SUR L*ÉNERGIE MUSCULAIRE BT LA RESISTANCE A LA FATI6U
Par M. A. MOSSÉ
Profesaear de clinique médicale à rOoiTersitè de Toulouse.
(Travail du laboraloiro de THôtel-Oieu.)
Dans une communication antérieure • {Congrès de médecine Bordeaux^ 1895), nous avons fait connaître la propriété quepossi le suc thyroïdien d'augmenter, au débuts pour un temps v suivant les sujets, l'énergie musculaire et la résistance à la Constaté d'abord simplement au moyen du dynamomètre ColliOi phénomène avait été ensuite contrôlé sur des graphiques oblei avec Tergographe de Mosso.
A première vue, ce résultat pouvait paraître surprenant. Ene8 parmi les symptômes initiaux qui révèlent la saturation thyroïdiff' de l'organisme on note généralement une sensation de courbata de brisement des forces, une diminution de l'énergie des musci Aussi une objection semblait possible. On pouvait se demander l'invigoration sur laquelle nous avions appelé Taltention était h réelle. Ne pouvait-elle tenir à cette circonstance que les sujets, ? gressivement mieux exercés à la manœuvre de l'appareil — ¥ momètre et surtout ergographe — résistaient plus longlemftô « fatigue, par l'elîet de l'habitude et non par l'effet du médicain< organique? Cette objection, nous avons voulu la prévenir et ^^ mettre au contrôle de l'expérimentation.
* MossÉ, Note sur les effets de la médication thyroïdienne {C. R.dall*^ français de médecine, Bordeaux, 1895, p. 597).
A roccasion du rapport que nous étions chargé de présenter au ongrès de Montpellier sur Vétat actuel de topothérapie thyroîicnne^ nous avons repris Tétude du phénomène signalé deux ans iparavant à Bordeaux. Nous avons modifié les conditions de Tob- 3rvation, et les nouveaux tracés ergographiques ont confirmé Texaclude de Tinterprétation que nous avions proposée.
Parmi les nombreuses courbes de fatigue prises après adminissition, soit de lobes thyroïdiens, soit de thyroïdine à divers ma- ^es et amenant toutes à la même conclusion, nous reproduisons sUes recueillies dans deux cas où l'observation a pu être plus prongée que de coutume. Elles sont démonstratives. Voici brièvement âumées les conditions dans lesquelles elles ont été obtenues :
H. Homme. — X... âgé de 65 ans, arthritique, obèse, emphysémateux, jposystolique, atteint de symphyse cardiaque, est exercé pendant trois L^rs à la manœuvre de Tergographe de Mosso, avant d'être soumis à la 3dication thyroïdienne. Cette période d'essai terminée, X... ingère sique jour 2 grammes de corps thyroïde du mouton, frais, en nature,
Ton continue à enregistrer quotidiennement le tracé de la fatigue imsculaire. Les autres conditions de rexpérience restent les mêmes ^ dans la période d'essai. Le poids tenseur suspendu à Pappareil est
S kilogrammes. Quand. la fatigue oblige le malade à s'arrêter, on csorde un repos de cinq minutes et Ton prend, après cet intervalle, un ^jveau tracé ergographique afin d'étudier, pur comparaison avec le ^mier, la façon dont se produit l'épuisement de la force musculaire, à simple coup d'œil jeté sur les graphiques obtenus successivement codant les périodes : 1® d'essai préalable; 2<» de traitement thyroïdien, K^met de se rendre compte par comparaison de Tamèlioration qui se ^ Jitre presque immédiatement après la mise en œuvre de la médication, t is aussi la rapide atténuation de ce phénomène, malgré la continuation
traitement.
C^ctte amélioration peut d'ailleurs être évaluée en chiffres par le calcul
travail mécanique effectué.
Si on additionne la hauteur des lignes d'ascension de chaque tracé et ^on multiplie le chiffre de Taddition par le chiffre du poids tenseur,
obtient les résultats suivants pour l'évaluation du travail exécuté ductiles deux périodes de l'expérience ^
Tableau
J'ai été aidé dans ces expériences par M. Ortel, stagiaire de la clinique. Je 1^ rie de recevoir ici mes remerciements.
11. Fvinaii-. — J..., 31 ans, bronchilique, emphysémateuse, eot»*^ de syphiliii et d'alcoolisme, londance r l'obêsilë, a déjà Tail pln^ra^ séjours daDS notre service, surlout dans le but d'êlre débarrassét A '* lumineux pseudo-lipomes symétriques du cou. t,a cure thyroïdienne i'''' tentée, pendant ces divers séjours, sans grand succès d'ailleurs, et p sieurs fois déjà on a pris des tracés ergographiquos, de sorte qot ' malade osl déjà familiarisée avec la manœuvre do l'appareil an ïïionrt où elle renlre de nouveau dans nos salles. Aus»i, pour elle, avon^^ca commencé immédialement le trailemcnt thyroïdien et eni-egislK s* influence sur l'énergie do la contraction musculaire et le retard df^ fatigue. L'expérience a été divisée en trois périodes ;
A. Période do traitement par la glande en nature.
I). l'ériodc de repos thérapeutique.