C. U. : 3ôd
Myosis bien prononcé, commence
Urines à 120*«, abondantes.
Dyspnée vers 150*.
Convulsions à 230»% mort à 2S5«.
12 mars 1894. — Injection de 2 centimètres cubes.
Myosîs bien prononcé , mais ne com-
moi^ce qu'à 270*«.
Urines à 130~, peu abondantes, en tout une centaine de centimètres cubes.
Météorisme à 200**, augmente rapidement. Dyspnée médiocre à 900**. CbeyDt- Stokes.
Mort à 830**.
13 mars 1894. — Injection de 4 centimètres cubes.
Poids de la malade 47»'k,5
Poids du lapin 1470»'
Quantité en 24 heures 2200**
Quantité injectée 310**
14 mare 1891. — Injection de 4 centimètres cubes.
Poids de la malade 47''*,5
Poids du lapin 1380»'
Quantité en 24 heures 2600>'^
Quantité iiyectée SSO»*^
Myosis commence à 100**, est bien prononcé vers 200**.
Urines très abondantes.
Le lapin reste vivant.
Poids de la malade 47''ï,5
Poids du lapin 950»'
Quantité en 24 heures 2300**
Quantité injectée 200*»
Myosis commence vers 120**, est prononcé à 180**.
Météorisme à 50**.
Urines très abondantes. Le lapin reste vivant.
En analysant le tableau ci-dessus et en prenant les moyennes pour les trois périodes expérimentales, nous obtenons les résultats suivants :
La quantité d*urines émises en vingt-quatre heures a été : pour la première période, de 2,533 centimètres cubes en moyenne; pour la deuxième période, de 2,350 centimètres cubes en moyenne ; pour la troisième période, de 2,611 centimètres cubes en moyenne. Mais il ne faut pas oublier que cette malade fut prise de diarrhée au milieu de la deuxième période, ce qui rend les résultats moins précis. La densité 8*est également ressentie de ce trouble fâcheux. Cet incident a moins d*importance pour Tappréciation de la quantité des sels et de Talbumine, ainsi que de la toxicité urinaire.
La quantité d'urée par vingt-quatre heures, de n«',04 en moyenne pour la première période, est légèrement augmentée, na^jSG, pour la deuxième période, et est encore plus forte, âO^^oô en moyenne, pour la troisième période.
Les chlorures, 12»',51 en moyenne pour la première période, restent à 12s',55 pour la deuxième période et descendent à ISs^^dO dans la troisième période.
Les phosphates, de Os^',38 par vingt-quatre heures en moyenne pendant la première période, montent à 0»',86 dans la deuxième période, et à l*f',23 dans la troisième période.
L*albumine, 0«',31 par litre dans la première période, reste à O^^jâS par litre dans la deuxième, et à Off'^,35 dans la troisième période ; pas de changement.
ACTION DE L*EXTRAn RÉNAL. Il5
lies nrates, presque nuls dans la première, apparaissent dans la teTixième période, déjà avant la diarrhée, et se maintiennent dans la cxisième période.
Enfin, le coefûeient urotoxique, 205 en moyenne dans la première Période, est légèrement inférieur à 25*2 dans la deuxième période ; il y iurait une augmentation de la toxicité urinaire. Ce n*est pas la diarrhée pli ea est la cause, car Tapparition de la diarrhée coïncide avec une i«uvelle diminution du coefficient urotoxique. Cette diarrhée n*est pas ton pins une conséquence du traitement séquardien, car elle n*est pas »])servée chez notre deuxième malade. Cetto augmentation de toxicité unnaire ne peut pas être non plus la conséquence directe, immédiate des injections, car les deux centimètres cubes d*extrait rénal, éliminés même ^o nature, ne sauraient élever d'une manière appréciable la toxicité des leux litres et demi d*urine. En effet, 25 centimètres cubes par kilo- ^mme d'animal ne produisent, en injection intra-veineuse, aucun effet feiannant. Il faut donc admettre des deux choses Tune, ou cette augmen- «tion de la toxicité est l'effet du pur hasard, ou bien le traitement séquarlien stimule la sécrétion externe des reins pour les toxines.
Ce résultat, déjà intéressant par lui-même, est complété par l'étude ^Riparative des propriétés biologiques que les urines de notre malade présentaient avant et après le traitement séquardien. Nous ne nous arrê- 4>rons pas sur les propriétés de thermogenèse de ces urines que nous ftTons cessé de noter, après nous être assurés par plusieurs centaines Inexpériences que Tun de nous a publiées dans un autre travail, que toute injection intraveineuse d'une grande quantité de liquide est suivie i*un abaissement de température proportionnelle à la durée de l'opération et à la quantité du liquide injecté. Il était plus intéressant de savoir ai Tarine, naturellement diurétique, le devenait davantage après le traitement par l'extrait rénal. Or, nous n'avons pu remarquer, sous ce rapport, aucune influence décisive.
En effet, dans les trois expériences avant le traitement, les animaux urinaient après avoir reçu 120, 150,175 centimètres cubes d'urines dans leur sang ; dans celles qui ont suivi le traitement, l'émission des urines avait lieu à 110, 120,130, etc., centimètres cubes. La quantité d'urines émises était abondante dans les deux séries d'expériences, et il est difÛinie de tii*er une conclusion quelconque des phénomènes observés. Si ton rapproche de ces résultats les effets produits par Tinjection intraveineuse de Textrait rénal et qui sont consignés dans rexpérience III cidessous, on arrive à trancher la question dans ce sens, que l'extrait Hnal par lui-même, n'a pas de propriétés diurétiques. En effet, un lapin qui a reçu en injection intraveineuse 175 centimètres cubes d'extrait rénal n'a uriné qu'à 160 centimètres cubes. Nous avons également voulu savoir si cette substance n'a pas de propriétés antidiurétiques ^ mais les résoltats obtenus permettent d'aflirmer qu'il n*en est rien. Nous ne nous arrêterons pas non plus sur le phénomène de Cheyne-Stokes observé une fois après le traitement séquardien, car ce phénomène ne fut observé iju'Qne fois, et encore immédiatement avant la mort de l'animal en expérience.
.Mais il est un autre phénomène qu'on observe régulièrement, lorsqu'on ntique des injections intraveineuses d'urines et dont l'importance est
' Fbenkkl, Sur rexistence dans certaines urines de Thommo de propriétés BUdiurétiques [Soe. do Biol.^ 8 déc. 1898, n* 35).
116 J. TSISSIKR ET H. TRENKEL.
si capitale, qu*à lui seul on peut juger du degré de la toxicité des urines. Nous voulons parler du myosis. Ce phénomène est un des premiers qu*on observe pendant Texpérience, et le moment de son apparition est, en général^ un bon indice du degré de la toxicité des urines. Or, chez notre malade, les urines avaient cette propriété remarquable de ne pas produire de myosis. Pendant les trois jours qui ont précédé le trai' tement séquardien,le myosis est noté comme faisant défaut, ou apparaissant tardivement et étant très médiocre.
Après la première injection de 1 centimètre cube de Textrait rénal, les urines n*ont pas encore acquis le pouvoir de faire conti'acter la pupille. Mais le tableau change les jours suivants. A mesure qu*on continue le traitement, on voit apparaître, par les injections intraveineuses des urines de la malade, ce phénomène en vain recherché jusqu'à pi'ésent. Nous en étions profondément surpris et nous nous demandâmes si c*est Textrait rénal éliminé par les urines qui produit du myosis, ou s*il faut Tattribuer a une autre cause. Pour résoudre ce problème, nous instituâmes la série d'expériences suivante :
Injection de liquide rénal au Î/ÎO^ aux animaux.
Exp. I. — Un lapin de 800 grammes reçoit 20 centimèti*es cubes du liquide rénal dri/is le sang et n*accuse aucun symptôme morbide. Pas de myosis. Pas d'émission d'urines.
Ëxp. II. — Un lapin de 1 100 grammes reçoit 20 centimètres cubes du liquide rénal sous la peau du dos et reste tout à fait bien portant. Pas de myosis.
Exp. III. — Un lapin de 1750 grammes reçoit 175 centimèti*es cubes du liquide rénal au 1/10^, soit 100 centimètres cubes par kilogramme d^animal. Il reste vivant, mais il est très malade : il présente de la dyspnée très prononcée, des frissons violents, du nystagmus non dyspnéique, d& la faiblesse des membres; puis des convulsions, de l'opisthotonos. Enfin, il meurt avec des phénomènes convulsifs et dyspnéiques.
Au début de l'expérience, il y a un peu de myosis ; celui-ci augmenta légèrement au cours de l'injection, mais n'arrive jamais au degré qu'on voit avec certaines urines. Dyspnée à 60 centimètres cubes, urines asses abondantes seulement à 160 centimètres cubes. Nystagmus à 165 centi' mètres cubes.
Les convulsions, après qu'on a détaché l'animal , sont extrêmement violentes; l'opisthotonos devient persistant jusqu'à la mort. Par le chloroforme on peut faire disparaître l'opisthotonos pendant quelques minutes.
L'injection directe de l'extrait rénal, à la dose de 25 centimètres cubes par kilogramme d'animal, n'ayant pas produit de myosis, il est évident que ce n'est pas l'élimination des 1 ou !2 centimètres cubes de cette substance par les urines qui peut être la cause de la réapparition de ce pbé' nomène. Nous serions plutôt tentés d'admettre l'hypothèse de M. Brown- Séquard sur l'existence des sécrétions internes glandulaires ^ et de supposer que ces sécrétions sont nécessaires pour l'élaboration des principes qui, éliminés par les urines, provoquent le rétrécissement de la
: * Voir rintéressante Revue générale de M. A. Pic, Sur les sécrétions glandulaires fntcrnes (Province médicale^ décembre 1892).
ACTION DE l'extrait RIÊNAL. 117
pQpille. Chez notre malade, ces sécrétions faisant défaut, il aurait fallu les remplacer par des injections de Textrait rénal. Cette supposition trouve encore une récente et très belle confirmation dans les expériences de M. Meyer qui, ayant substitué au sang d*un animal bien portant du sang d*un animal urémique, n^observa pas, chez le chien transfusé, d*aocldeats de dyspnée urémique ; mais, ayant extirpé les deux reins à un autre animal et ayant ensuite substitué à son sang du sang urémique, vit apparaître les accidents pneumographiques d'urémie. Comme le premier animal n*a pas uriné après Topé ration, on ne peut pas mettre sur le compte de l'épuration rénale la non-apparition de la dyspnée, et il faut conclure à une action de la sécrétion interne des reins ^
Il résulte donc de Tensemble de nos recherches sur la toxicité des urines de notre malade, que le traitemont séquardien exciterait la sécrétion des reias pour certains principes toxiques et suppléerait à sa sécrétion interne chargée de neutraliser certains poisons de f organisme.
L'examen du sang de notre malade n*a donné aucun résultat intéressant. Ni le nombre des globules rouges ou blancs, ni la densité du sang n'ont subi aucune modification importante. La légère destruction globulaire que nous avons observé les jours des injections ne parait pas tenir exclusivement au traitement. C'était peut-être un phénomène précurseur de la diarrhée. Mais nous ne saurions nous prononcer à cet égard.
Quant à la courbe thermométrique, elle présente des phénomènes d'hypothennie, certes intéressants au point de vue de l'affection rénale de notre malade, mais tout à fait indépendants du traitement qu'elle a subi.
Les résultats cliniques ont été d'accord avec ces données expéri- . mentales. L'amélioration, passagère d'abord, s*est rapidement accusée avec la continuation des injections^ de sorte que, le 24 mars, il n'existait plus que des traces d'albumine dans les unnes et que, le iO juin suivant, la malade pouvait réclamer son exeat dans un état de santé fort satisfaisant.
Hais le 18 juin, la malade ayant cru pouvoir impunément reprendre ses occupations d'autrefois, une légère poussée se reproduisit du côté du rein et l'albumine reparut de nouveau avec un peu d'oedème des membres inférieurs.
Sous l'influence du repos et de l'alimentation lactée, le mieux se produit bien vite et, depuis lors, aucun accident de ce genre ne se reproduit.
n nous a été donné, en effet, de revoir la malade, il y a six mois à peine, en avril 4897, c'est-à-dire plus de trois ans après le début de sa maladie. Son état général persiste très suffisamment bon, et n'élai.t le léger galop présystolique que l'on perçoit et qui atteste, avec une augmentation de la pression artérielle, une légère tare de la circuhtion générale et empêche de considérer cette femme comme- à l'abri de nouvelles rechutes, elle jouirait de l'intégrité parfaite de sa «nté.
' £. Metkr, Faits relatifs à la sécrétion interne des reins (Arcb, de Phys.^ anvier 18^4). >
118 t. TBlSStER ET H. PHEHKEl.. |
Oss. II. — Néphrite puerpérale avec anasarque et athaminurie inleai', il y a deax ans; grande aaiélioratîoo par le régime îacté. — Depmi\ albuntinarie intermittente (albuminurie résiduale) avec poussées aigml fébriles. — Congestion des sommets. — Hypertoxîcité des uriiies.-\ Injeclions de liquide rènel. — Augmentation de la toxicité uriaaire.~' Évolution relativement rapide de la tuberculose pulmonaire. — Uoit'^ par cachexie quelques mois plus tard. i
Marie M..., 36 ans, ménagère, entre à l'Hfltel-Dieu , salle des j^ Femmes, service de M. le professeur Teîssier, le 25 Tévrier iS94. Si mère est morte diabétique. Elle a eu un rhumatisme articulaire aigai SS ans. Treize accouchements, mais seulemenl cinq enfants vivanti. Pneumonie a 31 ans. Il y a dix-huit mois, à la suite d'un accouchemei normal, survint, accompagné de symptômes généraux graves, une ïim> sarque généralisée avec urines rares, épaisses et très albumioeuses.
Mise au régime lacté, la malade s'améliora, mais ne guérit pas entièrement ; elle fut soignée dans le service où elle resta plusieurs semaiDA Quand son afTeclion fut passée à l'élat chronique et qu'elle ae préseotil
OBBEaVATION II.
Traci ibermoniéLriqu« de l'observaiioa II.
plus que des traces d'albumise, on lui administra des sels de straotiiia I.'albumine disparut momentanément, mais reparut par intervalles. Elk sortit toutefois très améliorée.
Il y a quelques semaines, retour d'une forte proportion d'albumiofl son médecin la remet au régime lacté. Elle a d'ailleurs remarqué que a régime était le seul qui lui procurât une santé relative ; dès qu'elle li quitte, l'albumine reparaît et elle présente de la fièvre. Depuis quelqa temps alTaiblissement et amaigrissement progressifs, céphalée conti nuelle ; sensation de prostration, insomnie. En même temps, elle se m» à tousser, expectoration sans caractères spéciaux. Ni hémoptysies, t sueurs.
ACTION DE l'extrait R^NAL.
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