procès fermentatif.
Objection concernant notre technique. — On a tout d'abord >ccté la rigueur de notre technique et objecté que les conditions- ^ximentales défectueuses dans lesquelles nous nous étions plarxe nous avaient peut-être pas permis d'opérer nos ensemenents à l'abri de toute contamination. Le dégagement d'azote îrvé par nous ne serait pas dû, d'après cette hypothèse, au bad'Eberth ou au coli-bacille, mais à un microbe banal ramassé le mercure.
3 dispositif que nous avons employé offre, contrairement a nion de M. Grimbert, toute garantie. Il a donné les meilleursiltats entre les mains du professeur Arloing lors des études de >hysiologiste sur les propriétés fermentatives de certains mi- >os pathogènes. Voici ce dispositif :
:i verre à pied est rempli aux trois quarts de mercure sec, préalaient bien lavé aux acides, puis à l'eau courante. On renverse sur ce cure un tube à essai plein de mercure ainsi préparé, en ayant soin iter rintroduction de toute bulle d*air. L'appareil ainsi disposé est ^loppé d'un double de fort papier Chardin soigneusement licelé sur ied du verre, puis stérilisé à l'autoclave pendant vingt minutes,.
uand le mercure est refroidi, on soulève le papier ; on introduit soiusement avec une pipette recourbée, préalablement flambée soit la Ltion de nitrate additionnée au préalable d'une culture d'Ëberth, soit deux liquides successivement. »
-■a preuve que notre dispositif permet d'éviter toute contamination
ide dans les faits suivants :
ians un grand nombre d'expériences, les cultures d'Ëberth ayant
mé un dégagement gazeux en milieu nitrate ont été examinée» sortir du tube à essai, à l'aide de diverses méthodes. Toujours cultures ont été reconnues par nous et par d'autres expérimen-
iurs absolument pures.
)e plus, habituellement, en plus du tube à essai ensemencé, nous-
^osions dans le même verre un second tube dans lequel du
700 L. HUGOUNENQ ÏT M. DOYON.
bouillon seul était introduit. Quoique ce tube fût rempli en secd lieu et exposé, par suite, à des chances plus nombreuses decoate-^ mination, toujours il restait stérile indéflniment, même à Tétuve.
b) Objection concernant les espèces microbiennes employées, - M. Grimbert avait mis en doute soit la rigueur de notre technique, soit les caractères réellement spécifiques des microbes que \m avions employés.
• Pour ne pas être exposés au reproche que nos résultats pourraiesi s'interpréter par ce fait qu*il s'agirait d'une variété particulière, ûoe avons utilisé, dans nos expériences de contrôle, un très ^'i nombre de microbes de provenances très diflerentes et très soigneusement caractérisés. Toutefois, nous avons porté principalemes notre attention sur l'Eberth. Il parait, en effet, bien certain ^ TEberth constitue une espèce plus fixe que le coli, quelles qtf soient, d'ailleurs, les analogies incontestables qui existent entre ceî deux microbes.
Les variétés d'Eberth que nous avons utilisées provenaient de diveis laboratoires ou services hospitaliers de Lyon et de Paris. Ces bacilles avaient pour origine la rate d'un typhique. Tous présenUienl les caractères suivants : ils étaient décolorés par le Gram; ils ne faisaient pas fermenter la lactose; ils ne coagulaient pas le lait; enh ils s'agglutinaient très bien. De plus, tous ces bacilles avaient, en outre, les caractères classiques en culture sur divere milieux. L"^ avait été donné aux élèves comme type de bacille d'Eberth danste laboratoire de bactériologie le plus important de Paris; un autre a^"»!' servi à Paul Courmont à faire tous ses travaux sur la fièvre typhoûi^ et notamment ses recherches sur l'agglutination.
En ce qui concerne le coli, nous avons exposé plus haut les raisoos pour lesquelles nous avons renoncé à poursuivre de nouvelles eip^ riences de contrôle avec ce microbe. Toutefois, nous devons dire que nous avons eu l'occasion d'observer des résultats positifs, confirmatifs de nos premières conclusions, avec un microbe présenUn' tous les caractères du coli et recueilli dans la vessie d'un maW^ atteint de cystite. Ce bacille ne s'agglutinait pas et faisait fermenter la lactose.
c) Objections concernant la nature du milieu de culture. - ^ milieu de culture que nous avons employé était du bouillon de vean additionné de 20 grammes pour 1000 de peptone Moiroud pwte.^^^ éviter la formation, au contact du mercure, de bichlorure, le bouillon n'était pas salé. Toutefois, on ajoutait une très petite quantité df cendres d'urines. Le bouillon était ensuite additionné de nitrate de potasse ou de nitrate de soude, puis stérilisé. •
ACTION PÉNITRIFUNTE DU BACILLE d'eBERTH. 701
concentralion la plus favorable à une action énergique du mi- 3, est voisine de 1,5 de solution 0/0 de liquide. A 2 0/0, les sons fermentent très lentement et, au delà, le dégagement gazeux ilentit jusqu'à cessation complète.
)U9 avons dans quelques cas employé, au lieu de bouillon, une ,ion peptonée à 1 0/0. Toutefois, dansces conditions, le microbe ousse et la fermentation ne se produit que si l'ensemencement a ait très largement avec une culture développée en bouillon. \ raison de la complexité du milieu, M. Grimbert a objecté que \ n'étions pas autorisés à conclure que le dégagement gazeux enait réellement des nitrates. Or, dès le début, nous avions tré que le bacille d'Eberth en présence du bouillon^ ne donne de gaz, même après un séjour de plusieurs semaines à Tétuve» azote dégagé provient donc des nitrates ; toutefois, spontané^ /, nous avions soulevé une objection qui aurait pu nous être
sur le mécanisme de ce dégagement. En effet, la présence le des nitrates dans le bouillon introduit une complication. Il t pas douteux, et nous l'avons constaté, que TEberth transforme litrates en nitrites. Or, on pouvait supposer que l'action du micromisme est limitée à cette transformation et que les nitrites dé- 3nt leur azote simplement sous l'influence de produits do déchets iés de la culture: Sans aucun doute, cette objection n'aurait rien vé à l'intérêt du fait annoncé par nous. Toutefois, il nous a paru ressant de rechercher si, dans le cas particulier, le dégagement ote est dû à l'action directe, en quelque sorte vitale, du microbe i'il s'agit d'un effet, évidemment toujours lié au développement >acille, mais d'une façon plus indirecte.
ans ce but, nous avons fait toute une série d'expériences conlant, soit l'action d'un grand nombre de produits azotés sur les ites et les nitrites, soit l'action des produits de déchets d'une ure d'Eberth sur ces mêmes substances. Nous avons pu nous mncre que l'azote est dégagé sous l'influence directe du microbe les nitrates ou les nitrites.
oici une des expériences à l'appui de cette conclusion :
KPÉRiE^CE. — Une culture d'Eberth sur bouillon en plein développet est filtrée au Chamberland. Si on introduit avec les précautions ssaires une abondante quantité de cette culture filtrée sur le mercure \ un tube plein de nitrite ou de nitrate en solution convenable, il ne roduit aucun dégagement d'azote.
lemarque. — Nos expériences prouvent que la composition du eu de culture n'est pas indifférente au dégagement d'azote aux ens des nitrates sous l'influence du bacille d'Eberth. En solution
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peptonée, le dégagement n*a pas lieu. La présence du bouillon paii nécessaire. Pourquoi? Nous ne pouvons faire à ce sujet qu'une lif-, pothèse. On sait d'une façon générale que la compositioa du milia «exerce une action considérable sur les propriétés chimiques desnè* crobes. L'utilisation si fréquente de Teau de levure par Pasteur «^ du bouilloa par les bactériologistes se justifie ainsi. Dans le m particulier, il est possible que TËberth ne réalise la dénitrificatici -des nitrates alcalins que dans les conditions de culture les plus favorables. Il se dégage peu d^azote, parce qu'il se forme des oitriteN :8ubskance& tozicpies qai ne tardoAfc pas à arrêter le procès ferm^tatif. Dans tous les cas, il est bien cedun que la présence dans 1^ bouillon de nitrates et de nitrites influence le déreloppemenl do microbe. Cultivé dans ces conditions, FEberthse présêfite sousii forme d'un bacille moins allongé, plus court, plus ramassé. D&pfas» nous avons constaté que la présence de nitrites en excès retarde ou empêche le développement du microbe. Quoi qu'il en soit, noii; ne nous faisons aucune illusion sur la portée de la théorie que iioas suggérons concernant l'action du bouillon. Seuls, les faits sontessaetiels et la réalité de celui que nous avons annoncé ne saurait pliii être contestée.