‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 5)Chapitre 251 sur 269 · IV. — Composition chimique de T encéphale · texte numérisé non relu

IV. — Composition chimique de T encéphale

Pour deux cerveaux semblables, c'est-à-dire de grandeurs dilïérent3S, toutes choses égales d'ailleurs, les masses ou les poids d« sont pas la mesure de la valeur fonctionnelle. En effet, les données anatomiques desquelles dépend la puissance physiologique soot: 1° le nombre des neurones; 2" la complexité de leurs connexion? Mais la longueur de ces connexions ne constitue évidemioentpasun élément du même ordre, et pourtant elle influe sur le poids de l'organe. Or, les considérations géométriques les plus simples démootrent qu'un cerveau plus grand aura nécessairement les parties conductrices de ses neurones relativement plus grandes qu'un cenesa plus petit. Il en résulte que, si Ton compare ces deux cerveaux, en prenant leurs poids comme base d'appréciation, on estimera tro[' haut la supériorité du plus grand.

La correction à faire intervenir ne peut pas être calculée ajor/orii parce qu'on n'a jamais affaire à deux cerveaux exactement semblables, même en limitant la question à son côté purement géométrique; on sait, par exemple, que dans un genre ou une famille donnée, ou les petites espèces ont un cerveau lisse, les grandes ont un ceneau circonvolué, ce qui a pour résultat de diminuer dans une cerlaiof mesure l'écart entre les valeurs physiologiques de l'unité de poids de substance cérébrale.

Nous avons cherché un moyen d'apprécier directement la pariqui revient aux éléments conducteurs dans un cerveau donné, et noua l'avons cherché dans l'analyse chimique, en considérant non pas l«

' U n'y a à tenir compte que de la constance des chiffres dans une s»>rio. ?l nullement de la valeur absolue de ces chiffres, qui n'expriment aucune grandtaf réelle, mais de simples rapports, et varient suivant l:i façon dont est po*?l* calcul. En fait, dans le paragraphe I, nous avons extrait la racine quatrième dQ poids exprimé en grammes, ici du poids exprimé en kilogrammes.

ghandeur du corps et développement de L*ENCEPHALE. 771

ducteur lui-même, la partie cylindraxile des neurones, mais la 16 de myéline qui vient s'y superposer. Cette myéline est, en t, à peu près connue chimiquement; le dosage de l'un ou de Ire des principes immédiats qu'elle contient, sinon d'une manière lusive, au moins d'une manière très prédominante, peut donner i première approximation de la mesure que nous cherchons, l'est à peu près, mais non exactement, la question souvent posée, en somme, non encore résolue, de la détermination de la propor- L relative de substance blanche et de substance grise; cette distion de grosse anatomie ne comprend pas, en eflet, tout le pro- 3ie de la longueur des conductions, même des conductions Slinisées, puisqu'on trouve de celles-ci dans la substance grise. fous ayons cherché d'abord à doser la cholestérine, puis la lécile, et, après quelques séries de recherches, nous nous sommes ^tés au procédé plus simple et en même t^mps, a-t-il semblé, plus liflcatif, du dosage de Vextrait éthéré.

fous avons opéré d'abord sur les hémisphères de quatre espèces mammifères ; lés encéphales avaient été durcis dans du formol O/O; on peut sur ces pièces faire facilement des sections en une Lon bien déterminée, ce qui est beaucoup plus difficile sur des ^es fraîches, en raison de leur mollesse et de leur friabilité. rn point pratiquement délicat, c'est la détermination du poids sec servira de base à l'analyse ; la dessiccation dans le vide est extiement longue ; d'autre part, la chaleur altère les principes à er. Sur la matière cérébrale desséchée à basse température, on t, après un épuisement par l'éther, obtenir |»ar l'alcool chaud un ^ait encore important; l'action d'une température un peu supéire à 100® fait progressivement augmenter la proportion des subsce solubles dans l'éther, aux dépens de l'extrait alcoolique à proûr du résidu de l'épuisement.

En desséchant entre 70 et 80°, on a une altération de la matière, 'élée par un brunissement assez accentué; mais les résultats du Bage ne sont pas sensiblement modifiés. C'est cette méthode que Us avons d'abord adoptée. La matière cérébrale desséchée à poids astant au-dessous de 80"* est pulvérisée, puis soumise à l'action l'éther dans un appareU de Soxhlet; l'épuisement est complet, en aérai, au bout de quatre fois vingt-quatre heures; l'extrait est fôéché à 110® (ce qui le fait brunir davantage, mais n'altère pas isiblemcnt son poids), puis pesé.

SJous avons obtenu les proportions suivantes, en 0/0 du poids sec :

' Chien 40

Mouton 38

Bœuf 47

Homme 45

772 DHÉR]£ ET LOUIS LAPIGQUE.

Si nous comparons le chien, et surtout le mouton, qui semblable, au bœuf, nous trouvons une augmentation notabl trait éthéré, ce qui est conforme aux considérations géon exposées ci-dessus; lorsqu'on compare, d'ailleurs, Taspec cerveaux sur des coupes faites suivant des plans divers, on grande différence dans la proportion de substance blanche.

Mais passant du cerveau de bœuf (encéphale pesant 425 g au cerveau de l'homme (encéphale pesant 1,540 grammes), de trouver une augmentation progressive, nous trouvons, traire', une diminution de la proportion d'extrait éthéré; c'a effet, chez rhpmme, la couche corticale est plus épaisse, I glions cérébraux plus volumineux, les scissures plus pn toutes conditions qui ont pour résultat de diminuer relative substance blanche.

Les indications fournies par la pesée de l'extrait éthéré 5< donc bien s'adapter à ce que nous pouvons concevoir de la relative des cerveaux; et il semble qu'il y a lieu de tenir d'une évaluation de ce genre pour toute recherche relati notion de quantité dans l'encéphale ^

Nous nous sommes demandé si l'on observerait des variât même ordre en comparant des encéphales de chiens adultes rents poids.

L'on ne pouvait répondre a priori^ puisque la forme de c€l et, jusqu'à un certam point, le degré de pHssement de l'écori brale se modifient systématiquement avec la taille de l'anima

Ayant trouvé une même expression pour la relation des c parties de l'encéphale au poids du corps, nous avons fait por analyses sur la totalité de l'encéphale, et nous avons éva variations proportionnelles de la myéline d'après les quanl substance sèche et d'extrait éthéré obtenues dans chaque c recherches de Bibra, Bourgouin, Petrovvsky, ont en effet que la substance blanche fournit une bien plus forte propor matière sèche et d'extrait éthéré.

Voici les valeurs moyennes données par dix-huit opérations 0/0 de substance sèche. (L'encéphale conservé dans le formol

* Von Bibra {Vcrglcich. Unters. uber das Gebirndea MeDschenuad^ï bclthierey Mannheim, Bassermann et Mathy, 1854) a alUré l'aUenUon sur éthéré de rencéphaie, mais il s'était posé la question d*une façon abc différente décolle exposée dans ce mémoire; il constatait rimportanccd'o forle proportion de graisses pour le fonctionnement cérébral el che prouver que celle proportion augmente avec Télévation dans la hiérarchi gique. C'est presque la conception inverse; ses chiffres pourtant ae s en désaccord avec les nôtres; mais il faisait la moyenne entre divers i fères, la plupart de petit poids cérébral, pour les comparer à riiomme.

GRANDEUR DU CORPS ET DÉVELOPPEMENT DE l'eNCÉPHALE. 773

iché, desséché grossièrement dans l'otuve à 37**, puis broyé isement et desséché dans le vide jusqu'à poids constant.)

ront

SUBSTARCK SÉCIB

de Teacéphale

frais.

NOXBBI

de détermination.

srps.

de Tencéphale frais.

de l'encéphale sec.

une différence de 2,8 0/0 en plus pour les grands chiens, se encéphales secs épuisés par Télher à 65® bouillant, au moyen pareil de Dupré, ont fourni les quantités suivantes d'extrait (desséché à Tétuve à 80*» pendant vingt-quatre heures) :

Page 1